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Catégorie : chut, papa fait de la politique !

Le bruit et l’odeur

27 mai,

En déposant ma fille de CP à son cours d’équitation ce matin, je rencontre et discute avec le Papa d’une petite camarade de ma fille.

Ce Papa est très inquiet pour son emploi.

Il me dit qu’ils ont repris le travail depuis le début de la semaine, mais qu’un plan social de 300 personnes leur a été annoncé.

Faisant partie des derniers recrutés, il imagine faire partie des personnes licenciées.

Le confinement a été dur pour eux, après les premières semaines bénéfiques pour se reposer. L’inquiétude a vite pris le dessus. L’inquiétude pour le virus bien entendu, mais surtout l’inquiétude des conséquences pour son emploi.

Rapidement, il a compris que la situation serait difficile dès le déconfinement amorcé.

Et c’est donc le cas.

—           Comment voulez-vous que je retrouve du travail à plus de 50 ans ? me dit-il.

Je repense aux paroles malheureuses de notre Président.

—           Il n’y a que Macron pour affirmer qu’il suffit de traverser la rue pour trouver du boulot.

—           Paroles misérables et tellement méprisantes.

Misérables.

Tellement méprisantes.

Ce Papa les vit en direct, ces propos si arrogants, condescendants, dédaigneux, hautains, déconnectés.

La France d’en haut donne des conseils à la France d’en bas.

—           Comment peut-il tenir de telles paroles alors qu’il détient une responsabilité dans le chômage des Français ? je soupire.

—           Il a travaillé chez Rothschil…

—           Donc a participé à l’évasion fiscale, aux délocalisations, aux sur-profits de certains.

—           C’est le Président des Riches.

—           Un jeune-vieux Président.

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Qu’est-ce qui peut pousser un jeune homme politique devenu Président grâce à un alignement de planètes spectaculaire à prononcer des paroles aussi haineuses ?

—           Ça l’a beaucoup desservi, ajoute le Papa de la petite camarade de ma fille.

—           Ses paroles montrent qu’il est du même sérail que les autres.

—           Il n’a aucun respect pour les ouvriers. Ni pour les chômeurs. Il les considère comme des fainéants, comme des resquilleurs.

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Jonathan :          —           Qu’est-ce que vous faites pour les chômeurs ?

Macron :             —           Dans l’hôtellerie et dans le bâtiment, partout où je passe, ils cherchent des gens. Je traverse la rue et je trouve du boulot, j’en suis persuadé. Vous remontez le boulevard Montparnasse, 1 sur 2 cherche quelqu’un.

Jonathan le prend au mot, et voici le résultat :

ttps://www.youtube.com/watch?v=mTYu5kihyos

Jonathan prend Macron à la lettre et traverse la rue, dépose 20 CV et 20 lettres de motivation. Bilan 20 refus.

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C’est tout de même pas si simple, Monsieur le Président.

Surtout que Jonathan est horticulteur…

Jonathan a l’impression qu’il a pris une gifle de la part du Président devant toutes les caméras de France.

Le Papa avec lequel je discute se sent dans le même état.

—           Je ne supporte pas l’idée d’être inutile. C’est important son travail, c’est notre dignité. Et puis je ne suis pas fait pour être inactif.

—           C’est aussi le regard que les gens portent sur les chômeurs…

—           Tout à fait. Dès qu’on est au chômage, on est considéré comme des moins que rien.

Ces paroles me touchent.

Me bouleversent.

L’inquiétude d’un homme face à son avenir, sa détresse, sa souffrance.

—           Comment je vais faire pour vivre ? Si j’étais seul, bon… Mais les enfants ?

Inutile.

Moins que rien.

Comment je vais faire ?

—           Bon, on verra bien, hein ?

Une pirouette positive, pour finir sur une note d’humour qui permet d’éviter de se noyer.

Mais quand même, je suis désolé de le laisser avec tous ses soucis…

Et partir me balader, pendant que le cours d’équitation se passe.

Pas très à l’aise d’aller profiter du soleil, de la douceur du matin…

Prendre du recul.

Empathique, mais pas trop.

Absorber la tristesse, la détresse et la souffrance.

Hypersensibilité. Hyper-hypersensibilité.

C’est comme ça.

Heureusement, Jonathan est sympa et son histoire est touchante et pleine d’humour.

Ce genre de phrases assassines me rappelle le casse-toi pauv’con ! de Sarkozy.

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—           Touche-moi pas, tu m’salis, lui lance quelqu’un dans la cohue du salon de l’agriculture.

—           Alors, casse-toi ! lui répond le Président. Casse-toi, pauv’con !

Pourquoi de telles paroles dans la bouche de nos représentants ?

L’identité du visiteur du salon est inconnue, totalement inconnue.

Mais la réplique « casse-toi alors pov’con ! » devient le slogan de tous les rejets contre la politique de Nicolas Sarkozy.

Avec des condamnations à la clef !

Même Emmanuel Macron en fait les frais en juillet 2016

Enfin, l’histoire de cette petite phrase marque 2 tournants majeurs :

1/ la sémantique présidentielle change radicalement, passant du discours littéraire d’un De Gaulle ou d’un Mitterrand à un discours populaire d’un Nicolas Sarkozy.

2/ les politiques apprennent à leurs dépends que tout est filmé, tout le temps, partout. Et qu’en quelques instants, les réseaux sociaux font le reste.

Les phrases non maîtrisées font et défont des personnalités en un clin d’œil numérique.

Et je ne peux m’empêcher de citer ‘le bruit et l’odeur´ de Chirac.

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Franchement, c’est pas piqué des vers !

Ré-écoutez, ça vaut son pesant de tomates pourries.

Heureusement, Zebda en fait une belle chanson !

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Alors, à ce Papa effondré, j’associe tout mon soutien et toutes mes pensées.

La sobriété a été expérimentée dans cette période de confinement et nombreux sont ceux qui ont perçu ses bienfaits

Réflexions autour d’un entretien avec Dominique BOURG du « 1 »,

Philosophe, Professeur honoraire à l’Université de Lausanne

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Les économistes nous ont mis dans la tête que la croissance était un rouleau compresseur que rien ne pourrait arrêter, que c’était comme ça.

Mais c’est dans leur monde à eux, un monde où économie, société et Terre sont distinctes. Le virus nous montre que la Terre englobe la société qui englobe l’économie. Un gros problème externe à l’économie peut stopper la croissance. C’est une prise de conscience historique.

D’après les modèles mathématiques — que certains rejettent avec force —, l’épidémie non maîtrisée aurait pu faire jusqu’à 300 000 morts en France, ce qui a incité les dirigeants à tout bloquer.

Il s’agit là d’une notion plus large que de sauvegarder le système hospitalier.

L’État ne peut pas se permettre 300 000 morts.

Le coronavirus est apparu parce que l’humanité extermine le vivant : en diminuant la biodiversité des écosystèmes, on favorise automatiquement la circulation d’agents pathogènes. La destruction de l’habitat d’une chauve-souris rend possible la transmission du virus qu’elle porte. 60% des maladies infectieuses sont des zoonoses, infections transmises par les animaux. Et 75% seraient transmissibles à l’homme. Les amis, faites des stocks de masques !

Qu’est-ce qui détruit la planète ? Principalement le flux des marchandises et des énergies, c’est-à-dire nos richesses matérielles. 10% des plus riches émettent à eux seuls 50% des émissions de gaz à effet de serre. Il faut réduire nos richesses matérielles. Et il si le fait d’être riche détruit la planète, il faut resserrer les écarts de revenus.

Un trajet en avion Le Caire-Seattle dépense autant d’énergie que celle nécessaire à construire les pyramides de Gizeh ! Imaginez le nombre de pyramides que nous construisons chaque jour !

