Catégorie : J-combien avant le 11 mai (Page 1 of 2)

Soutien à Inès Léraud

11 mai demain.

Jour J – 1.

—        Papa, à minuit, je sors ! me dit mon fils de 15 ans.

—        Pas question. A minuit, tu dors !

—        Tranquille Papa, j’dis ça comme ça. C’est la fin du confinement !

Mes garçons comptent les heures et les minutes qu’il reste.

Je me rappelle avoir cuisiné un couscous le soir du confinement, on était à l’aube de quelque chose d’exceptionnel, d’incroyable, d’inédit.

Ce soir, le dernier soir du confinement, on mange des restes, moroses.

On aurait dû faire une fête, danser, sortir.

Il a plus des sauts toute la journée, un truc de fou toute cette flotte.

Je suis énervé, je râle, je crie pour un rien.

Je ne sais pas pourquoi.

La liste des choses qui se sont accumulées depuis 2 mois ?

Je suis crevé.

Comment s’est possible après 2 mois à la maison ?

C’est le temps, gris et froid.

Qui nous garde dans la maison alors que nous sommes dans le jardin depuis des jours.

Je ne sais pas.

Mes garçons ont bien bossé cette après-midi, Philippe Auguste a enfin gagné cette bataille de la Bouvine, ramenant le félon Ferrand dans une cage sous les hourras des paysans massés sur les routes du retour à Paris.

Et un bilan sur les fonctions pour mon fils de 15 ans. f(x) = x²+3 ça vous parle ? Qu’elle est limage de x avec la fonction f ? Quel est antécédent de f(x) ?

Ça me plait.

Ça me prend 1 heure, mais c’est cool.

Ce qui me bouleverse le plus en cette fin de journée, c’est un mail d’un copain qui m’annonce qu’Inès Léraud est victime de plaintes, de procès et d’intimidations diverses de la part de puissantes industries agro-alimentaires, ces saloperies d’industries qui non seulement pillent la terre, la détruisent, la polluent, saccagent les rivières avec les nitrates issues de leurs élevages immondes, inondent les plages bretonnes d’algues vertes putrides, dangereuses, degueulasses, non seulement portent la responsabilité sur les communes, refusent de participer au nettoyage mais en plus pratiquent une politique barbare digne de la pire des dictatures sur les personnes qui essaient d’informer la population et osent demander que les choses changent.

Inès Léraud est journaliste. On peut entendre ses reportages dans Les pieds sur terre sur France culture et elle a réalisé un livre dessiné sur les algues vertes en Bretagne. A lire de toute urgence.

Toute cette frange de politiciens corrompus qui s’agitent au secours des industriels me révolte, me met tellement en colère, ça suffit, ce n’est plus acceptable ces méthodes.

On ne dézingue pas quelqu’un qui cherche à s’informer simplement parce qu’il dérange les intérêts de certains, on ne détruit pas quelqu’un qui produit une étude sérieuse à coups de procès en diffamation destructeurs uniquement parce qu’il s’approche de la vérité. C’est inacceptable. Si une activité pollue, on la modifie, on ne tue pas ceux qui la dénoncent.

Sinon, on prendra les armes nous aussi et on tuera les chefs d’entreprise.

Avant ça, merci de signer la pétition de soutient à cette valeureuse journaliste :

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/dynfendonslalibertyndinformersurles-3791html#signsans

RESUME DE L’ENQUETE :
Depuis la fin des années 1980, au moins quarante animaux et trois hommes se sont aventurés sur une plage bretonne, ont foulé l’estran et y ont trouvé la mort.

L’identité du tueur en série est un secret de polichinelle. Son odeur d’œuf pourri le trahit. L’hydrogène sulfuré (H2S) émanant des algues vertes arrive en tête de la liste des suspects. De nombreux citoyennes et citoyens ont lancé l’alerte à de multiples reprises, sans réussir à empêcher la répétition des accidents. Thierry Morfoisse est ainsi décédé en 2009, après avoir charrié une benne d’algues en décomposition de trop. C’est seulement en juin 2018, neuf ans après son décès, que sa mort a été reconnue en accident de travail.

Les algues maudites sont le symptôme d’un mal profond qui prend ses racines dans les lois de modernisation agricole des années soixante, leur fumet méphitique s’immisce dans une nébuleuse d’intérêts et de lâchetés mêlant gros bonnets de l’agro-industrie, scientifiques à la déontologie suspecte, politiques craignant pour l’emploi ou leur réputation touristique.

C’est ce que révèle l’enquête choc de la journaliste Inès Léraud et du dessinateur Pierre Van Hove.

Des échantillons qui disparaissent dans les laboratoires, des corps enterrés avant d’être autopsiés, des jeux d’influence, des pressions et un silence de plomb. L’intrigue a pour décor le littoral breton et elle se joue depuis des dizaines d’années. Inès Léraud et Pierre van Hove proposent une enquête sans précédent, faisant intervenir lanceurs d’alerte, scientifiques, agriculteurs et politiques.

Qu’est-ce que vous allez faire de votre dernière semaine de confinement? – 5

Jeudi 7 mai, la campagne est magnifique, explose de 50 000 nuances de verts, on se prépare au dernier week-end prolongé confiné « —Tu te rends compte, ça fait 8 semaines qu’on est confiné, me dit ma fille de presque 17 ans ! Tu m’aurais dit ça au début, j’aurais serré ! »

Hier, j’ai repris pour la première fois ma voiture depuis presque 3 semaines, je suis allé en ville pour la première fois depuis… je ne sais pas. Possiblement 8 semaines !

Moi qui suis bien chez moi, j’ai énormément apprécié cette sortie.

Heureux de sortir, heureux de rentrer, après être allé voir chacun de mes petits coins préférés, un petit bout de forêt rempli de rossignols et de huppes fasciées, une petite route, un calvaire, quelques pas dans une abbaye fraîche et hors du temps, des arbres encore.

Moi qui raillais les naïfs qui croyaient en la date du 11 mai, me voilà comme eux, souhaitant vivement que ça s’arrête, tout en regrettant déjà ces moments au calme, loin du monde et de ses turpitudes, loin des tâches quotidiennes qui s’empilent sans fin.

Comment sera votre jour d’après ?

Pour moi, je me dis, en rédigeant ces lignes, que je devrais me rappeler ces matinées à la maison, écrivant, travaillant avec les enfants.

Ne pas céder aux sirènes de l’extérieur. Lutter contre « faire à tout prix ». Prioriser mes activités. Continuer à me réjouir de me réveiller en me délectant à l’avance de ce que je vais écrire aujourd’hui, mon blog, NOIR, mes autres histoires. Prendre aussi tout ce qui m’éloigne – temporairement – de mes histoires avec bienveillance et patience.

Le jour d’après, c’est aussi la reprise de mon activité professionnelle, après presque 13 mois de pause. C’est comme un deuxième déconfinement.

Sortir de mes deux bulles ultra-protectrices en même temps….

On va dire que je suis comme une chenille dans sa double chrysalide pour utiliser une métaphore printanière ! On va voir ce qui en sort.

Je suis plutôt confiant, serein, tranquille. On pourrait même dire content de tout ça. De tout ce que j’ai mis en place pendant cette pause salvatrice. Réduire mon temps de travail au lieu de l’arrêter complètement. Maintenir une autonomie financière. Garder un statut social qui me protège des questions malveillantes et des doutes exprimés par l’extérieur.

Me voilà bigrement optimiste !

Le tilleul remue doucement et me souffle d’être confiant.

