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Déconfinés ! Tous à l’école ?

Le 11 mai.

On y est !

Le jour-J

Le D-Day !

Pourtant, aucune annonce officielle.

Pas de discours de notre Président pour nous féliciter d’avoir tenu bon, ni pour nous exhorter de retourner bosser.

Des trombes d’eau s’abattent sur nous en ce premier jour de déconfinement.

Est-ce que les gens sont joyeux ?

Les choses sont bien plus complexes qu’elles n’en ont l’air…

D’un côté le déconfinement est là. Même si un couac vient mettre le bazar dans la machine gouvernementale. Figurez-vous que la loi d’urgence sanitaire n’est pas validée !

L’organisation dans les transports et la possibilité de se déplacer à 100 kilomètres de son domicile ne seront en vigueur que ce soir.

Mais aussitôt, télescopage des évènements : apparition de deux clusters en zone verte :  1 en Aquitaine dans un collège et l’autre je ne sais plus où. Pour signifier que tout ceci incite à la plus grande prudence.

Le virus est en embuscade.

Ce qui m’amène au commentaire de Caroline hier, commentaire que je vous invite à lire.

J’ai été maladroit en prétendant que ‘tous les parents qui ne mettaient pas leurs enfants à l’école’ avaient peur. J’en suis désolé.

Ce n’est pas ce que je voulais dire.

En fait je m’interrogeais sur la perception du danger par les parents aux vues de la qualité des informations disponibles.

En partant du principe – selon moi et seulement selon moi – que les informations ne donnant que des données négatives et anxiogènes, les parents ne pouvaient pas ressentir autre chose que de la peur.

Mais je vois qu’il y a d’autres éléments, merci Caroline. Il y a des parents qui refusent de mettre leurs enfants à l’école afin de manifester leur désaccord avec des mesures inadaptées et allant à l’encontre des valeurs même de l’école, notamment en maternelle ou en crèche où on demande au personnel enseignant de ne pas prendre dans leur bras un enfant qui pleure !

C’est de la maltraitance.

Et là, question : pourquoi on ré-ouvre les écoles dans ces conditions ?

La question reste entière, me semble-t-il.

Ce matin, je remplissais les documents permettant à ma fille de retourner en classe. Il fallait que je signe en bas des 4 pages de documents précisant les mesures mises en place.

Déjà, ça fait peur.

Puis j’entends le Professeur Cohen sur France Inter ou Culture, je ne sais plus. Pour lui, pas de risque dans les écoles. Il est d’accord avec les mesures barrières et les lavages de main. D’accord aussi pour que les classes ne se rencontrent pas. Mais il rejette tout le reste, masques chez les enfants, interdiction de jouer ensemble — l’école étant le lieu de socialisation par excellence —, et tout ce qu’on entend ici et là.

Vous appelez ça une école ?

Bien entendu.

Je ne sais pas quoi dire.

Toutes ces mesures, tous ces discours sont anxiogènes.

Forcément.

Et moi, du coup, j’ai mis tous les parents dans le même sac.

Ils ont peur, ils ne mettent pas leurs enfants.

Or, des parents ne mettent pas leurs enfants à l’école pour désapprouver les mesures abracadantesques mises en place afin d’assurer la reprise.

Et je m’en réjouis.

Toutes les formes de luttes sont les bienvenues et j’applaudis.

Effectivement, sur les réseaux, la résistance monte en puissance depuis de nombreuses semaines.

En attendant, les enfants seront très peu nombreux demain.

Un ami de ma fille sera seul dans sa classe de CE1.

Ma fille après avoir trainé les pieds toute la journée, finalement, saute partout ce soir pour préparer ses affaires, tellement contente de revoir sa maîtresse.

—           C’est anxiolytique, me dit mon épouse.

Sans doute.

Elle demande un cp de sédatif PC avant de dormir !

Personne ne sait ce qui va se passer.

Personne ne maîtrise l’avenir.

— Demain, se sera la meilleure journée du monde !

Cool !

N’oubliez pas de signer la pétition pour soutenir notre collègue journaliste Inès Léraud dans sa défense contre l’industrie agro-alimentaire qui a décidé de la discréditer dans son travail sérieux.

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/dynfendonslalibertyndinformersurles-3791html#signsans

Et pendant que j’y suis, un engagement facile à prendre pour le Jour d’après.

Soutien à Inès Léraud

11 mai demain.

Jour J – 1.