Ce monde est fou, l’humanité délire. Et ce délire nous conduit tout droit vers la mort.

Notre but doit être de sauver l’habitabilité de la Terre et de régénérer la nature.

Nous ne vivrons pas moins bien. Le type de progrès que nous avons aujourd’hui détruit notre planète, notre santé et nos emplois. La croissance amplifie les inégalités de notre société au point de la rendre violente. Comment vouloir continuer ? À quoi bon posséder un iPhone 18 mais subir des chaleurs de 50° à Paris ?

Pourquoi ne pas diminuer les tracteurs et les pesticides dans les champs et augmenter la traction animale à l’aide d’une main-d’œuvre formée ? Il ne s’agit pas d’un retour au moyen-Âge, mais à une société pacifiée qui utilise sa main-d’œuvre sur des sols régénérés. Une société qui respecte ses sols au lieu de les détruire.

Fanfaronnade ? Non rentable ? Prix inabordable ? La facture environnementale de l’utilisation des pesticides sera elle aussi pharaonique. La destruction de l’emploi, de la société n’a pas de prix.  La pollution de l’eau est irréversible. La prise en charge des maladies dues à la pollution des sols mettre autrement plus à mal notre système de santé que le virus.

L’agriculture consomme de l’énergie qui ne sera plus disponible et qu’elle n’aura bientôt plus les moyens d’utiliser.

Pourquoi ne pas instaurer des quotas individuels de consommation de ressources naturelles : chacun dispose d’un « quota ressource » qui diminue en fonction des sa manière de vivre. Une telle ‘carte carbone’ a été expérimentée en Suède et en Angleterre.

La sobriété a été expérimentée dans cette période de confinement et nombreux sont ceux qui ont perçu ses bienfaits.

Les milliards donnés pour sauver l’aviation et l’industrie automobile, sans contre partie écologique en dit long sur les priorités gouvernementales : les avions et les bagnoles valent plus que notre santé. La messe est dite.

Mais il existe des pistes.

À nous de nous en emparer.

Le risque est de voir des régimes totalitaires le faire à notre place et nous emmener dans une société où les hommes épuiseront toutes les ressources de la Terre.

Aux premiers signaux donnés par nos dirigeants, commandes de drones, de systèmes de surveillance de plus en plus nombreux et sophistiqués, aux vues des lois qui passent — la loi Avia pour ne citer qu’elle — milliard à l’industrie lourde et polluante, c’est la voie qui nous suivons.

un bon mensonge qui rassure vaut mieux qu’une vérité qui dérange

Edwy Plenel de Médiapart répondait récemment à la question « Et maintenant, que faire ? » : Nous emparer des choses, nous mêler des décisions, imposer nos vues et nos choix. Ce qui se joue est NOTRE problème et on voit bien que nous ne pouvons pas faire confiance à nos dirigeants. »

Bon.

Vous savez ce qui nous reste à faire !

Râler et rester en colère ne mènera à rien.

Il nous faut nous relever les manches et y aller !

Qui est là ?

Comment on s’organise ?

Pesticides maudits

14 mai

Je pose ma fille de CP – en retard, la pauvre – en vélo ce matin – avec son énorme cartable sur le dos, pédalant avec difficultés – c’est ça d’avoir un Papa qui essaie de tout faire en même temps ! – et me voilà parti en VTT à travers la campagne verte et boueuse – c’est dingue ce qu’il a encore plu hier ! – heureux, gai comme un pinson.

La campagne est éblouissante de fleurs, de chants d’oiseaux, de cieux gris, de beaux arbres verts, de milliers d’insectes qui vrombissent et viennent se coller à ma peau moite de transpiration – je viens même d’avaler un moucheron ! – de buses au vol lent, de bébés mésanges qui apprennent à voler et de tracteurs qui pulvérisent leurs pesticides de mort.

Les pesticides ici, c’est l’autre face du décor du printemps mirifique et de l’été chaud et agréable. Tu te balades, tu cherches l’odeur des fleurs si nombreuses, l’odeur de la fraîcheur du matin ou de la douceur du soir, tu respires leurs merdes puantes et dangereuses. Tu dors la fenêtre ouverte en été pour accueillir la fraicheur de la nuit, tu inhales leurs saloperies qu’ils balancent la nuit parce qu’il fait moins chaud.

J’ai été le médecin anti pesticide du village. Partout dans mon cabinet, des affiches contre les épandages chimiques. On m’avait dit que j’aurais que des problèmes.  Non. De longues discussions, oui. Mais des problèmes, non.

Personne n’a réussi à me convaincre des bienfaits d’utiliser du poison pour faire du bon vin farci de résidus. Je comprends que c’est plus pratique, que cela économise du personnel, que ça va plus vite, que c’est plus facile. OK. Mais à quel prix ? Je n’ai toujours pas compris qu’on empoisonne 3 millions de riverains et habitants pour que des types puissent à eux seuls exploiter 40 ou 50 hectares de vignes. Pour du vin, produit non indispensable à la vie et à la santé des hommes – je vous rappelle que l’alcool tue 3 millions de personnes dans le monde, 10x plus que le covid et vous pouvez voir les précautions prises…

Viendra le jour où la facture sera immense. Et qui paiera ? Vous et moi, comme d’hab. Notre eau et notre air sont polluées pour les profits – même maigres – de certains. Et c’est nous qui payons l’addition.

Je discute avec un viticulteur sur les dangers de ce qu’il pulvérise à longueur de champs.

—           C’est chez moi, ce n’est pas interdit, je fais ce que je veux!

Vraiment ?

Il n’est pas interdit de réfléchir.

—           Parce que si on va au bout de votre petit raisonnement, puisque que c’est chez vous et que vous faites ce que vous voulez – en l’occurrence balancer du poison cancérigène, parce que c’est ça vos produits, les études sont suffisamment nombreuses, et il n’y a plus que les industries, les politiciens corrompus, les chambres d’agricultures et les viticulteurs pour ne penser que vos produits sont biodégradables – peut être dans l’argent – et bien l’eau salie qui s’infiltre dans vos sols pollués, un jour, il faudra que vous payiez pour dédommager les gens qui en ont bu et qui sont malades. Vous y avez déjà pensé ?

—           C’est la même chose pour vous et vos médicaments.

—           Oui, tout à fait, vous avez raison. A la différence près que pour les antibiotiques par exemple, on sait que les germes y sont de plus en plus résistants. Et qu’il faut absolument restreindre leur utilisation au risque qu’ils deviennent inefficaces. Et bien c’est sur les médecins qu’on met la pression pour prescrire mieux et moins. Et ce sont les médecins qui seront responsables en cas de problème. Pas les labos pharmaceutiques. Ce seront ceux qui auront prescrit. Et un jour, ce sera vous qui serez attaqué pour épandre des produits que vous savez dangereux. Pas l’industrie. Et vous ne pourrez plus vous cacher derrière vos calendriers d’épandage bêtement systématiques. En médecine on ne donc des antibiotiques que quand ils sont indispensables. Vous, dans la vigne, vous avez des produits efficaces. Pourquoi ne les utilisez vous pas uniquement lorsque la vigne est malade ? Vous faites de l’épandage préventif tout en sachant très bien qu’à court terme cela sera inefficace. Et quand la vigne est malade, vous ne savez rien faire d’autre qu’en balancer encore plus. Ça ne plus continuer comme ça. C’est criminel. Pour vous, pour le vin que vous nous proposez, pour le sol, l’eau, la vigne – je me demande comment elle résiste à vos saletés – et pour nous ! Acceptez d’observer le développement de vos vignes, acceptez de perdre un peu de rendement…

—           Bon, en attendant, on n’y est pas.

C’est ça, on y est pas. Advienne que pourra…

—           Et j’ai mal à la gorge.