Est-ce que vous écoutez les arbres quand ils vous parlent ? Par le murmure du vent dans leur feuillage. Non ? Vous me prenez pour un fou ?

Détrompez-vous.

Les arbres parlent à nos âmes. Le murmure des feuilles et des branches, le souffle du vent, les odeurs de terre et de forêt s’adressent à nos sens. Message de plénitude apaisante, rassurante, enveloppante comme une maman, d’espoir et de joie.

Essayez, vous verrez.

Les arbres sont simples. Pas de messages alambiqués. Pas de grandes phrases. Un chuchotement de bienveillance sécurisante, réconfortante, réparatrice.

C’est tout.

Et très revigorant pour ceux qui prennent la peine de s’arrêter deux secondes de fermer les yeux, d’écouter, puis de les ouvrir et de voir le soleil à travers les feuilles qui ondulent, mille éclats de jaune et de vert.

Écoutez et vous verrez.

Chiche !

Pourtant, un tracteur qui pulvérise ses poisons chimiques me ramène sur notre pauvre terre qu’on s’acharne à détruire : pourquoi traite-il comme ça ? Il n’a rien compris ? Il est trop con ? Non, c’est trop simple. Il a la pression de sa banque ? De son fournisseur ? De la chambre d’Agriculture ?

Je me dis qu’un agriculteur doit aimer la terre s’il a choisi ce métier. Alors pourquoi il s’entête à la détruire ? La polluer ? La salir ? La tuer ?

Le monde reste une menace sourde. Un monde où l’on a perdu la notion de maladie et de mort. Un monde de déni où chacun poste sur les réseaux les meilleurs moments de sa vie, moments choisis. Comme si les autres n’existaient pas. C’est de la pensée positive poussée à l’extrême.

Moi je m’aperçois — au moment du déconfinement qui approche —, que je suis bien à la maison avec les enfants — même si ça clash. Que je suis bien chez moi, protégé du monde, à écrire, et me balader.

Mon épouse me raconte que les enfants qui souffrent d’anxiété sociale — pas de phobie sociale, c’est différent — n’ont jamais été aussi bien que pendant cette période de confinement.

Le confinement apaise l’anxiété sociale.

« Le Trouble Anxiété Social (TAS) se caractérise par une peur excessive
d’une ou de plusieurs situations sociales. Les situations redoutées sont

soit des situations d’interaction sociale : être en public, manger en public, être en désaccord avec quelqu’un, parler à une personne incarnant l’autorité…

soit des situations de performance : faire un discours, entretien d’embauche, parler en public…

Les interactions formelles sont plus angoissantes que les situations informelles.
La personne craint d’être l’objet de l’attention des autres, d’être évaluée et mal jugée. Elle a également peur que son malaise se remarque (par exemple lors de rougissements) et fasse l’objet de moqueries. »

Anxiété sociale avec son corollaire : image de soi, ce que pensent les autres de moi. Est-ce ça qui m’a empêché de dire à la technicienne hier de ne décapuchonner son aiguille au dernier moment ? La crainte d’être pris pour un emmerdeur, un râleur ? Et au contraire de passer pour un mec cool, sympa.

Bon.

Je ne suis pas encore en Réa pour une septicémie généralisée, tout va bien.

OK.

Un qui parle un peu plus fort, c’est Nicolas Hulot. Je ne sais pas trop quoi penser de lui ni de sa fondation soutenue par AREVA, TOTAL, EDF et RHÔNE POULLENC — extrêmement, louche pour un écolo.

Je ne sais pas quoi penser de lui, mais à chaque fois que je l’entends parler, j’ai envie de croire en lui. J’aime sa manière de parler, sa manière de voir les choses.

Je l’ai entendu quelques minutes sur France Inter hier matin ( en allant faire ma prise de sang !). Il se faisait dézinguer par les auditeurs.

—               Vous nous donnez beaucoup de leçons, vous tirez à boulets rouges sur tout, mais je vous rappelle que vous étiez aux manettes il y a 2 ans. C’est quand vous y étiez qu’il fallait parler, maintenant, taisez-vous. Vous êtes un démissionnaire !

—               Votre intervention me blesse, mais laissez-moi vous répondre. Je vais être obligé de vous expliquer ce qui s’est réellement passé. J’ai compris que ça allait être difficile alors j’ai écrit noir sur blanc les 10 propositions sur lesquelles je voulais des engagements. Je n’ai pas obtenu satisfaction. J’ai donc démissionné dès le lendemain. Pour moi, rester 24h de plus, c’était avouer que je coopérais, c’était accepter la responsabilité que rien ne se passe.

Bien répondu.

—               Ne pensez-vous pas qu’il est temps de supprimer les contraintes environnementales qui sont des boulets à la reprise de l’activité des entreprises ? Par exemple, supprimer les taxes malus sur les automobiles, pour soutenir l’achat de voiture.

J’entends : « supprimer le malus pour qu’enfin je puisse me payer un 4×4 »

Il y a donc encore des gens en 2020 pour penser qu’il faut tout abandonner pour relancer la machine à fond… j’en suis stupéfait.

—               Non, pas du tout, bien au contraire. Lâcher la bride sur l’environnement, c’est faire l’inverse du bon sens. Il faut dès à présent investir massivement sur les économies d’énergies, sur les énergies renouvelables, sur l’autonomie énergétique et voir grand, pour quoi un avion Airbus à batterie électrique !

Il est bon, il répond bien.

Mais si ces deux réactions – et Nicolas Demorand insiste à plusieurs reprises sur le nombre impressionnant de réactions de ce type au standard — sont si présentes dans les esprits du public, le chemin est encore long à parcourir, hein Nicolas ?

Bon. Merci d’être là et de poursuivre le combat.

Ce matin dans le monde, tes 100 propositions pour « un monde nouveau », le temps est venu, ensemble, de poser les premières pierres d’un monde nouveau.

1. Le temps est venu, ensemble, de poser les premières pierres d’un Nouveau Monde.

2. Le temps est venu detranscender la peur en espoir.

3. Le temps est venu pour une nouvelle façon de penser.

4. Le temps est venu de la lucidité.

5. Le temps est venu de dresser un horizon commun.

6 . Le temps est venu de ne plus sacrifier le futur au présent.

7. Le temps est venu de résister à la fatalité.

8. Le temps est venu de ne plus laisser l’avenir décider à notre place.

9. Le temps est venu de ne plus se mentir.

10. Le temps est venu de réanimer notre humanité.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/06/les-100-principes-de-nicolas-hulot-pour-un-nouveau-monde_6038802_3232.html

Et hier, dans Le Monde également, toujours Nicolas Hulot :

« Le monde d’après sera radicalement différent de celui d’aujourd’hui, et il le sera de gré ou de force »

« Cette crise sanitaire, qui trouve ses racines dans des perturbations d’écosystème, n’est que l’avatar d’une crise beaucoup plus profonde, qui met en relief nos failles, nos excès, nos vulnérabilités. Le Covid-19 met à nu les affres de la mondialisation et les limites d’un modèle. Tout est lié : crise économique, écologique, sociale. »

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/05/06/nicolas-hulot-le-monde-d-apres-sera-radicalement-different-de-celui-d-aujourd-hui-et-il-le-sera-de-gre-ou-de-force_6038803_3244.html

Bises, No pasaram

Chut, Papa fait de la politique ! -3

29 avril, J-13, le déconfinement aura bien lieu, sauf s’il est prolongé, il n’y a que les imprudents pour devancer l’appel, attention en Avril, ne te découvre pas d’un fil !

