Mois : mai 2020 (Page 1 of 4)

Ça vous inquiète, que vos maîtresses portent des masques ?

30 mai

Ça vous inquiète, que vos maîtresses elles portent des masques ?

Il est urgent de maîtriser nos peurs et d’aller de l’avant pour le bien des enfants.

Qu’est-ce que vous en pensez ?

« Comment ne pas être en désaccord avec la volonté exprimée à plusieurs reprises d’un risque zéro qui non seulement est un leurre, mais qui conduirait inexorablement à une société orwellienne où l’objectif de maîtrise se substituerait à celui d’équité et qui, pour contrôler une fraction de la société, serait liberticide pour le plus grand nombre »(1)

 Ce midi, un petit copain de ma fille de CP déjeune à la maison. Il habite le village d’à côté.

—           Tu as repris l’école ? je lui demande.

—           Oui, le lundi et le jeudi, me répond-il.

—           Vous êtes combien dans ta classe ?

—           Six.

—           Et vous travaillez ou vous jouez ?

—           On travaille !

—           Tu es content d’y aller ?

—           Oui, comme ça je peux voir mes deux meilleurs copains.

—           Moi, mes copines, elles ne sont pas à l’école, dit ma fille de CP. Du coup, je n’ai pas trop envie d’y aller.

—           Et est-ce que ta cour de récréation est coupée en deux ? je demande au copain de ma fille.

—           Non, on a toute la cour pour nous.

—           Vous n’êtes pas séparés ?

—           Non, il faut juste qu’on reste loin les uns des autres et qu’on ne se touche pas.  Mais c’est difficile.

—           Dans mon école, la cour est coupée en deux, explique ma fille. Et dès qu’une classe rentre, on peut sortir.

—           Vous ne vous croisez jamais, alors ?

—           Non.

—           Et tu vois tes copines des autres classes ?

—           Oui, on joue à 1, 2, 3, soleil ensemble.

—           Comment vous faites ?

—           On joue des deux côtés de la cour en même temps, explique ma fille.

—           Génial ! Et est-ce que vous vous lavez les mains ?

—           Ah oui, en rentrant à l’école, avant la récréation, après la récréation, avant de partir à midi, en revenant à 2 heures, avant la récréation, après la récréation et avant de partir.

Ma fille ajoute :

—           Même si on est retard le matin, on se lave les mains.

—           Ça fait 8 fois en tout.

—           Au moins, vous avez les mains propres !

—           On chante des chansons en se lavant les mains, dit ma fille.

—           Tu nous en chantes une ? je lui propose.

—           Ah non, pas devant mon copain, dit-elle toute gênée.

Je me marre.

—           Et vos maîtresses, elles portent des masques ?

—           Oui, répond le copain de ma fille.

—           Un masque ou une visière, dit ma fille. Ça dépend si elle veut qu’on voie sa bouche. Moi, je préfère quand elle a la visière.

—           J’ai entendu à la radio que les maîtres et maîtresses étaient inquiets de faire peur aux enfants avec leurs masques. Ça vous fait peur, vous, les masques ?

—           Pas du tout, répondent-ils en cœur.

—           Pourquoi ils sont inquiets ? demande le copain de ma fille.

—           Je ne sais pas trop.

Ça n’a pas l’air du tout de les stresser.

Ils sont contents d’aller à l’école.

Je préfère pas trop leur demander s’ils ont peur d’attraper le covid, ou s’ils se sentent en danger.

En tout cas, j’imaginais que les effectifs allaient s’accroitre à l’école en même temps que le déconfinement s’élargissait, les parents voyant bien qu’il n’y avait aucun risque, que le virus circule faiblement, que le nombre de cas n’augmente pas, que les enfants sont à très faible risque, qu’il faut bien reprendre une vie normale, et que socialement, les études et articles s’accumulent pour dire que 6 mois sans école est assez catastrophique pour les enfants.

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https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/23/cinq-a-six-mois-sans-ecole-c-est-une-catastrophe-annoncee_6040505_3224.html?fbclid=IwAR3B3bostmwgDJzds5z2obdA5cU6A7rK00eG5FgJR3W9cIWMJmUNfOr6pFM

Il est urgent de maîtriser nos peurs et d’aller de l’avant pour le bien des enfants :

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  • (1) Le Syndrome de l’imposteur, parcours d’une interne en psychiatrie, Claire Le Men, La découverte
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Mascarade

29 mai

De quoi François Hollande se sent-il responsable ? Où sont passées Marisol Touraine et Agnès Buzin ? UNITAID, machine à recycler les ministres de la Santé ? Roselyne Bachelot a-t-elle raison d’être en rage ? Et d’où vient Olivier Véran ?

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François Hollande avoue lundi 25 mai sur France Inter avoir une part de responsabilité dans la situation de l’hôpital.

Intéressant.

Pour une fois qu’un homme politique bat sa coulpe.

Examinons d’une peu plus près de quoi il se sent responsable :

Déjà, pas d’avoir baisser le nombre de poste de soignant puis qu’il commence par rappeler qu’il a augmenté ce nombre de 30 000 personnes.

Il confie avoir contribué à contraindre l’hôpital. Sans rien ajouter. Ce qui est tout de même assez vague.

En tout cas, côté masques, il est à l’aise : le stock qui était jusque-là centralisé a été décentralisé pour des raisons évidentes d’efficacité et de proximité. Et, sous sa présidence le nombre de masques est passé de 1 milliard à 750 000 000 masques. Pourquoi ? On n’en saura rien, le journaliste ne semble pas trop désireux d’en savoir plus.

Donc, malheureusement, la décentralisation a couté la bagatelle de 250 millions de masques… sûrement tombés des camions…

Hollande semble réaliser que la sur-représentation administrative à l’hôpital n’a pas que du bon – alors qu’il serait à l’origine d’une augmentation du personnel administratif hospitalier que certains osent annoncer à + 40 % ! —, appelle de ses vœux plus de souplesse dans la gestion trop tatillonne et souhaite ne pas revenir sur les 35 heures à l’hôpital, un acquis social d’après lui.

