Catégorie : I can’t breath, Black lives matter

Alors, qu’est-ce qui vous motive?

18 juin

Je me réveille en vrac, mal au ventre, crevé, envie de rien. J’ai prévu une sortie en VTT, mais même ça, je n’ai pas envie.

Je me mobilise tout de même et je sors rouler.

Je reviens en pleine forme, dynamisé, plein de projets. Et je suis super content.

Le contact avec la nature, les arbres, les fleurs, les sentiers, le vent, grimper, la joie de l’effort, la montagne, le beau temps, les odeurs et la fraîcheur du matin.

C’est tout ça qui me reconnecte à moi-même.

C’est tout ça qui me mobilise.

J’en discute avec les enfants, tous présents au déjeuner.

C’est devenu très rare.

—           Qu’est-ce qui vous redonne de l’envie quand vous vous réveillez en vrac le matin et que vous n’avez envie de rien ?

—           La musique, me dit mon fils de 15 ans.

—           Les amis, dit mon fils de 13 ans.

—           Les amis et la musique, répond ma fille de presque presque 17 ans.

Les amis.

La musique.

La nature.

Et  vous ?

C’est chouette de savoir à quel élément recourir quand on a besoin d’un coup de main.

19 juin

Ce qui me motive aussi, ce sont des émissions que j’entends, soit à la radio, soit en podcast.

Ce matin, c’est le Cours de l’histoire de Xavier Mauduit sur France Culture en podcast.

Les interminables combats pour l’égalité aux États-Unis.

Qu’est-ce qui attise à ce point la haine contre les Afro-américains ?

Pourquoi même Barack Obama n’a pas réussi à s’attaquer au fléau qu’est le racisme aux EU ?

Qu’est-ce qui pourrait combler le fossé entre les blancs et les noirs ?

Une passionnante histoire du SUPRÉMACISME aux États-Unis.

Tout remonte à l’esclavagisme.

Le premier esclave africain qui débarque aux États-Unis est le fait d’un bateau négrier hollandais qui, après un tour dans les Caraïbes, s’arrête en Virginie en 1619 avec quelques esclaves qu’il a en trop et en propose aux planteurs.

Pourquoi pas se disent ces derniers.

C’était il y a donc 400 ans.

Rien ne prédestinait les planteurs de Virginie à devenir de grands esclavagistes.

D’ailleurs, comment un peuple qui vit sur les valeurs de la bible, protestant, respectant autant l’homme et ses valeurs peut devenir acteur de la pire manière de traiter des hommes ?

En se racontant des histoires, en créant un mythe, en utilisant des outils, des outils qui marquent encore la pensée inconsciente collective des EU aujourd’hui.

Les Noirs méritent de devenir des esclaves, étant une race inférieure. Ils ne sont pas des hommes, on peut les rendre corvéables à merci, leur faire subir tous les châtiments endurables, les tuer s’ils n’obéissent pas. Pas de problème.

Cela s’appelle le SUPREMACISME : non seulement les Blancs sont supérieurs aux Noirs, mais en plus, ils ont tous les droits sur eux. C’est comme ça.

Et c’est cette pensée arbitraire et pratique pour déshumaniser des hommes et se donner bonne conscience de le faire qui semble si difficile à surmonter.

Parce que les États-Unis ne sont pas le seul pays à avoir eu des esclaves. Le Brésil en a eu beaucoup plus. Mais il ne persiste pas une telle haine.

L’histoire n’est pas la même.

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Alors que dans les colonies, des propositions de loi ont dédommagé les planteurs de la perte financière due à l’abolition de l’esclavage —123 millions de francs pour les colonies françaises en 1848 —, la libération des esclaves aux États-Unis se décide à l’issue de la Guerre de Sécession entre 1861 et 1865. Cette guerre civile oppose l’UNION dirigée par Abraham Lincoln aux États confédérés, 11 États du Sud, tous esclavagistes. Cette guerre est la plus meurtrière de l’histoire des EU, 620 000 morts, 360 000 nordistes et 260 000 sudistes et 60 000 étrangers.

Les États du Sud perdent en 1865, ce qui assure la prépondérance des pays industrialisés employant des ouvriers sur les pays agricoles employant des esclaves. Et qui sonne la fin de l’esclavagisme.

Les grands propriétaires perdent leurs esclaves, sans compensation, ce qui serait une perte estimée à plusieurs centaines de milliards de dollars.

Plus de 4 millions d’esclaves ont été vendus dans le Sud des États-Unis en 250 ans.

