Étiquette : école pendant les vacances

Qu’est-ce que je vous raconte ?

Qu’on a oublié d’enregistrer l’école à la maison pour ma fille de CP ?

On se relâche grave…

Comment voulez-vous que nos enfants travaillent avec des parents comme ça ?

Heureusement existe le replay !

Vous voulez que je vous raconte que pendant que j’étais aux urgences hier mon épouse faisait des jeux avec ma fille de CP ?

Comment voulez-vous que nos enfants travaillent avec des parents comme ça ?

Je jette un œil au replay d’hier.

La lettre ‘g’ qui se prononce ‘j’ : ‘g’ et ‘ge’

Punaise, c’est très important ça, la ‘g’ qui se prononce ‘j’

Rattrapage ce matin, c’est promis !

Qu’est-ce que je vous raconte ? Qu’un message de l’hôpital vient de tomber sur le téléphone de mon épouse : « La surveillante du service est testée covid+, consignes = surveillance température 2 fois par jour. » Ambiance…

On va aussi renifler le bac du composteur dans le jardin plusieurs fois par jour pour vérifier que nos avons toujours l’odorat…

L’étau se resserre brutalement au moment où les articles sur le déconfinement commencent à fleurir et où la pression sur les hôpitaux est au plus bas… Peut-être est-ce le bon moment pour faire son covid, pendant qu’il y a de la place en réa, qu’ils ont des anesthésiants et qu’ils sont tous encore en forme…

Qu’est-ce que je vous raconte ? Que la majorité de nos amis ont des enfants qui travaillent au moins 5-6 heures par jour… tandis que chez nous… comment dire ?

Alors, hier, pris de remords, on attaque l’art plastique.

Parce que chez nous, la culture et les arts sont tout aussi importants que le reste.

—           Art plastique ? Mais alors là tu rêves !

—           Jamais de la vie.

Du Street-Art sur le mur de Berlin pour mon grand de 13 ans. C’est cool. C’est fun. C’est plaisant, ça ouvre l’esprit et la curiosité, ça transporte, ça stimule, tous ces gens choqués par le mur, toute cette liesse au moment de sa destruction, c’est historique, c’est formidable, ça inspire forcément.

—           La flemme.

Merde, c’est pas possible !

—           Tu ne touches plus à ton ordi tant que tu n’as pas fini.

Repas du soir.

—           Alors, ce street art ?

—           Ouais, ça avance.

—           Tu me montres ?

—           Je… J’ai vraiment commencé à y réfléchir.

—           Tu as commencé à y réfléchir ?

—           Oui… Enfin, j’y ai pensé.

—           Tu te fous de nous.

—           T’inquiète…

Grrrrr.

Est-ce que je vous raconte l’article que j’ai lu ce matin dans le monde sur les différentes stratégies de déconfinement ? Ça s’annonce très compliqué. Soit on relâche, et le risque majeur est le rebond – la deuxième vague -, soit on déconfine dès que la pression sur les réa baisse – dit technique ‘stop and go’ qui pourrait durer jusqu’en 2022 aux États-Unis…, soit on déconfine localement, soit on déconfine les jeunes – ‘déconfinement ciblé’ — mais sans reprise des écoles, le principe étant d’empêcher les regroupements…

Très intéressant.

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/04/07/les-enjeux-du-deconfinement-expliques-en-schemas_6035827_4355770.html

Est-ce que je vous raconte qu’un de nos copains a lui-même un copain qui vit à Paris et qui est sorti une seule fois pour aller faire des courses et qu’il est covid+. Encore une mauvaise nouvelle pour le bio…

Est-ce que je vous raconte que le site de l’ordre des médecins est en panne et que les informaticiens sont confinés chez eux et que je comprends mieux pourquoi je ne peux pas payer ma cotisation ? Vous vous en foutez ? OK. Vous avez raison.

Est-ce que je vous raconte de quoi j’ai rêvé cette nuit ? Vous vous en foutez aussi ? OK.

Qu’il fait gris ce matin ?

Alors je vais vous raconter qu’au moment où j’écris ces lignes, il est 10h48, qu’on est tous les deux confortablement installés dans notre lit mon épouse et moi, qu’on boit du thé et du jus d’orange pressé, que les enfants dorment et qu’on a la flemme d’aller les réveiller !

Et qu’on va même peut-être se rendormir !