—        Papa, à minuit, je sors ! me dit mon fils de 15 ans.

—        Pas question. A minuit, tu dors !

—        Tranquille Papa, j’dis ça comme ça. C’est la fin du confinement !

Mes garçons comptent les heures et les minutes qu’il reste.

Je me rappelle avoir cuisiné un couscous le soir du confinement, on était à l’aube de quelque chose d’exceptionnel, d’incroyable, d’inédit.

Ce soir, le dernier soir du confinement, on mange des restes, moroses.

On aurait dû faire une fête, danser, sortir.

Il a plus des sauts toute la journée, un truc de fou toute cette flotte.

Je suis énervé, je râle, je crie pour un rien.

Je ne sais pas pourquoi.

La liste des choses qui se sont accumulées depuis 2 mois ?

Je suis crevé.

Comment s’est possible après 2 mois à la maison ?

C’est le temps, gris et froid.

Qui nous garde dans la maison alors que nous sommes dans le jardin depuis des jours.

Je ne sais pas.

Mes garçons ont bien bossé cette après-midi, Philippe Auguste a enfin gagné cette bataille de la Bouvine, ramenant le félon Ferrand dans une cage sous les hourras des paysans massés sur les routes du retour à Paris.

Et un bilan sur les fonctions pour mon fils de 15 ans. f(x) = x²+3 ça vous parle ? Qu’elle est limage de x avec la fonction f ? Quel est antécédent de f(x) ?

Ça me plait.

Ça me prend 1 heure, mais c’est cool.

Ce qui me bouleverse le plus en cette fin de journée, c’est un mail d’un copain qui m’annonce qu’Inès Léraud est victime de plaintes, de procès et d’intimidations diverses de la part de puissantes industries agro-alimentaires, ces saloperies d’industries qui non seulement pillent la terre, la détruisent, la polluent, saccagent les rivières avec les nitrates issues de leurs élevages immondes, inondent les plages bretonnes d’algues vertes putrides, dangereuses, degueulasses, non seulement portent la responsabilité sur les communes, refusent de participer au nettoyage mais en plus pratiquent une politique barbare digne de la pire des dictatures sur les personnes qui essaient d’informer la population et osent demander que les choses changent.

Inès Léraud est journaliste. On peut entendre ses reportages dans Les pieds sur terre sur France culture et elle a réalisé un livre dessiné sur les algues vertes en Bretagne. A lire de toute urgence.

Toute cette frange de politiciens corrompus qui s’agitent au secours des industriels me révolte, me met tellement en colère, ça suffit, ce n’est plus acceptable ces méthodes.

On ne dézingue pas quelqu’un qui cherche à s’informer simplement parce qu’il dérange les intérêts de certains, on ne détruit pas quelqu’un qui produit une étude sérieuse à coups de procès en diffamation destructeurs uniquement parce qu’il s’approche de la vérité. C’est inacceptable. Si une activité pollue, on la modifie, on ne tue pas ceux qui la dénoncent.

Sinon, on prendra les armes nous aussi et on tuera les chefs d’entreprise.

Avant ça, merci de signer la pétition de soutient à cette valeureuse journaliste :

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/dynfendonslalibertyndinformersurles-3791html#signsans

RESUME DE L’ENQUETE :
Depuis la fin des années 1980, au moins quarante animaux et trois hommes se sont aventurés sur une plage bretonne, ont foulé l’estran et y ont trouvé la mort.

L’identité du tueur en série est un secret de polichinelle. Son odeur d’œuf pourri le trahit. L’hydrogène sulfuré (H2S) émanant des algues vertes arrive en tête de la liste des suspects. De nombreux citoyennes et citoyens ont lancé l’alerte à de multiples reprises, sans réussir à empêcher la répétition des accidents. Thierry Morfoisse est ainsi décédé en 2009, après avoir charrié une benne d’algues en décomposition de trop. C’est seulement en juin 2018, neuf ans après son décès, que sa mort a été reconnue en accident de travail.

Les algues maudites sont le symptôme d’un mal profond qui prend ses racines dans les lois de modernisation agricole des années soixante, leur fumet méphitique s’immisce dans une nébuleuse d’intérêts et de lâchetés mêlant gros bonnets de l’agro-industrie, scientifiques à la déontologie suspecte, politiques craignant pour l’emploi ou leur réputation touristique.

C’est ce que révèle l’enquête choc de la journaliste Inès Léraud et du dessinateur Pierre Van Hove.

