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Pendant les vacances, l’école à la maison continue?

Samedi matin, les vacances commencent.

Je me lève avec une question : est-ce que l’école à la maison continue ?

Nous en discutons avec mon épouse. Difficile de trancher.

L’éducation nationale parait assez catégorique : pas de travail pendant les vacances.

OK. Pour les ados, cela semble acquis ! Déjà en temps normal…

Mais pour ma fille de CP ?

Elle a fait de grands progrès pendant ces 15 jours à regarder France 4. Et l’école à la maison de France4 continue encore (au moins) toute la semaine prochaine et j’ai envie qu’elle poursuive les cours.

Finalement, pour elle, c’est un peu les vacances depuis 3 semaines.

Une heure de travail le matin, c’est pas la mort.

Que si elle avait eu un rythme à 5 heures par jour à la maison depuis 3 semaines, OK pour des vacances, mais ce n’est pas vraiment le cas.

J’écoute une vidéo YouTube de Nathalie Franc, Pédopsychiatrie au CHRU de Montpellier, spécialiste des troubles de l’attention, des enfants opposants et provocants, spécialistes des enfants tyrans et colériques.

À écouter, même si vos enfants ne sont pas des tyrans colériques TDH/A :

Quelques éléments que j’ai retenus. Dans cette période particulière, le premier élément est l’ambiance à la maison. Elle conseille de diminuer fortement la pression sur les situations susceptibles de déclencher de la violence. De ne pas enclencher la spirale de la violence. De discuter à froid si un évènement se produit. Dans ce contexte, priorité aux bonnes relations dans la famille et l’éducation nationale passe après.

Une chose primordiale : continuer à valoriser tout ce qui est positif.

Elle conseille aussi de relâcher le cadre sur les horaires des ados. C’est le soir que se déroule leur espace relationnel avec leurs amis. Donc le soir est à respecter.

Jusqu’où va le soir ? Elle propose de définir un contrat à établir ensemble.

Un moment où toute la famille pourrait se retrouver. Un jeu, un goûter, une émission.

Et que chacun parle de la manière dont il vit ce confinement.

Que chacun décrive les méthodes qu’il a inventées, ce qui a changé en positif.

Et que cette période de confinement peut s’avérer être la possibilité de développer de nouvelles autonomies.

Je me fixe de discuter de ces éventuelles nouvelles autonomies, de mettre en place un moment de partage familial, et de tenter de les faire partager.

Puis nous avons pris conseil auprès d’une amie enseignante de CE1. D’une part pour avoir une idée du programme de CP. Savoir écrire une phrase, lire tous les jours, calculer tous les jours, connaître les nombres jusqu’à 100. Elle confirme que notre fille de CP peut tout à fait continuer de travailler tous les jours.

Ce qui me conforte.

Parce que je trouve que ma fille est partie sur un bel élan, qu’elle a envie d’apprendre, qu’elle se régale de progresser.

Et nous mettons en application immédiatement son conseil : fêter son travail et sa persévérance. Nous la félicitons et lui offrons un petit cadeau Playmobil pour l’encourager à poursuivre son travail même pendant les vacances. OK, elle est d’accord.

Pour les grands, la donne a changé.

La disparition du brevet et l’annonce par le ministère de la non prise en compte des notes issues des devoirs rendus pendant la période de confinement semblent avoir totalement libéré mon fils de 15 ans.

Mon fils de 13 ans ne semble plus concerné par les devoirs depuis quelques jours. Nous nous disons que cela pourrait être le temps de reprendre l’anglais depuis le départ. Peut-être avec une application ludique. Si vous utilisez une application sympa, je suis preneur !

Ma fille de presque 17 ans ? Le moment de stupeur provoqué par la disparition du bac a vite été oublié.

Mise en application ce midi :

—              Comment vous vivez votre confinement ?

—              Ça va, pour ma fille de presque 17 ans.

—              Je ne retournerai peut-être pas au collège, pour mon fils de 15 ans.

—              Ça va, pour mon fils de 13 ans.

—              Je ne reverrai plus ma maitresse ? pour ma fille de CP.

Échange bref, mais intense !

C’est un bon début !

En attendant, mon fils de 13 ans est sorti faire du vélo tout seul.

Rapidement rejoint par mon fils de 15 ans.

Louche, vous pensez ?

À suivre…

Super relou

Pour moi, l’école a déjà repris dimanche soir à 22h.

Connecté à l’ENT, je recueille patiemment les données. J’enregistre les captures d’écran où sont indiqués les instructions (pour m’y retrouver, mais aussi pour leur prouver que ce n’est pas moi qui invente les consignes), j’imprime les exercices, je jongle entre le cahier de texte, pronote et la messagerie. Mais ça, vous le savez et vous faites comme moi, j’imagine.

En tout cas, moi qui rechignais à utiliser cet outil numérique sombre, je vais devenir un expert.

Content, prêt, motivé je me couche satisfait.

La bonne surprise du matin, c’est ma fille de CP que je réveille à 8 h 30, à peine mon épouse partie en direction de l’hôpital, plutôt tendue et stressée, elle qui est d’un naturel confiant et enthousiaste, ce qui n’est pas un très bon signe.

Ma fille, donc, saute de son lit, impatiente de découvrir l’école à la télé (une bonne occasion de regarder la télé avec son papa !)

