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Discussion avec mes fils à propos de diffusion de propos venimeux et incitation pernicieuse à la haine raciale sur les réseaux sociaux

Hier midi, je m’approche de mon fils de 15 ans. Il écoute des commentaires audios.

Comme il est dans le salon, j’imagine ne pas m’immiscer dans sa sphère privée en lui demandant :

—              Tu écoutes quoi ?

Je suis toujours curieux de savoir qu’est-ce qu’il bricole toute la journée penché sur son minuscule écran. Avec qui il discute. Et de quoi.

—              C’est des commentaires qu’a envoyé une copine.

Encore une fois, parce qu’il est dans le salon, lieu commun partagé par tous, je me permets d’aller plus loin.

—              Des commentaires sur quoi ?

—              Un texte écrit par un copain.

—              Tu peux me montrer ?

—              Si tu veux.

Voici le texte — un pur ramassis d’arguments d’extrême-droite, jugez-en vous même :

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Je suis surpris :

—              Tu penses que c’est ton copain qui a écrit ça ?

—              Oui, c’est T.

—              Il a écrit ça comme ça ?

—              Non, c’est une réponse à un autre message.

—              Tu peux me montrer l’autre message.

—              Papa, tu forces là…

—              C’est parce que c’est intéressant.

Je sens que je le saoule. Pourtant, il me montre le message d’origine.

« Deux femmes voilées frappées à coups de couteau près de la tour Eiffel »

—              Et tu penses que ton copain T. a pu répondre ce message en réponse à cette question ?

—              J’en sais rien.

Je lis un peu plus loins : « il ne s’agit en fait que d’une dispute à propos d’un chien laissé en liberté trop près d’enfants qui jouaient dans un parc. »

—              Je ne vois pas très bien le rapport.

—              Laisse tomber Papa…

Je pense à ce texte toute la matinée.

Et, au repas de midi, on en reparle, mon fils de 15 ans, celui de 13 ans et moi.

—              Qu’est-ce que vous avez compris dans le texte de T. ?

—              Qu’il est raciste, dit mon fils de 15 ans.

Je suis vraiment très satisfait. Il ne s’est pas laissé duper.

—              Je suis tout à fait d’accord.

—              De toute manière, T. déteste les arabes et tout ça, précise mon fils de 13 ans.

—              Mais est-ce que vous pensez que c’est lui qui a pu écrire ce texte ?

—              Oui, parce que c’est mal écrit.

—              Peut-être que c’est mal écrit exprès ? je suggère.

Ils ne savent pas.

—              Vous savez ce que c’est un salafiste ?

—              Non.

—              Et un gauchiste ?

—              C’est un truc avec la droite et la gauche.

Ils ne savent pas.

—              Vous croyez que votre copain il sait ce que c’est, lui ?

Je vois qu’ils commencent à douter.

—              Et T., il terminerait son texte par « Vive la France ! » ? Vous en avez des copains  qui disent « vive la France ! » ?

—              Euh, non…

Ils écoutent encore un peu alors je vais un peu plus loin :

—              Pour moi, un texte qui commence par « C’est pas du racisme, c’est juste réaliste ! » est un texte raciste. Dire que ce qu’on écrit n’est pas du racisme, ça veut dire qu’on cherche déjà à se justifier des propos qu’on va développer.

Je continue :

—              Et puis il y a toute cette série de faits qui n’ont rien à voir les uns avec les autres qui sont collés bouts à bouts et finissent par diffuser une idée nauséabonde : parler arabe est un signe ostentatoire de religion, ce sont toujours les arabes qui caillassent la police, et même si certains sont intégrés, les autres doivent choisir entre aimer la France ou la quitter — je dérive mais c’est ce que je perçois derrière ce torchon infâme.

Ils commencent à décrocher, alors je conclue :

—              D’après vous, qui peut être derrière ce texte ?

Ils ne savent pas.

—              L’extrême droite. C’est tout à fait leur manière de distiller des propose venimeux d’incitation à la haine raciale, l’air de rien, par des petites remarques qui semblent de bon sens mais qui fleurent bon le complot : complot des gauchistes, des islamistes, de l’école qui devient un lieu de propagande et de censure sans que n’en soit jamais clarifié l’objet. Et qui termine en défendant la liberté d’expression. Vous savez définir la liberté d’expression dans un sens démocratique et dans le sens d’extrême droite ?

Je les ai perdus.

—              La liberté d’expression au sens noble du terme est de permettre l’expression de tous les opinions. C’est le sens des propos — d’après ce que j’en ai lu — du professeur d’histoire Samuel Paty.

Je me parle à moi tout seul.

—              La liberté d’expression au sens de l’extrême droite, c’est le droit affiché de pouvoir dire n’importe quoi, de pouvoir raconter n’importe quel mensonge, de pouvoir trainer n’importe qui dans la boue, de laisser Eric Zemmour débiter ses insanités ignobles sur les jeunes migrants en les traitants d’assassin et de violeur sur Cnews.

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—              C’est bon Papa, on peut y aller ?

—              « Vive la France » est la signature de l’extrême droite.

—              OK. Allez, salut.

—              Ce texte ne peut pas avoir été écrit par votre copain T. C’est un copié-collé trouvé sur les réseaux sociaux mal écrit exprès pour faire croire à un vrai. C’est typique d’un texte de propagande d’extrême droite.

Ils ont disparu.

Je m’emporte tout seul.

C’est la raison pour laquelle j’écris ce billet ! Pour ne pas parler dans le vide !

Je me demande si mes interventions ont une quelconque utilité auprès d’eux. Si elles sensibilisent au moins un peu mes fils sur l’esprit critique à déployer à propos de tout ce qui touche à internet et aux réseaux sociaux.

Dans la soirée, je fais des recherches rapides sur internet à propose de ce texte. Voir s’il a été repris. Je ne trouve rien. Mais je ne cherche surement pas efficacement.

Je recommence ce matin. Mais pas plus.

Juste ce beau tableau, illustration du racisme, trouvé au détour d’une page virtuelle.

En tout cas, je me demandais si l’assassinat de Samuel Paty interpellait mes fils de 13 et 15 ans et s’il y avait des réactions sur les réseaux. Il semble que oui. Mais de quelle nature ? Et de quelle teneur ?

À suivre…

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Mascarade

29 mai

De quoi François Hollande se sent-il responsable ? Où sont passées Marisol Touraine et Agnès Buzin ? UNITAID, machine à recycler les ministres de la Santé ? Roselyne Bachelot a-t-elle raison d’être en rage ? Et d’où vient Olivier Véran ?

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François Hollande avoue lundi 25 mai sur France Inter avoir une part de responsabilité dans la situation de l’hôpital.

Intéressant.

Pour une fois qu’un homme politique bat sa coulpe.

Examinons d’une peu plus près de quoi il se sent responsable :

Déjà, pas d’avoir baisser le nombre de poste de soignant puis qu’il commence par rappeler qu’il a augmenté ce nombre de 30 000 personnes.

Il confie avoir contribué à contraindre l’hôpital. Sans rien ajouter. Ce qui est tout de même assez vague.

En tout cas, côté masques, il est à l’aise : le stock qui était jusque-là centralisé a été décentralisé pour des raisons évidentes d’efficacité et de proximité. Et, sous sa présidence le nombre de masques est passé de 1 milliard à 750 000 000 masques. Pourquoi ? On n’en saura rien, le journaliste ne semble pas trop désireux d’en savoir plus.

Donc, malheureusement, la décentralisation a couté la bagatelle de 250 millions de masques… sûrement tombés des camions…

Hollande semble réaliser que la sur-représentation administrative à l’hôpital n’a pas que du bon – alors qu’il serait à l’origine d’une augmentation du personnel administratif hospitalier que certains osent annoncer à + 40 % ! —, appelle de ses vœux plus de souplesse dans la gestion trop tatillonne et souhaite ne pas revenir sur les 35 heures à l’hôpital, un acquis social d’après lui.

Il constate simplement comme ça, sans en avoir l’air, que le stock de masques n’est plus que de 150 millions au moment où la crise sanitaire se déclare sans comprendre comment on n’en est arrivé là… Bref, il ne se reproche rien de très sérieux…

Il est plutôt clean.

Est-ce la faute à Jérôme Salomon, conseiller chargé de la sécurité sanitaire auprès de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, de 2013 à 2015, et — proche d’Emmanuel Macron dont il était le conseiller santé pendant sa campagne présidentielle — un moment pressenti pour devenir ministre de la Santé après son élection ?