Des échantillons qui disparaissent dans les laboratoires, des corps enterrés avant d’être autopsiés, des jeux d’influence, des pressions et un silence de plomb. L’intrigue a pour décor le littoral breton et elle se joue depuis des dizaines d’années. Inès Léraud et Pierre van Hove proposent une enquête sans précédent, faisant intervenir lanceurs d’alerte, scientifiques, agriculteurs et politiques.

Avril, ne te découvre pas d’un fil

30 avril.

Dernier jour à ne pas se découvrir d’un fil !

Dehors, j’entends le chant du rossignol, des tourterelles, au fond je distingue un coucou, une huppe fasciée, une mésange.

Quel magnifique printemps.

La campagne est verte et explose après les pluies nourries que nous avons depuis 15 jours.

Quel bonheur que ce réveil de la nature.

Je profite de moments tranquilles après avoir pris une raclée au Mille Bornes par mon épouse ce matin. Figurez-vous qu’elle a gagné sans que je pose un seul point !

Le ciel est gris.

Tout est calme.

Je me dis que j’aime profondément cette période de confinement.

Pas d’organisation, pas de matins à la bourre pour être à l’heure à l’école, pas de mercredi à courir entre le cheval, les courses, le tennis, les devoirs.

Peinard à la maison, beaucoup de temps pour écrire, et une heure trente de marche tous les soirs, de 18h à 19h30, dans cette campagne apaisée et renaissante, au milieu des rossignols, merles, alouettes.

Et au milieu, l’école à la maison.

Plus apaisée elle aussi.

Chacun a trouvé ses marques.

Je réveille ma fille de CP vers 9h30, on démarre la journée par un petit dej – Mille Bornes,  on travaille une petite heure, lecture et calcul.

À 10 h, je réveille ma fille de presque 17 ans qui émet quelques grognements et se rendort aussitôt.

Puis les garçons, qui grognent aussi, mais eux ne se rendorment pas, happés par l’actualité brulante de snap et YT, aux aguets de quelques vidéos hautement éclairantes sur l’état du monde et la géopolitique du savoir.

À peine terminé avec ma fille de CP, hop, je monte avec l’ordi et fais un état des lieux des travaux des garçons.

D’ailleurs, j’y pense, j’ai oublié de noter l’heure de la classe virtuelle de mon fils de 13 ans à laquelle il m’a juré qu’il n’assisterait pas, mais à laquelle j’ai juré qu’il assisterait !

Je file voir sur l’ENT.

Classe virtuelle de math à 11h. Ouf. Je ne vous explique même pas le cheminement occulte qu’il m’a fallu faire pour retrouver la trace de cette classe virtuelle qui n’est pas – se serait trop simple ni sur l’accueil, ni sur la messagerie, ni sur l’emploi du temps ni sur le cahier de textes.

J’ai retrouvé sa trace dans les messages classés comme lus au fond de la messagerie.

Bon, je vous l’ai déjà dit, l’ENT n’a plus aucun secret pour moi.

Plus aucun ? Tu es certain ?

Je lis – au passage – la réponse très gentille et très patiente – du prof de SVT à qui j’ai envoyé un message hier pour lui dire que vraiment, j’en étais désolé, mais je ne comprenais pas le tuto qu’il avait envoyé afin de déposer le devoir de mon fils de 13 ans. Vous avez bien lu, il faut des tutos pour déposer les devoirs à rendre. Un tuto de 3 pages ! Parce qu’hier, après avoir obtenu de mon fils qu’il fasse l’activité à l’écrit, je me suis découragé devant la complexité de la tâche… sortir le scanner, scanner le document, lire le tuto pour finalement ne rien comprendre et échouer, si près du but !

Il y a donc des choses que je ne maîtrise pas encore.

Mais ce matin, de bonne humeur, je me dis que je vais me pencher sur ce tuto, bien décidé à apprendre une nouvelle fonctionnalité de ce logiciel inventé par je ne sais quel esprit tordu dont l’éducation nationale – 50 ans que je les fréquente assidûment — regorge.

Petit rappel des évènements de la veille :

Vers 14h, ma fille de presque 17 émerge, les écouteurs aux oreilles, et nous rejoint à table – on s’est mis à l’heure espagnole.

—               Tu peux enlever tes écouteurs s’il te plait ?

—               Je suis en cours.

—               !?!

—               J’ai cours de géopolitique.

—               OK.