Les États du Sud ont remplacé l’esclavagisme par la Ségrégation, situation qui laisse perdurer une violence et une animosité contre les Noirs. C’est aussi à ce moment que voit le jour le Ku Klux Klan, société secrète terroriste suprémaciste blanche des États-Unis, fondée à la veillée de Noël 1865 et est un des dispositifs des états du Sud pour s’opposer par tous les moyens violents possibles (assassinats, attentats, viols, tortures, enlèvements, incendies d’écoles et d’églises afro-américaines) à l’application des droits constitutionnels des Afro-Américains garantis par plusieurs amendements au lendemain de la Guerre de Sécession : le Treizième amendement de la Constitution des États-Unis du 6 décembre 1865 abolissant l’esclavage, le Quatorzième amendement de la Constitution des États-Unis de 1868, accordant la citoyenneté à toute personne née ou naturalisée aux États-Unis et interdisant toute restriction à ce droit, et le Quinzième amendement de la Constitution des États-Unis, de 1870, garantissant le droit de vote à tous les citoyens des États-Unis et par conséquent aux anciens esclaves.

L’invitée de cette émission, Françoise Coste, commence l’émission par ces propos :

« Tout ce qui se passe aux États-Unis a, tôt ou tard, un rapport avec l’héritage de l’esclavage, avec la division de la population entre Blancs et Noirs. Je crois qu’il y a quand même eu un grand espoir en 2008 avec l’élection de Barack Obama, qu’une page soit tournée. Et aujourd’hui, on se rend compte que nous nous sommes tous collectivement trompés. Ce n’est pas juste que la page n’a pas été tournée, c’est que nous avons l’impression de revenir en arrière. Et ça, c’est assez désespérant, cela confirme que l’Amérique est engluée dans sa problématique raciale. Françoise Coste

À écouter : https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/les-interminables-combats-pour-legalite-aux-etats-unis-24-le-supremacisme-blanc-le-mal-persistant-de

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Autre chose qui me stimule, le combat contre les pesticides.

Outre que je me dise si souvent que je devrais aller militer dans l’association Nous voulons tous des Coquelicots crée pas Fabrice Nicolino, journaliste, et François Veillerette, président de Générations futures, outre que j’admire Daniel Cueff, le maire de Langouet qui a pris un arrêté anti-pesticide en aout 2019, outre mon enragement à voir les pulvérisateurs de pesticides en action 24h/24 dans nos vignes en ce moment tellement féérique qu’est le printemps, outre que j’ai eu pendant plusieurs mois l’envie de présenter une liste écologiste aux Municipales de mon village, voilà que je tombe sur un documentaire en bande dessinée dans la revue XXI :

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Le portrait de Daniel Cueff par Benjamanin Adam pour la revue XXI.

Magnifique, tellement encourageant.

Et là je comprends.

Que Daniel Cueff est un maire ouvert, au service des habitants de son village, sensible à l’écologie, à l’écoute et qu’un jour, le collectif des Coquelicots, qui a rédigé un arrêté anti-pesticide à l’aide d’avocats de haute volée et qui cherche un homme courageux pour le porter, propose à Daniel Cueff d’être leur porte-parole. Et qu’il accepte.

Que Daniel Cueff est porté par un important collectif local, très organisé, déterminé et qu’il est soutenu par le sénateur écologiste du Morbihan Joël LABBÉ, celui-là même qui a réussi à faire voter la loi interdisant l’utilisation de produits pesticides par les Mairies et qui continue son combat contre les lobbies et les industriels, tout en remettant les agriculteurs au centre de la question.

Que j’ai bien fait de ne pas me présenter aux Municipales de mon village, seul, sans équipe déterminée et soutenante, moi qui croyais naïvement que Cueff avait pris un jour son arrêté comme ça, parce qu’il en avait ras le bol de se faire gazer.

Qu’il est urgent que j’aille militer dans une structure bien organisée

Que je peux développer une activité d’information et de sensibilisation au sein de mon village, de former une équipe, de rassembler un maximum de personne, d’intégrer des vignerons, de se fédérer tous ensemble contre l’ennemi commun : les industriels et la FNSEA. Que sans cela, pas d’issue possible.

Que fort de cette équipe et de cette expérience, je peux présenter une liste aux municipales dans 6 ans, non pas pour gagner, mais pour porter ces idées et protéger les habitants de ces produits si dangereux.

Voilà ce qui me motive, m’anime et me donne envie d’aller de l’avant, au contact des gens, avec une équipe.

Bonne journée !