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On apprend que son Papa est décédé pendant cette période — j’en suis désolé pour toi l’ami — et qu’à cette occasion, il a découvert qu’en fait, on était tous vulnérables.

Sérieux ? François Hollande ! Voyons ! Tu imaginais quoi ?

Il a l’air tout malheureux sur la photo.

Bref, en tout cas, pas grand-chose de nouveau à l’Ouest de l’Avenue Duquesne, véritable adresse du ministère de la Santé. Tiens, alors pourquoi un Ségur de la santé ? Parce que le bâtiment à une face qui donne sur l’avenue de Ségur ? Peut-être…

OK.

Voilà pour Hollande.

Et Marisol Touraine, le cauchemar des hôpitaux, la ministre de la Santé la plus honnie des médecins libéraux. Où elle est donc passée ?

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J’apprends rapidement qu’elle a été battue aux législatives le 18 juin 2017 par la députée LR Sophie Auconie — faut le faire aux vues du raz-de-marée LREM —, qu’est partie en vacances quelque temps, qu’elle a été ensuite réintégrée au Conseil d’État — ouf, tout va bien — et qu’enfin elle a été élue présidente de l’organisation onusienne UNITAID, une structure hébergée par l’OMS à Genève et financée par une taxe sur les billets d’avion (???). Son objet social ? Négocier des baisses sur les prix des médicaments en en assurant l’achat d’un certain volume, afin de permettre aux populations pauvres de se soigner : tuberculose, HIV, …

Douste Blazy, ancien ministre de la Santé a lui aussi occupé ce poste de 2007 à 2016.

Bon vent, vive le copinage, tu as l’air satisfaite sur les photos, tant mieux pour toi.

La vie semble plus facile pour toi que pour le Papa que j’ai rencontré hier… (cf billet d’hier, http://blog.vasyraconte.fr/le-bruit-et-lodeur )

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Et Agnès Buzyn ?

A-t-elle survécu au confinement ?

Elle est toute pimpante et fringante dans une interview donnée au Figaro où elle annonce avoir beaucoup réfléchi avant de prendre sa décision de repartir en campagne pour la Mairie de Paris, prête à défendre les couleurs LREM, pour — je cite —, défendre une troisième voix entre Hidalgo et Dati. « Entre », c’est beaucoup dire. À la traine, ça oui.

Petit rappel des comptes, Anne Hidalgo environ 30% des voies, Rachida Dati, pareil, environ 30 %, Agnès Buzyn, 7%… Et tous les autres ont bu la tasse, autant Cédric Villani que les écolos et La France Insoumise.

Elle regrette d’avoir qualifié le maintien du premier tour des élections municipales de mascarade. Pourquoi regrette-t-elle ? Ça a bien été un désastre.

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Plus grave, elle confie avoir été victime de menace de mort et a été agressée.

Là, malgré le peu d’estime que j’ai pour elle, pas pour la femme que je ne connais pas, mais pour son travail au Ministère peu concluant, pour l’image de son dévouement et même de sa soumission, la voix de son maitre, qui démissionner en pleine crise de Covid pour voler au secours de la REM en panne de candidat à Paris après les déboires de Benjamin Grivaux — une autre histoire à la Vaudeville —, je me dis que, tout de même, c’est cher payé pour la fidélité.

Après… blablabla…, elle regrette — à juste titre — le débat sur la chloroquine qui aurait dû rester au niveau du cercle scientifique et ne pas devenir un remède miracle plébiscité par pétition.

Blablabla… Olivier Véran est exceptionnel …blablabla… commission d’enquête sur les responsabilités de chacun, où j’ai hâte de venir m’exprimer… blablabla

Je ne m’étends pas sur Yves Levy son mari, Président-directeur général de l’Inserm entre 2014 et 2018, conseiller juridique du gouvernement, puis envoyé spécial en RDC au moment de l’épidémie du virus Ebola en 2019 et vu à Wuhan en 2017 avec Cazeneuve, alors Premier ministre, et Marisol Touraine.

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Les Complotistes se saisissent aussitôt de la trouvaille et en avant : le mari fait sortir du virus pour que sa femme privilégie l’INSERM et vende des vaccins avec des puces électroniques achetées à Bill Gates, numéro 1 sur la liste des personnalités à abattre.

Bon, je dévie.

Un Président qui avoue ses (quelques petites) erreurs, une ministre qui ne s’en sort pas si mal, une autre qui part au charbon dans une campagne de tous les dangers à Paris, et un homme, Olivier Véran qui sort du chapeau en plein début de crise sanitaire.

Enfin un homme aux commandes, s’empresseront de dire certains.

Mais d’où il sort celui-là ?

Il est en embuscade, à 40 ans, prêt à l’action.

Élu conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes en décembre 2015, puis député de la première circonscription de l’Isère en 2017, il est rapporteur général de la commission des Affaires sociales de 2017 à 2020 à l’Assemblée nationale. Le 16 février 2020, il est nommé ministre des Solidarités et de la Santé en remplacement d’Agnès Buzyn.

Mi-mars, soit 1 mois à peine après son arrivée, une histoire de trafic d’influence sur la vente de masque FFP2 par Tewfik Derbal, son ancien collaborateur à l’Assemblée lui est reprochée…

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Sur tous les fronts, notre ministre de la santé.

Avant-hier, à L’Assemblée, il mouille sa chemise pour faire accepter l’idée de la mise en place de l’application Stopcovid, réclamée par les épidémiologistes et crainte des informaticiens en termes de recueil de données personnelles.

Hier, aux côtés d’Édouard Philippe, lors de la présentation du plan déconfinement 2 :

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Et notre amie Roselyne Bachelot ? Toute cette affaire de la disparition des masques la remplit de rage.

Reconnue personnalité politique la plus populaire, heureuse de tenir son heure de gloire après avoir été lynchée pour sa gestion — qualifiée de calamiteuse à l’époque — de la grippe H1N1, elle explique son ressentiment pour les accusations dont elle a fait l’objet — elle a même été auditionnée par une commission d’enquête parlementaire.

Elle dénonce l’irresponsabilité des différentes politiques de restrictions budgétaires déployées depuis son départ en 2010 où le stock a été détricoté, et la sécurité sanitaire placée sous la dépendance de la Chine, devenue à elle seule l’unique fabricant de masque et d’antibiotique dans le monde.

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Roselyne Bachelot soulève le problème crucial de la délocalisation de nos activités stratégiques.

Comment cette délocalisation a-t-elle pu s’opérer ? Quels en sont les sous bassement ? Les principes ? Les idéologues ? Issue de quels types de choix, de projets, d’idées, de plans ?

Sont-ils seulement économiques ? Seulement la faute à pas de chance ? Le fruit d’une cascade d’évènements malheureux ?

Cette pénurie était-elle prévisible ? Ne l’a-t-on pas vue venir ?

C’est l’idée que j’ai envie d’explorer dans une série que je vais intituler Mascarade, une histoire de la disparition des masques.

Encore un projet ! Encore une histoire !

Allez, vas-y, raconte !

Le bruit et l’odeur

27 mai,

En déposant ma fille de CP à son cours d’équitation ce matin, je rencontre et discute avec le Papa d’une petite camarade de ma fille.

Ce Papa est très inquiet pour son emploi.

Il me dit qu’ils ont repris le travail depuis le début de la semaine, mais qu’un plan social de 300 personnes leur a été annoncé.

Faisant partie des derniers recrutés, il imagine faire partie des personnes licenciées.

Le confinement a été dur pour eux, après les premières semaines bénéfiques pour se reposer. L’inquiétude a vite pris le dessus. L’inquiétude pour le virus bien entendu, mais surtout l’inquiétude des conséquences pour son emploi.

Rapidement, il a compris que la situation serait difficile dès le déconfinement amorcé.

Et c’est donc le cas.

—           Comment voulez-vous que je retrouve du travail à plus de 50 ans ? me dit-il.

Je repense aux paroles malheureuses de notre Président.

—           Il n’y a que Macron pour affirmer qu’il suffit de traverser la rue pour trouver du boulot.

—           Paroles misérables et tellement méprisantes.

Misérables.

Tellement méprisantes.

Ce Papa les vit en direct, ces propos si arrogants, condescendants, dédaigneux, hautains, déconnectés.

La France d’en haut donne des conseils à la France d’en bas.

—           Comment peut-il tenir de telles paroles alors qu’il détient une responsabilité dans le chômage des Français ? je soupire.

—           Il a travaillé chez Rothschil…

—           Donc a participé à l’évasion fiscale, aux délocalisations, aux sur-profits de certains.