Ma fille déjeune donc en classe virtuelle, dans le jardin, sous le tilleul, tranquille. Puis va s’installer dans la chaise longue au soleil.

—               Ça va ?

—               Oui, je suis la seule à participer.

Pourtant, je ne l’entends pas parler.

—               Par messages ! me précise-t-elle.

L’école allongée au soleil dans une chaise longue… vous voyez, ce confinement, quel pied !

Quand elle termine son cours, 1h30 plus tard, on discute, comme j’aime le faire avec elle, surtout en géopolitique.

—               On n’a parlé que du covid, pas du tout de ce qui était prévu !

Je sais qu’elle adore son prof de Géopol.

—               Il me fait penser à toi ! elle me dit à chaque fois.

Et elle a été trop contente de me le présenter à la réunion parent prof, dans un autre temps. Son prof de Géopol est aussi prof de cinéma au lycée et j’ai eu le projet d’organiser avec lui les « 2è rencontres autour du court-métrage amateur » avec les élèves option cinéma— le deuxième évènement dans notre cité après Cannes —, mais l’actualité ne nous en a pas laissé l’occasion.

—               C’était intéressant ?

—               Oui. Je savais déjà tout, mais nous avons pas mal discuté. Je lui ai dit que le gouvernement profitait du covid pour passer des lois cheloux.

—               Quoi comme lois cheloux ?

—               Les trucs sur les applications de surveillance.

—               Il était d’accord avec toi ?

—               Oui, tout à fait !

—               Les gouvernements successifs ont détruit les services publics.

—               Tout à fait.

Et ce qui me met le plus en colère, c’est que les riches ne participerons pas à l’effort, que méthode pour ne pas compter sur ses doigtsceux qui se sont goinfrés de profits en essorant services publics et détruisant les codes du travail, ne débourseront pas un centimes pour rendre ce qu’ils ont volé. C’est nous qui paierons et surtout nos enfants avec la dette colossale qu’on leur colle dessus.

Je m’égare.

Avec ma fille de CP, on fait des calculs.

6 + 8 =

Elle compte ‘6’ sur ses doigts puis recompte ‘8’ et annonce le résultat.

J’essaie de lui expliquer depuis plusieurs une méthode pour ne plus compter sur ses doigts. Mais sans y parvenir.

Et dans son livre de math « pour comprendre les maths », en trois exercices, elle y arrive !

Incroyable !

******

11h ce matin, nous sommes installés devant la classe virtuelle, mon fils de 13 ans et moi.

Mais pas de lien.

Donc pas de classe virtuelle.

C’était une classe de math, prévue pour clore le chapitre statistiques avec des exercices.

—               On fait les exercices et on les envoie à ta prof ? je lui propose.

—               OK, me répond-il.

OK ?

Il se passe un truc !

Et il fait ses exercices !

—               Bravo, je le félicite chaudement.

Puis avec ma fille de presque 17 ans, on cherche à résoudre le programme de scratch.

Et bingo, la réunion de nos deux esprits fonctionnent à plein et nous y parvenons !

Bel effort !

3 jours de recherche !

Voilà, de belles et bonnes nouvelles !

De bonnes et belles choses.

On est bien à la maison, confinés.

Pourquoi retourner travailler ?

Pourquoi retourner à l’école ?

On n’a plus besoin de rien !

Tu veux le savoir ?

Pour ne pas terminer cons finis !

Pour éviter de virer gros con.

Pour lutter contre les cons !

Un cadeau de ma fille de CP pour finir

Chut, Papa fait de la politique ! -3

29 avril, J-13, le déconfinement aura bien lieu, sauf s’il est prolongé, il n’y a que les imprudents pour devancer l’appel, attention en Avril, ne te découvre pas d’un fil !

Trêve de plaisanterie.

Franchement, Édouard Philippe a été bien.

1 heure de discours clair, précis, reprenant tous les points, s’appuyant implicitement sur le texte du Conseil scientifique.

S’agissant de ROBERT — l’application STOPCOVID made in France —, il a sagement reporté le débat, avouant lui-même qu’il ne savait rien de cette application.

Bravo ! Et merci !

Le Monde de ce matin :

Déconfinement : contraint par le choix présidentiel du 11 mai, le gouvernement a choisi d’écouter les avertissements du conseil scientifique

Le Premier ministre a averti, mardi, qu’il allait falloir « vivre avec le virus » et souligné « le risque d’une seconde vague ».