Il constate simplement comme ça, sans en avoir l’air, que le stock de masques n’est plus que de 150 millions au moment où la crise sanitaire se déclare sans comprendre comment on n’en est arrivé là… Bref, il ne se reproche rien de très sérieux…

Il est plutôt clean.

Est-ce la faute à Jérôme Salomon, conseiller chargé de la sécurité sanitaire auprès de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, de 2013 à 2015, et — proche d’Emmanuel Macron dont il était le conseiller santé pendant sa campagne présidentielle — un moment pressenti pour devenir ministre de la Santé après son élection ?

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On apprend que son Papa est décédé pendant cette période — j’en suis désolé pour toi l’ami — et qu’à cette occasion, il a découvert qu’en fait, on était tous vulnérables.

Sérieux ? François Hollande ! Voyons ! Tu imaginais quoi ?

Il a l’air tout malheureux sur la photo.

Bref, en tout cas, pas grand-chose de nouveau à l’Ouest de l’Avenue Duquesne, véritable adresse du ministère de la Santé. Tiens, alors pourquoi un Ségur de la santé ? Parce que le bâtiment à une face qui donne sur l’avenue de Ségur ? Peut-être…

OK.

Voilà pour Hollande.

Et Marisol Touraine, le cauchemar des hôpitaux, la ministre de la Santé la plus honnie des médecins libéraux. Où elle est donc passée ?

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J’apprends rapidement qu’elle a été battue aux législatives le 18 juin 2017 par la députée LR Sophie Auconie — faut le faire aux vues du raz-de-marée LREM —, qu’est partie en vacances quelque temps, qu’elle a été ensuite réintégrée au Conseil d’État — ouf, tout va bien — et qu’enfin elle a été élue présidente de l’organisation onusienne UNITAID, une structure hébergée par l’OMS à Genève et financée par une taxe sur les billets d’avion (???). Son objet social ? Négocier des baisses sur les prix des médicaments en en assurant l’achat d’un certain volume, afin de permettre aux populations pauvres de se soigner : tuberculose, HIV, …

Douste Blazy, ancien ministre de la Santé a lui aussi occupé ce poste de 2007 à 2016.

Bon vent, vive le copinage, tu as l’air satisfaite sur les photos, tant mieux pour toi.

La vie semble plus facile pour toi que pour le Papa que j’ai rencontré hier… (cf billet d’hier, http://blog.vasyraconte.fr/le-bruit-et-lodeur )

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Et Agnès Buzyn ?

A-t-elle survécu au confinement ?

Elle est toute pimpante et fringante dans une interview donnée au Figaro où elle annonce avoir beaucoup réfléchi avant de prendre sa décision de repartir en campagne pour la Mairie de Paris, prête à défendre les couleurs LREM, pour — je cite —, défendre une troisième voix entre Hidalgo et Dati. « Entre », c’est beaucoup dire. À la traine, ça oui.

Petit rappel des comptes, Anne Hidalgo environ 30% des voies, Rachida Dati, pareil, environ 30 %, Agnès Buzyn, 7%… Et tous les autres ont bu la tasse, autant Cédric Villani que les écolos et La France Insoumise.

Elle regrette d’avoir qualifié le maintien du premier tour des élections municipales de mascarade. Pourquoi regrette-t-elle ? Ça a bien été un désastre.

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Plus grave, elle confie avoir été victime de menace de mort et a été agressée.

Là, malgré le peu d’estime que j’ai pour elle, pas pour la femme que je ne connais pas, mais pour son travail au Ministère peu concluant, pour l’image de son dévouement et même de sa soumission, la voix de son maitre, qui démissionner en pleine crise de Covid pour voler au secours de la REM en panne de candidat à Paris après les déboires de Benjamin Grivaux — une autre histoire à la Vaudeville —, je me dis que, tout de même, c’est cher payé pour la fidélité.

Après… blablabla…, elle regrette — à juste titre — le débat sur la chloroquine qui aurait dû rester au niveau du cercle scientifique et ne pas devenir un remède miracle plébiscité par pétition.

Blablabla… Olivier Véran est exceptionnel …blablabla… commission d’enquête sur les responsabilités de chacun, où j’ai hâte de venir m’exprimer… blablabla

Je ne m’étends pas sur Yves Levy son mari, Président-directeur général de l’Inserm entre 2014 et 2018, conseiller juridique du gouvernement, puis envoyé spécial en RDC au moment de l’épidémie du virus Ebola en 2019 et vu à Wuhan en 2017 avec Cazeneuve, alors Premier ministre, et Marisol Touraine.

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Les Complotistes se saisissent aussitôt de la trouvaille et en avant : le mari fait sortir du virus pour que sa femme privilégie l’INSERM et vende des vaccins avec des puces électroniques achetées à Bill Gates, numéro 1 sur la liste des personnalités à abattre.

Bon, je dévie.

Un Président qui avoue ses (quelques petites) erreurs, une ministre qui ne s’en sort pas si mal, une autre qui part au charbon dans une campagne de tous les dangers à Paris, et un homme, Olivier Véran qui sort du chapeau en plein début de crise sanitaire.

Enfin un homme aux commandes, s’empresseront de dire certains.

Mais d’où il sort celui-là ?

Il est en embuscade, à 40 ans, prêt à l’action.

Élu conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes en décembre 2015, puis député de la première circonscription de l’Isère en 2017, il est rapporteur général de la commission des Affaires sociales de 2017 à 2020 à l’Assemblée nationale. Le 16 février 2020, il est nommé ministre des Solidarités et de la Santé en remplacement d’Agnès Buzyn.

