11 mai demain.

Jour J – 1.

—        Papa, à minuit, je sors ! me dit mon fils de 15 ans.

—        Pas question. A minuit, tu dors !

—        Tranquille Papa, j’dis ça comme ça. C’est la fin du confinement !

Mes garçons comptent les heures et les minutes qu’il reste.

Je me rappelle avoir cuisiné un couscous le soir du confinement, on était à l’aube de quelque chose d’exceptionnel, d’incroyable, d’inédit.

Ce soir, le dernier soir du confinement, on mange des restes, moroses.

On aurait dû faire une fête, danser, sortir.

Il a plus des sauts toute la journée, un truc de fou toute cette flotte.

Je suis énervé, je râle, je crie pour un rien.

Je ne sais pas pourquoi.

La liste des choses qui se sont accumulées depuis 2 mois ?

Je suis crevé.

Comment s’est possible après 2 mois à la maison ?

C’est le temps, gris et froid.

Qui nous garde dans la maison alors que nous sommes dans le jardin depuis des jours.

Je ne sais pas.

Mes garçons ont bien bossé cette après-midi, Philippe Auguste a enfin gagné cette bataille de la Bouvine, ramenant le félon Ferrand dans une cage sous les hourras des paysans massés sur les routes du retour à Paris.

Et un bilan sur les fonctions pour mon fils de 15 ans. f(x) = x²+3 ça vous parle ? Qu’elle est limage de x avec la fonction f ? Quel est antécédent de f(x) ?

Ça me plait.

Ça me prend 1 heure, mais c’est cool.

Ce qui me bouleverse le plus en cette fin de journée, c’est un mail d’un copain qui m’annonce qu’Inès Léraud est victime de plaintes, de procès et d’intimidations diverses de la part de puissantes industries agro-alimentaires, ces saloperies d’industries qui non seulement pillent la terre, la détruisent, la polluent, saccagent les rivières avec les nitrates issues de leurs élevages immondes, inondent les plages bretonnes d’algues vertes putrides, dangereuses, degueulasses, non seulement portent la responsabilité sur les communes, refusent de participer au nettoyage mais en plus pratiquent une politique barbare digne de la pire des dictatures sur les personnes qui essaient d’informer la population et osent demander que les choses changent.

Inès Léraud est journaliste. On peut entendre ses reportages dans Les pieds sur terre sur France culture et elle a réalisé un livre dessiné sur les algues vertes en Bretagne. A lire de toute urgence.

Toute cette frange de politiciens corrompus qui s’agitent au secours des industriels me révolte, me met tellement en colère, ça suffit, ce n’est plus acceptable ces méthodes.

On ne dézingue pas quelqu’un qui cherche à s’informer simplement parce qu’il dérange les intérêts de certains, on ne détruit pas quelqu’un qui produit une étude sérieuse à coups de procès en diffamation destructeurs uniquement parce qu’il s’approche de la vérité. C’est inacceptable. Si une activité pollue, on la modifie, on ne tue pas ceux qui la dénoncent.

Sinon, on prendra les armes nous aussi et on tuera les chefs d’entreprise.

Avant ça, merci de signer la pétition de soutient à cette valeureuse journaliste :

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/dynfendonslalibertyndinformersurles-3791html#signsans

RESUME DE L’ENQUETE :
Depuis la fin des années 1980, au moins quarante animaux et trois hommes se sont aventurés sur une plage bretonne, ont foulé l’estran et y ont trouvé la mort.

L’identité du tueur en série est un secret de polichinelle. Son odeur d’œuf pourri le trahit. L’hydrogène sulfuré (H2S) émanant des algues vertes arrive en tête de la liste des suspects. De nombreux citoyennes et citoyens ont lancé l’alerte à de multiples reprises, sans réussir à empêcher la répétition des accidents. Thierry Morfoisse est ainsi décédé en 2009, après avoir charrié une benne d’algues en décomposition de trop. C’est seulement en juin 2018, neuf ans après son décès, que sa mort a été reconnue en accident de travail.

Les algues maudites sont le symptôme d’un mal profond qui prend ses racines dans les lois de modernisation agricole des années soixante, leur fumet méphitique s’immisce dans une nébuleuse d’intérêts et de lâchetés mêlant gros bonnets de l’agro-industrie, scientifiques à la déontologie suspecte, politiques craignant pour l’emploi ou leur réputation touristique.

C’est ce que révèle l’enquête choc de la journaliste Inès Léraud et du dessinateur Pierre Van Hove.

Des échantillons qui disparaissent dans les laboratoires, des corps enterrés avant d’être autopsiés, des jeux d’influence, des pressions et un silence de plomb. L’intrigue a pour décor le littoral breton et elle se joue depuis des dizaines d’années. Inès Léraud et Pierre van Hove proposent une enquête sans précédent, faisant intervenir lanceurs d’alerte, scientifiques, agriculteurs et politiques.