—           C’est le Président des Riches.

—           Un jeune-vieux Président.

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Qu’est-ce qui peut pousser un jeune homme politique devenu Président grâce à un alignement de planètes spectaculaire à prononcer des paroles aussi haineuses ?

—           Ça l’a beaucoup desservi, ajoute le Papa de la petite camarade de ma fille.

—           Ses paroles montrent qu’il est du même sérail que les autres.

—           Il n’a aucun respect pour les ouvriers. Ni pour les chômeurs. Il les considère comme des fainéants, comme des resquilleurs.

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Jonathan :          —           Qu’est-ce que vous faites pour les chômeurs ?

Macron :             —           Dans l’hôtellerie et dans le bâtiment, partout où je passe, ils cherchent des gens. Je traverse la rue et je trouve du boulot, j’en suis persuadé. Vous remontez le boulevard Montparnasse, 1 sur 2 cherche quelqu’un.

Jonathan le prend au mot, et voici le résultat :

ttps://www.youtube.com/watch?v=mTYu5kihyos

Jonathan prend Macron à la lettre et traverse la rue, dépose 20 CV et 20 lettres de motivation. Bilan 20 refus.

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C’est tout de même pas si simple, Monsieur le Président.

Surtout que Jonathan est horticulteur…

Jonathan a l’impression qu’il a pris une gifle de la part du Président devant toutes les caméras de France.

Le Papa avec lequel je discute se sent dans le même état.

—           Je ne supporte pas l’idée d’être inutile. C’est important son travail, c’est notre dignité. Et puis je ne suis pas fait pour être inactif.

—           C’est aussi le regard que les gens portent sur les chômeurs…

—           Tout à fait. Dès qu’on est au chômage, on est considéré comme des moins que rien.

Ces paroles me touchent.

Me bouleversent.

L’inquiétude d’un homme face à son avenir, sa détresse, sa souffrance.

—           Comment je vais faire pour vivre ? Si j’étais seul, bon… Mais les enfants ?

Inutile.

Moins que rien.

Comment je vais faire ?

—           Bon, on verra bien, hein ?

Une pirouette positive, pour finir sur une note d’humour qui permet d’éviter de se noyer.

Mais quand même, je suis désolé de le laisser avec tous ses soucis…

Et partir me balader, pendant que le cours d’équitation se passe.

Pas très à l’aise d’aller profiter du soleil, de la douceur du matin…

Prendre du recul.

Empathique, mais pas trop.

Absorber la tristesse, la détresse et la souffrance.

Hypersensibilité. Hyper-hypersensibilité.

C’est comme ça.

Heureusement, Jonathan est sympa et son histoire est touchante et pleine d’humour.

Ce genre de phrases assassines me rappelle le casse-toi pauv’con ! de Sarkozy.

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—           Touche-moi pas, tu m’salis, lui lance quelqu’un dans la cohue du salon de l’agriculture.

—           Alors, casse-toi ! lui répond le Président. Casse-toi, pauv’con !

Pourquoi de telles paroles dans la bouche de nos représentants ?

L’identité du visiteur du salon est inconnue, totalement inconnue.

Mais la réplique « casse-toi alors pov’con ! » devient le slogan de tous les rejets contre la politique de Nicolas Sarkozy.

Avec des condamnations à la clef !

Même Emmanuel Macron en fait les frais en juillet 2016

Enfin, l’histoire de cette petite phrase marque 2 tournants majeurs :

1/ la sémantique présidentielle change radicalement, passant du discours littéraire d’un De Gaulle ou d’un Mitterrand à un discours populaire d’un Nicolas Sarkozy.

2/ les politiques apprennent à leurs dépends que tout est filmé, tout le temps, partout. Et qu’en quelques instants, les réseaux sociaux font le reste.

Les phrases non maîtrisées font et défont des personnalités en un clin d’œil numérique.

Et je ne peux m’empêcher de citer ‘le bruit et l’odeur´ de Chirac.

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Franchement, c’est pas piqué des vers !

Ré-écoutez, ça vaut son pesant de tomates pourries.

Heureusement, Zebda en fait une belle chanson !

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Alors, à ce Papa effondré, j’associe tout mon soutien et toutes mes pensées.

Le Retour de l’école à la maison… Quel gâchi!

19 mai

7h30 hier matin.

Je murmure à l’oreille de ma fille de CP :

—               Tu as de la chance, aujourd’hui je te réveille pour aller au cheval ! Pas pour aller à l’école !

Et ma fille se lève d’un saut.

3 heures de cheval ce matin, en rattrapage des cours qui n’ont pas eu lieu pendant le confinement. Sympa, non ?

Pendant ce temps, je profite de la forêt et des magnifiques vues sur la montagne au loin. Il y a du vent, mais il fait chaud. La météo prédisait ce matin 28, soit 6 degrés de plus que la normale — faut toujours qu’il y ait quelque chose d’anormal à la météo, pour que ça fasse vrai, pour que se soit trépidant…

Arrivés au cheval, on nous désinfecte les mains, tous les adultes portent des masques ainsi que certains enfants. Les chevaux sont installés, bien espacés.

—               On nous demande de laisser 5 mètres entre chaque cavalier !

Les gestes barrière, ma fille les connait. Elle repère même tous ceux qui ne les respectent pas dans la rue. Elle me tire la manche et me glisse :

—               T’as vu Papa, ils sont trop prêts !

Ou bien :

—               Ceux-là, ils sont trop nombreux !

L’équipe du centre équestre – ils sont deux ! — a prévu une brosse et un cure pied pour chaque monture. Et en avant que je te brosse !

Ma fille est trop contente de revoir les chevaux. Et ses copines. Il règne une ambiance de retrouvailles joyeuses. Cool.

Vers la fin de matinée, mon téléphone sonne. Comme je tarde à répondre, il sonne encore et encore. Bigre, ça doit être urgent.

Je réponds.

C’est mon fils de 5è :

—               Papa, plus jamais je ne retourne en cours. Tu sais ce qu’ils nous ont fait faire ?

—               Non. Des maths ?

—               Une balade jusqu’à la rivière.

—               Vous avez pêché ?

—               Arrête, je n’y vais plus.

Pas de chance.

On avait réussi à le motiver, il était parti ce matin de bonne grâce… Je suis désespéré… On imaginait qu’au moins le travail fait en classe serait fait… Je n’avais pas prévu que se serait de la garderie.

Un coup d’épée dans l’eau.

—               Raconte. Combien vous étiez ?

—               Environ 20 cinquièmes.

—               Et les sixièmes ?

—               Je ne sais pas, ils sont rentrés une heure plus tard.

—               Et comment ils vous ont accueilli ?

—               L’infirmière scolaire nous a raconté les gestes barrière et nous a donné deux masques en tissus.

—               Qu’est-ce que tu as eu comme matière ?

—               Français. On a joué au pendu.

—               Vous n’avez pas fait le travail que le prof a donné sur l’ENT ?

—               Non.

Alors là, j’ai les bras qui me tombent.

Le prof donne du travail sur la plateforme. Il reçoit 6 élèves qui font l’effort de venir. Et ils ne font pas le travail ensemble ! Au lieu de ça, ils jouent au pendu !

Ça veut dire que les élèves qui vont en cours doivent retravailler en rentrant pour rattraper le travail donné à ceux qui restent chez eux ?

C’est le monde à l’envers.

—               Et après ?

—               Sport. On est allé à la rivière.

Génial.

—               Et obligation de garder nos masques avec cette chaleur.

Donc voilà. C’est fini.

—               Tu avais quoi comme cours cette après-midi ?

—               Anglais.

—               Tu bosseras cette après-midi ?

—               Une demi-heure, promis.

Tu parles…

Les yeux à peine tournés, il se carapate dehors…

À 14h10 mon téléphone sonne.

C’est le collège.

Je suis tellement énervé que je préfère ne pas répondre.

Un peu plus tard, mon calme retrouvé, j’essaie de les joindre, mais sans succès.

On se renseigne auprès des copains.

Une autre copine de mon fils a fait de la course à pied chronométrée avec port du masque ce matin au soleil !

C’est tellement imbécile que s’en est consternant.

Elle rapporte à sa mère des paroles des surveillantes qu’elle a entendu ricaner :

—               Si avec ça, on a encore des élèves la semaine prochaine !

Quel gâchis, quelle honte !

Ils ont quoi dans le cerveau ?

C’est quoi ce merdier ?