Trêve de plaisanterie.

Franchement, Édouard Philippe a été bien.

1 heure de discours clair, précis, reprenant tous les points, s’appuyant implicitement sur le texte du Conseil scientifique.

S’agissant de ROBERT — l’application STOPCOVID made in France —, il a sagement reporté le débat, avouant lui-même qu’il ne savait rien de cette application.

Bravo ! Et merci !

Le Monde de ce matin :

Déconfinement : contraint par le choix présidentiel du 11 mai, le gouvernement a choisi d’écouter les avertissements du conseil scientifique

Le Premier ministre a averti, mardi, qu’il allait falloir « vivre avec le virus » et souligné « le risque d’une seconde vague ».

Edouard Philippe a tenu un discours pragmatique. « Nous allons devoir vivre avec le virus, a-t-il admis, dès lors qu’aucun vaccin n’est disponible à court terme, qu’aucun traitement n’a, à ce jour, démontré son efficacité, et que nous sommes loin d’avoir atteint la fameuse immunité de groupe. »

Sa stratégie cadre de très près avec celle du conseil scientifique – finalisée le 20 avril – dont il a aussi relayé les inquiétudes. « Si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai, ou nous le ferons plus strictement », a-t-il mis en garde, en indiquant que la décision finale serait prise le 7 mai, sur la base d’indicateurs épidémiologiques.

Roselyne BACHELOT, sur le plateau de TF1, applaudit.

Question : que fait Roselyne Bachelot ici ? Et bien figurez-vous que l’ancienne ministre de la Santé de Nicolas Sarkozy est devenue la personnalité politique la plus populaire en France actuellement. Pourquoi ? En raison de sa gestion de la crise ‘grippe H1N1’. Vous vous rappelez de sa politique très engagée — et extrêmement critiquée, raillée, moquée — dans la constitution de stocks de vaccins (dont les ¾ nous étaient resté sur les bras ) et de masques (1.4 milliard). Mais elle a été prudente. Et ce qui lui a été reproché, soudain, devant l’impréparation criminelle de ses successeurs, la porte aux nues. Juste retour des choses ? On verra bien.

Et où en en est de l’épidémie :

  • Dans le monde, plus de trois millions de personnes ont été diagnostiquées comme malades du Covid-19 et plus de 215 000 en sont mortes malgré le confinement de plus de la moitié des habitants de la planète.
  • Pays le plus touché, les Etats-Unis comptent plus d’un million de cas. Encore plus marquant, 58 365 personnes ont désormais succombé à la maladie, soit plus que les militaires américains tombés lors du conflit du Vietnam entre 1955 et 1975.

On entend un peu parler de l’Afrique, mais pas trop. Et dur d’avoir des infos sur les pays en guerre au Moyen-Orient.

Dur d’entendre parler d’autre chose que du covid, d’ailleurs.

On entend un peu parler de l’après confinement, les plus optimistes pensent qu’on aura compris que quelque chose qui nous dépasse se produit. Les autres font l’autruche. Rien de nouveau.

Vous connaissez scratch ?

Un programme éducatif pour apprendre aux enfants à coder.

Initiation avec mon fils de 13 ans, travail en Techno. Techno que — vous vous l’imaginez bien, vous le connaissez maintenant aussi bien que moi — il adore.

On a commencé tous les deux — je l’ai forcé à s’assoir près de moi et nous avons commencé.

Totalement blasé, mon fils se lève au bout de deux niveaux. Et moi, grand gamin et grand geek, je suis resté ‘scratché’. Même mon fils de 15 ans – qui a passé des heures à programmer en scratch – est venu bidouiller avec moi.

—               Tu vas voir, on peut faire plein de trucs avec ça.

Et nous sommes tous restés bloqués au niveau 10 du labyrinthe. 9 blocs pour amener ce fichu cosmonaute pisser au fin fond de la station orbitale ESS-20.

J’y ai même réfléchi cette nuit. Mais rien. Nada.

https://blockly.games/maze?lang=fr&level=10&skin=1

Vous avez réussi ?

Ben mon gars, va falloir te retenir, parce qu’on n’y arrive pas. J’y ai passé un certain temps, pendant que mes ados sont partis à vélo se baigner dans la rivière d’à côté. L’eau y est au moins à 10 degrés, il fait un temps pourri. Mais vaille que vaille !

—               On pédale, on se baigne !

Devise de ma fille de presque 17 ans.

En avril, ne te découvre pas d’un fil…

—               Allô ?

Le téléphone sonne.

C’est la surveillante du collège qui s’inquiète de n’avoir aucune nouvelle de mes fils.

Et qui fait le tour des parents d’enfants muets en prévision d’une réunion d’établissement.

Je lui explique la situation : mon fils de 15 ans est en autonomie, ce qui explique certainement les ‘’non rendus’’ et mon fils de 13 ans fait tout son travail à l’oral avec moi. Je me porte garant de son travail. Mais nous ne rendons rien.

OK.

Et vous, tout va bien ?

N’hésitez pas à me raconter vos anecdotes amusantes !

Bonne journée.

– Chut, Papa fait de la politique!

 28 Avril, J-14 avant le 11 mai, jour de présentation du projet de loi de déconfinement du gouvernement qui sera voté sans discussion, bienvenue dans un monde meilleur, ou STOPCIVD pourrait s’appeler ROBERT — ça ne s’invente pas ! — « Robert, dégage, tu vas pas m’la faire à l’envers ! », il n’y a que les geek qui vont s’éclater à installer la nouvelle appli sur leur smartphone.

15h, l’heure où nous risquons le grand basculement dans la science fiction.

L’heure où tout est encore possible.

Quelques réflexions issue des médias de ce matin :

Tout d’abord ce message adressé par le site de France Inter ce matin sur mon smartphone :

« 62% des Français disent ne pas faire confiance au gouvernement pour réussir le déconfinement, selon le baromètre mensuel Odoxa-CGI pour France Inter, la Presse régionale et l’Express. Édouard Philippe doit présenter mardi après-midi son plan pour « l’après 11 mai ».

Emmanuel Macron et Edouard Philippe en réunion avec le ministre de la Santé Olivier Veran, le 24 avril à l’Élysée. © AFP / Ludovic Marin

C’est le discours de la semaine, sans doute aussi le discours du quinquennat pour Édouard Philippe. Mardi, le Premier ministre doit présenter le plan pour la fin progressive du confinement, à partir du 11 mai. Il présentera sa feuille de route à 15 heures devant les députés, à l’Assemblée nationale. Comment les Français vont-ils recevoir les mesures prises par l’exécutif ? C’est la grande inconnue.  

En revanche, une certitude, Édouard Philippe devra convaincre. Car pour l’instant, 62 % des Français disent ne pas faire confiance au gouvernement pour réussir ce déconfinement, selon le baromètre mensuel Odoxa-CGI pour France Inter, la Presse régionale et l’Express. »

62% qui n’ont pas confiance, ça fait beaucoup.

L’affaire des mensonges autour du manque de masques y a compté pour beaucoup.

Vous leur faites confiance ?

Moi non.

J’observe, je reste vigilant.

On ne sera pas informé des raisons réelles qui ont pointé le 11 mai comme la date du début d’un éventuel déconfinement.

—                    Il faut bien se déconfiner un jour !

Oui, bien entendu. Mais pourquoi contre l’avis du Conseil scientifique qui ne pense pas que toutes les mesures nécessaires — repos des soignants, libération des lits de réanimation, reconstitutions des stocks de protection, médicaments —  puissent être mises en place avant mi-mai. Pourquoi pas alors le 18 mai ?