—           C’est le souffre que vous pulvérisez ! Je plaisante…

—           Vous me donnez un antibiotique ?

—           Je vais vous faire un prélèvement du fond de la gorge.

Ce que je fais, pour distinguer les pharyngites virales 98.5% des cas des pharyngites bactériennes.

—           Le test est négatif. C’est viral. Donc pas d’antibiotique.

—           Moi, il me faut un antibiotique, sinon ça ne passe pas.

—           Ben non, vous ne m’avez pas écouté. Vous n’en avez pas besoin.

—           Moi je vous dis que sans antibiotique, chez moi, ça ne passe pas.

—           Et cette fois, ça passera.

—           Je serai obligé de revenir.

—           Et bien vous reviendrez.

—           C’est à cause de vous que se creuse le déficit de la Sécu, bravo !

—           Non cela s’appelle de l’evidence based medecine, de la médecine basée sur les preuves. Pas comme dans l’agriculture où on traite et on discute après.

Et puis un conseil si ça ne passe pas, sniffe un coup de tes insecticides-fongicides-herbicides, y a rien qui resiste à ça mon poto.

C’est un sujet sensible qui me tient à cœur.

Parce qu’on est trop gentils de ne rien dire.

De se laisser intoxiquer telles des mouches silencieuses.

C’est comme pour l’aiguille de la laborantine. Je vois que c’est une erreur. Une toute petite erreur. C’est la facilité pour elle. Ou parce qu’elle a toujours fait comme ça. Ou parce qu’elle fait ce qu’elle veut elle aussi.

Toute petite erreur aux conséquences qui peuvent être dramatiques et très couteuses.

Et qui paiera ?

Elle ?

Non. Vous.

Je sais, on fait tous des erreurs… Mais il y a des erreurs impardonnables. Il y a des centaines de personnes qui se battent pour chercher, prouver, démontrer, publier, expliquer. Et des milliers d’autres qui font n’importe quoi par facilité, par bêtise, par vanité, par ignorance.

D’ailleurs, avez-vous signé la pétition pour défendre Inès Léraud ?

Vite, vite, Ines fait partie des personnes qui se battent pour vous, pour votre avenir, pour vos plages et votre planète.

Et qui est en train de se faire massacrer par l’industrie agro agro-alimentaire.

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/dynfendonslalibertyndinformersurles-3791html#signsans

Indigénat

13 mai 2020

J+3

Hier soir, devant l’école de ma fille de CP.

On est deux ou trois à attendre que les enfants sortent.

Une maman dit à une autre :

—        Ils arrivent, je les ai aperçus un peu plus loin, sur le chemin.

—        Ils sont sortis ? Mais je croyais qu’ils n’avaient pas le droit !

—        En plus la maîtresse ne porte pas son masque…

—        Mince…

Je ne sais pas quoi penser.

Mais je suis un peu consterné par cette attitude toujours négative des parents qui attendent devant l’école. Rien ne va jamais. Toujours à critiquer.

Les enfants arrivent, la mine réjouie, grand sourire, avec des plantes dans les mains.

—        Alors maitresse, le masque ! dit la maman de tout à l’heure sur leur passage.

Je n’entends pas la réponse de la maîtresse, dommage.

Ma fille est ravie de son après-midi. Ils sont allés jouer à cache-cache dans les champs.

Cette maîtresse est vraiment chouette, pleine de vitalité, d’inventivité, d’imagination. Elle a mis en place un temps de méditation en début d’après-midi, pour que les enfants se posent après la cantine — un moment intense et bruyant — ou au retour de la maison. Les enfants ont une paire de chaussons en classe qu’ils peuvent mettre pour se sentir bien. Elle joue au foot ou à 1 2 3 soleil avec eux à la récré.

Vraiment chouette.

Alors j’ai du mal à entendre les parents râler…

—        Comment s’est passé ta dictée de mot outils ? je demande à ma fille, en Papa rabat-joie, qui ne pense qu’au travail.

—        Sur huit, j’en ai 6 faux, mais 2 de justes !

—        Bon, ben c’est pas grave, qu’est-ce que tu en penses ?

—        Ça ira mieux la prochaine fois !

—        C’est sûr que c’est vraiment pas grave, comme ça, maintenant, tu sais les écrire !

À l’hôpital, les masques sont toujours un problème.

Les surveillantes commandent la veille le nombre de masques pour le lendemain.

Et si la surveillante arrive en retard ?

Les soignants n’ont pas de masque.

Logique.

Pour les médecins, c’est la secrétaire qui gère le stock.

—        Je vais à la Commission machin-truc, est-ce que vous avez un masque ?

—        Non, ce n’est pas possible.

!!!!

On rembobine.

—        Je vais à la Commission truc-muche, tu sais où sont les masques ?

—        Oui, ils sont là.

—        Il y en a assez ?

—        Pas de problème.

Voici donc en live le modèle actuel où l’administration gère les affaires.

Toujours certaine d’être du bon côté, du côté de ceux qui savent et qui sont responsables, toujours méfiante et persuadée que les autres — ceux qui, eux en général, sont en contact avec les vrais gens et la vraie vie — ne savent rien, gaspillent, ne font attention à rien et réagissent bêtement.

Quelle misère.

Quelle rigidité cadavérique.

Quelle pauvreté intellectuelle.

Quelle bassesse comptable et terre-à-terre.

Quelle bêtise. Celle-là même qui nous a amenés à nous confiner. Et qui perdure. Qui résiste à tout. Pire que les cafards.

Qui pue la frustration et la vanité.

Encouragée par des personnalités perverses et malveillantes à tous les étages.

Bon, je me calme.

Ma fille était ravie de sa journée, d’avoir revu sa maîtresse, de s’être fait de nouvelles copines dans son petit groupe — ils n’étaient que 5 en CP hier ! D’avoir joué, rigolé, de s’être lavé les mains 13 fois — le nombre d’étoiles sur son passeport qu’elle porte fièrement autour du cou —, d’avoir lu des histoires, d’avoir compris pourquoi c’était important de se tenir éloignés les uns des autres.

—        La maîtresse nous a montré qu’il fallait qu’on soit à un pas des autres. On tend les bras et on tourne sur nous et il ne faut pas qu’on touche un autre enfant.

Fastoche.

Parfaitement au fait des gestes barrières, ma fille nous a même montré hier une vidéo Playmobil sur YouTube Kids qui explique ce qui se passe si que si on reste collés. Sans distance de sécurité, un Playmobil en contamine 3 autres (R=3) qui en contaminent 3 autres etc… ce qui donne 364 (de mémoire !) au bout de 25 jours. Si on reste à 1 m les uns des autres, un Playmobil n’en contamine qu’un autre (R=1) et il n’y a que 6 malades en 25 jours !

Par exemple, en Allemagne, R était à 0,7 en fin de période de confinement et est remonté à 9,9 ces derniers jours.

R=3
R=1

9h22.

Les sonneries de réveils se succèdent dans la chambre de ma fille de presque 17 ans.

Classe virtuelle d’Histoire à 9h30.

Je considère que c’est le moment de lui donner un coup de main.

Je me pointe, elle dort, se réveille, lutte, éteint sa sonnerie.

—        Coucou, tu as besoin d’aide ?

—        Mmmmm…

—        Tu as l’air contrariée ?

—        Passe-moi mon ordi.

—        S’il te plait mon Papa chéri.

—        Passe-moi mon ordi.

Je vais réveiller ma fille de CP. Pour qu’elle ne se couche pas trop tard ce soir. Elle m’a avoué hier qu’elle avait bâillé toute la matinée.

J’écoute ce qui se dit à la classe virtuelle d’Histoire.

—        Bonjour Camille, ça va ? Tu n’étais pas là lundi en Géogaphie. Bonjour Clara. Bonjour Guillaume. Est-ce qu’Héloïse est là ?