Le programme de FRANCE 4 commence à 9 heures pile par 20 minutes de lecture et d’écriture avec une maîtresse assez impressionnée par son premier cours, mais qui est super. Ma fille adhère immédiatement. Aujourd’hui, le son « -in » qu’on peut écrire de plein de manières différentes, qui peut être placé devant un mot en le transformant en son contraire (visible, invisible). Puis une seconde maîtresse enseigne les mathématiques avec les doubles, le tableau des nombres de 0 à 99, des calculs et des problèmes.

Franchement, génial. Merci à ces deux maîtresses.

Super programme que je recommande vivement.

Ma fille est prête pour demain.

Les cours de collège ont lieu de 14 à 15 heures.

On va voir ça avec les ados.

J’ai hâte !

En attendant, je les réveille à 10h30.

Sympa, non ?

Ils ont regardé des films jusqu’à 2 heures du mat.

—           Début des devoirs à 11h !

—           Mmmmmh.

Au petit dej, je leur parle du programme de France 4.

La réaction est immédiate !

—           Puisqu’on travaille à 14h, pas la peine de travailler ce matin !

—           Je… comment dire ? Comment voulez-vous qu’on ne se dispute pas si tes premières paroles sont déjà négatives ?

—           Ok. Je vais d’abord aux toilettes, me laver les dents (tiens, c’est nouveau ça), m’habiller.

—           Et moi, je sors 5 minutes dans le jardin.

11h35.

Les garçons ne sont toujours pas revenus.

Moi j’en profite pour écrire ce billet.

Mais il va falloir que je rassemble les troupes.

Et qu’on s’y mette !

Le principal adjoint du lycée appelle.

—           Votre fille n’a pas indiqué la spécialité qu’elle voulait abandonner.

—           Désolé. J’ai rempli plusieurs fois le formulaire, elle n’a pas dû vous le donner.

—           Ne vous inquiétez, pas. Comment se passe son confinement et sa continuité éducative ?

—           Ben, on va dire qu’elle rend doucement ses marques. Il me semble qu’elle a pris conscience qu’il fallait qu’elle se mette au travail. Et vous, ça va ?

—           Ça va. Je suis au télétravail.

—           Bon courage.

—           Merci, à vous aussi.

11h45, pas de trace des garçons.

C’est bientôt l’heure de préparer le repas.

Tiens, en voilà un qui redescend !

Ah, il cherche son chargeur de téléphone.

Une demi-heure plus tard.

Je tente la table commune avec les 3 ados.

—           Tiens, c’est ce que tu as à faire.

—           Hahaha.

Il se marre parce que sa sœur lui montre une photo d’il y a quelques mois.

—           Donc, je disais que …

—           Hahaha.

Il se marre de la vidéo que regarde son frère.

—           Eh, on travaille !

—           Ouais, je termine mon verre de lait.

—           Alors, ta prof a mis une vidéo.

« Alors pour ce cours, je vais vous montrer comment on additionne les fractions à dénominateurs différents… »

Hilarité générale, ça se bidonne, se tord les côtes de rire.

Au moins, ils sont de bonne humeur.

Pour l’école, on verra. Mais pour les blagues, c’est OK.

Ils me montrent une vidéo d’une prof qui s’énerve parce que quelqu’un a hacké son programme de cours à la maison et dessine des bites sur son écran !

Allez, on reprend.

« Les types de phrases »

Combien y a-t-il de types de phrases ?

Bigre.

—           Ben y a en 4, me dit mon fils de 13 ans.

—           Ah, lesquels ?

—           On apprend ça au CP, Papa ! Phares déclaratives, impératives, interrogatives, exclamatives.

—           OK. Et les formes de phrases ?

—           Ah, ça, j’en sais rien.

Je jette un œil sur Google.

2 formes de phrases. Affirmatives et négatives.

—           C’est facile, tu ne vois pas ? Affirmatives et négatives.

—           Ouais. Bon, je vais faire une pause.

Je regarde ma fille de presque 17 ans.

Les évènements ont l’air de lui passer dessus comme une brise tiède un soir d’été.

—           Et toi ?

—           J’ai plein de choses à faire pour jeudi.

—           Rien pour aujourd’hui ?

—           Non, c’est trop tard.

—           Trop tard ?

—           La prof de SES a posté les exercices à 10 h. Et elle vient de donner les corrigés.

—           Mais tu peux le faire et lire le corrigé après ?

—           Ah non, j’ai trop de choses à faire, je te dis.

—           Bon, demain je te réveille à 8h30, comme ta petite sœur.

—           Oh, t’abuses !

Elle se connecte à l’ENT.

—           Tu arrives à te connecter ?

—           Ben oui !

Waouh, c’est vrai, ça marche !

—           Tout ce que j’ai à faire !

—           Quoi ?

—           Une biographie de la Reine Victoria en Euro-Anglais.

—           Et ben c’est génial. Toi qui aimes la géopolitique. La Reine Victoria peut te permettre de retracer tout le contexte des décisions politiques des Anglais. Tu peux voir ça comme une sacrée opportunité d’en apprendre plein sur la géopolitique anglaise !

—           T’es un fou, toi, j’m’en cague des Anglais.

—           Bon en tout cas, c’est le moment de t’y mettre.

—           J’en ai pour l’après-midi.

—           OK, fonce.

—           Mais t’es un super relou !

Eh oui, c’est la triste réalité. Je suis un super relou…

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