Mi-mars, soit 1 mois à peine après son arrivée, une histoire de trafic d’influence sur la vente de masque FFP2 par Tewfik Derbal, son ancien collaborateur à l’Assemblée lui est reprochée…

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Sur tous les fronts, notre ministre de la santé.

Avant-hier, à L’Assemblée, il mouille sa chemise pour faire accepter l’idée de la mise en place de l’application Stopcovid, réclamée par les épidémiologistes et crainte des informaticiens en termes de recueil de données personnelles.

Hier, aux côtés d’Édouard Philippe, lors de la présentation du plan déconfinement 2 :

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Et notre amie Roselyne Bachelot ? Toute cette affaire de la disparition des masques la remplit de rage.

Reconnue personnalité politique la plus populaire, heureuse de tenir son heure de gloire après avoir été lynchée pour sa gestion — qualifiée de calamiteuse à l’époque — de la grippe H1N1, elle explique son ressentiment pour les accusations dont elle a fait l’objet — elle a même été auditionnée par une commission d’enquête parlementaire.

Elle dénonce l’irresponsabilité des différentes politiques de restrictions budgétaires déployées depuis son départ en 2010 où le stock a été détricoté, et la sécurité sanitaire placée sous la dépendance de la Chine, devenue à elle seule l’unique fabricant de masque et d’antibiotique dans le monde.

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Roselyne Bachelot soulève le problème crucial de la délocalisation de nos activités stratégiques.

Comment cette délocalisation a-t-elle pu s’opérer ? Quels en sont les sous bassement ? Les principes ? Les idéologues ? Issue de quels types de choix, de projets, d’idées, de plans ?

Sont-ils seulement économiques ? Seulement la faute à pas de chance ? Le fruit d’une cascade d’évènements malheureux ?

Cette pénurie était-elle prévisible ? Ne l’a-t-on pas vue venir ?

C’est l’idée que j’ai envie d’explorer dans une série que je vais intituler Mascarade, une histoire de la disparition des masques.

Encore un projet ! Encore une histoire !

Allez, vas-y, raconte !

Le bruit et l’odeur

27 mai,

En déposant ma fille de CP à son cours d’équitation ce matin, je rencontre et discute avec le Papa d’une petite camarade de ma fille.

Ce Papa est très inquiet pour son emploi.

Il me dit qu’ils ont repris le travail depuis le début de la semaine, mais qu’un plan social de 300 personnes leur a été annoncé.

Faisant partie des derniers recrutés, il imagine faire partie des personnes licenciées.

Le confinement a été dur pour eux, après les premières semaines bénéfiques pour se reposer. L’inquiétude a vite pris le dessus. L’inquiétude pour le virus bien entendu, mais surtout l’inquiétude des conséquences pour son emploi.

Rapidement, il a compris que la situation serait difficile dès le déconfinement amorcé.

Et c’est donc le cas.

—           Comment voulez-vous que je retrouve du travail à plus de 50 ans ? me dit-il.

Je repense aux paroles malheureuses de notre Président.

—           Il n’y a que Macron pour affirmer qu’il suffit de traverser la rue pour trouver du boulot.

—           Paroles misérables et tellement méprisantes.

Misérables.

Tellement méprisantes.

Ce Papa les vit en direct, ces propos si arrogants, condescendants, dédaigneux, hautains, déconnectés.

La France d’en haut donne des conseils à la France d’en bas.

—           Comment peut-il tenir de telles paroles alors qu’il détient une responsabilité dans le chômage des Français ? je soupire.

—           Il a travaillé chez Rothschil…

—           Donc a participé à l’évasion fiscale, aux délocalisations, aux sur-profits de certains.

—           C’est le Président des Riches.

—           Un jeune-vieux Président.

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Qu’est-ce qui peut pousser un jeune homme politique devenu Président grâce à un alignement de planètes spectaculaire à prononcer des paroles aussi haineuses ?

—           Ça l’a beaucoup desservi, ajoute le Papa de la petite camarade de ma fille.

—           Ses paroles montrent qu’il est du même sérail que les autres.

—           Il n’a aucun respect pour les ouvriers. Ni pour les chômeurs. Il les considère comme des fainéants, comme des resquilleurs.

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Jonathan :          —           Qu’est-ce que vous faites pour les chômeurs ?

Macron :             —           Dans l’hôtellerie et dans le bâtiment, partout où je passe, ils cherchent des gens. Je traverse la rue et je trouve du boulot, j’en suis persuadé. Vous remontez le boulevard Montparnasse, 1 sur 2 cherche quelqu’un.

Jonathan le prend au mot, et voici le résultat :

ttps://www.youtube.com/watch?v=mTYu5kihyos

Jonathan prend Macron à la lettre et traverse la rue, dépose 20 CV et 20 lettres de motivation. Bilan 20 refus.

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C’est tout de même pas si simple, Monsieur le Président.

Surtout que Jonathan est horticulteur…

Jonathan a l’impression qu’il a pris une gifle de la part du Président devant toutes les caméras de France.

Le Papa avec lequel je discute se sent dans le même état.

—           Je ne supporte pas l’idée d’être inutile. C’est important son travail, c’est notre dignité. Et puis je ne suis pas fait pour être inactif.

—           C’est aussi le regard que les gens portent sur les chômeurs…

—           Tout à fait. Dès qu’on est au chômage, on est considéré comme des moins que rien.

Ces paroles me touchent.

Me bouleversent.

L’inquiétude d’un homme face à son avenir, sa détresse, sa souffrance.

—           Comment je vais faire pour vivre ? Si j’étais seul, bon… Mais les enfants ?

Inutile.

Moins que rien.

Comment je vais faire ?

—           Bon, on verra bien, hein ?

Une pirouette positive, pour finir sur une note d’humour qui permet d’éviter de se noyer.