Ils voudraient que personne ne revienne qu’ils ne s’y prendraient pas autrement…

La copine de mon fils prend le bus pour venir. Emploi du temps : 8h30-11h30, 3h de pause, reprise de 14h00 à 15 et 1h d’attente pour le bus retour. Quelle motivation faut-il déployer pour résister à un emploi du temps pareil ?

Une autre petite camarade de mon fils est heureuse d’être allée se balader avec ses copines…

Une autre est rentrée en pleurant.

Un autre trop déçu, jure qu’il n’y retournerait pas.

On sait très bien que les profs n’étaient pas motivés. Mais là, excusez-moi les potos, mais vous êtes payés ! Houhou ? Y a quelqu’un ? Pourquoi il n’y aurait que vous à saloper le job comme ça ? Heureusement, les soignants ont réagi avec plus de sérieux et de responsabilité.

J’écrirai un billet pour vous expliquer pourquoi nous avons remis nos enfants à l’école. Nous avions des attentes. Pas simplement l’envie de nous en débarrasser !

En tout cas ce matin, retour de l’école à la maison !

Une page de lecture avec ma fille de CP, Taoki qui se rend à Bafoulabé au Mali.

‘bl’, ‘cl’, ‘fl’, ‘gl’, ‘pl’

Elle se sent mieux à la lecture.

Depuis qu’on lit à deux ou trois voix « Mortelle Adèle », ma fille, mon épouse et moi.

Et bras de force avec mon fils de CP.

Géographie : situation du Brésil, évolution de sa population, effondrement de sa production agricole jusqu’à dans les années 2000. Qu’est-ce qu’a fait le Brésil pour relancer sa production agricole ?

Lulu en 2003, lance le plan Zérofaim — rien à voir avec la série ZéroZéroZéro actuellement sur Canal + avec la saga croisée de producteurs de cocaïne au Mexique, de passeurs vers l’Europe et de la mafia calabraise, passionnant !

Le Plan Zéro faim qui incite les enfants à aller à aller à l’école en indemnisant les familles qui inscrivent et vaccinent leurs enfants, qui offre un repas aux enfants le midi, l’État qui achète la production des petites exploitations pour laisser leurs enfants étudier.

C’est visionnaire, c’est l’État au service de sa population.

J’imagine aussi que l’accélération de la production se fait à grand renfort de mécanisation, de campagnes de pesticides massives, de déforestation, d’expropriations de familles et de destruction de villages… L’autre côté du développement.

Accentué jusqu’à devenir une institution sous Bolsonaro…

Malheur. Bolsonaro, Trump, Xi Jinping, Naranda Modi…

Le Carré d’As des destructeurs de la Planète, aux commandes des pays les plus puissants de la Planète…

Allez, mon fils, courage.

Il ne te reste que les maths à faire : les nombres relatifs. Je me demande comment on peut faire 4 séances de travail sur les nombres relatifs… Mais c’est possible !

Courage mon fils.

Tu ne comprends pas pourquoi tu apprends tout ça ?

T’inquiète.

Fais confiance, ils savent ce qu’ils font…

Quand les actes et les paroles s’entrechoquent, plus rien n’a de sens

17 mai.

Quand les actes et les paroles s’entrechoquent, plus rien n’a de sens

Nous sommes déconfinés depuis bientôt une semaine.

Ma fille de CP est allée 3 jours à l’école cette semaine, elle était vraiment très contente de voir sa maîtresse, mais vraiment très contente. Ambiance décontractée, jeux, cache-cache, balades, mais aussi beaucoup de lecture qui ont mis au jour quelques difficultés que j’avais moi aussi identifiées : inversion des lettres, buttage sur les son ‘fr’, ‘dr’, ‘br’, lecture peu fluide et manque de sens. Des difficultés qu’on avait mis sur le compte des débuts hasardeux de la lecture mais que la maîtresse nous encourage à identifier par un bila orthophonique.

Bon.

On espérait avoir une scolarité normale avec la dernière… on est reparti dans les bilans orthophoniques à la recherche d’une dyslexie, bilan orthoptiste et compagnie. Jamais 3 sans 4 ! Courage !

Mon fils de 5è rentre au collège lundi, il est le seul de ses copains. Dur dur pour lui.

Message de sa part ce matin au réveil : « j’ai fait une insomnie cette nuit, ne me réveillez pas ce matin pour que je sois en forme au collège demain. » J’hésite à contacter ma cousine de Singapour pour savoir jusqu’à quelle heure son fils a joué avec le mien cette nuit mais non, allez, je lui laisse le bénéfice du doute.

Tous ses copains se retrouvent lundi pour une sortie.

Alors quoi ? Les parents les laissent sortir entre eux mais ne les mettent pas à l’école ?

Quand les actes et les paroles s’entrechoquent, plus rien n’a de sens.

J’ai lu un message qui reprend ce thème ce matin sur Facebook.

Isa Kichante : Les régimes totalitaires prennent un pouvoir “total” sur les individus en les arrosant d’informations contradictoires, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus aucun moyen de savoir où se trouve la vérité.

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10163468559010384&id=715115383

Quand Emmanuel Macron annonce le déconfinement pour le 11 mai, Edouard Philippe le contredit aussitôt en disant que le déconfinement se fera par zones, quand Edouard Philippe annonce des ‘risques sérieux de 2è vague’, Didier Raoult ricane en balayant une seconde vague du plat de la main, quand Raoult crie au complot contre la non utilisation de l’hydrochloroquine, les études scientifiques démontrent son inaction, voire ses dangers psychiatriques, quand le Président du conseil scientifique annonce que les personnes fragiles de plus de 75 ans resteront confinées, le ministre de l’intérieur Castaner affirme le contraire, les plages resteront fermées jusqu’au premier juin, mais toutes sont accessibles ce week-end, les bars et restaurants resteront fermés tout l’été mais ouvriront le 2 juin,  il ne sera peut-être pas possible de quitter sa région cet été mais Edouard Philippe nous incite fortement à réserver nos locations estivales.

Vous n’y comprenez plus rien ? Moi non plus.

Plus vous lisez et plus les choses se brouillent ?

Lorsque, en tant que citoyen “de base”, vous vous faites ainsi ballotter par des informations contradictoires, sans aucun moyen de savoir qui dit vrai, c’est le signe que vous êtes en danger, selon la philosophe Hannah Arendt, rescapée du nazisme et spécialiste des systèmes totalitaires.

Sous Hitler et Staline, pour ajouter encore à la confusion, les Autorités ne parlaient plus d’une seule voix, mais au contraire via une foule de porte-paroles, dont il était impossible de savoir lequel portait la “véritable” parole de l’Etat.
Il est donc possiblement normal que nous nous sentions ballotés, retournés, perdus et que nos pensées finissent par s’embrouiller à un tel point que nous baissions les bras.

Si, à la fin, vous avez mal à la tête, et envie de sortir vous promener pour penser/parler d’ autre chose, dites-vous que c’est exactement l’effet recherché par les Autorités des pays totalitaires lorsqu’ils assomment leurs citoyens sous un déluge d’informations, contre-informations, ré-informations : obtenir que les réseaux de résistance se divisent.
Que les citoyens se découragent.
Que la critique devienne impossible.
Que l’action, la réaction, la révolte, perdent leur sens.
Comme il n’y a plus de vérité, il n’y a plus de réalité. Vous avez l’impression de vous battre contre des moulins qui tournent dans tous les sens. Vous comprenez que lire, parler, réfléchir, n’a plus aucun sens car on peut penser tout et son contraire, selon les sources que l’on
choisit, et qui évoluent elles-mêmes en permanence.

Et, avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez.
Ce n’est ni de l’incompétence, ni de l’amateurisme. Les puissants savent bien ce qu’ils font, soyez en certains.

OK.

Mais si on y ajoute cette loi  de Laetitia Avia « contre la haine » sur les réseaux numériques, désormais loi « antiterroriste ».

La police aura désormais la possibilité de supprimer n’importe quel contenu sur internet en une heure ! Et « c’est la police qui décidera des critères pour censurer un site (en droit, la notion de « terrorisme » est suffisamment large pour lui donner un large pouvoir discrétionnaire, par exemple contre des manifestants) ; c’est la police qui jugera si un site doit être censuré ; c’est la police qui exécutera la sanction contre le site. Le juge est entièrement absent de toute la chaîne qui mène à la censure du site. » L’association La Quadrature du Net s’alarme contre ces attaques liberticides inédites.

Qu’est-ce qu’on peut penser ?

Que l’étau se referme ?

Que les nuages noirs et bruns s’accumulent à l’horizon ?