On n’est plus à une semaine près.

—                    Parce que c’est moi qui commande, merde !

OK.

J’observe.

France Inter hier soir, Boris Cyrulnik :

L’après confinement selon Boris Cyrulnik : « on aura le choix entre vivre mieux ou subir une dictature »

« On a oublié qu’on appartenait au monde vivant : on partage la planète avec les animaux. Si on enferme les animaux, si on fait de la surpopulation dans les élevages, on crée les conditions de fabrication de virus. Ensuite les avions et les autres moyens de transport font le reste. Bref, si on massacre le monde vivant, on partira avec lui. »

Dans le monde d’après, on aura le choix entre vivre mieux ou subir une dictature  – qu’elle soit politique, religieuse, financière ou liée à l’hyper-consommation. 

L’après catastrophe peut être bénéfique. Au Moyen-Âge, des commerçants ont apporté le bacille de la peste. En deux ans, il a tué un Européen sur deux. Avant 1348, les aristocrates qui possédaient des terres vendaient ou achetaient des serfs.  Après l’épidémie, en raison de la pénurie de main d’œuvre, ils ont dû mieux traiter les paysans et le servage a disparu en deux ans.

Mais l’après catastrophe peut aussi avoir des effets maléfiques. Parce que l’Allemagne avait été humiliée en 1918 par le traité de Versailles, les Allemands ne pouvaient pas se reconstruire. Est arrivé un pseudo sauveur… Et en 1933, il a été élu, ce qui a provoqué une catastrophe mondiale.

Là, on aura le choix de vivre solidairement, d’une autre manière : en redonnant la parole à beaucoup de ceux que l’on redécouvre maintenant, les aides-soignantes, les infirmières, les facteurs, les éboueurs. 

Si on ne le fait pas, il y aura des candidats dictateurs. »

Voilà qui donne le moral, un peu d’espoir mais avec une pression de dingue !

Les dictateurs de tout poil se mettent en rang de marche partout sur la planète — Hongrie, Turquie, Chine — les régime se durcissent à l’extrême — USA, Israël, Brésil, Pologne, et ça fout les jetons, je vous assure.

J’espère encore que notre président va se montrer digne de l’esprit républicain français.

Toujours sur France Inter, Thomas PICKETTY :

« Oui, il faut rétablir l’Impôt sur la fortune. » Pour se relever de la crise économique, Thomas Piketty estime qu’il faut surtout « que les revenus de ceux qui vont consommer ne s’effondrent pas ». « Je ne vois pas les Français comprendre qu’on finance des cadeaux fiscaux qui dépassent cinq milliards d’euros par an, les maintenir alors qu’on dit qu’il faut réinvestir dans les services publics, ça me paraît incompréhensible », a-t-il estimé, invité lundi matin de France Inter. « L’économie ne fonctionne pas avec des super milliardaires mais avec des petits, de petites entreprises. On parle de personnes à qui on a fait payer toujours plus de TVA, de CSG. Il faut rétablir l’ISF, avec un rendement beaucoup plus important, qui pourrait rapporter 10 milliards par an. »

« Oui, il faut taxer les hauts patrimoines privés. » Si la crise sanitaire est inédite, l’Histoire peut nous éclairer sur le plan économique juge Thomas Piketty. « Il y a beaucoup de leçons historiques. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a différentes façons de s’en sortir. Après la Seconde guerre mondiale, de nombreux pays notamment l’Allemagne et le Japon, ont mis en place des systèmes d’imposition sur les plus hauts patrimoines privés, jusqu’à 80-90% de ponction. Ça a pu réduire très vite l’endettement public, qui était encore plus élevé que ce qu’on l’est aujourd’hui. (…) Il ne faut pas faire exactement la même chose mais reprendre ces leçons de l’histoire », a estimé l’économiste.

Dans ce contexte, comment imaginer que des millions que le gouvernement va regarder se noyer des millions de petites entreprises tandis qu’on renfloue à coup de milliards les entreprises du secteur aériens et automobiles.

Réponse dans quelques heures…

bas les masques – 1

26 avril, J-15 avant le 11 mai, mais attention, tout se joue au parlement mardi 28 avril, il n’y a que les macronavirus (1) qui militent encore pour l’ouverture des écoles le 11 mai

(1) Banderole qui a valu 24 heures de garde à vue à la personne qui a accroché ce mot à son balcon à Toulouse, ce qui montre que là-haut, ils perdent leur sens de l’humour…

Ce matin, un coup de cœur et un coup de gueule.

Je vous laisse le soin de retrouver l’un et l’autre.

Maïa est en troisième année de médecine. Quand la pandémie de Covid-19 atteint la France, elle répond à l’appel du doyen de sa faculté et va prêter main-forte à l’hôpital. Elle se retrouve à faire les gardes de nuit en tant qu’aide-soignante, une expérience riche et difficile qui va changer sa vie. Je remercie Pablo, Adèle et Ymai, étudiants en médecine, qui m’ont inspiré ce récit. Fiamma Luzzati

Un médecin — le Dr Jérôme MARTY — fustige le directeur de la santé, Jérôme SALOMON, et ça vaut le coup d’œil !

Le Docteur Marty dénonce «les mensonges» de Jérôme Salomon.Extrait de l'émission «Punchline» diffusée sur CNews le 23/04/20Voir d'autres vidéos de CNews : https://www.cnews.fr/replayCrédit vidéo : CNews

Gepostet von La vraie démocratie am Freitag, 24. April 2020

T’inquiète frérot, je gère !

25 avril, J-16 avant le 11 mai, ça s’agite, ça cogite, ça rejoue la scène — Bashung — ! Il n’y a que les collégiens qui continuent à douter de la reprise prochaine des cours.

Ce matin, dans notre engagement pour garder la maison rangée et vivable, je me décide à intervenir sur le lave-vaisselle qui affiche inlassablement F78 — erreur de pompe ou de moteur. Après avoir nettoyé le filtre, bidouillé les bras de lavage et après avoir constaté que le problème était plus profond, après avoir téléphoné au magasin où nous l’avons acheté — un petit magasin local afin de pouvoir compter sur eux pour nous dépanner — et avoir compris qu’un morceau de verre bloque probablement la pompe, que ce n’était pas sous garantie et que je pouvais donc m’en donner à cœur joie, après avoir regardé des tutos sur YT où démonter la pompe et le moteur se fait les doigts dans le nez, je me décide à opérer l’engin.

Première énigme : la pompe est-elle sur le côté ou en dessous de l’appareil ?

Je couche la bête sur le côté, elle se laisse faire gentiment.

Je repère deux vis. Et merde, ce sont des vis en étoiles à 6 branches.

Pour une fois, j’avais réuni à l’avance tous les outils, tourne-vis de différentes tailles, pinces, scie, perceuse, rouleau de corde, pince à épiler pour le fragment de verre, flacon stérile pour l’envoyer au labo d’anapath et pour relever les empreintes, une serpillère, une gourde, une couverture de survie, des bottes et une boussole.

Je n’ai pas de tourne vis en étoile.

La visseuse électrique !

Je redescends au garage, je la trouve et … ça marche.

J’ouvre la plaque sous mon pauvre lave-vaisselle, et je constate que — bien entendu —, ça ne correspond pas du tout aux promesses des tutos. Je repère vaguement la pompe et le moteur. Mais là où la pompe se déclipse d’un quart de tour sur YT, ici, elle est fixe. Et là où on dégage le moteur en tirant dessus, chez moi, il est attaché solidement à de nombreux éléments non identifiés.