La prof d’Histoire est aussi la Prof principale.

—        On reprend sur la colonisation et sur la création d’un ministère de la Colonisation. Ce ministère à tous les droits sur les états coloniaux. Se développent alors se qu’on appelle l’indigénat.

Il s’agit d’une justice administrative qui s’applique aux seules personnes définies comme « indigènes ». Elle ne respecte pas les principes généraux du droit français, en particulier en autorisant des sanctions collectives, des déportations d’habitants et en sanctionnant des pratiques que la loi n’interdit pas, sans défense ni possibilité d’appel.

Elle s’appuie sur une élite mise en place par l’administration de manière arbitraire. Il ne s’agit pas d’une démocratie, le travail forcé y est possible.

Ce statut légal discriminatoire attribué aux populations autochtones est rapproché par certains auteurs de l’apartheid pratiqué en Afrique du Sud.

Je repense au Rwanda, où les Belges décrètent arbitrairement que les riches propriétaires seront des Tutsi et les agriculteurs subalternes seront des Hutus et instaurent en 1931 un passeport éthique. Ils mettent les Tutsi au pouvoir puis, devant les velléités d’indépendance des Tutsi, aident au renversement des Tutsi et instaurent un gouvernement Hutu. S’en suivent des années de terreur contre les Tusti qui fuient le pays à partir de 1959. C’est leur volonté de retour qui est à l’origine de la guerre civile à partir de 1990, avec leur bras armé le FPR qui affronte avec le Hutu Power. Dans ce contexte a lieu un génocide effroyable des Tutsi par les Hutus, génocide qui a lieu sous les yeux — certains parleront même de complicité — des casques bleus et qui ne cesse que lorsque le FPR entre dans le Rwanda et repousse le gouvernement hutu – dont on entend que la France à organisé l’exfiltration grâce à l’opération turquoise.

C’est un peu un autre sujet, mais il illustre bien sur la mise en place arbitraire d’une élite qui a tous les droits et sur l’autre partie de la population et toutes les rancœurs que cette organisation engendre.

—        Qui est Louis XIV ? demande la prof d’histoire.

Retour à la classe virtuelle.

—        Qui est le Louis XIV qui vient de se connecter ? Dites-moi ? Si vous vous cachez, je ne peux pas vous noter présent !

—        Le Roi-Soleil

—        OK. Ce qui, j’avoue, est assez amusant pour un cours d’histoire. Mais qui êtes-vous ?

—        Je ne peux pas parler, j’ai été guillautiné

—        Guill « o » tiné, avec un ‘o’. Et vous vous trompez de roi. Bon, moi je suis Blanche Neige et je vous déconnecte. Au revoir.

L’épisode dure au moins 5 bonnes minutes.

5 bonnes minutes où la prof s’interrompt et, gentiment, tente de comprendre.

5 minutes de perturbation pour un imbécile qui ne mérite pas 2 secondes d’attention.

Et qui revient d’ailleurs sous divers noms tout au long de la leçon. Blanche Neige, Nestor…

Que dire, que faire.

Une dernière anecdote, puisque notre lave-vaisselle est à nouveau en panne et que — selon le tableau des services — nous avons décidé à l’unanimité hier soir que celui qui devait vider le lave-vaisselle essuierait la vaisselle.

Et bien ces moments sont des occasions tranquilles de discussion entre mon épouse — qui lave — l’enfant présent et moi qui essuyons.

Hier, c’était le tour de mon fils de 13 ans qui en a profité pour nous parler de son envie de motos à 14 ans.

—        Si je travaille bien en 4è, ça me ferait une bonne motivation.

Tu m’étonnes !

Nous en avons déjà parlé pas mal de fois. Il est fan de moto. OK.

—        Mais une moto, ça coute cher, il faut y mettre de l’essence, changer les pneus, l’entretenir, payer une assurance. Et puis c’est dangereux. Il faut porter le casque, les protections. Ce n’est pas rien. Ni en budget, ni en entretien, ni en danger.

—        Arrête de faire le rabat-joie, me dit mon épouse. Tu sais qu’il n’attend que ça.

—        Je suis d’accord, mais encore faudrait-il qu’il ait les moyens d’entretenir une moto.

—        Moi je suis d’accord pour travailler, c’est vous qui ne voulez pas.

—        Tu as 13 ans, on est dans un pays où les enfants ont la chance de ne pas travailler.

—        Eh bien moi, j’aimerais travailler !

—        Travaille à l’école, c’est ça ton job !

—        Je travaille si vous me payez une moto.

—        Une moto et tu travailles à partir de ce soir jusqu’à la fin de la troisième ?

—        OK.

On va réfléchir.

L’engagement sur le long terme.

Encore un vaste débat.

Et un autre sujet de conversation !

Déconfinés ! Tous à l’école ?

Le 11 mai.

On y est !

Le jour-J

Le D-Day !

Pourtant, aucune annonce officielle.

Pas de discours de notre Président pour nous féliciter d’avoir tenu bon, ni pour nous exhorter de retourner bosser.

Des trombes d’eau s’abattent sur nous en ce premier jour de déconfinement.

Est-ce que les gens sont joyeux ?

Les choses sont bien plus complexes qu’elles n’en ont l’air…

D’un côté le déconfinement est là. Même si un couac vient mettre le bazar dans la machine gouvernementale. Figurez-vous que la loi d’urgence sanitaire n’est pas validée !

L’organisation dans les transports et la possibilité de se déplacer à 100 kilomètres de son domicile ne seront en vigueur que ce soir.

Mais aussitôt, télescopage des évènements : apparition de deux clusters en zone verte :  1 en Aquitaine dans un collège et l’autre je ne sais plus où. Pour signifier que tout ceci incite à la plus grande prudence.

Le virus est en embuscade.

Ce qui m’amène au commentaire de Caroline hier, commentaire que je vous invite à lire.

J’ai été maladroit en prétendant que ‘tous les parents qui ne mettaient pas leurs enfants à l’école’ avaient peur. J’en suis désolé.

Ce n’est pas ce que je voulais dire.

En fait je m’interrogeais sur la perception du danger par les parents aux vues de la qualité des informations disponibles.

En partant du principe – selon moi et seulement selon moi – que les informations ne donnant que des données négatives et anxiogènes, les parents ne pouvaient pas ressentir autre chose que de la peur.

Mais je vois qu’il y a d’autres éléments, merci Caroline. Il y a des parents qui refusent de mettre leurs enfants à l’école afin de manifester leur désaccord avec des mesures inadaptées et allant à l’encontre des valeurs même de l’école, notamment en maternelle ou en crèche où on demande au personnel enseignant de ne pas prendre dans leur bras un enfant qui pleure !

C’est de la maltraitance.

Et là, question : pourquoi on ré-ouvre les écoles dans ces conditions ?

La question reste entière, me semble-t-il.

Ce matin, je remplissais les documents permettant à ma fille de retourner en classe. Il fallait que je signe en bas des 4 pages de documents précisant les mesures mises en place.

Déjà, ça fait peur.

Puis j’entends le Professeur Cohen sur France Inter ou Culture, je ne sais plus. Pour lui, pas de risque dans les écoles. Il est d’accord avec les mesures barrières et les lavages de main. D’accord aussi pour que les classes ne se rencontrent pas. Mais il rejette tout le reste, masques chez les enfants, interdiction de jouer ensemble — l’école étant le lieu de socialisation par excellence —, et tout ce qu’on entend ici et là.

Vous appelez ça une école ?

Bien entendu.

Je ne sais pas quoi dire.

Toutes ces mesures, tous ces discours sont anxiogènes.

Forcément.

Et moi, du coup, j’ai mis tous les parents dans le même sac.