Tous surveillés – 7 milliards de suspects sur Arte. On y apprend que la ville de Nice, depuis les attentats du 14 juillet, expérimente un logiciel de reconnaissance faciale de conception israélienne — les plus forts en surveillance — alors que ce type de surveillance est interdite en France. Jugé peu efficace contre le terrorisme, il est en revanche extrêmement efficace contre toute manifestation, réunion, dégradation, délinquance.

https://www.arte.tv/fr/videos/083310-000-A/tous-surveilles-7-milliards-de-suspects/

Et enfin, je lis dans Le Monde de ce matin la montée en puissance du hashtag #guillotine2020, arrivé des Etats-Unis et qui pointe toutes les stars qui nous donnent des bonnes leçons de morales sur le confinement, confinés dans leurs résidences de luxe. En France, le hashtag se serait abattu en premier sur Thierry Lhermitte, président de la Fondation pour la Recherche Médicale, lors d’une campagne en faveur des dons. En arrière plan, 3 gros dossiers estampillés Lazard, BRED et Neuflize, les gros bonnets de la finance et champions de l’évasion fiscale. Retour de flamme immédiat : Thierry Lhermitte guillotiné !

Idem pour toute une brochette : Léa Salamé, Eric Zemmour, Robert Namias, Pascal Praud, Raphaël Enthoven…

La colère gronde, les gens descendent dans les rues, des têtes roulent dans la poussière…

Qui va gagner ?

Le peuple ou les puissants ?

Qui va faire les bons choix ?

Attendre, c’est long…

15 mai

Personne ne porte de masque au supermarché.

Alors qu’à la pharmacie, tu ne rentres pas si tu ne portes pas de masque.

Je pose la question au pharmacien que je connais bien.

—        Pourquoi vous laissiez entrer des personnes sans masques pendant le confinement et que maintenant que nous sommes déconfinés, les gens sans masques n’entrent pas ?

—        Parce qu’avant, on n’avait pas de masque !

OK.

Logique.

Les gens sans masque commandent par le guichet ‘drive’.

Ceux avec masques ont accès à l’intérieur de la pharmacie, mais uniquement 4 par 4.

Bon, aujourd’hui, malgré mon beau masque — celui avec des sapins — fait à la maison, on me prend tout de même mon ordonnance devant la porte.

Autre son de cloche au supermarché quand, à la caisse, je fais la remarque à la caissière, que je connais bien elle aussi.

—        C’est fou, personne ne porte de masque !

—        C’est parce qu’on n’en trouve pas.

Alors, il y a des masques ou pas ?

A la clinique où j’étais ce matin, tout le personnel portait des masques. Beaucoup de masques FFP2 – masques canards, les seuls qui protègent de l’inhalation de virus, les masques chirurgicaux empêchant les projections de gouttelettes de virus et filtrant un peu l’air inhalé.

A la boulangerie, je suis le seul à porter un masque.

Dans la rue, presque personne avec un masque.

A la librairie, le libraire a prévenu : « j’ai une maladie respiratoire, on n’entre pas sans masque. » Il préfère d’ailleurs qu’on passe commande par internet et qu’on n’entre pas du tout.

Au magasin de piscine, le guichet est dehors. On attend le magasinier et il nous amène ce qu’on veut.

Au magasin d’informatique, tu appelles un numéro indiqué sur un pupitre, tu discutes avec le vendeur au téléphone qui vient te livrer dehors.

Au Centre Médico Psychologique — CMP — où travaille mon épouse, depuis ce matin, c’est open bar : à l’entrée, un flacon de gel hydroalcoolique et une boite de masque. Masques à volonté ! Après cette pénurie et le comptage individuel, s’en est presque indécent…

A la poste, tu fais la queue et tu n’entres pas parce qu’il est midi et que le rideau métallique tombe d’un coup, sans sommation !

C’est fou ce qu’on fait la queue, vous ne trouvez pas ? Devant le Supermarché pour entrer, aux caisses, à la Pharmacie, à la boulangerie. Partout on attend.

On attend.

Plus qu’avant, non ?

Ou bien j’ai perdu l’habitude, confiné chez moi.

C’est long.

Ça me donne à penser à un texte qu’a fait passer un copain sur LinkedIn.

extrait de la Panthère des neiges de Sylvain Tesson

Et grandes nouvelle, ma newsletter est en service depuis ce soir!

Si vous ne voulez rien manquez, être informé par mail de la sortie de tous les nouveaux billets et être tenus au courant de toutes les nouveautés, n’hésitez pas !

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Indigénat

13 mai 2020

J+3

Hier soir, devant l’école de ma fille de CP.

On est deux ou trois à attendre que les enfants sortent.

Une maman dit à une autre :

—        Ils arrivent, je les ai aperçus un peu plus loin, sur le chemin.

—        Ils sont sortis ? Mais je croyais qu’ils n’avaient pas le droit !

—        En plus la maîtresse ne porte pas son masque…

—        Mince…

Je ne sais pas quoi penser.

Mais je suis un peu consterné par cette attitude toujours négative des parents qui attendent devant l’école. Rien ne va jamais. Toujours à critiquer.

Les enfants arrivent, la mine réjouie, grand sourire, avec des plantes dans les mains.

—        Alors maitresse, le masque ! dit la maman de tout à l’heure sur leur passage.

Je n’entends pas la réponse de la maîtresse, dommage.

Ma fille est ravie de son après-midi. Ils sont allés jouer à cache-cache dans les champs.

Cette maîtresse est vraiment chouette, pleine de vitalité, d’inventivité, d’imagination. Elle a mis en place un temps de méditation en début d’après-midi, pour que les enfants se posent après la cantine — un moment intense et bruyant — ou au retour de la maison. Les enfants ont une paire de chaussons en classe qu’ils peuvent mettre pour se sentir bien. Elle joue au foot ou à 1 2 3 soleil avec eux à la récré.

Vraiment chouette.

Alors j’ai du mal à entendre les parents râler…

—        Comment s’est passé ta dictée de mot outils ? je demande à ma fille, en Papa rabat-joie, qui ne pense qu’au travail.

—        Sur huit, j’en ai 6 faux, mais 2 de justes !

—        Bon, ben c’est pas grave, qu’est-ce que tu en penses ?

—        Ça ira mieux la prochaine fois !

—        C’est sûr que c’est vraiment pas grave, comme ça, maintenant, tu sais les écrire !

À l’hôpital, les masques sont toujours un problème.

Les surveillantes commandent la veille le nombre de masques pour le lendemain.

Et si la surveillante arrive en retard ?

Les soignants n’ont pas de masque.

Logique.

Pour les médecins, c’est la secrétaire qui gère le stock.

—        Je vais à la Commission machin-truc, est-ce que vous avez un masque ?

—        Non, ce n’est pas possible.

!!!!

On rembobine.

—        Je vais à la Commission truc-muche, tu sais où sont les masques ?

—        Oui, ils sont là.

—        Il y en a assez ?

—        Pas de problème.

Voici donc en live le modèle actuel où l’administration gère les affaires.

Toujours certaine d’être du bon côté, du côté de ceux qui savent et qui sont responsables, toujours méfiante et persuadée que les autres — ceux qui, eux en général, sont en contact avec les vrais gens et la vraie vie — ne savent rien, gaspillent, ne font attention à rien et réagissent bêtement.

Quelle misère.

Quelle rigidité cadavérique.

Quelle pauvreté intellectuelle.

Quelle bassesse comptable et terre-à-terre.

Quelle bêtise. Celle-là même qui nous a amenés à nous confiner. Et qui perdure. Qui résiste à tout. Pire que les cafards.

Qui pue la frustration et la vanité.

Encouragée par des personnalités perverses et malveillantes à tous les étages.

Bon, je me calme.

Ma fille était ravie de sa journée, d’avoir revu sa maîtresse, de s’être fait de nouvelles copines dans son petit groupe — ils n’étaient que 5 en CP hier ! D’avoir joué, rigolé, de s’être lavé les mains 13 fois — le nombre d’étoiles sur son passeport qu’elle porte fièrement autour du cou —, d’avoir lu des histoires, d’avoir compris pourquoi c’était important de se tenir éloignés les uns des autres.

—        La maîtresse nous a montré qu’il fallait qu’on soit à un pas des autres. On tend les bras et on tourne sur nous et il ne faut pas qu’on touche un autre enfant.

Fastoche.

