4 juin

—           Déjà qu’on n’a pas d’avenir avec toutes vos conneries…

Discussion hier dans le jardin avec ma fille de presque 17 ans.

À propos du travail qu’elle doit fournir pour le lycée, même si son conseil de classe est passé, même si le bac français et les E3C sont totalement annulés.

Elle est déprimée parce qu’on vient de faire 2 heures de ménage tous ensemble dans la maison.

—           Qu’est-ce que tu veux dire par « toutes nos conneries » ? Notre mode de vie à l’origine du dérèglement climatique ?

—           Bien sûr, vous avez vu ce que vous nous laissez ?

—           Je suis bien conscient de l’état du monde.

—           Et qu’est-ce que tu fais ?

Rien. À part pousser des gueulantes, m’insurger et écrire. Rien.

—           On n’a pas d’avenir, alors laisse-moi tranquille avec tous tes devoirs.

Plusieurs choses : ma fille est crevée, elle dort peu, raison de son coup de calcaire. Le dérèglement climatique a bon dos, prétexte un peu facile pour se laisser aller. Il me semble qu’à 17 ans, j’étais déjà très politisé et qu’au lycée, on était agité de grands idéaux et qu’on était prêt à se battre.

Je vois un profond défaitisme.

Ma fille est écœurée par les violences policières et leur impunité, par les violences faites aux femmes et leur impunité. La planète ? Elle s’en sortira très bien quand les humains auront disparu.

C’est vrai que je ne fais pas grand-chose. J’utilise toujours autant ma voiture — notamment pour trimballer ma fille par ci et par là. Je me contente souvent de râler, mais sans beaucoup d’effet derrière.

J’essaie d’expliquer aux enfants que les temps d’abondance sont derrière nous. Réaction immédiate : pas question ! Ce n’est pas à eux de payer pour notre inconscience. Et tant pis si ce sont d’autres enfants qui travaillent dans les mines pour leurs smartphones, PlayStation, et ordinateurs. Et tant pis si des gens meurent et sont déplacés pour les terres rares, l’extraction de gaz et de pétrole, la déforestation. Ce n’est pas leur monde, mais celui qu’on leur a laissé.

—           Pourquoi vous continuez à vous retrouver au Mc Donald ? je demande à ma fille de presque 17 ans.

—           Je sais, c’est pas terrible… mais c’est pas cher.

C’est vrai.

—           Mais pourquoi vous n’achetez pas du pain et du jambon pour aller pique-niquer dans le parc ? Pourquoi vous vous entassez dans les centres commerciaux ? Pourquoi vous êtes toujours en train de bouffer ?

—           Papa, arrête avec ça…

Tout ça pour vous dire que plusieurs choses me choquent ce matin en lisant les nouvelles du monde.

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Voilà, on applaudi à 20h, on tremble parce qu’on n’a pas de masque ni de gel, on supplie pour en avoir, des gens s’organisent, ce sont des héros et on les jette à peine le soleil revenu.

Ce n’est pas supportable.

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Les mêmes… Qu’est-ce qui se passe dans leur tête. Quand il n’y aura plus rien…

L’argent gère leur vie, mais avec quel argent vont-ils acheter une autre planète ?

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La messe est dite.

On mutualise les pertes, on privatise les profits. C’est bien connu.

Et ce sont les citoyens qui paient, avec leurs impôts, les surprofits qui viennent détruire le tissu social et massacrer l’environnement.

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La solution ? Travailler plus et baisser les salaires.

C’est exactement l’inverse de tout ce qui a été dit pendant le confinement.

L’inverse de tout ce que j’ai pu lire pendant ce moment particulier.

Nous sortons de ce confinement encore plus étriqués et oppressés que jamais.

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Dès qu’il y a de l’argent, les vautours rodent… Il faut s’en débarrasser !

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Ceux qui ne perdent rien pour attendre, les gros fils de putes, toujours prêts à sortir leurs fusils. Et pourquoi on avancerait la date d’ouverture ? Pour qu’ils se dégourdissent les jambes, ces fumiers ?

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No comment

La nature humaine est résumée par cette photo et cette phrase : des masques chirurgicaux jetés à même le sol alors qu’il y a quelques semaines, la France en manquait cruellement.

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La solution ?

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L’abondance génère une dépendance.

L’accroissement de la consommation entraine une iniquité sociale et une forme d’assujettissement de l’homme par l’homme.

Et l’école est le modèle qui fabrique des bons sujets normés à s’insérer dans cette société dépendante de la croissance.

Avec ça, nous voilà bien !

Bon appétit.

Ça va redonner le moral à a fille de presque 17 ans qui va se mettre au travail aussitôt !

Quelques questions réflexions pour dépasser le stade émotionnel de la colère :

Que sommes-nous réellement prêts à faire pour que les choses ne s’enveniment pas ?

Liste des choses dont nous sommes prêts à nous séparer aujourd’hui :

1-

2-

3-

Comment replacer l’humain, le citoyen au milieu de la société et en bannir — pas l’argent, qui est un moyen commode de vivre et de commercer — le profit ?

Comment redonner le goût de l’effort à nos ados ? Leur montrer que le travail qu’ils font est pour eux, pas contre eux. Que travailler est la base de l’activité humaine, source de réjouissance, de gratification, de satisfaction, de développement, d’évolution, bien plus que l’oisiveté naïve protégée par papa-maman.

Comment redonner à l’école la possibilité d’enseigner en respectant l’humanité qui est en nous et en chassant l’esprit de compétitivité qui ravage les âmes ?

Que la lecture de Facebook le matin est anxiogène et forcément source de colère et de rage, émotions très négatives pour commencer une journée, émotions savamment entretenues par la firme américaine passée championne de manipulation des émotions pour nous capter et nous garder le plus longtemps possible afin de nous servir du contenu publicitaire. Facebook est un bel outil, mais attention à ne pas se laisser top embarquer dans l’émotionnel.

Pour finir, si vous en avez le courage, une interview d’Isabelle Filliozat sur Europe1

https://www.europe1.fr/societe/travail-sommeil-comment-bien-accompagner-son-ado-pendant-cette-fin-dannee-scolaire-3970663

qui insiste sur le fait que ce ne sont pas les contenus des devoirs sur lesquels il faut se fixer, mais sur les capacités de nos ados à développer leurs cerveaux par des jeux les incitants à ne pas se jeter sur les réponses faciles, les aider à se concentrer sur des tâches, développer leur esprit critique.

Qui explique que le contrôle des parents sur les ados ne sert à rien. On sait bien que les ados ne travaillent pas sous la coupelle de leurs parents. En revanche, se proposer comme support est beaucoup plus utile : est-ce que tu as besoin de quelque chose ? Est-ce que tu as besoin de moi ? Est-ce que tu veux me parler de ce que tu ne comprends pas ? Est-ce que tu veux me parler d’une chose que tu as lue ou apprise ?

Comment tu vis ça ? Est-ce que c’est facile ?

Et sur le sommeil ? Tant que le travail scolaire est fait, on peut imaginer que l’ado régule à peu près sa journée et qu’il tourne sur son propre cycle.

Je vous en reparlerai.

Bises à tous

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