Edouard Philippe a tenu un discours pragmatique. « Nous allons devoir vivre avec le virus, a-t-il admis, dès lors qu’aucun vaccin n’est disponible à court terme, qu’aucun traitement n’a, à ce jour, démontré son efficacité, et que nous sommes loin d’avoir atteint la fameuse immunité de groupe. »

Sa stratégie cadre de très près avec celle du conseil scientifique – finalisée le 20 avril – dont il a aussi relayé les inquiétudes. « Si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai, ou nous le ferons plus strictement », a-t-il mis en garde, en indiquant que la décision finale serait prise le 7 mai, sur la base d’indicateurs épidémiologiques.

Roselyne BACHELOT, sur le plateau de TF1, applaudit.

Question : que fait Roselyne Bachelot ici ? Et bien figurez-vous que l’ancienne ministre de la Santé de Nicolas Sarkozy est devenue la personnalité politique la plus populaire en France actuellement. Pourquoi ? En raison de sa gestion de la crise ‘grippe H1N1’. Vous vous rappelez de sa politique très engagée — et extrêmement critiquée, raillée, moquée — dans la constitution de stocks de vaccins (dont les ¾ nous étaient resté sur les bras ) et de masques (1.4 milliard). Mais elle a été prudente. Et ce qui lui a été reproché, soudain, devant l’impréparation criminelle de ses successeurs, la porte aux nues. Juste retour des choses ? On verra bien.

Et où en en est de l’épidémie :

  • Dans le monde, plus de trois millions de personnes ont été diagnostiquées comme malades du Covid-19 et plus de 215 000 en sont mortes malgré le confinement de plus de la moitié des habitants de la planète.
  • Pays le plus touché, les Etats-Unis comptent plus d’un million de cas. Encore plus marquant, 58 365 personnes ont désormais succombé à la maladie, soit plus que les militaires américains tombés lors du conflit du Vietnam entre 1955 et 1975.

On entend un peu parler de l’Afrique, mais pas trop. Et dur d’avoir des infos sur les pays en guerre au Moyen-Orient.

Dur d’entendre parler d’autre chose que du covid, d’ailleurs.

On entend un peu parler de l’après confinement, les plus optimistes pensent qu’on aura compris que quelque chose qui nous dépasse se produit. Les autres font l’autruche. Rien de nouveau.

Vous connaissez scratch ?

Un programme éducatif pour apprendre aux enfants à coder.

Initiation avec mon fils de 13 ans, travail en Techno. Techno que — vous vous l’imaginez bien, vous le connaissez maintenant aussi bien que moi — il adore.

On a commencé tous les deux — je l’ai forcé à s’assoir près de moi et nous avons commencé.

Totalement blasé, mon fils se lève au bout de deux niveaux. Et moi, grand gamin et grand geek, je suis resté ‘scratché’. Même mon fils de 15 ans – qui a passé des heures à programmer en scratch – est venu bidouiller avec moi.

—               Tu vas voir, on peut faire plein de trucs avec ça.

Et nous sommes tous restés bloqués au niveau 10 du labyrinthe. 9 blocs pour amener ce fichu cosmonaute pisser au fin fond de la station orbitale ESS-20.

J’y ai même réfléchi cette nuit. Mais rien. Nada.

https://blockly.games/maze?lang=fr&level=10&skin=1

Vous avez réussi ?

Ben mon gars, va falloir te retenir, parce qu’on n’y arrive pas. J’y ai passé un certain temps, pendant que mes ados sont partis à vélo se baigner dans la rivière d’à côté. L’eau y est au moins à 10 degrés, il fait un temps pourri. Mais vaille que vaille !

—               On pédale, on se baigne !

Devise de ma fille de presque 17 ans.

En avril, ne te découvre pas d’un fil…

—               Allô ?

Le téléphone sonne.

C’est la surveillante du collège qui s’inquiète de n’avoir aucune nouvelle de mes fils.

Et qui fait le tour des parents d’enfants muets en prévision d’une réunion d’établissement.

Je lui explique la situation : mon fils de 15 ans est en autonomie, ce qui explique certainement les ‘’non rendus’’ et mon fils de 13 ans fait tout son travail à l’oral avec moi. Je me porte garant de son travail. Mais nous ne rendons rien.

OK.

Et vous, tout va bien ?

N’hésitez pas à me raconter vos anecdotes amusantes !

Bonne journée.

Le plus beau des cadeaux !