Parfaitement au fait des gestes barrières, ma fille nous a même montré hier une vidéo Playmobil sur YouTube Kids qui explique ce qui se passe si que si on reste collés. Sans distance de sécurité, un Playmobil en contamine 3 autres (R=3) qui en contaminent 3 autres etc… ce qui donne 364 (de mémoire !) au bout de 25 jours. Si on reste à 1 m les uns des autres, un Playmobil n’en contamine qu’un autre (R=1) et il n’y a que 6 malades en 25 jours !

Par exemple, en Allemagne, R était à 0,7 en fin de période de confinement et est remonté à 9,9 ces derniers jours.

R=3
R=1

9h22.

Les sonneries de réveils se succèdent dans la chambre de ma fille de presque 17 ans.

Classe virtuelle d’Histoire à 9h30.

Je considère que c’est le moment de lui donner un coup de main.

Je me pointe, elle dort, se réveille, lutte, éteint sa sonnerie.

—        Coucou, tu as besoin d’aide ?

—        Mmmmm…

—        Tu as l’air contrariée ?

—        Passe-moi mon ordi.

—        S’il te plait mon Papa chéri.

—        Passe-moi mon ordi.

Je vais réveiller ma fille de CP. Pour qu’elle ne se couche pas trop tard ce soir. Elle m’a avoué hier qu’elle avait bâillé toute la matinée.

J’écoute ce qui se dit à la classe virtuelle d’Histoire.

—        Bonjour Camille, ça va ? Tu n’étais pas là lundi en Géogaphie. Bonjour Clara. Bonjour Guillaume. Est-ce qu’Héloïse est là ?

La prof d’Histoire est aussi la Prof principale.

—        On reprend sur la colonisation et sur la création d’un ministère de la Colonisation. Ce ministère à tous les droits sur les états coloniaux. Se développent alors se qu’on appelle l’indigénat.

Il s’agit d’une justice administrative qui s’applique aux seules personnes définies comme « indigènes ». Elle ne respecte pas les principes généraux du droit français, en particulier en autorisant des sanctions collectives, des déportations d’habitants et en sanctionnant des pratiques que la loi n’interdit pas, sans défense ni possibilité d’appel.

Elle s’appuie sur une élite mise en place par l’administration de manière arbitraire. Il ne s’agit pas d’une démocratie, le travail forcé y est possible.

Ce statut légal discriminatoire attribué aux populations autochtones est rapproché par certains auteurs de l’apartheid pratiqué en Afrique du Sud.

Je repense au Rwanda, où les Belges décrètent arbitrairement que les riches propriétaires seront des Tutsi et les agriculteurs subalternes seront des Hutus et instaurent en 1931 un passeport éthique. Ils mettent les Tutsi au pouvoir puis, devant les velléités d’indépendance des Tutsi, aident au renversement des Tutsi et instaurent un gouvernement Hutu. S’en suivent des années de terreur contre les Tusti qui fuient le pays à partir de 1959. C’est leur volonté de retour qui est à l’origine de la guerre civile à partir de 1990, avec leur bras armé le FPR qui affronte avec le Hutu Power. Dans ce contexte a lieu un génocide effroyable des Tutsi par les Hutus, génocide qui a lieu sous les yeux — certains parleront même de complicité — des casques bleus et qui ne cesse que lorsque le FPR entre dans le Rwanda et repousse le gouvernement hutu – dont on entend que la France à organisé l’exfiltration grâce à l’opération turquoise.

C’est un peu un autre sujet, mais il illustre bien sur la mise en place arbitraire d’une élite qui a tous les droits et sur l’autre partie de la population et toutes les rancœurs que cette organisation engendre.

—        Qui est Louis XIV ? demande la prof d’histoire.

Retour à la classe virtuelle.

—        Qui est le Louis XIV qui vient de se connecter ? Dites-moi ? Si vous vous cachez, je ne peux pas vous noter présent !

—        Le Roi-Soleil

—        OK. Ce qui, j’avoue, est assez amusant pour un cours d’histoire. Mais qui êtes-vous ?

—        Je ne peux pas parler, j’ai été guillautiné

—        Guill « o » tiné, avec un ‘o’. Et vous vous trompez de roi. Bon, moi je suis Blanche Neige et je vous déconnecte. Au revoir.

L’épisode dure au moins 5 bonnes minutes.

5 bonnes minutes où la prof s’interrompt et, gentiment, tente de comprendre.

5 minutes de perturbation pour un imbécile qui ne mérite pas 2 secondes d’attention.

Et qui revient d’ailleurs sous divers noms tout au long de la leçon. Blanche Neige, Nestor…

Que dire, que faire.

Une dernière anecdote, puisque notre lave-vaisselle est à nouveau en panne et que — selon le tableau des services — nous avons décidé à l’unanimité hier soir que celui qui devait vider le lave-vaisselle essuierait la vaisselle.

Et bien ces moments sont des occasions tranquilles de discussion entre mon épouse — qui lave — l’enfant présent et moi qui essuyons.

Hier, c’était le tour de mon fils de 13 ans qui en a profité pour nous parler de son envie de motos à 14 ans.

—        Si je travaille bien en 4è, ça me ferait une bonne motivation.

Tu m’étonnes !

Nous en avons déjà parlé pas mal de fois. Il est fan de moto. OK.

—        Mais une moto, ça coute cher, il faut y mettre de l’essence, changer les pneus, l’entretenir, payer une assurance. Et puis c’est dangereux. Il faut porter le casque, les protections. Ce n’est pas rien. Ni en budget, ni en entretien, ni en danger.

—        Arrête de faire le rabat-joie, me dit mon épouse. Tu sais qu’il n’attend que ça.

—        Je suis d’accord, mais encore faudrait-il qu’il ait les moyens d’entretenir une moto.

—        Moi je suis d’accord pour travailler, c’est vous qui ne voulez pas.

—        Tu as 13 ans, on est dans un pays où les enfants ont la chance de ne pas travailler.

—        Eh bien moi, j’aimerais travailler !

—        Travaille à l’école, c’est ça ton job !

—        Je travaille si vous me payez une moto.

—        Une moto et tu travailles à partir de ce soir jusqu’à la fin de la troisième ?

—        OK.

On va réfléchir.

L’engagement sur le long terme.

Encore un vaste débat.

Et un autre sujet de conversation !

Ce que les puissants n’ont pas fait pour leur peuple, ils savent le faire pour eux !

8 mai, on y est presque !

Je me rappelle cette phrase de Monique Charlot-Pinçon : « Pendant la dernière guerre, les bourgeois ont allègrement collaboré avec l’ennemi et les travailleurs sont entrés en résistance… »

Ainsi, aujourd’hui, hier et aussi avant-hier, les bourgeois – maintenant appelés élites du pouvoir — ont toujours penché du côté du profit. Rien de nouveau. Et les travailleurs — maintenant appelé ‘nous’ — résistent ou tentent de résister.

Et à nouveau, NOUS entrons en résistance et j’ai bien l’impression que la colère gronde.

Le canard enchaîné gronde :

« Quand sont parvenues à Paris, en décembre 2019, les informations relatives à l'apparition d'un nouveau virus, il était…

Gepostet von Nantes Révoltée am Mittwoch, 6. Mai 2020

« En décembre 2019, l’ambassadeur de France à Pékin venait d’avertir JY LeDrian et E Macron qu’un dangereux virus était signalé à Wuhan »… « Mais Macron n’a pas trouvé le temps d’y penser »

Le Dr JUVIN — chef de service des Urgences de l’hôpital Georges Pompidou — gronde :

https://www.atlantico.fr/decryptage/3589362/philippe-juvin–si-la-france-s-en-sort-aujourd-hui-c-est-uniquement-grace-aux-francais-pas-a-l-etat-coronavirus-covid-19-confinement-deconfinement-hopitaux-citoyens-resilience-11-mai?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1588747067

Malheureusement, il n’y a pas eu de stratégie de la part de l’État. Ni pour infantiliser les Français ni pour les responsabiliser. L’État navigue à vue, en improvisant en permanence. Ce sont les Français qui ont été extrêmement responsables. Si les Français n’avaient pas pris sur eux de se confiner, notre système de soin aurait explosé. Si la France s’en sort aujourd’hui, c’est uniquement grâce aux Français, pas à l’État.

Les gens qui dirigent le pays devraient à l’avenir s’entourer de gens qui savent, plutôt que d’une administration qui prétend tout savoir.  L’hyperadministration française nous a conduit à être sous équipés, sous préparés face à cette crise. Au sein de  l’hôpital public par exemple, il y a autant de poste prévus pour le personnel administratif que pour les médecins ! Un symptôme qui ne trompe pas… et sur lequel il faudra travailler en premier au sortir de la crise. 

