Samedi dernier, nous nous baladons, mon épouse et moi, pendant que notre fille de CE1 est à son cours d’équitation. Nous discutons paisiblement quand un coup de feu nous fait sursauter — sursauter est un petit mot, mais je n’en trouve pas d’autre, il faudrait un mot entre « arrêt cardiaque » et « surprise désagréable ». Un chasseur, dissimulé par un bosquet, tire à 3 mètres de nous. La détonation nous fait donc faire un bon en l’air, les cheveux soudain dressés sur la tête.

Avant que je n’aie eu le temps de hurler ça va pas ducon ! mon épouse lui dit :

—        Vous nous avez fait peur !

—        Vous zavez qua vous zhabiller en orange ! il nous répond dans un grognement de chasseur qui déteste les emmerdeurs de promeneurs du samedi matin.

—        Je vous signale que nous sommes sur un chemin et qu’on a pas à s’habiller en orange sur un chemin. C’est vous qui tirez trop près du chemin. Vous n’avez pas le droit, je ne peux m’empêcher de maugréer.

Et on s’éloigne, énervés, stressés, mais surtout énervés.

Mon premier acte de cette semaine anti chasse aux chasseurs a été donc de me procurer une tenue orange :

J’étais penaud dans le magasin. Je n’ai pas voulu acheter de matériel dans un magasin de chasse ni sur internet pour ne pas filer un rond à l’ennemi. Mais j’ai senti le regard lourd des clients sur moi. Salop de chasseur. Par chance, personne ne m’a fait un croc-en-jambe ou filé une tarte et j’ai pu regagner indemne ma voiture pour vite planquer tout ça au fond du coffre ?

—        Tu as acheté une tenue orange ? se moque mon épouse. Je croyais que tu allais juste acheter un collier orange pour protéger le chien.

Le chien.

Parlons-en de celle-là — c’est une chienne, en fait.

Je lui ai acheté un charmant dossard. Que je n’ai pas eu l’occasion de lui mettre, car cette grosse dégueulasse — je ne sais pas ce qui lui prend en ce moment — c’est roulé dans la merde de chien à peine sortie du coffre.

Si quelqu’un y connait quelque chose dans la psychologie avancée des chiens et des chiennes, merci de m’expliquer les subtilités de ce comportement qui m’échappe totalement.

Se flairer le trou de balle, bon, pourquoi pas. Manger du crottin de cheval, si ça lui plait. Grignoter une patte de sanglier faisandée et pourrie, déjà, limite. Pisser sur toutes les crottes de chien qu’elle rencontre, après l’avoir copieusement reniflée, je n’adhère pas, mais ça me parait dans l’ordre des choses. Mais se rouler dans la merde de chien, ça me dépasse et ça me fout en rogne.

Ma chienne est qualifiée de dominée. Ce qui expliquerait — d’après les spécialistes — qu’elle se roule sur le dos pour qu’on lui caresse le ventre. Est-ce cette domination qui la pousse à se salir et à s’humilier dans la merde des autres ?

Merci de vos indications.

En tout cas, muni de ma nouvelle tenue, je me sens invulnérable.

Pour la petite histoire, je n’ai rencontré aucun chasseur !

Et les seuls à me faire des commentaires sur ces achats saugrenus sont mes enfants qui se sont bien moqués du baladeur-chasseur.

—        En fait, au fond de toi, tu rêves d’aller chasser !

Mon fils de 13 ans, lui, s’empare aussitôt de la casquette orange.

Ça fait classe.

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