Mais quand même, je suis désolé de le laisser avec tous ses soucis…

Et partir me balader, pendant que le cours d’équitation se passe.

Pas très à l’aise d’aller profiter du soleil, de la douceur du matin…

Prendre du recul.

Empathique, mais pas trop.

Absorber la tristesse, la détresse et la souffrance.

Hypersensibilité. Hyper-hypersensibilité.

C’est comme ça.

Heureusement, Jonathan est sympa et son histoire est touchante et pleine d’humour.

Ce genre de phrases assassines me rappelle le casse-toi pauv’con ! de Sarkozy.

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—           Touche-moi pas, tu m’salis, lui lance quelqu’un dans la cohue du salon de l’agriculture.

—           Alors, casse-toi ! lui répond le Président. Casse-toi, pauv’con !

Pourquoi de telles paroles dans la bouche de nos représentants ?

L’identité du visiteur du salon est inconnue, totalement inconnue.

Mais la réplique « casse-toi alors pov’con ! » devient le slogan de tous les rejets contre la politique de Nicolas Sarkozy.

Avec des condamnations à la clef !

Même Emmanuel Macron en fait les frais en juillet 2016

Enfin, l’histoire de cette petite phrase marque 2 tournants majeurs :

1/ la sémantique présidentielle change radicalement, passant du discours littéraire d’un De Gaulle ou d’un Mitterrand à un discours populaire d’un Nicolas Sarkozy.

2/ les politiques apprennent à leurs dépends que tout est filmé, tout le temps, partout. Et qu’en quelques instants, les réseaux sociaux font le reste.

Les phrases non maîtrisées font et défont des personnalités en un clin d’œil numérique.

Et je ne peux m’empêcher de citer ‘le bruit et l’odeur´ de Chirac.

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Franchement, c’est pas piqué des vers !

Ré-écoutez, ça vaut son pesant de tomates pourries.

Heureusement, Zebda en fait une belle chanson !

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Alors, à ce Papa effondré, j’associe tout mon soutien et toutes mes pensées.

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni : et maintenant… le divorce

26 mai.

En rentrant de l’école avec ma fille de CP, lors d’une pause au bureau de tabac pour acheter des bonbons — #encouragement, #éducation positive — je tombe sur une revue people : « Nicolas Sarkozy – Carla Bruni : le divorce difficile ».

Ça y’est donc, ils divorcent.

C’était assez attendu.

Toutes ces voix qui clamaient haut et fort que ce mariage était un coup arrangé pour redorer la face de Sarkozy avaient donc bien raison.

Ma foi, mon côté c’est bien fait pour eux, se réjouit de cette nouvelle. C’est bien fait pour eux !

Ça ferait un beau début de billet, je me dis pendant que ma fille choisit ses bonbons.

Et comme je n’ai pas mon téléphone avec moi, je ne peux pas prendre la couverture en photo.

Qu’est-ce que je fais en rentrant ?

Je cherche sur internet.

Et je trouve… rien du tout.

Ou plutôt si.

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Mais il ne s’agit pas de leur divorce à eux !

Donc si vous lisez ce billet, vous êtes fait avoir comme moi.

Il s’agit du frère de Nicolas, Olivier Sarkozy, qui divorcerait d’une certaine Mary-Kate Olsen.

Maintenant que j’y suis, je ne peux plus reculer : qui est MKO ?

Elle est blonde, a 33 ans, est américaine.

Oui, mais encore ?

Ok.

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On patauge un peu…

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Ça se précise, elle a une sœur jumelle, elle est actrice et créatrice de mode.

Et le grandasse, à côté d’elle, c’est qui ?

C’est Olivier Sarkozy.

Et en fait c’est elle qui est minuscule, 1m57.

Bon, et qu’est-ce qu’il fait dans la vie, Olivier ?

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Il est homme d’affaire.

Franco américain.

Olivier Sarkozy de Nagy-Bocsa.

Il fait 1m90, 33 centimètres de plus que MKO.

Tiens, c’est le demi-frère de Nicolas.

Je clique sur sa sœur Caroline Sarkozy de Nagy-Bocsa.

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Son époux, François Roger Conrad Fournier, son oncle Gedeon Sarkozy de Nagy Bocsa, sa grand-mère, Katalin Toht de Csaford.

Pour y voir plus clair :

Bon, je pourrais continuer comme ça longtemps.

Et quel est le problème avec Louis Sarkozy ?

Il verrait bien une collaboration avec MKO mais ils ne se sont pas rencontrés. Mince. Ça va être compliqué maintenant qu’elle divorce.

Une collaboration de quoi au fait ?

C’est dans les pages du Figaro Madame que je trouve un élément de réponse.

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Louis Sarkozy est un shoes designer !

Et grâce à son diplôme en philosophie et histoire de l’art à l’Université de New-york.

C’est assez vague.

Mais ça explique le nom des mocassins qu’il crée : Curie, TJ, William, Sigmund…

La grande classe. Ça peut ressembler à qui des pompes comme ça ?

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Ça vous tente ?

Je suppose donc que la fameuse collaboration était sur le mocassin philosophique.

Bref.

La recette marche bien.

Tu attires le chaland en lui mettant l’eau à la bouche avec une mauvaise nouvelle juteuse sur un couple connu et tu te retrouves à acheter des mocassins Curie.

La magie mercantile a fonctionné à plein.

pulvérisateur à désinfectant…

25 mai.

D’un côté, la notaire. Qui nous a envoyé des procurations à imprimer chez nous, à signer devant un agent de la Mairie afin qu’il confirme notre identité puis à renvoyer par mail pour limiter le nombre de personnes à l’étude. Notez au passage, et c’est délicieux, qu’elle déplace le problème vers la Mairie puisqu’elle me demande d’aller à la rencontre d’un agent plutôt que de venir chez elle.

Sauf que je n’ai rien compris à son jargon juridique et que je me suis pointé directement chez elle.