23 avril

J-18 avant le 11 mai, ça commence à s’agiter dans les chaumières, on voit bien que le nombre de Français atteints par le Covid baisse, que le déconfinement s’organise dans certains pays autour de nous, on voit bien que rien ne sera jamais plus pareil, mais que la pagaille guette, que les blagues fusent sur les réseaux, et qu’au final, ce que le Roi veut, le Roi, a !

En attendant, l’école à la maison se poursuit.

Pour ma fille de CP, relâche hier, anniversaire oblige.

Mais un rendez-vous est tout de même prévu avec sa maîtresse en visio-conférence.

Et là, ERRATUM : la maîtresse a bien donné du travail pour le mardi 21 avril, mais je ne l’ai pas vu, n’étant pas allé spontanément sur le blog qu’elle a mis en ligne spécialement.

À 13h30, la maîtresse est présente, avec deux autres de ses petits camarades.

Ma fille est prête et tient un livre posé devant elle. Elle a gardé son pyjama ! Le rêve, l’école en pyjama !

C’est trop mignon.

Elle est impressionnée de retrouver sa maîtresse, mais très vite, elle est à l’aise. Elle adore sa maîtresse. Mais elle est un peu gênée parce que — occupé à suivre Christine et Mathias sur France4 —, on a un peu beaucoup zappé le travail qu’elle nos avait laissé.

—               Est-ce que vous allez bien ? Je suis très heureuse de vous voir ! Les parents, vous pouvez laisser vos enfants, je m’en charge !

Ok.

Je m’éloigne dans la chambre de ma fille de presque 17 ans qui se réveille à peine. De là, j’entends ce qui se passe dans la classe virtuelle.

—               Est-ce que vous avez préparé un texte à lire ?

—               ouiiiii !

—               Qui veut commencer ?

Ma fille se propose.

Je trouve ça génial. Elle que j’imagine si timide et qui avait l’air si impressionnée, elle se lance la première. En écrivant ces lignes, je pense à Tris, l’héroïne de Divergente qui a toujours rêvé de rejoindre la faction des Audacieux et qui saute la première dans la fosse, elle, discrète et réservée, issue de la faction des Altruistes.

—               Qu’est-ce que tu as choisis comme livre ?

—               « Le Loup qui n’aimait pas Noël ».

—               Vas-y, nous t’écoutons.

—               Ce matin-là, quand Loup se réveilla, tout était blanc dans la forêt. Enchanté, il s’habilla chaudement et sortit se promener.

J’écris ce passage de mémoire, mais comme on l’a pas mal lu et relu, et qu’il est assez court — ma fille ayant eu la flemme d’aller un peu plus loin —, je m’en souviens.

—               Merci pour ta belle lecture.

Elle est formidable cette maîtresse, bienveillante, douce, à l’écoute, encourageante, souriante.

Les petits camarades de ma fille expliquent ensuite ce qu’ils ont compris — reformulation et compréhension de la lecture —, puis lisent leurs textes.

Pendant ce temps, j’ai ouvert l’ENT, retrouvé — assez difficilement — le travail de physique de la veille que mon fils de 13 ans avait refusé de faire. Je l’appelle et le voilà qui se traîne jusqu’à moi avec une peine et une motivation débordante.

—               Allez, les volumes.

Cache ta joie, fils.

On prend une épuisette — mince, lapsus, je me vois déjà à la plage ! — une éprouvette graduée et contenant un liquide coloré, on note le volume initial, on plonge un corps solide dans l’éprouvette, on note le volume total et hop, on obtient le volume du solide !

Génial.

—               Et alors, maugrée mon fils.

—               Et alors rien, c’est une des manières de mesurer le volume d’un solide. Regarde si on plonge un poids de 100 grammes et un poids de 200 grammes, et bien ?

—               C’est le double.

—               Tu as tout compris, le volume et le poids sont proportionnels !

—               Formidable, je retourne jouer.

—               Hep, pas encore. Qu’est-ce qui est plus lourd ? Un kilo de plume ou un kilo de plomb ?

—               Le plomb.

—               Pourquoi ?

—               Parce qu’il est plus lourd.

—               Tu es certain ? Notion de densité : plus un corps est dense, plus son volume est petit.

—               Je peux partir ?

—               Pas encore. Il reste la masse volumique.

—               Qu’est-ce que j’en ai à battre de la masse volumique !

Du côté des CP, chacun raconte son meilleur souvenir de confinement.