Bon.

Je referme, penaud et déçu.

J’ai bien cru que j’allais épater mon épouse.

Eh bien non.

J’attendrais mardi, le jour où le réparateur travaille.

Je me promets de l’observer attentivement.

Et de me débrouiller seul la prochaine fois.

En attendant, quoi de neuf en ce samedi 25 avril ?

La classe virtuelle de mon fils de 15 ans d’hier matin ?

Il était à l’heure, a suivi sans trop de motivation les explications du prof de français qui a courageusement exposé les enjeux d’Antigone, la pièce de théâtre de Jean Anouilh. Le prof avait préparé des slides, des photos du livre, des réflexions, des notes.

La moitié de l’effectif seulement était présent.

Ce qui a un peu désespéré le prof.

—               Qui veut lire le prologue ?

Personne.

Je demande :

—               C’est quoi ton pseudo ?

—               Excecule HIP.

—               Pourquoi tu ne mets pas ton prénom ?

—               C’est plus marrant.

—               Mais comment tu veux que ton prof sache que tu as participé ?

—               On en fiche !

—               Mais pas du tout, l’assiduité va compter pour le brevet. Donc si tu ne donnes pas ton nom, le prof ne saura pas que tu es là. Et il te notera absent. C’est dommage, tu fais l’effort d’assister à la classe virtuelle, mais pour rien !

—               Ah ouais.

Son téléphone ne fait qu’annoncer des notifications de je ne sais quelle application — probablement snap.

—               Tu veux que je prenne ton téléphone pour t’aider à te concentrer ?

—               Ah non, je suis en lien avec toute ma classe.

—               Tu sais que tu es comme au collège, sans téléphone, attentif.

—               Mais tu sais bien qu’on bavarde en classe ! dit mon fils de 13 ans qui joue à la PS4 dans son coin.

—               Tu devrais en profiter pour travailler, toi aussi, au lieu de jouer ! je lui réponds.

—               Ah non, c’est mort, je ne travaille pas le matin.

Le prof pose des questions.

—               Tu n’essaies pas de répondre ?

—               Je n’ai pas de micro.

Ça règle les problèmes.

Et comme il bricole je ne sais quoi, j’interviens encore :

—               Écoute ce que dit le prof, profites-en !

—               Tu fais que râler ! Comment tu veux que j’aie envie de me concentrer si tu fais que me reprocher des trucs !

Il a raison.

Je descends.

Ma fille de CP m’attend pour faire sa page d’écriture. « oi ».

—               Tu me dictes les syllabes ?

J’entends la voix du prof de français, tout a l’air de bien se passer.

—               « poi », « loi », « doi »

Je remonte voir là-haut.

Mon fils est sur son téléphone.

—               Donne-moi ton téléphone !

—               Mais laisse-moi tranquille ! Dès que tu montes, c’est pour m’engueuler !

Je redescends.

—               Papa, reste avec moi ! me demande ma fille de CP.

—               Tu es grande, tu peux très bien avancer seule.

—               Non, je veux que tu restes là.

Alors je sors mes aquarelles et je peins à côté d’elle.

Je suis dispo si elle a besoin, je suis près d’elle, mais elle travaille tout de même en autonomie. Elle avance bien.

Et mon fils descend pour m’informer que la classe virtuelle est terminée.

—               Ça s’est bien passé ?

—               Ça va.

—               Tu as appris des choses intéressantes ?

—               Bof.

—               Antigone te passionne, maintenant ?

—               Non.

Sourire.

Je pense au prof qui se casse la tête pour faire découvrir des notions nouvelles à ses élèves.

Et les mêmes élèves qui n’en ont rein à battre.

Dur.

D’où vient ce manque d’ouverture ?

Ils n’ont aucun effort à faire, le prof leur sert le repas tout fait.

Mais même pas ils écoutent…

Et mon fils de 13 ans ? Sa SVT à finir ? Ses maths et son français ?

—               Pas tout de suite.

—               Quand ?

—               Plus tard.

Je sais, c’est pas bien, c’est pas comme ça qu’il faut faire, ce n’est pas à eux de décider.

Au déjeuner, mon fils de 15 ans me dit :

—               Demain, tu me réveilles à 10 heures ?

—               OK.

—               J’aime bien avoir la matinée pour faire les devoirs et être libre l’après-midi.

—               Génial ! je m’écrie ? Tu as tout à fait raison. Le matin, on est mieux. C’est motivant de savoir qu’on est tranquille tout le reste de la journée.

Après le déjeuner, mon fils de 13 ans vient s’assoir à côté de moi.

Et on fait les maths : la médiane d’une série. Vous vous en rappelez, vous ?

« On classe les valeurs de la série statistique dans l’ordre croissant : si le nombre de valeurs est impair, la médiane est la valeur du milieu. S’il est pair, la médiane est la demi-somme des deux valeurs du milieu. »

Et on enchaîne sur le français. Les préfixes et les suffixes. « Importer, reporter, reportage… », « apprendre, reprendre, apprentissage … »

—               Tu n’écris rien ?

—               Non, je le fais à l’oral.

Au fond de moi, je décide de laisser faire.

Il travaille, c’est le principal.

J’enverrai un message aux profs pour leur dit que Titouan travaille.

Mais qu’on ne rend rien.

C’est notre accord tacite.

—               Et voilà !

—               Je te félicite.

Il s’étire et me regarde.

—               Tu connais pas ça, mais j’adore cette impression d’avoir fini mes devoirs !

—               Tu me fais marrer !

Bon, ce matin, pris dans un truc, je n’ai pas pensé à réveiller mon fils.

—               Tu as oublié de me réveiller ? Pour une fois où je suis motivé ? Tu es sérieux ?

—               Tu peux mettre un réveil !

Mais il attaque ses devoirs, déterminé.

—               Tu as quoi à faire ?

—               Un exposé à présenter en 3 minutes.

—               Génial.

—               Génial ?

Il me regarde comme un extra-terrestre.

Quand il redescend, je lui demande :

—               Alors, cet exposé ?

—               C’est fait.

—               Tu as choisi quoi ?

—               Le Camp des Milles.

—               Tu veux nous présenter ton exposé ?

—               Non.

—               Tu nous expliques en 2 mots ?

—               C’est le camp de concentration d’Aix-en-Provence où ont été déportées 100 000 personnes.

C’est le camp qu’ils ont été voir en sortie scolaire dans les lointains moments où nous n’étions pas confinés. Sortie qui l’a beaucoup intéressé.

16h.

Qu’est-ce qu’ils font mes garçons ?

Mon fils de 15 ans fait son fameux dégradé américain à mon fils de 13 ans !

Ils s’engueulent :

—               Mais tu me fais mal !

—               Fais-moi confiance !

—               Mais ce n’est pas comme ça qu’il faut faire !

—               Eh frérot, fais-moi confiance.

—               Mais tu tiens la tondeuse à l’envers !

—               Ta gueule, tu me prends pour un blaireau ?

Mon épouse, qui se marre, lance alors :

—               Comme ça tu t’entraînes à coiffer des clients pénibles !

Mon fils de 13 se regarde dans le miroir :

—               Mais c’est pas droit !

—               C’est dur, qu’est-ce que tu crois !

Mon épouse lance :

—               Faut bien qu’il s’entraine !

—               Mais pas sur moi !

—               Sur qui alors ?

On rigole.

—               Tu comprends pourquoi les vidéos ça ne suffit pas !

—               Il va être haut ton dégradé !

—               Oh non !