#suprémacisme #nature #esclavagisme #ségrégationnisme #écologie #danielcueff #revueXXI #guerredesecession #KKK #ségrégation

je vous salue

3 juin.

Je salue tous ceux qui ont eu le courage, la dignité, la volonté de répondre à l’appel du Comité Adama et d’Assa Traoré, la sœur d’Adama Traoré au moment où les résultats d’une nouvelle contre-expertise met clairement en cause les gendarmes : la mort du jeune homme de 24 ans serait due à un plaquage ventral effectué par les gendarmes lors de son interpellation, sur le sol de la caserne de Persan (Val d’Oise) en juillet 2016.

« justice pour Adama ! »

Ce rassemblement s’est produit devant le Tribunal de Paris, porte de Clichy,  alors qu’une expertise médicale révélée 4 jours plus tôt écartait la responsabilité des trois gendarmes placés actuellement sous le statut de témoin assisté pour les faits de non-assistance à personne en danger.

Assa Traoré, par le biais de son collectif, réclamait la fin de l’impunité policière. Elle a rassemblé plus de 20 000 personnes selon la préfecture de police, manifestation non déclarée et bien entendue interdite au motif d’urgence sanitaire (décret du 31 mai 2020) bien pratique.

Les citoyens ne s’en laisseront pas compter, bravo à vous, et mille merci pour cette démonstration.

La lutte contre les violences policières et la fin de l’impunité policière est une priorité dans notre société si l’on veut que la démocratie ne laisse pas la place à la dictature.

« I can’t breath ! »

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« Let us breath ! »

Je salue tous ceux qui se lèvent aux États-Unis, en Europe et dans le monde afin que justice soit faite pour le meurtre de Georges Floyd. Tous ceux qui sont révoltés par cette impunité dont jouissent les policiers – blancs pour la plupart, contre des personnes noires le plus souvent – et qui exigent que la justice soit intraitable, juste et égalitaire.

Les États-Unis brulent, 140 villes américaines manifestent, 8è nuit d’émeute, Trump qui traite les manifestants de racaille et leur promet des tirs en représailles.

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« Le racisme tue ici, là et partout »

2 500 personnes ont manifesté à Lilles, sans autorisation, contre les violences policières en réonse à l’appel du Collectif Sélom et Matisse, deux jeunes tués à Lilles en 2017, percutés par un Tramway lors d’une intervention de la police dans leur quartier.

À Londres, des milliers de personnes ont défilé dimanche en scandant « Pas de justice, pas de paix ! »

Partout, les manifestants s’agenouillent, un geste devenu un symbole contre les discriminations aux Étas-Unis.

À Milan, à Berlin, rassemblements à proximité des ambassades des États-Unis : « Black lives matter ! »

À Paris, au Canada, au Brésil, en Australie, en Nouvelle-Zélande.

En Syrie, les artistes Aziz Asmar et Anis Hamdoun ont peint un portrait de Georges Floyd sur un mur de la ville de Binnish.

Les policiers américains  s’agenouillent eux aussi, entre geste de solidarité et technique de desescalade. La première a s’agenouiller est une femme, suivi par un de ses collègues à Philadelphie.

La désinvolture du policier blanc appuyant son genou sur la nuque de Georges Floyd immobilisé au sol a été sévèrement condamné par une partie des policiers qui s’avouent choqués.

L’attitude de Donald Trump est elle aussi sévèrement critiquée par plusieurs gouverneurs qui ont pris leur distance par rapport à sa volonté sécuritaire forte.

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Je salue tous ceux qui se battent pour que les féminicides soient reconnus, violences machistes en Espagne.

https://www.lemonde.fr/societe/visuel/2020/06/01/feminicides-mecanique-d-un-crime-annonce_6041403_3224.html
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Je salue également mon patient, menacé de mise au chômage après les difficultés rencontrées par son entreprise – Midi Libre pour ne pas le citer — et que j’ai rencontré ce matin :

—           Vous avez des nouvelles, pour votre travail ?

—           J’ai été licencié. Je termine fin juin. Et après, … à 50 ans…

—           Malgré les aides de l’État ?

—           D’après un de nos syndicats, le groupe a touché 5 millions d’euros. Et licencie 400 personnes.

—           Comme chez Renault.

—           Pareil, c’est moche.

—           Je ne sais pas quoi vous dire d’autre que bon courage.

—           Merci.

Des paroles merdiques.

Comme celles prononcées avant l’échafaud.

Mais je suis sincère, je vous souhaite véritablement le courage de vous relever, de ne pas perdre courage et vous souhaite de retrouver un poste.