Ma fille :

—               C’est quand j’ai ouvert mon cadeau d’anniversaire !

Son camarade :

—               C’est quand j’ai joué à des jeux de société avec mon Papa et ma Maman.

—               Et vous avez joué à quoi ?

—               … je me rappelle plus…

Et la dernière :

—               Moi, c’est quand j’embête ma Maman !

Et tous entonnent la chanson de ‘joyeux anniversaire’ à ma fille.

Elle trop contente.

Mais aussitôt les garçons s’en mêlent et viennent chanter. Mon fils de 15 ans sort de sa tanière et vient faire le pitre tandis que celui de 13 ans jailli lui aussi.

—               La masse volumique ! je rappelle à l’ordre.

—               J’ m’en bas les couilles de la masse volumique, répond mon fils du tac au tac.

—               C’est la masse sur le volume.

—               Ok, j’y vais.

—               Encore une minute, il y a des exercices !

J’arrive à le tenir deux minutes et il s’échappe.

—               Il y a de la techno à faire !

—               Jamais de la vie je ferai de la techno !

Bon.

On aura au moins approché la notion de masse volumique.

Masse volumique.

Pas très excitant, faut en convenir.

Même assez repoussant comme notion, non ?

À quoi ça sert de savoir que la masse volumique de l’argent est de 10,5.

Vous le savez, vous ?

Et d’abord, 10.5 quoi ? Vous les connaissez les unités de masse volumique ?

Mon fils de 15 ans se pointe.

—               J’ai fait tous mes devoirs. Et comme vous ne me croyez jamais, j’ai tout pris en photo.

Ok.

Tous les devoirs en 30 minutes, pourquoi pas. On vérifiera.

Du côté des CP, la maîtresse conclut :

—               J’ai été ravie de travailler avec vous, merci. La prochaine fois, on se voit en vrai !

Pas de nouvelle viso ?

Dommage, je trouvais que c’était chouette. Redonner du goût. De l’envie. Se remettre dans la réalité.

Je vais envoyer un message à la maîtresse.

En tout cas, elle a l’air déterminée à les revoir.

Chouette.

Blanquerre a l’air décidé à faire reprendre les CP et les CM2 en demi-classe dès le 11 mai, mais sur décision du maire et du préfet. Dans notre village, le nouveau maire a été élu au premier tour avec 70% des voies, balayant la liste de l’ancien maire. Mais le nouveau n’a pas encore pris ses fonctions — pas avant fin mai, d’après ce que je sais. Donc c’est l’ancien maire qui gère. Mais le nouveau n’entend se la laisser compter. Ambiance. Amusez-vous bien les amis pour prendre la décision de rouvrir les écoles ! N’oubliez pas que vous engagez votre responsabilité pénale pour « mise en danger d’autrui ! »

Tiens, d’ailleurs écoutons ce que dis notre Premier ministre à ce propos :

Enfin une explication claire, merci !

Gepostet von Matthieu Deshayes am Donnerstag, 23. April 2020
https://www.facebook.com/matthieu.deshayes.73/videos/1552396818249186/

Bon, trêve de plaisanterie.

Il y en a une qui ne plaisante pas, c’est la masse volumique.

Mais ça fait longtemps que mon fils de 13 ans a relégué cette noble notion au rebus des méandres les plus sombres de son cerveau. Inscrite au registre des pertes et tracas. Circulez !

Quand mon épouse rentre de l’hôpital le soir, et qu’elle demande à ma fille de CP comme s’est déroulée sa visio, ma fille répond :

—               Très bien, mais les garçons sont venus me foutre la honte.

Sacrés garçons.

Et le meilleur meilleur meilleur moment de la journée, c’est quand ma fille de presque 17 ans, mon fils de 15 et celui de 13 sont venus proposer à leur petite sœur de venir regarder un dessin animé avec eux.

Alors là, ses yeux se sont illuminés.

Après le dessin animé, elle est venue nous confier :

—               Je regardais Moi Moche et Méchant. Je leur ai demandé s’ils voulaient venir le regarder avec moi, ils m’ont dit non. Puis je les ai entendu discuter dans la cuisine « c’est son anniversaire… » Et ensuite, ils m’ont proposé de regarder Cars2 ensemble.

C’est pas le plus beau des cadeaux d’anniversaire ?

Une chanson pour finir ?

Enorme! Merci!