Ils ont peur, ils ne mettent pas leurs enfants.

Or, des parents ne mettent pas leurs enfants à l’école pour désapprouver les mesures abracadantesques mises en place afin d’assurer la reprise.

Et je m’en réjouis.

Toutes les formes de luttes sont les bienvenues et j’applaudis.

Effectivement, sur les réseaux, la résistance monte en puissance depuis de nombreuses semaines.

En attendant, les enfants seront très peu nombreux demain.

Un ami de ma fille sera seul dans sa classe de CE1.

Ma fille après avoir trainé les pieds toute la journée, finalement, saute partout ce soir pour préparer ses affaires, tellement contente de revoir sa maîtresse.

—           C’est anxiolytique, me dit mon épouse.

Sans doute.

Elle demande un cp de sédatif PC avant de dormir !

Personne ne sait ce qui va se passer.

Personne ne maîtrise l’avenir.

— Demain, se sera la meilleure journée du monde !

Cool !

N’oubliez pas de signer la pétition pour soutenir notre collègue journaliste Inès Léraud dans sa défense contre l’industrie agro-alimentaire qui a décidé de la discréditer dans son travail sérieux.

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/dynfendonslalibertyndinformersurles-3791html#signsans

Et pendant que j’y suis, un engagement facile à prendre pour le Jour d’après.

Soutien à Inès Léraud

11 mai demain.

Jour J – 1.

—        Papa, à minuit, je sors ! me dit mon fils de 15 ans.

—        Pas question. A minuit, tu dors !

—        Tranquille Papa, j’dis ça comme ça. C’est la fin du confinement !

Mes garçons comptent les heures et les minutes qu’il reste.

Je me rappelle avoir cuisiné un couscous le soir du confinement, on était à l’aube de quelque chose d’exceptionnel, d’incroyable, d’inédit.

Ce soir, le dernier soir du confinement, on mange des restes, moroses.

On aurait dû faire une fête, danser, sortir.

Il a plus des sauts toute la journée, un truc de fou toute cette flotte.

Je suis énervé, je râle, je crie pour un rien.

Je ne sais pas pourquoi.

La liste des choses qui se sont accumulées depuis 2 mois ?

Je suis crevé.

Comment s’est possible après 2 mois à la maison ?

C’est le temps, gris et froid.

Qui nous garde dans la maison alors que nous sommes dans le jardin depuis des jours.

Je ne sais pas.

Mes garçons ont bien bossé cette après-midi, Philippe Auguste a enfin gagné cette bataille de la Bouvine, ramenant le félon Ferrand dans une cage sous les hourras des paysans massés sur les routes du retour à Paris.

Et un bilan sur les fonctions pour mon fils de 15 ans. f(x) = x²+3 ça vous parle ? Qu’elle est limage de x avec la fonction f ? Quel est antécédent de f(x) ?

Ça me plait.

Ça me prend 1 heure, mais c’est cool.

Ce qui me bouleverse le plus en cette fin de journée, c’est un mail d’un copain qui m’annonce qu’Inès Léraud est victime de plaintes, de procès et d’intimidations diverses de la part de puissantes industries agro-alimentaires, ces saloperies d’industries qui non seulement pillent la terre, la détruisent, la polluent, saccagent les rivières avec les nitrates issues de leurs élevages immondes, inondent les plages bretonnes d’algues vertes putrides, dangereuses, degueulasses, non seulement portent la responsabilité sur les communes, refusent de participer au nettoyage mais en plus pratiquent une politique barbare digne de la pire des dictatures sur les personnes qui essaient d’informer la population et osent demander que les choses changent.

Inès Léraud est journaliste. On peut entendre ses reportages dans Les pieds sur terre sur France culture et elle a réalisé un livre dessiné sur les algues vertes en Bretagne. A lire de toute urgence.

Toute cette frange de politiciens corrompus qui s’agitent au secours des industriels me révolte, me met tellement en colère, ça suffit, ce n’est plus acceptable ces méthodes.

On ne dézingue pas quelqu’un qui cherche à s’informer simplement parce qu’il dérange les intérêts de certains, on ne détruit pas quelqu’un qui produit une étude sérieuse à coups de procès en diffamation destructeurs uniquement parce qu’il s’approche de la vérité. C’est inacceptable. Si une activité pollue, on la modifie, on ne tue pas ceux qui la dénoncent.

Sinon, on prendra les armes nous aussi et on tuera les chefs d’entreprise.

Avant ça, merci de signer la pétition de soutient à cette valeureuse journaliste :

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/dynfendonslalibertyndinformersurles-3791html#signsans

RESUME DE L’ENQUETE :
Depuis la fin des années 1980, au moins quarante animaux et trois hommes se sont aventurés sur une plage bretonne, ont foulé l’estran et y ont trouvé la mort.

L’identité du tueur en série est un secret de polichinelle. Son odeur d’œuf pourri le trahit. L’hydrogène sulfuré (H2S) émanant des algues vertes arrive en tête de la liste des suspects. De nombreux citoyennes et citoyens ont lancé l’alerte à de multiples reprises, sans réussir à empêcher la répétition des accidents. Thierry Morfoisse est ainsi décédé en 2009, après avoir charrié une benne d’algues en décomposition de trop. C’est seulement en juin 2018, neuf ans après son décès, que sa mort a été reconnue en accident de travail.

Les algues maudites sont le symptôme d’un mal profond qui prend ses racines dans les lois de modernisation agricole des années soixante, leur fumet méphitique s’immisce dans une nébuleuse d’intérêts et de lâchetés mêlant gros bonnets de l’agro-industrie, scientifiques à la déontologie suspecte, politiques craignant pour l’emploi ou leur réputation touristique.

C’est ce que révèle l’enquête choc de la journaliste Inès Léraud et du dessinateur Pierre Van Hove.

Des échantillons qui disparaissent dans les laboratoires, des corps enterrés avant d’être autopsiés, des jeux d’influence, des pressions et un silence de plomb. L’intrigue a pour décor le littoral breton et elle se joue depuis des dizaines d’années. Inès Léraud et Pierre van Hove proposent une enquête sans précédent, faisant intervenir lanceurs d’alerte, scientifiques, agriculteurs et politiques.

Chut, papa fait de la politique, même le dimanche

MENSONGES D’ÉTAT

Certains d’entre vous l’ont probablement déjà vue mais je ne peux m’empêcher de reprendre ce matin les pépites contenues dans cette vidéo de Clément Viktorovitch sur Canal+, sémantique d’un mensonge d’Etat.

Une image contenant capture d’écran, dessin

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Est-ce que vous savez ce que signifie l’expression « empoisonner le puit » ?

Clément nous en donne une magnifique explication.

Parce que s’il y a un truc qui me plaît particulièrement, c’est d’écouter les gens qui décryptent le langage, les non-dits, les implicites dans les discours. L’Art de parler en disant autre chose.

Pourquoi ?

Parce que j’admire l’intelligence — même quand elle est tournée vers le côté obscur de la Force, c’est mon paradoxe.

Parce que j’adore démêler dans les mots, les intentions profondes, les convictions intimes, qui sont parfois à Mille Bornes de ce que les personnes disent.

Parce ce que je suis à la recherche du mensonge pour le pointer du doigt et le faire ravaler à celui qui nous enfume en nous prenant pour des cons.

La déclaration de notre Premier Sinistre à l’Assemblée Nationale du 28 avril en est truffée.

Il commence son allocution en posant le principe fort « qu’on ne peut rien dire dans ce pays sans être commenté ». Que les réseaux sociaux regorgent de commentateurs qui se sont propulsés directement des bars aux pinacles de l’info numérique et que leur audience a augmenté inversement proportionnellement à la fréquentation des bistrots.