—           Excusez-moi, mais pouvez-vous m’expliquer la démarche à suivre ?

—           Maintenant que vous êtes là, mettez un masque et entrez. Vous allez signer à l’étude.

Elle me fait marrer. Elle essuie les stylos avec des lingettes, se déplace avec un pulvérisateur de désinfectant, fait un pschit par-ci et un pschit par-là, désinfecte ma carte d’identité qu’elle me tend du bout de ses doigts tremblants et me salue de loin.

Tout au fond, les Urgences

De l’autre côté, les urgences. Une grosse équipe, 5 médecins, 2 ou 3 internes, des infirmiers, des aides-soignants, des brancardiers, des secrétaires, des assistantes sociales, des psychologues, des ambulanciers, des pompiers et même des malades. Ça fait du monde. Et aucun chichi. Bien entendu, chacun porte un masque et l’incitation à se laver les mains régulièrement est partout. Mais pas de lingettes ni de pulvérisateurs. Chacun utilise les mêmes ordinateurs, boit des cafés, sort fumer, téléphone ou pianote sur son smartphone, se fait des blagues.

J’ai même le droit à une bise de la part d’une infirmière — mais pas n’importe laquelle. Et si je m’interdis de la nommer, je vous laisse un indice. On la prie dans de nombreuses églises et on dit qu’elle a été visitée sans y toucher… On est si content de se retrouver !

Je suis venu signer mon contrat de travail. Et du coup, je passe voir ma nouvelle équipe. Dans leurs locaux tout neufs. Qui m’impressionnent par leur taille.

Je rêve régulièrement des urgences. Des urgences d’avant. D’il y a 15 ans. Dans mes rêves, agités, on est tout le temps submergé de patients.

Pas plus tard que cette nuit, c’était dur. Une femme qui faisait un coma hyperosmolaire avec hyperkaliémie et insuffisance rénale sévère… Je ne me rappelais plus des doses d’insuline à lui mettre…

Les nouvelles urgences, aux murs bleu-nuit apaisants, m’impressionnent aussi par le silence et la sérénité qui y règne. Le personnel y évolue tranquillement, calmement, paisiblement, le sourire aux lèvres, dans la bonne humeur et la bonne entente.

Quelle différence avec les anciennes urgences où les cris, le téléphone, les alarmes des scopes, le mouvement incessant des uns et des autres en ajoutaient au stress et à l’anxiété de chacun.

Le retour est plus facile dans ces conditions. Plus de médecins, plus de place, plus de calme.

OK.

Ça va le faire.

En tout cas, aucun stress particulier envers le covid.

Chacun fait attention, logique.

Mais on a l’impression qu’il n’est plus là.

Mon amie cheffe de service m’accueille avec beaucoup de bienveillance et d’amitié. Me montre le fonctionnement des différents logiciels avec lesquels jongler. Les astuces. L’informatique s’est insinuée partout. Avec souvent un gain d’efficacité considérable. Fini les dossiers papier des patients qui s’entassent dans les corbeilles.

Maintenant, ce sont des couleurs. Jaune pour les patients vus. Bleus pour les non vus. Il y a plein de jaune et très peu de bleu. Et aussi plein d’autres couleurs pour ceux qui sont en cours de transfert et ceux vus par des spécialistes. Mais je n’ai pas tout retenu.

Une ambiance qui me rassure.

J’ai même vu mon épouse qui travaille actuellement à l’étage au-dessus des urgences, dans une unité d’accueil d’hospitalisation courte pour les patients en détresse psychiatrique. Elle est contente parce qu’il n’y a que des jeunes — pas pour eux, les pauvres — mais parce qu’elle aime s’occuper des jeunes.

Ambiance détendue.

Tellement détendue que j’en ai oublié de me laver les mains en partant !

Un air de violoncelle

Voici les premières pages du storyboard que j’ai dessiné pour un air de Violoncelle, le court métrage que j’ai écrit, et dont le scénario a été sélectionné au moment du festival de Clermont-Ferrand. Il est actuellement en cours de production, il devait se tourner cet été mais toute la production a pris du retard, comme la majorité des projets dans le monde!

Je vous laisse découvrir ce que seront les premières minutes.

Pourquoi Denver ne nous fait-il pas pleurer ?

Pourquoi Denver ne nous a-t-il pas fait pleurer au moment où son père, Moscou, succombe, après une lente agonie, aux trois balles qui lui ont perforé l’abdomen ?

Pourtant, il est émouvant.

Pourtant, cette relation père-fils est émouvante, un père et un fils se soutenant accrochés l’un l’autre comme à une bouée, ballotés sur le triste océan de la vie.

Un père rustre, aimant son fils de toutes ses forces, le guidant dans la vie du mieux qu’il peut.

Un fils sincère et direct, qui vit sans filet, avec ses rêves et ses espoirs.

Moscou mort pour avoir protégé le retour de Tokyo, femme irresponsable, au moins aussi impulsive que stupide, aussi égoïste qu’inconsciente, aussi bête qu’impatiente, aussi irréfléchie que suspicieuse.

Alors quand Moscou, dans son délire de culpabilité, au moment de faire le bilan de sa vie, confond cette gourde de Tokyo avec la femme qu’il a abandonnée il y a des années, l’histoire bascule dans le pathos grossier. On aurait envie d’y croire. Mais les larmes de Tokyo ne sont que pour elle, femme imbécile qui regarde mourir cet homme à sa place. Les larmes de Tokyo ne coulent que sur son sort à elle, tandis que Moscou lui avait prédit ne laisser que des cadavres dans son sillage.

OK.

J’aimais bien Moscou.

Dommage.

Et je déteste Tokyo.

Je déteste le personnage  de Tokyo.

