27 avril, J-15 avant le 11 mai, date arbitraire décidée par notre président sur des bases incertaines, il n’y a que les crédules qui imaginent que les intérêts de la population priment.

Nous nous réveillons, mon épouse et moi avec un sentiment étrange et nauséeux.

Un article dans Le Monde de ce matin titre : «  Coronavirus : le plan de déconfinement dévoilé mardi, la méthode de Macron et Philippe critiquée

Matignon a bousculé le programme parlementaire. Il n’y aura finalement pas de débat sur le traçage numérique, mais un seul vote à l’Assemblée nationale mardi sur la stratégie globale du gouvernement présentée le même jour. »

https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/27/coronavirus-le-plan-de-deconfinement-devoile-mardi-la-methode-de-macron-et-philippe-critiquee_6037838_823448.html

Comment ça il n’y aura pas de débat ?

Le gouvernement, 15 jours après l’annonce du chef, présente son plan de déconfinement demain, mardi 28 avril à l’Assemblée  Nationale.

Était prévu initialement la présentation le 28 avril, débat et vote le 5 mai.

Est maintenant annoncé : présentation du plan et vote dans la foulée.

Le temps du débat a disparu.

Motif : l’urgence de la situation.

Rappel : qui a fixé la date du 11 mai ?

Il n’y a pas d’autre urgence que de respecter la date décidée par le chef.

Il n’y a pas d’autre urgence que de reprendre au plus vite – tant pis si c’est la pagaille – les affaires.

Au mépris des règles élémentaires de ce qui reste de notre démocratie.

Je vous renvoie donc la question : sommes-nous encore en démocratie ?

Et comme « le plan de déconfinement est lié à l’application STOPCOVID, les deux font partie du même pack ».

Donc seront soumis au vote sans le temps de débat demain à l’assemblée le plan et l’application.

On croit rêver.

On se réveille en dictatocratie.

« L’exécutif sait qu’il joue gros. Après les polémiques sur le manque de masques et de tests, le gouvernement n’a pas d’autre choix que de réussir le déconfinement s’il veut garder la confiance d’une majorité de Français. Mais il est d’ores et déjà sous pression : dans une note publiée samedi soir, le conseil scientifique chargé d’éclairer le gouvernement prend acte de la « décision politique » de réouverture des établissements scolaires à partir du 11 mai, mais se dit favorable à leur fermeture jusqu’en septembre. »

Ça, on l’a bien compris.

En zappant une nouvelle fois le débat, il joue gros aussi.

Après le 49-3 bazardant la réforme des retraites juste avant le confinement, «  pour avoir les coudées franches et ne se consacrer qu’à la crise sanitaire »

Sic

« Un changement de programme mal vécu dans les rangs de l’opposition, mais aussi de la majorité, où l’on accuse Matignon d’avoir privé les députés d’un débat et d’un vote sur le traçage, de peur de mettre en lumière les divisions au sein du groupe LRM. « Ce temps démocratique est annulé. Ceux qui souhaitaient marquer leurs oppositions sur ce sujet (et non sur la stratégie globale de déconfinement) ne pourront pas le faire. C’est une aberration et un véritable biais démocratique », regrette le député des Deux-Sèvres (LRM) Guillaume Chiche. « Cela ne correspond pas, au regard des enjeux, à un niveau de démocratie parlementaire suffisant », abonde son collègue Aurélien Taché (Val-d’Oise). Un épisode, qui « va laisser des traces durables » en interne, estime un poids lourd du groupe majoritaire.

Depuis plusieurs semaines, ce projet de l’exécutif rencontre l’opposition d’une partie des élus macronistes, qui craignent une atteinte aux libertés individuelles. Selon les projections, une cinquantaine d’entre eux auraient pu voter non, ou s’abstenir, mardi… Matignon n’a pas voulu prendre le risque d’afficher une image de désunion de la majorité en temps de crise. Voire d’encaisser un vote négatif, même si le scénario paraissait peu probable. »

« Silence exigé dans les rangs LRM ! (…) Ainsi va la démocratie au temps du macronisme ! », a ironisé le patron du Parti socialiste, Olivier Faure. « Changer le sujet du vote moins de trois jours avant le débat, c’est un bon coup politique, mais un mauvais coup pour la démocratie », s’indigne le député du Maine-et-Loire (ex-LRM) Matthieu Orphelin. »

« Dans un courrier adressé à Richard Ferrand, la députée LRM Martine Wonner (Bas-Rhin) s’indigne que le législateur soit appelé à voter un plan qu’il « découvrira que quelques minutes avant le vote ».

