27 mai,

En déposant ma fille de CP à son cours d’équitation ce matin, je rencontre et discute avec le Papa d’une petite camarade de ma fille.

Ce Papa est très inquiet pour son emploi.

Il me dit qu’ils ont repris le travail depuis le début de la semaine, mais qu’un plan social de 300 personnes leur a été annoncé.

Faisant partie des derniers recrutés, il imagine faire partie des personnes licenciées.

Le confinement a été dur pour eux, après les premières semaines bénéfiques pour se reposer. L’inquiétude a vite pris le dessus. L’inquiétude pour le virus bien entendu, mais surtout l’inquiétude des conséquences pour son emploi.

Rapidement, il a compris que la situation serait difficile dès le déconfinement amorcé.

Et c’est donc le cas.

—           Comment voulez-vous que je retrouve du travail à plus de 50 ans ? me dit-il.

Je repense aux paroles malheureuses de notre Président.

—           Il n’y a que Macron pour affirmer qu’il suffit de traverser la rue pour trouver du boulot.

—           Paroles misérables et tellement méprisantes.

Misérables.

Tellement méprisantes.

Ce Papa les vit en direct, ces propos si arrogants, condescendants, dédaigneux, hautains, déconnectés.

La France d’en haut donne des conseils à la France d’en bas.

—           Comment peut-il tenir de telles paroles alors qu’il détient une responsabilité dans le chômage des Français ? je soupire.

—           Il a travaillé chez Rothschil…

—           Donc a participé à l’évasion fiscale, aux délocalisations, aux sur-profits de certains.

—           C’est le Président des Riches.

—           Un jeune-vieux Président.

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Qu’est-ce qui peut pousser un jeune homme politique devenu Président grâce à un alignement de planètes spectaculaire à prononcer des paroles aussi haineuses ?

—           Ça l’a beaucoup desservi, ajoute le Papa de la petite camarade de ma fille.

—           Ses paroles montrent qu’il est du même sérail que les autres.

—           Il n’a aucun respect pour les ouvriers. Ni pour les chômeurs. Il les considère comme des fainéants, comme des resquilleurs.

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Jonathan :          —           Qu’est-ce que vous faites pour les chômeurs ?

Macron :             —           Dans l’hôtellerie et dans le bâtiment, partout où je passe, ils cherchent des gens. Je traverse la rue et je trouve du boulot, j’en suis persuadé. Vous remontez le boulevard Montparnasse, 1 sur 2 cherche quelqu’un.

Jonathan le prend au mot, et voici le résultat :

ttps://www.youtube.com/watch?v=mTYu5kihyos

Jonathan prend Macron à la lettre et traverse la rue, dépose 20 CV et 20 lettres de motivation. Bilan 20 refus.

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C’est tout de même pas si simple, Monsieur le Président.

Surtout que Jonathan est horticulteur…

Jonathan a l’impression qu’il a pris une gifle de la part du Président devant toutes les caméras de France.

Le Papa avec lequel je discute se sent dans le même état.

—           Je ne supporte pas l’idée d’être inutile. C’est important son travail, c’est notre dignité. Et puis je ne suis pas fait pour être inactif.

—           C’est aussi le regard que les gens portent sur les chômeurs…

—           Tout à fait. Dès qu’on est au chômage, on est considéré comme des moins que rien.

Ces paroles me touchent.

Me bouleversent.

L’inquiétude d’un homme face à son avenir, sa détresse, sa souffrance.

—           Comment je vais faire pour vivre ? Si j’étais seul, bon… Mais les enfants ?

Inutile.

Moins que rien.

Comment je vais faire ?

—           Bon, on verra bien, hein ?

Une pirouette positive, pour finir sur une note d’humour qui permet d’éviter de se noyer.

Mais quand même, je suis désolé de le laisser avec tous ses soucis…

Et partir me balader, pendant que le cours d’équitation se passe.

Pas très à l’aise d’aller profiter du soleil, de la douceur du matin…

Prendre du recul.

Empathique, mais pas trop.

Absorber la tristesse, la détresse et la souffrance.

Hypersensibilité. Hyper-hypersensibilité.

C’est comme ça.

Heureusement, Jonathan est sympa et son histoire est touchante et pleine d’humour.

Ce genre de phrases assassines me rappelle le casse-toi pauv’con ! de Sarkozy.

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—           Touche-moi pas, tu m’salis, lui lance quelqu’un dans la cohue du salon de l’agriculture.

—           Alors, casse-toi ! lui répond le Président. Casse-toi, pauv’con !

Pourquoi de telles paroles dans la bouche de nos représentants ?

L’identité du visiteur du salon est inconnue, totalement inconnue.

Mais la réplique « casse-toi alors pov’con ! » devient le slogan de tous les rejets contre la politique de Nicolas Sarkozy.

Avec des condamnations à la clef !

Même Emmanuel Macron en fait les frais en juillet 2016

Enfin, l’histoire de cette petite phrase marque 2 tournants majeurs :

1/ la sémantique présidentielle change radicalement, passant du discours littéraire d’un De Gaulle ou d’un Mitterrand à un discours populaire d’un Nicolas Sarkozy.

2/ les politiques apprennent à leurs dépends que tout est filmé, tout le temps, partout. Et qu’en quelques instants, les réseaux sociaux font le reste.

Les phrases non maîtrisées font et défont des personnalités en un clin d’œil numérique.

Et je ne peux m’empêcher de citer ‘le bruit et l’odeur´ de Chirac.

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Franchement, c’est pas piqué des vers !

Ré-écoutez, ça vaut son pesant de tomates pourries.

Heureusement, Zebda en fait une belle chanson !

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Alors, à ce Papa effondré, j’associe tout mon soutien et toutes mes pensées.

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