Parce qu’il est temps que je prenne un peu de recul. Ce n’est qu’une série. Et le personnage de Tokyo est écrit comme ça exprès pour faire de cette femme une garce irresponsable, stupide et impulsive.

C’est ce qu’on appelle la narration dramatique.

Le fait que je ne supporte pas ce personnage montre donc que — pour moi — la série est réussie.

Mais je ne pleure pas à la mort de Moscou, même si Denver fond de toutes les larmes de son corps. Peut-être qu’ils en font trop ?

Ma fille de presque 17 ans me dit qu’on est plein à détester le personnage de Tokyo. Mais que plein d’autres lui pardonnent parce qu’elle est belle.

—           Belle ?

—           Ben oui. Ils sont pleins à la sucer parce qu’elle est belle.

Vous noterez l’élégance de l’expression, ils sont pleins à la sucer.

—           Sexy, d’accord, bien roulée, OK. Mais belle, non. Refaite, mince, sortie tout droit d’un manga, une Lara Croft espagnole à la coupe nippone.

Existe-t-il des groupes de discussion sur « faut-il aimer Tokyo » ? Ou « tu détestes Tokyo, viens nous rejoindre ! »

Quelques minutes plus tard, c’est au Professeur de pleurer en racontant qu’ils impriment des billets et que, se faisant, ils ne volent pas, ils injectent des liquidités dans l’économie réelle, de la même manière que la banque centrale le fait à coups de milliards chaque année. Ce qui achève de retourner l’inspectrice Raquel à qui rien n’est épargnée. Et un long baiser, elle, les bras accrochés au plafond par menottes et chaines et lui portant le flingue — positions qui étaient inversées quelques instants plus tôt, lui attaché par les bras au plafond et elle pointant le flingue.

Ce long baiser qui marche mieux que la mort de Moscou.

On est content qu’ils se rabibochent ces deux-là.

Pourquoi ?

Je n’en sais rien. Parce que ce Professeur, avec ses airs un peu manche, ses grandes lunettes, il est finalement attachant. Et que cette femme flic, se débattant dans la vie, l’est aussi.

Et que ce Denver, même s’il est un peu béta et un peu bulbaire, je l’aime bien. Un garçon simple, authentique, franc. Et son histoire avec Monica me plait bien aussi. On se demande comment cette fille a pu tomber enceinte de cet enfoiré d’Arturo, médiocre petite merde — vous voyez comme je suis pris dans les personnages !

Ce qui me choque en revanche, male gaze à l’état pur, c’est Nairobi qui assiste Moscou mourant, la combinaison ouverte, soutien-gorge apparent. Pourquoi on voit son soutien-gorge ?

Et la discussion des deux filles dans les toilettes, elles aussi en soutien-gorge. Est-ce obligé ? Clairement non.

Ça laisse un goût désagréable.

Il nous reste le dernier épisode de la saison 2.

Sortiront ? Sortiront pas ?

Ma fille de presque 17 ans nous a spoliés, sans le faire exprès, à la fin de la saison une. Mais on tremble pour eux tout de même. Comment ça marche ça, d’être tendu alors qu’on connait la fin ? Le simple fait de ne pas savoir comment ça va se passer ?

Bon, je laisse la Casa de Papel.

Je discute avec ma fille de presque 17 ans en changeant la clanche de la porte — il parait que c’est un terme normand signifiant ‘poignée de porte’ — de la chambre des garçons.

—           Qu’est-ce qu’il existe comme moyen innovant pour communiquer actuellement ?

—           Instagram.

À priori, aucun doute là-dessus.

Instagram.

—           Tu as un compte Instagram ?

—           Non, ça prend trop de temps.

—           Je cherche un moyen d’être innovant. Un moyen de communiquer qui surprend, qui interroge, qui donne envie de suivre.

—           Sûr que ton blog, c’est ringard. Comme les journaux.

—           Ouais. Tant que ça ? Pourtant, sur Instagram, qu’est-ce qu’il y a ? Du contenu, des liens, des vidéos.

—           Oui.

—           Comme sur mon blog.

—           Peut-être. Mais plus personne ne lit.

—           C’est quoi qui se fait ?

—           Des vidéos brutes sur You Tube.

—           ?

—           Des vidéos d’info courtes. Simples, pour que tout le monde comprenne. Courtes, sinon personne ne regarde.

Du court.

De la vidéo.

Contenu simple.

Surtout pas de lecture, de textes longs, de trucs prise-de-tête.

Du facile à consommer.

Du tout cuit.

Du prémaché.

Ça va pas être facile.

Pour eux, je veux dire.

Vers quel type de vie ils s’orientent ?

Pas moyen de prendre un vélo pour aller au lac à moins de 30 minutes.

Pas moyen de se mettre au travail au motif que plus rien n’a de sens et qu’on sera mort dans 10 ans.

Pas moyen de leur demander un service sans disputes, menaces, négociations interminables.

Aucune autonomie, la flemme de tout.

Aucune possibilité de se projeter à plus de quelques minutes.

Pas de patience, pas de projet, pas de notion de persévérance.

Aucune espèce de goût pour l’effort.

C’est le point n°5 du striatum.

Le plaisir procuré par le moindre effort à fournir.

Oui, mais comment ils vont faire ?

Vous savez quoi ? Ils vont se démerder !

Après discussion avec Maman, on trouve des pistes.

Revenir à du concret.

Mettre par écrit ce que chacun fait. Pas pour tenir les comptes mais pour que chacun réalise réellement ce qu’il fait.

Donner des missions à chacun.

Se sentir solidaire des travaux de la maison.

Mais aussi solidaires avec les autres.

J’ai dû me tromper d’un mois

22 mai.
Aujourd’hui, une chose est certaine.
On se sera désinfecté les mains. Et pas qu’une fois.