Gepostet von Matthieu Deshayes am Donnerstag, 23. April 2020
https://www.facebook.com/matthieu.deshayes.73/videos/1552399951582206/

Qu’est-ce que je vous raconte ?

Qu’on a oublié d’enregistrer l’école à la maison pour ma fille de CP ?

On se relâche grave…

Comment voulez-vous que nos enfants travaillent avec des parents comme ça ?

Heureusement existe le replay !

Vous voulez que je vous raconte que pendant que j’étais aux urgences hier mon épouse faisait des jeux avec ma fille de CP ?

Comment voulez-vous que nos enfants travaillent avec des parents comme ça ?

Je jette un œil au replay d’hier.

La lettre ‘g’ qui se prononce ‘j’ : ‘g’ et ‘ge’

Punaise, c’est très important ça, la ‘g’ qui se prononce ‘j’

Rattrapage ce matin, c’est promis !

Qu’est-ce que je vous raconte ? Qu’un message de l’hôpital vient de tomber sur le téléphone de mon épouse : « La surveillante du service est testée covid+, consignes = surveillance température 2 fois par jour. » Ambiance…

On va aussi renifler le bac du composteur dans le jardin plusieurs fois par jour pour vérifier que nos avons toujours l’odorat…

L’étau se resserre brutalement au moment où les articles sur le déconfinement commencent à fleurir et où la pression sur les hôpitaux est au plus bas… Peut-être est-ce le bon moment pour faire son covid, pendant qu’il y a de la place en réa, qu’ils ont des anesthésiants et qu’ils sont tous encore en forme…

Qu’est-ce que je vous raconte ? Que la majorité de nos amis ont des enfants qui travaillent au moins 5-6 heures par jour… tandis que chez nous… comment dire ?

Alors, hier, pris de remords, on attaque l’art plastique.

Parce que chez nous, la culture et les arts sont tout aussi importants que le reste.

—           Art plastique ? Mais alors là tu rêves !

—           Jamais de la vie.

Du Street-Art sur le mur de Berlin pour mon grand de 13 ans. C’est cool. C’est fun. C’est plaisant, ça ouvre l’esprit et la curiosité, ça transporte, ça stimule, tous ces gens choqués par le mur, toute cette liesse au moment de sa destruction, c’est historique, c’est formidable, ça inspire forcément.

—           La flemme.

Merde, c’est pas possible !

—           Tu ne touches plus à ton ordi tant que tu n’as pas fini.

Repas du soir.

—           Alors, ce street art ?

—           Ouais, ça avance.

—           Tu me montres ?

—           Je… J’ai vraiment commencé à y réfléchir.

—           Tu as commencé à y réfléchir ?

—           Oui… Enfin, j’y ai pensé.

—           Tu te fous de nous.

—           T’inquiète…

Grrrrr.

Est-ce que je vous raconte l’article que j’ai lu ce matin dans le monde sur les différentes stratégies de déconfinement ? Ça s’annonce très compliqué. Soit on relâche, et le risque majeur est le rebond – la deuxième vague -, soit on déconfine dès que la pression sur les réa baisse – dit technique ‘stop and go’ qui pourrait durer jusqu’en 2022 aux États-Unis…, soit on déconfine localement, soit on déconfine les jeunes – ‘déconfinement ciblé’ — mais sans reprise des écoles, le principe étant d’empêcher les regroupements…

Très intéressant.

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/04/07/les-enjeux-du-deconfinement-expliques-en-schemas_6035827_4355770.html

Est-ce que je vous raconte qu’un de nos copains a lui-même un copain qui vit à Paris et qui est sorti une seule fois pour aller faire des courses et qu’il est covid+. Encore une mauvaise nouvelle pour le bio…

Est-ce que je vous raconte que le site de l’ordre des médecins est en panne et que les informaticiens sont confinés chez eux et que je comprends mieux pourquoi je ne peux pas payer ma cotisation ? Vous vous en foutez ? OK. Vous avez raison.

Est-ce que je vous raconte de quoi j’ai rêvé cette nuit ? Vous vous en foutez aussi ? OK.

Qu’il fait gris ce matin ?

Alors je vais vous raconter qu’au moment où j’écris ces lignes, il est 10h48, qu’on est tous les deux confortablement installés dans notre lit mon épouse et moi, qu’on boit du thé et du jus d’orange pressé, que les enfants dorment et qu’on a la flemme d’aller les réveiller !

Et qu’on va même peut-être se rendormir !

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