Les directrices d’école grondent :

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/deconfinement-on-en-train-de-faire-quelque-chose-de-maltraitant-pour-les-enfants-de-maternelle-estime-une-directrice-d-ecole_3954513.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&Echobox=1588924867&fbclid=IwAR2haNejksiXCNwxoC791djGn5lCTA7G7dVwNNwB8TG_j31rDzYdGuiPAn4#xtor=CS1-746

Les enfants vont rester assis toute la journée sur leur chaise sans bouger…

Même le formidable Vincent Lindon gronde, et là, c’est extraordinaire de l’entendre gronder. Merci à toi Vincent. J’espère que chacun va t’entendre ! J’espère que tu vas faire bouger les choses. Merci pour ton idée de mettre les riches à contribution. Ils se sont enrichis par leur évasion fiscale, par leurs dividendes honteux, par leur acharnement à démanteler le service public et l’hôpital, mettant ainsi leur pays à genoux. Mettant la France à genoux. Pour leurs sur-profits à eux. Alors, oui, c’est à eux de participer à hauteur de leur fortune, à hauteur de leur pillage, à hauteur de leur trahison.

Un vent de 1789 souffle.

Le peuple réclame que les puissants payent !

Et ça me plait !

Mais que font les puissants, pendant ce temps ?

Ils arment la police…

Ce qu’ils n’ont pas fait pour leur peuple, ils savent le faire pour eux !

– Chut, Papa fait de la politique!

 28 Avril, J-14 avant le 11 mai, jour de présentation du projet de loi de déconfinement du gouvernement qui sera voté sans discussion, bienvenue dans un monde meilleur, ou STOPCIVD pourrait s’appeler ROBERT — ça ne s’invente pas ! — « Robert, dégage, tu vas pas m’la faire à l’envers ! », il n’y a que les geek qui vont s’éclater à installer la nouvelle appli sur leur smartphone.

15h, l’heure où nous risquons le grand basculement dans la science fiction.

L’heure où tout est encore possible.

Quelques réflexions issue des médias de ce matin :

Tout d’abord ce message adressé par le site de France Inter ce matin sur mon smartphone :

« 62% des Français disent ne pas faire confiance au gouvernement pour réussir le déconfinement, selon le baromètre mensuel Odoxa-CGI pour France Inter, la Presse régionale et l’Express. Édouard Philippe doit présenter mardi après-midi son plan pour « l’après 11 mai ».

Emmanuel Macron et Edouard Philippe en réunion avec le ministre de la Santé Olivier Veran, le 24 avril à l’Élysée. © AFP / Ludovic Marin

C’est le discours de la semaine, sans doute aussi le discours du quinquennat pour Édouard Philippe. Mardi, le Premier ministre doit présenter le plan pour la fin progressive du confinement, à partir du 11 mai. Il présentera sa feuille de route à 15 heures devant les députés, à l’Assemblée nationale. Comment les Français vont-ils recevoir les mesures prises par l’exécutif ? C’est la grande inconnue.  

En revanche, une certitude, Édouard Philippe devra convaincre. Car pour l’instant, 62 % des Français disent ne pas faire confiance au gouvernement pour réussir ce déconfinement, selon le baromètre mensuel Odoxa-CGI pour France Inter, la Presse régionale et l’Express. »

62% qui n’ont pas confiance, ça fait beaucoup.

L’affaire des mensonges autour du manque de masques y a compté pour beaucoup.

Vous leur faites confiance ?

Moi non.

J’observe, je reste vigilant.

On ne sera pas informé des raisons réelles qui ont pointé le 11 mai comme la date du début d’un éventuel déconfinement.

—                    Il faut bien se déconfiner un jour !

Oui, bien entendu. Mais pourquoi contre l’avis du Conseil scientifique qui ne pense pas que toutes les mesures nécessaires — repos des soignants, libération des lits de réanimation, reconstitutions des stocks de protection, médicaments —  puissent être mises en place avant mi-mai. Pourquoi pas alors le 18 mai ?

On n’est plus à une semaine près.

—                    Parce que c’est moi qui commande, merde !

OK.

J’observe.

France Inter hier soir, Boris Cyrulnik :

L’après confinement selon Boris Cyrulnik : « on aura le choix entre vivre mieux ou subir une dictature »

« On a oublié qu’on appartenait au monde vivant : on partage la planète avec les animaux. Si on enferme les animaux, si on fait de la surpopulation dans les élevages, on crée les conditions de fabrication de virus. Ensuite les avions et les autres moyens de transport font le reste. Bref, si on massacre le monde vivant, on partira avec lui. »

Dans le monde d’après, on aura le choix entre vivre mieux ou subir une dictature  – qu’elle soit politique, religieuse, financière ou liée à l’hyper-consommation. 

L’après catastrophe peut être bénéfique. Au Moyen-Âge, des commerçants ont apporté le bacille de la peste. En deux ans, il a tué un Européen sur deux. Avant 1348, les aristocrates qui possédaient des terres vendaient ou achetaient des serfs.  Après l’épidémie, en raison de la pénurie de main d’œuvre, ils ont dû mieux traiter les paysans et le servage a disparu en deux ans.

Mais l’après catastrophe peut aussi avoir des effets maléfiques. Parce que l’Allemagne avait été humiliée en 1918 par le traité de Versailles, les Allemands ne pouvaient pas se reconstruire. Est arrivé un pseudo sauveur… Et en 1933, il a été élu, ce qui a provoqué une catastrophe mondiale.

Là, on aura le choix de vivre solidairement, d’une autre manière : en redonnant la parole à beaucoup de ceux que l’on redécouvre maintenant, les aides-soignantes, les infirmières, les facteurs, les éboueurs. 

Si on ne le fait pas, il y aura des candidats dictateurs. »

Voilà qui donne le moral, un peu d’espoir mais avec une pression de dingue !

Les dictateurs de tout poil se mettent en rang de marche partout sur la planète — Hongrie, Turquie, Chine — les régime se durcissent à l’extrême — USA, Israël, Brésil, Pologne, et ça fout les jetons, je vous assure.

J’espère encore que notre président va se montrer digne de l’esprit républicain français.

Toujours sur France Inter, Thomas PICKETTY :

« Oui, il faut rétablir l’Impôt sur la fortune. » Pour se relever de la crise économique, Thomas Piketty estime qu’il faut surtout « que les revenus de ceux qui vont consommer ne s’effondrent pas ». « Je ne vois pas les Français comprendre qu’on finance des cadeaux fiscaux qui dépassent cinq milliards d’euros par an, les maintenir alors qu’on dit qu’il faut réinvestir dans les services publics, ça me paraît incompréhensible », a-t-il estimé, invité lundi matin de France Inter. « L’économie ne fonctionne pas avec des super milliardaires mais avec des petits, de petites entreprises. On parle de personnes à qui on a fait payer toujours plus de TVA, de CSG. Il faut rétablir l’ISF, avec un rendement beaucoup plus important, qui pourrait rapporter 10 milliards par an. »

« Oui, il faut taxer les hauts patrimoines privés. » Si la crise sanitaire est inédite, l’Histoire peut nous éclairer sur le plan économique juge Thomas Piketty. « Il y a beaucoup de leçons historiques. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a différentes façons de s’en sortir. Après la Seconde guerre mondiale, de nombreux pays notamment l’Allemagne et le Japon, ont mis en place des systèmes d’imposition sur les plus hauts patrimoines privés, jusqu’à 80-90% de ponction. Ça a pu réduire très vite l’endettement public, qui était encore plus élevé que ce qu’on l’est aujourd’hui. (…) Il ne faut pas faire exactement la même chose mais reprendre ces leçons de l’histoire », a estimé l’économiste.

Dans ce contexte, comment imaginer que des millions que le gouvernement va regarder se noyer des millions de petites entreprises tandis qu’on renfloue à coup de milliards les entreprises du secteur aériens et automobiles.

Réponse dans quelques heures…

Macrodictatocratie -1

27 avril, J-15 avant le 11 mai, date arbitraire décidée par notre président sur des bases incertaines, il n’y a que les crédules qui imaginent que les intérêts de la population priment.

Nous nous réveillons, mon épouse et moi avec un sentiment étrange et nauséeux.