Pour se justifier de regrouper le plan et STOPCOVID :

« Au sein de l’exécutif, on se défend d’avoir voulu piéger les élus de la majorité. « L’intelligence d’un plan doit être regardée dans son ensemble. Il nous a semblé plus respectueux du Parlement de débattre de l’ensemble du puzzle plutôt que d’une seule de ses pièces », justifie-t-on à Matignon. Même chose pour le délai serré auquel

Je suis consterné.

STOPCOVID sera/serait capable d’entrer en contact avec tous les téléphones croisés et équipés de l’application par BLUETOOTH. Il n’y aura pas de géolocalisation. Mais STOPCOVID transmettra toutes les infos sur les personnes que vous avez rencontré sur les 15 derniers jours.

Ce matin, on parle de DASSAULT SYSTÈMES et CAPGEMINI comme partenaires, un fabriquant d’armements ultra-sophistiqués connu pour sa déontologie et sa parfaite intégrité et une société de services informatiques cotée 12.5 milliard d’euros au CAC 40 et qui a délocalisée la moitié de ses 200 000 employés en Inde. Ça donne confiance.

Et il faut qu’Apple ( IPhones ) et Google ( Androïdes ) s’entendent à une compatibilité.

Que dit la CNIL ?

Application StopCovid : la CNIL appelle le gouvernement « à une grande prudence »

Dans son avis, la Commission nationale de l’informatique et des libertés donne un satisfecit au gouvernement tout en pointant les « risques » liés à ce projet d’application.

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/04/26/stopcovid-etre-prets-le-11-mai-sera-un-defi-selon-cedric-o_6037789_4408996.html

La CNIL donne un satisfecit global au projet du gouvernement, tout en soulignant les garanties qu’il attend en matière de protection des données.

OK.

On avance prudemment.

Et là, clou du spectacle, je tombe sur la chronique de Dominique SEU sur France Inter.

Je reste bouche bée, les bras me tombent.

Dominique SEU fait du Dominique SEU, bien entendu.

Mais il force.

Je vous la fais courte et de mémoire, les puristes pourront aller perdre leur temps à réécouter ce vendu.

Alors bien entendu, cette application va mettre en lien le fleuron de la technologie française, dont Dassault systèmes et Capgemini – déjà cités – mais aussi Orange.

Sauf que ces vilains allemands viennent de convier Apple et Google sans rien demander aux autres ! Ça ne se fait pas ! — Ducon, comment tu fais pour la compatibilité IOS et Androïd ?

D’un côté, il y a les contres, — les vilains —, qui sont tout le temps contre. Et de l’autre, les pours, — les gentils — qui s’inscrivent dans la lutte contre l’épidémie, qui sont ouverts au progrès, qui évite de faire le traçage à la main à de pauvres employés, la langue tirée avec leur crayon et leur gomme.

Ceux qui disent amen à tout, sans se laisser le temps de réfléchir.

Pour conclure par un magnifique : « Je ne vois pas ce qui pourrait empêcher les Français d’applaudir à la mise en place d’une telle application ».

Ou quelque chose dans le même genre.

Désolé, je suis un méchant, adepte de l’obscurantisme, prônant le retour à la l’âge de pierre et à la bougie, complotiste, qui voit toujours le mal partout, malveillant, parano, gauchiste, pire, communiste.

Mais ça, vous le savez déjà.

Laissez-moi juste vous dire qu’en Chine, les données recueillies par leur STOPCOVID sont partagées avec la Police.

Que l’application est devenue obligatoire en Italie.

Qu’à Hong-kong, les malades portent un badge.

Qu’à Singapour une telle application fonctionne déjà.

Qu’en Corée du Sud, les infos peuvent être partagées avec des tiers.

Et qu’en Israël, c’est l’armée et la sécurité nationale qui surveillent via une application concoctée par une entreprise ultra-spécialisée en surveillance de population.

Bref, chacun fait ce qu’il veut, en fonction de son état de droit.

Mais soyez bien conscient que tout est possible.

Et que rien n’est impossible.

Sur ce, je vous laisse, je vais réveiller les monstres, on est lundi, reprise de l’école à la maison.

Au programme, anglais, physique-chimie, anglais, français et deux travaux de technologie pour mon fils de 15 ans, il est briffé, ça à l’air de rouler.

En revanche, plus compliqué sur le front des 13 ans, avec espagnol, math, français et histoire géo, je sens que ça coince, sans même avoir commencé.

On entre dans le concret.

Vivement une application PENDANTLECONFINEMENTJAPPRENDSENCHANTANT

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