—               Tu vois à quoi ça sert les études de coiffeurs ?

—               T’inquiète frérot, je gère !

Qui va oser ?

24 avril, J-17 avant le 11 mai, ça approche, il n’y a que les têtes en l’air pour ne pas voir ce qui se prépare.

Les défis de la matinée :

1/ lever mon fils de 15 ans à 9h30 pour une classe virtuelle de français à 10 heures. Thème : le 5è chapitre d’Antigone que mon fils n’a pas lu.

2/lever ma fille de CP, déjeuner, école à la maison de 10h à 11h.

3/j’ai un rendez-vous téléphonique à 11h.

4/appeler le réparateur de lave-vaisselle, ce bon lave-vaisselle, pièce maitresse de la maison, sans qui rien n’est plus possible et qui répète à longueur de temps F78, ce qui veut dire — d’après internet — problème de pompe. Ils parlent de coucher l’engin sur le côté et de l’ouvrir. Autant je me sens de faire l’exploration d’une plaie en couchant une personne sur le côté, autant je ne me sens pas d’opérer mon lave-vaisselle, comme ça, dans la cuisine, au milieu d’une flaque d’eau et d’assiettes sales des restes de spaghettis bolognaise.

5/convaincre mon fils de 13 ans de finir son SVT d’hier sur le débit cardiaque et le débit sanguin. Un diagramme de l’évolution du débit sanguin entre le repos et l’effort selon les organes. Débit qui baisse dans le tube digestif et les reins, qui reste constant dans le cerveau — Ouf ! mais peut-être pas chez tout le monde ! —, qui augment au niveau de la peau — Tu sais pourquoi ? — Pour la transpiration. — Exact ! —, qui explose dans les muscles grâce à l’ouverture des capillaires sanguins et qui est maximal au niveau du poumon. Travail qu’il m’avait promis de terminer avant le dîner d’hier, mais qu’il n’a pas pu finir, car l’ordinateur n’avait plus de batterie… — Et quand ta manette n’a plus de batterie ? — Ben quoi, c’est pas pareil…

6/convaincre mon fils de 13 ans de faire son travail d’aujourd’hui, espagnol, français, maths.

— L’espagnol, jamais de la vie. — Alors français et maths. — On verra, il faut déjà que je finisse mon SVT. — Il y a aussi la techno que tu n’as as faite. — La techno, c’est mort, ça sert à rien. — Français et maths.

En lui présentant espagnol, français et math, je sais qu’il va éliminer espagnol et qu’il fera — peut-être — français et maths. Si je lui annonce que le programme d’aujourd’hui est français et maths, sachant qu’il ne fera pas espagnol, il éliminera soit le français, soit les maths ? C’est comme quand on négocie une bagnole…

7/ réveiller mon fils de 15 ans à 9h30

Vous avez vu le merdier qui s’annonce pour la reprise de l’école ? Qui va oser mettre ses enfants à l’école le 11 mai ? Vous ? Moi ?

Quel maire va oser prendre le risque d’ouvrir les écoles ?

Quel préfet va oser donner le feu vert au maire pour ouvrir les écoles ?

Qui va être volontaire ?

Mon épouse a lu dans Le Monde ce matin qu’ils envisageaient de tester les enseignants avant les cours pour être certains qu’ils ne sont pas covid+.

On va tester les enfants aussi ?

Et comment on gère l’attente des résultats ?

Et qui va enfoncer l’écouvillon nasal de 5 cm dans le nez des enfants, déclenchant immédiatement saignements de nez, cris, pleurs et scènes de panique ?

8/ réveiller mon fils de 15 ans à 9h30.

D’ailleurs, c’est l’heure.

Le plus beau des cadeaux !

23 avril

J-18 avant le 11 mai, ça commence à s’agiter dans les chaumières, on voit bien que le nombre de Français atteints par le Covid baisse, que le déconfinement s’organise dans certains pays autour de nous, on voit bien que rien ne sera jamais plus pareil, mais que la pagaille guette, que les blagues fusent sur les réseaux, et qu’au final, ce que le Roi veut, le Roi, a !

En attendant, l’école à la maison se poursuit.

Pour ma fille de CP, relâche hier, anniversaire oblige.

Mais un rendez-vous est tout de même prévu avec sa maîtresse en visio-conférence.

Et là, ERRATUM : la maîtresse a bien donné du travail pour le mardi 21 avril, mais je ne l’ai pas vu, n’étant pas allé spontanément sur le blog qu’elle a mis en ligne spécialement.

À 13h30, la maîtresse est présente, avec deux autres de ses petits camarades.

Ma fille est prête et tient un livre posé devant elle. Elle a gardé son pyjama ! Le rêve, l’école en pyjama !

C’est trop mignon.

Elle est impressionnée de retrouver sa maîtresse, mais très vite, elle est à l’aise. Elle adore sa maîtresse. Mais elle est un peu gênée parce que — occupé à suivre Christine et Mathias sur France4 —, on a un peu beaucoup zappé le travail qu’elle nos avait laissé.

—               Est-ce que vous allez bien ? Je suis très heureuse de vous voir ! Les parents, vous pouvez laisser vos enfants, je m’en charge !

Ok.

Je m’éloigne dans la chambre de ma fille de presque 17 ans qui se réveille à peine. De là, j’entends ce qui se passe dans la classe virtuelle.

—               Est-ce que vous avez préparé un texte à lire ?

—               ouiiiii !

—               Qui veut commencer ?

Ma fille se propose.

Je trouve ça génial. Elle que j’imagine si timide et qui avait l’air si impressionnée, elle se lance la première. En écrivant ces lignes, je pense à Tris, l’héroïne de Divergente qui a toujours rêvé de rejoindre la faction des Audacieux et qui saute la première dans la fosse, elle, discrète et réservée, issue de la faction des Altruistes.

—               Qu’est-ce que tu as choisis comme livre ?

—               « Le Loup qui n’aimait pas Noël ».

—               Vas-y, nous t’écoutons.

—               Ce matin-là, quand Loup se réveilla, tout était blanc dans la forêt. Enchanté, il s’habilla chaudement et sortit se promener.

J’écris ce passage de mémoire, mais comme on l’a pas mal lu et relu, et qu’il est assez court — ma fille ayant eu la flemme d’aller un peu plus loin —, je m’en souviens.

—               Merci pour ta belle lecture.

Elle est formidable cette maîtresse, bienveillante, douce, à l’écoute, encourageante, souriante.

Les petits camarades de ma fille expliquent ensuite ce qu’ils ont compris — reformulation et compréhension de la lecture —, puis lisent leurs textes.

Pendant ce temps, j’ai ouvert l’ENT, retrouvé — assez difficilement — le travail de physique de la veille que mon fils de 13 ans avait refusé de faire. Je l’appelle et le voilà qui se traîne jusqu’à moi avec une peine et une motivation débordante.

—               Allez, les volumes.

Cache ta joie, fils.

On prend une épuisette — mince, lapsus, je me vois déjà à la plage ! — une éprouvette graduée et contenant un liquide coloré, on note le volume initial, on plonge un corps solide dans l’éprouvette, on note le volume total et hop, on obtient le volume du solide !

Génial.

—               Et alors, maugrée mon fils.

—               Et alors rien, c’est une des manières de mesurer le volume d’un solide. Regarde si on plonge un poids de 100 grammes et un poids de 200 grammes, et bien ?

—               C’est le double.

—               Tu as tout compris, le volume et le poids sont proportionnels !

—               Formidable, je retourne jouer.