Rires dans l’assemblée.

Ainsi, chacune de ses interventions est immédiatement suivie d’une litanie de commentaires de piliers de bars.

Voilà.

Le cadre est posé.

Tous les commentateurs sont des ivrognes, imbéciles et sans crédibilité, dont le niveau de réflexion est proche du niveau des égouts. Voilà ce qu’est un empoisonnement de puit.

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Clément Viktorovitch nous explique ainsi que l’utilisation de cette technique a pour but de discréditer les commentateurs de tous poils et de faire taire les septique. Pourquoi notre Premier Sinistre a-t-il besoin de commencer en dézinguant tout le monde ?

Qu’y a-t-il dans son discours que personne ne doit commenter ?

Je retiens trois mensonges d’État :

Le premier. Le Premier Sinistre explique que la France disposait d’un stock important de masque, en tout cas suffisamment pour assurer 20 semaines de fonctionnement hospitalier.

Ce qui est vrai factuellement.

Mais ce qui est faux intrinsèquement.

Les 115 millions de masques en stock n’ont jamais été destinés aux hôpitaux. Ils étaient mis de côté afin de pourvoir à une situation gravissime. Genre attaque chimique, terrorisme ou autre.

L’Agence Nationale de Santé Publique réclame depuis 2018 la constitution de réels stocks. Et là, on change de dimensions.

Voyez vous-même.

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Et là, on ose nous parle de protection de la population et de son personnel soignant.

Le second mensonge est l’allusion à la mise à disposition de ce stock de masque au personnel soignant. Dans son discours, le Premier Sinistre a insinué malicieusement que le gouvernement a « eu peur de ne pas y parvenir ». Entendez par là qu’ils ont eu peur mais qu’ils y sont parvenus.

Et là, vous comme moi, avez entendu les centaines de témoignages de soignants qui ont parlé de leurs conditions de travail lors des 2 premières semaines d’épidémie avec peu – voir pas du tout de masques.

Dans le service de mon épouse à l’hôpital, un médecin hygiéniste est passé pour expliquer que « temps qu’on ne présentait aucun signe clinique, le masque était inutile ». Tandis qu’aux urgences, on criait l’inverse : « mettez des masques ! ».

C’est criminel, non ?

Le Premier Sinistre fait de l’autosatisfaction avec son minuscule stock de masque. On croit rêver ! Pendant ce temps, les soignants triment sur le front sans protection.

Et maintenant, le troisième mensonge, le plus dégueulasse et le plus infâme, le mensonge d’État par omission :

Edouard Philippe affirme « sa reconnaissance pour le système hospitalier qui a tenu bon, avec la fatigue bien compréhensive des personnels qu’il faudra bien laisser se reposer ».

Quand j’ai entendu cette phrase, je me suis dit — et vous aussi peut-être —, c’est cool, il a une pensée et de la reconnaissance pour le personnel.

Mais il manque tout de même quelque chose, non ?

Où est le témoignage d’un Chef pour les 2500 soignants qui ont contracté le virus par l’impréparation des administrations ? Où est la reconnaissance et la commémoration des 27 soignants décédés ?

« Les soignants, sont fatigués, c’est bien normal. »

Pourquoi ne parle-t-il pas des morts ?

C’est tabou ?

Il minimise la portée de ses actes ?

Il tente d’effacer les traces qui pourraient le conduire devant une commission d’enquête ?

Retrouvez l’intervention de Clément Viktorovitch sur

Clément Viktorovitch : Anatomie d'un mensonge d'État – Clique, à 20h25 en clair sur CANAL+

« Il faut appeler les choses par leur nom : sur la question des masques pour les soignants, Edouard Philippe vient de commettre un mensonge d’État »Retour sur le discours du Premier ministre à l’Assemblée nationale, pour Clique.

Gepostet von Clément Viktorovitch am Donnerstag, 30. April 2020

J’ai dit que j’avais trouvé EP trouvé bon. Oui. Très professionnel.

Un beau fumier en costume qui enfume les gens pour sauver ses fesses.

Un pur produit LREM.

Ça me fait penser à une blague que j’ai vu passer ce matin :

Un copain, qui a écouté attentivement le discours de notre cher Premier Sinistre, m’a fait remarquer que par 3 fois, il avait fait allusion au fait qu’il n’accordait aucune crédibilité à l’avis des scientifiques. Vous aviez remarqué ? Moi non.

Je pense qu’il y a ici assez d’arguments pour dire que, soit le déconfinement l’emmerde et qu’il le fait à reculons, soit qu’il s’en branle mais qu’il sait que s’il se loupe il dégage, soit il fait des appels aux pieds à je ne sais qui – Angela Merckel ? Les labos pharmaceutiques ? Pamela Anderson ? – en tout cas pas Roselyne Bachelot qui lui fait des doigts en ricanant, tenant enfin sa revanche – soit il démontre en grandes pompes qu’il se fiche totalement de sa populace et que le seul truc qui compte est de redémarrer l’économie, la croissance et les surprofits de ses amis – les vrais.

Vous choisissez quelle option ?

Vous commencez à me connaitre suffisamment pour savoir la mienne.

Je me suis toujours passionné pour la pensée critique, le sens-critique, l’auto-critique et tout ce qui développe l’esprit critique.

Sur ce sujet, deux livres que j’ai adorés :

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« Une véritable initiation à la pensée critique, plus que jamais indispensable à quiconque veut assurer son autodéfense intellectuelle. « Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. » ― Noam Chomsky »

Et le travail de Sophie MAZET, prof d’anglais , qui décide en 2011 de former ses élèves à la critique des informations afin de développer leur sens de l’auto-critique.

Passionnant.

Bon, faisant partie des commentateurs, je retourne boire un jaune au bar du coin !

A votre santé !

La cuite va faire mal, très mal au crâne.

#PourLeJourDapres

1er Mai

#PourLeJourDapres

#PourQueViveLe1erMai

C’est la première fois que je me mobilise le 1er mai.

Comment ça se fait ?

C’est oxfamfrance qui m’en a donné l’envie hier, suite à une communication « C’est pas parce qu’on est confiné qu’on est bâillonné, pour le 1er mai, fabriquez et accrochez vos  affiches à vos fenêtres et balcons ! »

J’ai trouvé ça une bonne idée.

J’ai commencé ce matin au réveil et ma fille de CP s’y est mise aussi !

Voici le résultat de nos créations :

mobilisation en famille pour le 1er mai
la planète triste de ma fille de CP

Bon, comme nous habitons une rue où personne ne passe, on a posté sur facebook et partagé +++.

J’ai trouvé ça chouette toutes ces idées pour se mobiliser le 1er mai.

J’ai même participé à une manif virtuelle !

Je m’amuse !

Mais ça me parait important.

Parce qu’il parait que Macron, dans son discours ce matin, a parlé des manifs comme de ‘rituels’ « le 1er Mai rituel et chamailleur ».

Chaud, non ?

Je reprends à mon compte un mail reçu ce matin du groupe où nous partageons et remontons réflexions et infos.

« « 1er mai joyeux et chamailleur », dit Macron ?