Pendant les vacances, l’école à la maison continue?

Samedi matin, les vacances commencent.

Je me lève avec une question : est-ce que l’école à la maison continue ?

Nous en discutons avec mon épouse. Difficile de trancher.

L’éducation nationale parait assez catégorique : pas de travail pendant les vacances.

OK. Pour les ados, cela semble acquis ! Déjà en temps normal…

Mais pour ma fille de CP ?

Elle a fait de grands progrès pendant ces 15 jours à regarder France 4. Et l’école à la maison de France4 continue encore (au moins) toute la semaine prochaine et j’ai envie qu’elle poursuive les cours.

Finalement, pour elle, c’est un peu les vacances depuis 3 semaines.

Une heure de travail le matin, c’est pas la mort.

Que si elle avait eu un rythme à 5 heures par jour à la maison depuis 3 semaines, OK pour des vacances, mais ce n’est pas vraiment le cas.

J’écoute une vidéo YouTube de Nathalie Franc, Pédopsychiatrie au CHRU de Montpellier, spécialiste des troubles de l’attention, des enfants opposants et provocants, spécialistes des enfants tyrans et colériques.

À écouter, même si vos enfants ne sont pas des tyrans colériques TDH/A :

Quelques éléments que j’ai retenus. Dans cette période particulière, le premier élément est l’ambiance à la maison. Elle conseille de diminuer fortement la pression sur les situations susceptibles de déclencher de la violence. De ne pas enclencher la spirale de la violence. De discuter à froid si un évènement se produit. Dans ce contexte, priorité aux bonnes relations dans la famille et l’éducation nationale passe après.

Une chose primordiale : continuer à valoriser tout ce qui est positif.

Elle conseille aussi de relâcher le cadre sur les horaires des ados. C’est le soir que se déroule leur espace relationnel avec leurs amis. Donc le soir est à respecter.

Jusqu’où va le soir ? Elle propose de définir un contrat à établir ensemble.

Un moment où toute la famille pourrait se retrouver. Un jeu, un goûter, une émission.

Et que chacun parle de la manière dont il vit ce confinement.

Que chacun décrive les méthodes qu’il a inventées, ce qui a changé en positif.

Et que cette période de confinement peut s’avérer être la possibilité de développer de nouvelles autonomies.

Je me fixe de discuter de ces éventuelles nouvelles autonomies, de mettre en place un moment de partage familial, et de tenter de les faire partager.

Puis nous avons pris conseil auprès d’une amie enseignante de CE1. D’une part pour avoir une idée du programme de CP. Savoir écrire une phrase, lire tous les jours, calculer tous les jours, connaître les nombres jusqu’à 100. Elle confirme que notre fille de CP peut tout à fait continuer de travailler tous les jours.

Ce qui me conforte.

Parce que je trouve que ma fille est partie sur un bel élan, qu’elle a envie d’apprendre, qu’elle se régale de progresser.

Et nous mettons en application immédiatement son conseil : fêter son travail et sa persévérance. Nous la félicitons et lui offrons un petit cadeau Playmobil pour l’encourager à poursuivre son travail même pendant les vacances. OK, elle est d’accord.

Pour les grands, la donne a changé.

La disparition du brevet et l’annonce par le ministère de la non prise en compte des notes issues des devoirs rendus pendant la période de confinement semblent avoir totalement libéré mon fils de 15 ans.

Mon fils de 13 ans ne semble plus concerné par les devoirs depuis quelques jours. Nous nous disons que cela pourrait être le temps de reprendre l’anglais depuis le départ. Peut-être avec une application ludique. Si vous utilisez une application sympa, je suis preneur !

Ma fille de presque 17 ans ? Le moment de stupeur provoqué par la disparition du bac a vite été oublié.

Mise en application ce midi :

—              Comment vous vivez votre confinement ?

—              Ça va, pour ma fille de presque 17 ans.

—              Je ne retournerai peut-être pas au collège, pour mon fils de 15 ans.

—              Ça va, pour mon fils de 13 ans.

—              Je ne reverrai plus ma maitresse ? pour ma fille de CP.

Échange bref, mais intense !

C’est un bon début !

En attendant, mon fils de 13 ans est sorti faire du vélo tout seul.

Rapidement rejoint par mon fils de 15 ans.

Louche, vous pensez ?

À suivre…