—               Hep, pas encore. Qu’est-ce qui est plus lourd ? Un kilo de plume ou un kilo de plomb ?

—               Le plomb.

—               Pourquoi ?

—               Parce qu’il est plus lourd.

—               Tu es certain ? Notion de densité : plus un corps est dense, plus son volume est petit.

—               Je peux partir ?

—               Pas encore. Il reste la masse volumique.

—               Qu’est-ce que j’en ai à battre de la masse volumique !

Du côté des CP, chacun raconte son meilleur souvenir de confinement.

Ma fille :

—               C’est quand j’ai ouvert mon cadeau d’anniversaire !

Son camarade :

—               C’est quand j’ai joué à des jeux de société avec mon Papa et ma Maman.

—               Et vous avez joué à quoi ?

—               … je me rappelle plus…

Et la dernière :

—               Moi, c’est quand j’embête ma Maman !

Et tous entonnent la chanson de ‘joyeux anniversaire’ à ma fille.

Elle trop contente.

Mais aussitôt les garçons s’en mêlent et viennent chanter. Mon fils de 15 ans sort de sa tanière et vient faire le pitre tandis que celui de 13 ans jailli lui aussi.

—               La masse volumique ! je rappelle à l’ordre.

—               J’ m’en bas les couilles de la masse volumique, répond mon fils du tac au tac.

—               C’est la masse sur le volume.

—               Ok, j’y vais.

—               Encore une minute, il y a des exercices !

J’arrive à le tenir deux minutes et il s’échappe.

—               Il y a de la techno à faire !

—               Jamais de la vie je ferai de la techno !

Bon.

On aura au moins approché la notion de masse volumique.

Masse volumique.

Pas très excitant, faut en convenir.

Même assez repoussant comme notion, non ?

À quoi ça sert de savoir que la masse volumique de l’argent est de 10,5.

Vous le savez, vous ?

Et d’abord, 10.5 quoi ? Vous les connaissez les unités de masse volumique ?

Mon fils de 15 ans se pointe.

—               J’ai fait tous mes devoirs. Et comme vous ne me croyez jamais, j’ai tout pris en photo.

Ok.

Tous les devoirs en 30 minutes, pourquoi pas. On vérifiera.

Du côté des CP, la maîtresse conclut :

—               J’ai été ravie de travailler avec vous, merci. La prochaine fois, on se voit en vrai !

Pas de nouvelle viso ?

Dommage, je trouvais que c’était chouette. Redonner du goût. De l’envie. Se remettre dans la réalité.

Je vais envoyer un message à la maîtresse.

En tout cas, elle a l’air déterminée à les revoir.

Chouette.

Blanquerre a l’air décidé à faire reprendre les CP et les CM2 en demi-classe dès le 11 mai, mais sur décision du maire et du préfet. Dans notre village, le nouveau maire a été élu au premier tour avec 70% des voies, balayant la liste de l’ancien maire. Mais le nouveau n’a pas encore pris ses fonctions — pas avant fin mai, d’après ce que je sais. Donc c’est l’ancien maire qui gère. Mais le nouveau n’entend se la laisser compter. Ambiance. Amusez-vous bien les amis pour prendre la décision de rouvrir les écoles ! N’oubliez pas que vous engagez votre responsabilité pénale pour « mise en danger d’autrui ! »

Tiens, d’ailleurs écoutons ce que dis notre Premier ministre à ce propos :

Enfin une explication claire, merci !

Gepostet von Matthieu Deshayes am Donnerstag, 23. April 2020
https://www.facebook.com/matthieu.deshayes.73/videos/1552396818249186/

Bon, trêve de plaisanterie.

Il y en a une qui ne plaisante pas, c’est la masse volumique.

Mais ça fait longtemps que mon fils de 13 ans a relégué cette noble notion au rebus des méandres les plus sombres de son cerveau. Inscrite au registre des pertes et tracas. Circulez !

Quand mon épouse rentre de l’hôpital le soir, et qu’elle demande à ma fille de CP comme s’est déroulée sa visio, ma fille répond :

—               Très bien, mais les garçons sont venus me foutre la honte.

Sacrés garçons.

Et le meilleur meilleur meilleur moment de la journée, c’est quand ma fille de presque 17 ans, mon fils de 15 et celui de 13 sont venus proposer à leur petite sœur de venir regarder un dessin animé avec eux.

Alors là, ses yeux se sont illuminés.

Après le dessin animé, elle est venue nous confier :

—               Je regardais Moi Moche et Méchant. Je leur ai demandé s’ils voulaient venir le regarder avec moi, ils m’ont dit non. Puis je les ai entendu discuter dans la cuisine « c’est son anniversaire… » Et ensuite, ils m’ont proposé de regarder Cars2 ensemble.

C’est pas le plus beau des cadeaux d’anniversaire ?

Une chanson pour finir ?

Enorme! Merci!

Gepostet von Matthieu Deshayes am Donnerstag, 23. April 2020
https://www.facebook.com/matthieu.deshayes.73/videos/1552399951582206/

Ratatouille sauve le monde

21 avril, J-20 avant le déconfinement qui n’aura pas lieu

« Bonjour, Christine, je ne sais pas ce qui se passe aujourd’hui, mais rien ne va !

J’ai mal dormi, j’ai mal au ventre, j’ai mal à la gorge.

Et je ne sais pas pourquoi.

Il pleut depuis deux jours, c’est bon pour la terre et la nature, mais c’est long et ça ne me donne pas trop de courage.

Je n’arrive pas à lire, je n’arrive pas à écrire, tout m’énerve ce matin.

Je prends un sachet de Doliprane, mais ça ne va pas mieux.

Je n’ai vraiment pas envie.

Papa m’encourage, s’impatiente aussi un peu et me propose une partie de Mille Bornes. Que je gagne même s’il a la botte « véhicule prioritaire » !

Ce n’est pas facile de s’y remettre.

Il y a un boucan d’enfer dans la chambre des garçons, ça me déconcentre.

Comment on va faire ?

Je m’accroche.

—               J’ai mal à la gorge.

—               Tu as mal au pharynx, on a vu ce mot hier.

—               Arrête, c’est pas drôle. »

Qu’est-ce que vous pensez de tout ça, Christine ?

Vous avez l’air sereine, vous proposez de cueillir du thym dans le jardin.

Nous, on n’y est pas.

Le jardin est détrempé, il y a du thym dans la campagne, il est en fleur.

—               J’aime pas ma vie, se lamente ma fille.

Pour un peu, on la plaindrait, cette pauvre petite !

Ma cousine de Singapour vient de nous envoyer un message par Whatsapp nous informant que le gouvernement imposait un lock-down jusqu’au 1er juin. Ça rétropédale sec en Asie. J’ai lu qu’ils craignaient une seconde vague de contamination…

12h15, le bruit s’intensifie chez les garçons.
Rien du côté de ma fille de presque 17 ans.

Christine, elle, ne se lamente pas. Elle continue :

—               Écrivez le mot ‘thym’.

—               J’ai pas envie.

La dictée maintenant : « Le daim mange le thym dans le jardin. »

—               ‘jardin’ vous l’avez travaillé avec Mathias.

Mathias ?

Mince, nous on l’appelle François !

J’ai lu ce matin des posts sur tweeter à propose des violences policières dans les banlieues de

J’ai lu aussi que Macron s’apprêtait à aider nos grandes entreprises sans aucune contrepartie ( contrairement au Danemark et à la Pologne qui eux, n’aideront que les entreprises qui n’ont pas versé de dividendes, n’ont pas racheté leurs actions et n’ont pas d’activité dans un paradis fiscal — je ne sais pas si c’est possible comme engagement, mais l’intention y est.) Macron se contente de tenir pour préserver le vieux monde. Pas d’ambition de changement dans les actes. C’est malheureusement l’habitude de ces gens-là…

Bon, c’est vraiment trop dur aujourd’hui… on arrête après la dictée.