Le 1er mai 2019, des manifestants avaient dû se réfugier dans l’enceinte d’un hôpital pour échapper aux matraques et lacrymos.
Le 1er mai 2018, Benalla était filmé place de la Contrescarpe en train de frapper un manifestant.
Le discours de ce matin était surtout l’occasion de marteler la valeur « travail » :
« Car c’est bien grâce au travail, célébré ce jour, que la nation tient”
« c’est grâce “au travail, au dévouement de nos soignants, des personnels de la protection civile, des forces de l’ordre, des Armées, que nous sauvons chaque jour tant de vies”.
« C’est grâce à l’engagement et au travail de nos agriculteurs, de nos fonctionnaires, des salariés et des indépendants que la vie continue malgré tout et que d’autres peuvent travailler aussi à distance”
Vos enfants iront à l’école, si vous êtes d’accord. Mais le mieux pour vous (et pour eux, à propos ?), ce serait que vous soyez d’accord, parce que le 1er juin, plus de chômage partiel.
En tout cas, le paysage s’éclaircit (si je puis dire) : par petites touches, tous les discours se règlent entre eux, pour que la folie du « monde d’avant » soit rétablie dans toutes ses prérogatives.
Et pendant ce temps-là, l’écologie et les gauches, qui ont une opportunité historique de retrouver des couleurs en proposant une alternative crédible et séduisante, se perdent dans les querelles byzantines dont elles ont le secret. »

J’adhère complètement.

Sinon ?

Pas d’école ce matin.

Hier, ma fille de CP a loupé sa classe virtuelle, je n’ai jamais trouvé le lien qui menait à la classe virtuelle de mon fils de 13 ans et la vie scolaire du lycée a appelé à 17h30 pour m’annoncer que ma fille de presque 17 ans avait manqué sa classe virtuelle d’anglais.

Pas terrible le bilan d’hier.

Quelques nouvelles de la maitresse de ma fille de CP ?

Elle a appelé hier dans l’après-midi pour savoir quels parents remettraient leurs enfants à l’école.

—        Avec votre fille, ça fera enfants.

 5 enfants ?

—        Et comment ça va se passer ?

—        On nous a demandé de faire des groups d’enfants en séparant les copains/copines pour qu’il ne se jettent pas dans les bras les uns des autres ! On a coupé la cour de récréation en deux pour que les classes aillent en récré chacune son tour, les jeux étant interdits et une distance d’un mètre devant être respecté entre les élèves.

Impressionnant.

—        Et la cantine ?

—        Pas de cantine, un animateur garde les enfants entre midi et deux. Comme il n’y a pas beaucoup d’enfants, ils déjeuneront assis à leur bureaux, espacés d’un mètre.

—        Et chez les petits ?

—        À la maternelle, tous les jeux ont été enlevés et les enfants ne pourront toucher à rien. Pas aux livres, pas aux feutres, pas aux feuilles.

OK.

Quel est l’intérêt ?

Une répétition générale pour la rentrée de septembre ?

Le 1er mai, c’est peut-être l’occasion de vous parler de mes projets ?

Poursuivre un billet quotidien sur ce blog,

Poursuivre la publication de NOIR, chapitre par chapitre,

LES JOURS D’APRES, une histoire que j’ai commencé à écrire parce que j’aime avoir une histoire en cours, que j’aime intégrer tout ce que je lis, vois, entends, comprends, imagine à une histoire et à des personnages,

Terminer les illustrations de l’histoire qu’on a écrite et imaginée avec ma fille de CP « HORREUR AU CHATEAU »

GEO-POLD, une réflexion sur la Géopolitique qui me passionne vraiment trop, et depuis longtemps, avec deux volets, pour le moment, une histoire de pétrole et une réflexion qui démarre au Pakistan. Pourquoi au Pakistan ? J’ai choisi au hasard et cela me semble une bonne base.

Poursuivre la préparation d’UN AIR DE VIOLONCELLE, mon court métrage en cours de production avec COMME 1 IMAGE, boite de prod située à Clermont-Ferrand,

Vous proposer dans des temps plus lointains, SYNAPSES, un polar que je publierai chapitre par chapitre comme NOIR, et OUTLAW, une histoire de science-fiction,

Je travaille sur des PODCAST avec un ami sur RADIO GI.NES,

Et sur pleins d’autres projets par-ci par-là que vous découvrirez au fil du temps !

Une image qui m’a amusée tout à l’heure pour finir :

Chut, Papa fait de la politique ! -3

29 avril, J-13, le déconfinement aura bien lieu, sauf s’il est prolongé, il n’y a que les imprudents pour devancer l’appel, attention en Avril, ne te découvre pas d’un fil !

Trêve de plaisanterie.

Franchement, Édouard Philippe a été bien.

1 heure de discours clair, précis, reprenant tous les points, s’appuyant implicitement sur le texte du Conseil scientifique.

S’agissant de ROBERT — l’application STOPCOVID made in France —, il a sagement reporté le débat, avouant lui-même qu’il ne savait rien de cette application.

Bravo ! Et merci !

Le Monde de ce matin :

Déconfinement : contraint par le choix présidentiel du 11 mai, le gouvernement a choisi d’écouter les avertissements du conseil scientifique

Le Premier ministre a averti, mardi, qu’il allait falloir « vivre avec le virus » et souligné « le risque d’une seconde vague ».

Edouard Philippe a tenu un discours pragmatique. « Nous allons devoir vivre avec le virus, a-t-il admis, dès lors qu’aucun vaccin n’est disponible à court terme, qu’aucun traitement n’a, à ce jour, démontré son efficacité, et que nous sommes loin d’avoir atteint la fameuse immunité de groupe. »

Sa stratégie cadre de très près avec celle du conseil scientifique – finalisée le 20 avril – dont il a aussi relayé les inquiétudes. « Si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai, ou nous le ferons plus strictement », a-t-il mis en garde, en indiquant que la décision finale serait prise le 7 mai, sur la base d’indicateurs épidémiologiques.

Roselyne BACHELOT, sur le plateau de TF1, applaudit.

Question : que fait Roselyne Bachelot ici ? Et bien figurez-vous que l’ancienne ministre de la Santé de Nicolas Sarkozy est devenue la personnalité politique la plus populaire en France actuellement. Pourquoi ? En raison de sa gestion de la crise ‘grippe H1N1’. Vous vous rappelez de sa politique très engagée — et extrêmement critiquée, raillée, moquée — dans la constitution de stocks de vaccins (dont les ¾ nous étaient resté sur les bras ) et de masques (1.4 milliard). Mais elle a été prudente. Et ce qui lui a été reproché, soudain, devant l’impréparation criminelle de ses successeurs, la porte aux nues. Juste retour des choses ? On verra bien.

Et où en en est de l’épidémie :

  • Dans le monde, plus de trois millions de personnes ont été diagnostiquées comme malades du Covid-19 et plus de 215 000 en sont mortes malgré le confinement de plus de la moitié des habitants de la planète.
  • Pays le plus touché, les Etats-Unis comptent plus d’un million de cas. Encore plus marquant, 58 365 personnes ont désormais succombé à la maladie, soit plus que les militaires américains tombés lors du conflit du Vietnam entre 1955 et 1975.

On entend un peu parler de l’Afrique, mais pas trop. Et dur d’avoir des infos sur les pays en guerre au Moyen-Orient.

Dur d’entendre parler d’autre chose que du covid, d’ailleurs.

On entend un peu parler de l’après confinement, les plus optimistes pensent qu’on aura compris que quelque chose qui nous dépasse se produit. Les autres font l’autruche. Rien de nouveau.

Vous connaissez scratch ?

Un programme éducatif pour apprendre aux enfants à coder.

Initiation avec mon fils de 13 ans, travail en Techno. Techno que — vous vous l’imaginez bien, vous le connaissez maintenant aussi bien que moi — il adore.

On a commencé tous les deux — je l’ai forcé à s’assoir près de moi et nous avons commencé.

Totalement blasé, mon fils se lève au bout de deux niveaux. Et moi, grand gamin et grand geek, je suis resté ‘scratché’. Même mon fils de 15 ans – qui a passé des heures à programmer en scratch – est venu bidouiller avec moi.

—               Tu vas voir, on peut faire plein de trucs avec ça.

Et nous sommes tous restés bloqués au niveau 10 du labyrinthe. 9 blocs pour amener ce fichu cosmonaute pisser au fin fond de la station orbitale ESS-20.