Chez la psychologue pour ma fille de CP. La psychologue porte une visière.
Au magasin bio. Tout le monde est masqué.
Chez le véto pour échanger un paquet de croquette. Tout le monde est masqué. On attend dehors, devabt la porte d’entrée verrouillée. Il faut empêcher les gens de rentrer!

Un second magasin bio pour trouver un répulsif bio contre les moustiques, là, je ne comprends pas mais il nous fait laver les mains derrière l’étale de fromages !?! Personne n’est masqué.

Une fois à Bricomarché. Plus ou moins masqué.
Rien au supermarché, c’est surprenant, c’est l’endroit où il y a le plus de monde et pourtant aucune mesure de protection n’est prise. Presque personne n’est masqué et on ne se désinfecte pas les mains alors que s’il y a un endroit qui concentre le maximum de population, c’est bien au supermarché.
Encore une fois chez le véto pour un abcès à la patte de notre chien. Le véto porte une visière. Et il travaille sans gants.
Pour info, il me confirme que les labos d’analyse vétérinaires étaient bien sur les rangs pour réaliser des tests covid et que les autorités — contrairement à ce que j’ai pu lire — ne les ont pas écartés. Ils étaient prêts. Mais ils n’ont pas eu besoin d’eux.

En revanche, les autorités ont réquisitionné le materiel d’anesthésie – respirateur et enrichisseur d’oxygène – et leurs stocks de propofan – le blanc dans le jargon, un produit anesthésique blanc comme du lait qui vous endort en deuspi — et de midalozam, un tranquillisant.

Mes mains sont stérilisées. Totalement vierges de toute trace de vie.
Plus rien.


Chez la psychologue, ma fille de CP a pu parler de ses angoisses. Angoisses de séparation avec moi principalement, de sa peur d’avoir la gastro. Elle est inquiète que je meurre alors qu’on se promène quelque part et qu’elle reste seule.

On a convenu trois choses qui me paraissent intéressantes :

La première est de bien expliquer ce qui va se passer et comment, en présence de ma fille de CP — à la personne à qui on la confie pour aller l’emmener à l’école ou la ramener à la maison. A quelle heure, quand, comment.

C’est vrai qu’on le fait peut-être trop rapidement, considérant que tout va bien, que tout est acquis.

La seconde est que chacun raconte une grande peur qu’il a eu quand il était petit, afin que ma fille comprenne que c’est normal d’avoir peur et qu’elle puisse assimiler que chacun peut dépasser ses peurs et que même il en rigole maintenant.

La peur de ma fille de CP, c’est la fois où ses frères ont oublié de venir la chercher à la sortie de l’école, notamment le soir de sa rentrée en CP. Revenir dessus et réaliser que tout s’est bien fini, que personne ne l’a abandonnée. Qu’une solution a été trouvée.

Elle s’est également perdue dans le supermarché une fois. Mais là aussi, un coup de haut parleur « la petite … attent son papa et sa maman à l’accueil » a suffit à résoudre la situation.
— Moi, c’était la peur du terrorisme, nous rappelle mon fils de 15 ans.
Une peur terrible. A tel point qu’on était obligé d’éteindre la radio à chaque flash info.
La troisième chose, les relations tendues entre mon fils de 13 ans et ma fille de CP. Provocations des deux côtés, jalousies, tensions. Sur fond de qui est le chouchou des parents, qui est toujours la protégée et qui est toujours le mauvais fils… Je n’arrive pas a mettre au même niveau un enfant de 13 ans et un enfant de 7 ans. Je me trompe certainement, je m’exprime mal, je prends partie et ça tourne toujours contre lui. Il est persuadé que je ne l’aime pas, pire, que je le déteste.
Bien sur que non je ne te déteste pas. Je réagis au quart de tour à la moindre de tes contestations… certe, j’y travaille, sans réel succès je te l’accorde…
Conseil de la psychologue, que chacun se rappelle qui il était et comment il se sentait à 7 ans. Pour ressentir la différence qui existe entre les deux âges. Qu’à 13 ans, on est tellement plus autonome, plus mature, plus capable d’un certain recul et de ne pas tout prendre au premier degré, qu’on a plus d’humour. Qu’à 13 ans on est capable de voir qu’on a 13 ans et pas 7 ans.
Eh bien ça ne marche pas.
Erreur sur toute la ligne…

Alors ma grande fille de 7 ans, respire à fond, écoute les paroles douces des arbres, aie confiance en toi. Et tes anxiétés vont s’apaiser.

Et les deux grands, comment ils vont?
Très très bien. Ma fille de presque 17 ans a son conseil de classe le 26 mai. Soit mardi. Vous m’avez compris?
Et le bac français? Déjà réduit à un seul oral, les bruits courent sur un boycott de certains profs pour exprimer leur désaccord sur une épreuve maintenue alors que les inégalités flambent. D’autres disent que les profs seront consciliants et laisseront les élèves choisir le texte qui leur plait le plus.
Pour ma fille, elle nous a expliqué sa stratégie de guerre : elle bosse les 5 textes sur le thème de la lecture cursive. 5 sur 15. 15 qui devaient être 25 avec la réforme de notre ami Blanquer. Bien joué vieux! C’était la bonne année pour réformer! Je te taquine…
Et mon fils de 15 ans? L’organisation du brevet a donc été liquidée. Et la nouvelle? On lui demande de rendre ses livres en début de semaine prochaine. Je croyais que la fin des classes était fixée au 4 juillet?
J’ai du rêver…
J’ai du me tromper d’un mois.


écoute les paroles douces et rassurantes des arbres à chaque fois que tu te sens stressée

Aie confiance, tu vas y arriver…

21 mai 2020

Qu’est-ce que vous entendez?

—           J’ai réfléchi avec ma copine. Elle veut faire un Bac Pro équitation pour devenir Ostéopathe pour chevaux.

C’est une très belle idée.

L’ostéopathie. Pour les animaux.

—           Je voudrais moi aussi faire un Bac Pro.