On fait ce qu’on peut.

Pas de nouvelle de la maîtresse.

On a des copains dont les enfants croulent sous le travail à faire.

Nous, mon épouse et moi, on fouille l’ENT de fond en comble pour dénicher de pauvres devoirs par-ci, par-là. Mais quelle lutte. Pas étonnant que les garçons – la tronche enfarinée – nous serinent qu’ils n’ont rien à faire.

On ne peut pas faire plus compliqué comme système pour démotiver les élèves. Il y a des devoirs dans la messagerie, d’autres dans l’accueil, d’autres sur Pronote, d’autres planqués dans certains cours du cahier de textes, mais pas tous, les profs qui ajoutent des devoirs à 12h15, quel merdier. Après, il faut leur répondre, certains sur l’ENT et pas par mail, d’autres par mail, mais pas par Pronote, d’autres sur tel mail et pas sur la messagerie, oh les frérots, ça vous dit pas de vous mettre d’accord ? Je veux bien faire un effort, mais là, vous poussez grave !

Allez, je monte faire l’état des lieux là-haut.

Ma fille dort.

—               Qu’est-ce qui s’est passé cette nuit ? je lui demande, curieux.

—               Laisse-moi.

OK.

Chez les garçons ?

Ils regardent Ratatouille.

Ils se sont inscrit sur la semaine d’essai de Disney +.

—               Y a tout !

Ouais, qui c’est qui paye ?

—               C’est gratuit pendant une semaine, on te dit, fais nous confiance !

!!!

Un pot de Pâte à tartiner bio ouvert et sacrément entamé est posé sur la PS4. Chacun sa bouteille de Coca. Bigre. Il s’est passé des choses ici cette nuit !

—               Vous avez ouvert l’ENT ? Vous avez regardé ce que vous aviez à faire pour la journée ?

—               Tu vas pas nous parler de travail au réveil !

—               Au réveil ? Il y a bientôt 2 heures que je suis monté vous réveiller.

Je jette un oeil.

Tiens, le prof de techno vient de poster une vidéo.

« Salut les élèves, voici une vidéo, c’est plus simple, on peut dire plus de choses. »

—               T’as vu cette vidéo ?

—               T’inquiète.

T’inquiète.

Ma fille de CP vient de les rejoindre devant Ratatouille.

Allez, moi je redescends prendre ma pause. Au calme, tranquille, loin de tout ça.

Advienne ce qui pourra.

Pangolin

20 avril, premier jour d’après les vacances

J-21 avant le 11 mai, soit 3 semaines d’école à la maison, soit une éternité, seuls les parents confinés et déconcertés s’accrochent à cette date qui déjà devient floue dans la bouche de nos dirigeants…

La reprise officielle de l’école à la maison.

Annoncée en fanfare hier par un mail.

Réapparition de la maîtresse qui crée un grand stress dans l’esprit de ma fille de CP.

—               Je n’ai pas fait le travail que la maîtresse a demandé…

Je me sens un peu coupable.

C’est moi qui me suis fixé sur Lumni.

La maîtresse propose à chaque élève de CP de choisir un texte, de s’entraîner à le lire afin d’être à l’aise et que ses petits camarades comprennent bien et qu’ils puissent en discuter ensemble. Elle propose une visio par petits groupes de 3. Cool. C’est stimulant. Pour ma fille, rendez-vous est pris mercredi à 13h30.

Je m’imagine qu’elle va donner du travail en attendant mercredi.

9h30, je réveille ma fille, sympa pour la rentrée. Pas de nouvelle.

10h, nous avons déjeuné, lu une histoire, La Marelle Magique, l’histoire de Gilles, 9 ans, qui découvre une marelle magique dans une vieille cabane abandonnée. Cette marelle le projette à l’âge de 20 ans. C’est formidable d’avoir 20ans, il invite la fille de la maîtresse dont il est secrètement amoureux, à boire un verre, mais se trouve sans argent au moment de payer… Dur, dur, d’être un adulte…

Pas de nouvelle de la maîtresse. Et d’un commun accord, nous décidons de retrouver Christine sur Lumni.

Ma fille est ravie de la revoir.

—               Bonjour à tous, ce matin, nous allons travailler ensemble le son ‘in’ qui s’écrit « ain », « ein » et « yn ».

Main, pain, ceinture, peinture, lynx et pharynx.

—               C’est quoi le pharynx ?

—               C’est la partie au fond de la gorge qui est rouge quand on mal à la gorge.

—               C’est le petit truc qui pend ?

—               Non, le truc qui pend c’est la luette.

Et PANGOLIN ? Ça s’écrit « in ». Comme lapin.

—               C’est quoi un pangolin ?

Savez-vous que le pangolin est le seul mammifère qui est recouvert d’écaille ? Qu’il est dépourvu d’agressivité et que sa seule manière de se défendre et de se rouler en boule ?

braconnage de pangolins

4 espèces de pangolins vivent en Afrique et 4 espèces vivent en Asie. Il grimpe au sommet des arbres, creuse des terriers profonds et mange des fourmis à l’aide de sa langue gluante. Les croyances africaines en font un être qui relie les morts et les vivants. La médecine traditionnelle chinoise en fait un être de virilité, et utilise les écailles en poudre pour régler les problèmes sexuels.

Qui dit virilité, dit bizness.

Qui dit bizness, dit pognon.

Qui dit animal sauvage dit braconnage.

Et voilà, on retombe sur nos pattes. Toutes les 5 minutes, un pangolin est prélevé dans son espace naturel, ce qui fait de lui le mammifère le plus braconné au monde… un commerce illégal qui rapporte autant que le trafic de drogue ou le trafic d’armes…

Pauvre bête, pas étonnant qu’elle se venge en nous refilant le SARS-CoV-2 dont il est porteur.

11h30, un mail de la maîtresse pour nous informer qu’elle nous joindra par téléphone la veille de la visio. Donc à priori, pas plus de travail d’ici mercredi que lire un texte.

Peut-être que je me trompe, mais on a bien fait d’aller retrouver Christine ce matin.

Et les autres ?

Les ados ?

Je les réveille à 10h30. Révolution, révolte, cris.

Puis quelques minutes plus tard :

—               Papa, l’ENT ne marche pas.

—               A 7 heures ce matin, il marchait.

—               Très drôle.

—               Donc, vous regarderez la veille ce que vous avez à faire pour le lendemain.

—               Ben non…

—               En fait, tu te planques derrière la saturation pour ne rien faire !

—               Mais non, … je travaillerai cette après-midi !

Grr…

Quelques minutes plus tard :

—               Papa, je sors cette après-midi.

—               Si tu veux, mais quand tu auras travaillé.

—               T’inquiète !

Je monte voir dans les chambres.

12h30.

Ma fille s’est rendormie.

Les garçons jouent.

—               Stop !

—               Quoi stop !

—               Tu quittes ta partie et on regarde l’ENT.

—               T’es méga lourd !

—               Tiens, l’ENT n’est plus saturé. Donc voici ce que les Profs ont donné.

—               Tout ça, je l’ai déjà fait !

???

—               Et ça ?

—               Je ne comprends pas ce que c’est.

Et c’est reparti !

En voiture Simone !

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