J’y ai même réfléchi cette nuit. Mais rien. Nada.

https://blockly.games/maze?lang=fr&level=10&skin=1

Vous avez réussi ?

Ben mon gars, va falloir te retenir, parce qu’on n’y arrive pas. J’y ai passé un certain temps, pendant que mes ados sont partis à vélo se baigner dans la rivière d’à côté. L’eau y est au moins à 10 degrés, il fait un temps pourri. Mais vaille que vaille !

—               On pédale, on se baigne !

Devise de ma fille de presque 17 ans.

En avril, ne te découvre pas d’un fil…

—               Allô ?

Le téléphone sonne.

C’est la surveillante du collège qui s’inquiète de n’avoir aucune nouvelle de mes fils.

Et qui fait le tour des parents d’enfants muets en prévision d’une réunion d’établissement.

Je lui explique la situation : mon fils de 15 ans est en autonomie, ce qui explique certainement les ‘’non rendus’’ et mon fils de 13 ans fait tout son travail à l’oral avec moi. Je me porte garant de son travail. Mais nous ne rendons rien.

OK.

Et vous, tout va bien ?

N’hésitez pas à me raconter vos anecdotes amusantes !

Bonne journée.

– Chut, Papa fait de la politique!

 28 Avril, J-14 avant le 11 mai, jour de présentation du projet de loi de déconfinement du gouvernement qui sera voté sans discussion, bienvenue dans un monde meilleur, ou STOPCIVD pourrait s’appeler ROBERT — ça ne s’invente pas ! — « Robert, dégage, tu vas pas m’la faire à l’envers ! », il n’y a que les geek qui vont s’éclater à installer la nouvelle appli sur leur smartphone.

15h, l’heure où nous risquons le grand basculement dans la science fiction.

L’heure où tout est encore possible.

Quelques réflexions issue des médias de ce matin :

Tout d’abord ce message adressé par le site de France Inter ce matin sur mon smartphone :

« 62% des Français disent ne pas faire confiance au gouvernement pour réussir le déconfinement, selon le baromètre mensuel Odoxa-CGI pour France Inter, la Presse régionale et l’Express. Édouard Philippe doit présenter mardi après-midi son plan pour « l’après 11 mai ».

Emmanuel Macron et Edouard Philippe en réunion avec le ministre de la Santé Olivier Veran, le 24 avril à l’Élysée. © AFP / Ludovic Marin

C’est le discours de la semaine, sans doute aussi le discours du quinquennat pour Édouard Philippe. Mardi, le Premier ministre doit présenter le plan pour la fin progressive du confinement, à partir du 11 mai. Il présentera sa feuille de route à 15 heures devant les députés, à l’Assemblée nationale. Comment les Français vont-ils recevoir les mesures prises par l’exécutif ? C’est la grande inconnue.  

En revanche, une certitude, Édouard Philippe devra convaincre. Car pour l’instant, 62 % des Français disent ne pas faire confiance au gouvernement pour réussir ce déconfinement, selon le baromètre mensuel Odoxa-CGI pour France Inter, la Presse régionale et l’Express. »

62% qui n’ont pas confiance, ça fait beaucoup.

L’affaire des mensonges autour du manque de masques y a compté pour beaucoup.

Vous leur faites confiance ?

Moi non.

J’observe, je reste vigilant.

On ne sera pas informé des raisons réelles qui ont pointé le 11 mai comme la date du début d’un éventuel déconfinement.

—                    Il faut bien se déconfiner un jour !

Oui, bien entendu. Mais pourquoi contre l’avis du Conseil scientifique qui ne pense pas que toutes les mesures nécessaires — repos des soignants, libération des lits de réanimation, reconstitutions des stocks de protection, médicaments —  puissent être mises en place avant mi-mai. Pourquoi pas alors le 18 mai ?

On n’est plus à une semaine près.

—                    Parce que c’est moi qui commande, merde !

OK.

J’observe.

France Inter hier soir, Boris Cyrulnik :

L’après confinement selon Boris Cyrulnik : « on aura le choix entre vivre mieux ou subir une dictature »

« On a oublié qu’on appartenait au monde vivant : on partage la planète avec les animaux. Si on enferme les animaux, si on fait de la surpopulation dans les élevages, on crée les conditions de fabrication de virus. Ensuite les avions et les autres moyens de transport font le reste. Bref, si on massacre le monde vivant, on partira avec lui. »

Dans le monde d’après, on aura le choix entre vivre mieux ou subir une dictature  – qu’elle soit politique, religieuse, financière ou liée à l’hyper-consommation. 

L’après catastrophe peut être bénéfique. Au Moyen-Âge, des commerçants ont apporté le bacille de la peste. En deux ans, il a tué un Européen sur deux. Avant 1348, les aristocrates qui possédaient des terres vendaient ou achetaient des serfs.  Après l’épidémie, en raison de la pénurie de main d’œuvre, ils ont dû mieux traiter les paysans et le servage a disparu en deux ans.

Mais l’après catastrophe peut aussi avoir des effets maléfiques. Parce que l’Allemagne avait été humiliée en 1918 par le traité de Versailles, les Allemands ne pouvaient pas se reconstruire. Est arrivé un pseudo sauveur… Et en 1933, il a été élu, ce qui a provoqué une catastrophe mondiale.

Là, on aura le choix de vivre solidairement, d’une autre manière : en redonnant la parole à beaucoup de ceux que l’on redécouvre maintenant, les aides-soignantes, les infirmières, les facteurs, les éboueurs. 

Si on ne le fait pas, il y aura des candidats dictateurs. »

Voilà qui donne le moral, un peu d’espoir mais avec une pression de dingue !

Les dictateurs de tout poil se mettent en rang de marche partout sur la planète — Hongrie, Turquie, Chine — les régime se durcissent à l’extrême — USA, Israël, Brésil, Pologne, et ça fout les jetons, je vous assure.

J’espère encore que notre président va se montrer digne de l’esprit républicain français.

Toujours sur France Inter, Thomas PICKETTY :

« Oui, il faut rétablir l’Impôt sur la fortune. » Pour se relever de la crise économique, Thomas Piketty estime qu’il faut surtout « que les revenus de ceux qui vont consommer ne s’effondrent pas ». « Je ne vois pas les Français comprendre qu’on finance des cadeaux fiscaux qui dépassent cinq milliards d’euros par an, les maintenir alors qu’on dit qu’il faut réinvestir dans les services publics, ça me paraît incompréhensible », a-t-il estimé, invité lundi matin de France Inter. « L’économie ne fonctionne pas avec des super milliardaires mais avec des petits, de petites entreprises. On parle de personnes à qui on a fait payer toujours plus de TVA, de CSG. Il faut rétablir l’ISF, avec un rendement beaucoup plus important, qui pourrait rapporter 10 milliards par an. »

« Oui, il faut taxer les hauts patrimoines privés. » Si la crise sanitaire est inédite, l’Histoire peut nous éclairer sur le plan économique juge Thomas Piketty. « Il y a beaucoup de leçons historiques. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a différentes façons de s’en sortir. Après la Seconde guerre mondiale, de nombreux pays notamment l’Allemagne et le Japon, ont mis en place des systèmes d’imposition sur les plus hauts patrimoines privés, jusqu’à 80-90% de ponction. Ça a pu réduire très vite l’endettement public, qui était encore plus élevé que ce qu’on l’est aujourd’hui. (…) Il ne faut pas faire exactement la même chose mais reprendre ces leçons de l’histoire », a estimé l’économiste.

Dans ce contexte, comment imaginer que des millions que le gouvernement va regarder se noyer des millions de petites entreprises tandis qu’on renfloue à coup de milliards les entreprises du secteur aériens et automobiles.

Réponse dans quelques heures…

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