Un article dans Le Monde de ce matin titre : «  Coronavirus : le plan de déconfinement dévoilé mardi, la méthode de Macron et Philippe critiquée

Matignon a bousculé le programme parlementaire. Il n’y aura finalement pas de débat sur le traçage numérique, mais un seul vote à l’Assemblée nationale mardi sur la stratégie globale du gouvernement présentée le même jour. »

https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/27/coronavirus-le-plan-de-deconfinement-devoile-mardi-la-methode-de-macron-et-philippe-critiquee_6037838_823448.html

Comment ça il n’y aura pas de débat ?

Le gouvernement, 15 jours après l’annonce du chef, présente son plan de déconfinement demain, mardi 28 avril à l’Assemblée  Nationale.

Était prévu initialement la présentation le 28 avril, débat et vote le 5 mai.

Est maintenant annoncé : présentation du plan et vote dans la foulée.

Le temps du débat a disparu.

Motif : l’urgence de la situation.

Rappel : qui a fixé la date du 11 mai ?

Il n’y a pas d’autre urgence que de respecter la date décidée par le chef.

Il n’y a pas d’autre urgence que de reprendre au plus vite – tant pis si c’est la pagaille – les affaires.

Au mépris des règles élémentaires de ce qui reste de notre démocratie.

Je vous renvoie donc la question : sommes-nous encore en démocratie ?

Et comme « le plan de déconfinement est lié à l’application STOPCOVID, les deux font partie du même pack ».

Donc seront soumis au vote sans le temps de débat demain à l’assemblée le plan et l’application.

On croit rêver.

On se réveille en dictatocratie.

« L’exécutif sait qu’il joue gros. Après les polémiques sur le manque de masques et de tests, le gouvernement n’a pas d’autre choix que de réussir le déconfinement s’il veut garder la confiance d’une majorité de Français. Mais il est d’ores et déjà sous pression : dans une note publiée samedi soir, le conseil scientifique chargé d’éclairer le gouvernement prend acte de la « décision politique » de réouverture des établissements scolaires à partir du 11 mai, mais se dit favorable à leur fermeture jusqu’en septembre. »

Ça, on l’a bien compris.

En zappant une nouvelle fois le débat, il joue gros aussi.

Après le 49-3 bazardant la réforme des retraites juste avant le confinement, «  pour avoir les coudées franches et ne se consacrer qu’à la crise sanitaire »

Sic

« Un changement de programme mal vécu dans les rangs de l’opposition, mais aussi de la majorité, où l’on accuse Matignon d’avoir privé les députés d’un débat et d’un vote sur le traçage, de peur de mettre en lumière les divisions au sein du groupe LRM. « Ce temps démocratique est annulé. Ceux qui souhaitaient marquer leurs oppositions sur ce sujet (et non sur la stratégie globale de déconfinement) ne pourront pas le faire. C’est une aberration et un véritable biais démocratique », regrette le député des Deux-Sèvres (LRM) Guillaume Chiche. « Cela ne correspond pas, au regard des enjeux, à un niveau de démocratie parlementaire suffisant », abonde son collègue Aurélien Taché (Val-d’Oise). Un épisode, qui « va laisser des traces durables » en interne, estime un poids lourd du groupe majoritaire.

Depuis plusieurs semaines, ce projet de l’exécutif rencontre l’opposition d’une partie des élus macronistes, qui craignent une atteinte aux libertés individuelles. Selon les projections, une cinquantaine d’entre eux auraient pu voter non, ou s’abstenir, mardi… Matignon n’a pas voulu prendre le risque d’afficher une image de désunion de la majorité en temps de crise. Voire d’encaisser un vote négatif, même si le scénario paraissait peu probable. »

« Silence exigé dans les rangs LRM ! (…) Ainsi va la démocratie au temps du macronisme ! », a ironisé le patron du Parti socialiste, Olivier Faure. « Changer le sujet du vote moins de trois jours avant le débat, c’est un bon coup politique, mais un mauvais coup pour la démocratie », s’indigne le député du Maine-et-Loire (ex-LRM) Matthieu Orphelin. »

« Dans un courrier adressé à Richard Ferrand, la députée LRM Martine Wonner (Bas-Rhin) s’indigne que le législateur soit appelé à voter un plan qu’il « découvrira que quelques minutes avant le vote ».

Pour se justifier de regrouper le plan et STOPCOVID :

« Au sein de l’exécutif, on se défend d’avoir voulu piéger les élus de la majorité. « L’intelligence d’un plan doit être regardée dans son ensemble. Il nous a semblé plus respectueux du Parlement de débattre de l’ensemble du puzzle plutôt que d’une seule de ses pièces », justifie-t-on à Matignon. Même chose pour le délai serré auquel

Je suis consterné.

STOPCOVID sera/serait capable d’entrer en contact avec tous les téléphones croisés et équipés de l’application par BLUETOOTH. Il n’y aura pas de géolocalisation. Mais STOPCOVID transmettra toutes les infos sur les personnes que vous avez rencontré sur les 15 derniers jours.

Ce matin, on parle de DASSAULT SYSTÈMES et CAPGEMINI comme partenaires, un fabriquant d’armements ultra-sophistiqués connu pour sa déontologie et sa parfaite intégrité et une société de services informatiques cotée 12.5 milliard d’euros au CAC 40 et qui a délocalisée la moitié de ses 200 000 employés en Inde. Ça donne confiance.

Et il faut qu’Apple ( IPhones ) et Google ( Androïdes ) s’entendent à une compatibilité.

Que dit la CNIL ?

Application StopCovid : la CNIL appelle le gouvernement « à une grande prudence »

Dans son avis, la Commission nationale de l’informatique et des libertés donne un satisfecit au gouvernement tout en pointant les « risques » liés à ce projet d’application.

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/04/26/stopcovid-etre-prets-le-11-mai-sera-un-defi-selon-cedric-o_6037789_4408996.html

La CNIL donne un satisfecit global au projet du gouvernement, tout en soulignant les garanties qu’il attend en matière de protection des données.

OK.

On avance prudemment.

Et là, clou du spectacle, je tombe sur la chronique de Dominique SEU sur France Inter.

Je reste bouche bée, les bras me tombent.

Dominique SEU fait du Dominique SEU, bien entendu.

Mais il force.

Je vous la fais courte et de mémoire, les puristes pourront aller perdre leur temps à réécouter ce vendu.

Alors bien entendu, cette application va mettre en lien le fleuron de la technologie française, dont Dassault systèmes et Capgemini – déjà cités – mais aussi Orange.

Sauf que ces vilains allemands viennent de convier Apple et Google sans rien demander aux autres ! Ça ne se fait pas ! — Ducon, comment tu fais pour la compatibilité IOS et Androïd ?

D’un côté, il y a les contres, — les vilains —, qui sont tout le temps contre. Et de l’autre, les pours, — les gentils — qui s’inscrivent dans la lutte contre l’épidémie, qui sont ouverts au progrès, qui évite de faire le traçage à la main à de pauvres employés, la langue tirée avec leur crayon et leur gomme.

Ceux qui disent amen à tout, sans se laisser le temps de réfléchir.

Pour conclure par un magnifique : « Je ne vois pas ce qui pourrait empêcher les Français d’applaudir à la mise en place d’une telle application ».

Ou quelque chose dans le même genre.

Désolé, je suis un méchant, adepte de l’obscurantisme, prônant le retour à la l’âge de pierre et à la bougie, complotiste, qui voit toujours le mal partout, malveillant, parano, gauchiste, pire, communiste.

Mais ça, vous le savez déjà.

Laissez-moi juste vous dire qu’en Chine, les données recueillies par leur STOPCOVID sont partagées avec la Police.

Que l’application est devenue obligatoire en Italie.

Qu’à Hong-kong, les malades portent un badge.

Qu’à Singapour une telle application fonctionne déjà.

Qu’en Corée du Sud, les infos peuvent être partagées avec des tiers.

Et qu’en Israël, c’est l’armée et la sécurité nationale qui surveillent via une application concoctée par une entreprise ultra-spécialisée en surveillance de population.

Bref, chacun fait ce qu’il veut, en fonction de son état de droit.

Mais soyez bien conscient que tout est possible.

Et que rien n’est impossible.

Sur ce, je vous laisse, je vais réveiller les monstres, on est lundi, reprise de l’école à la maison.

Au programme, anglais, physique-chimie, anglais, français et deux travaux de technologie pour mon fils de 15 ans, il est briffé, ça à l’air de rouler.

En revanche, plus compliqué sur le front des 13 ans, avec espagnol, math, français et histoire géo, je sens que ça coince, sans même avoir commencé.

On entre dans le concret.

Vivement une application PENDANTLECONFINEMENTJAPPRENDSENCHANTANT

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