Ma fille de presque 17 ans.

Désespérée.

—           Jamais je ne pourrais reprendre les cours, c’est trop dur, je vous assure, trop dur.

Nous nous regardons, mon épouse et moi.

Notre fille à qui une psychologue a dit un jour : « tu as les capacités de faire ce tout ce que tu veux, tous les domaines te sont ouverts ». Et qui se retrouve coincée, incapable de suivre une scolarité normale.

—           Je suis trop en colère, je vais tout casser. Je n’en peux plus.

Comment l’accompagner ?

Comment l’aider à passer toutes ces années de fin de lycée et début d’études générales ?

—           Je n’y arriverais pas, je préfère vous le dire. Je ne peux pas faire semblant.

Qu’est-ce qui coince ?

Le manque de sens, le manque de motivation, l’envie de passer rapidement dans la vie active, de pratiquer un métier, de gagner en autonomie.

Envie de quitter la maison et toutes les contraintes liées à la vie de famille, les disputes incessantes, nos exigences.

L’ennui pendant les cours.

Alors elle dessine. Et se fait reprendre parce qu’elle dessine.

La maîtresse de ma fille de CP dessinait aussi en cours. « Impossible d’écouter si je ne dessine pas ».

Ça vous rappelle quelque chose ? La mémoire synesthésique. Apprendre en remuant, en dessinant, la tête en bas, en dansant.

Le prof de physique de ma fille de presque 17 ans l’a pris en grippe l’année dernière. Pour lui, dessiner était un manque de respect. Il n’a jamais pu comprendre. Ils n’ont jamais pu s’entendre. Elle a pris la physique en grippe, n’a plus travaillé.

—           Et toute cette colère, elle est tournée vers quoi ?

—           C’est dès que je lis un article qui me choque. Qui me révolte. La colère emporte tout.

—           Tu ne voudrais pas être journaliste ?

—           Raconter la vie de Michel et Gisèle pendant le confinement ? Non merci.

—           Avocat ?

—           Je ne peux pas imaginer un Homme juger un autre Homme. Au nom de quoi ? De quelles lois ? Celles de gouvernants corrompus qui bousillent la planète avec leur fric face à un pauvre type qui vole une pomme ? Jamais. Chacun se démerde comme il peut dans ce monde pourri.

Qu’est-ce qui la choque ? Contre quoi elle se bat ?

Les violences policières.

Les violences faites aux femmes.

Le patriarcat.

Le male gaze.

Grâce à elle, je découvre les quatre.

Je ne sais pas comment l’aider. Vraiment.

On discute de nos adolescences respectives.

Moi, je faisais du vélo dans la Forêt et je me racontais des histoires, soit seul, soit avec deux copains.

Eux, ce n’est pas pareil.

Et même si j’ai longtemps pensé que mon adolescence avait été naïve, stupidement candide, même si je regarde encore les films où des bandes d’ados sortent ensemble en fumant avec des étoiles d’envie et de regrets dans les yeux, je vois que mon adolescence m’a donné les armes pour avancer dans la vie. De la persévérance, un goût certain pour l’effort, de l’autonomie, la possibilité de me projeter, la capacité de mettre en œuvre un projet, douter sans tout remettre en cause.

Sont-ils armés pour la vie qui les attend ?

Ma fille de presque 17 ans oui, il me semble.

Mes garçons ? Je ne sais pas.

Ma fille de CP ?

Elle est si anxieuse.

On se baladait l’autre jour. Il y avait du vent.

Les arbres bougeaient, les branches bougeaient, le vent frissonnait entre les feuilles.Je m’arrête et je lui demande:

—           Tu entends les arbres qui parlent ?

Elle écoute.

Et me sourit.

—           Oui. Ils me disent : continue ta vie !

—           C’est ça, exactement. Ils me disent la même chose. Aie confiance, tu peux compter sur toi, tu vas y arriver !

On écoute encore.

—           Les arbres ont toujours des paroles bienveillantes. Ils sont doux, donnent confiance. Redonne courage quand on est un peu fatigué, tu comprends ?

—           Oui.

—           Ils seront toujours là pour toi.

Vous avez déjà essayé ?

Je vous en ai déjà parlé, il me semble.

On est tous les trois à la maison ce soir, mon épouse, ma fille de CP et moi. La journée a été estivale. Les grands sont sortis. La maison et le jardin sont calmes.

Que c’est agréable.

stoooooooop les pesticides !

Assassins

Stop aux pesticides

STOOOOOOOOOOOOOPPPP !!!!

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250 000 morts par an.

Présence de pesticides dans le cerveau, le sang, le lait maternel, le sperme

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100% des habitants contaminés, c’est 100 % des humains !

Contamination de tous les écosystèmes

Mort d’abeilles = mort de l’agriculture.

Ils tuent leur propre écosystème.

Mais ça, rien à faire, ils ne comprennent pas ou pire, ils nient et s’en foutent.

STOOOOOOOOOOOOOOOP !!!!!

ON N’EN PEUT PLUS !!!

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Pourquoi nous laissons nous faire ?

Pour respecter chaque métier ?

Parce que chacun connait son métier ?

On ne peut pas leur faire confiance.

Ils utilisent 130 polluants différents…

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Les 6 industriels… Les pires

Vendus.

Votre tour viendra.

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Contamination massive de l’air, des sols, de l’eau, ce n’est plus acceptable.

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Des centaines d’études prouvent leurs dangers et on continue.  Cancer, diabète, parkinson, troubles de l’attention chez les enfants…

Leurs profits plus importants que nos vies…

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Tu veux des pommes ?

35 passages de pesticides, hummmm, 5 fruits et légumes par jour…

Tu veux un verre de vin, 19 passages… à la tienne !

Pendant combien de temps encore allez-vous nous empoisonner comme ça ?

On n’en peut plus.

On s’est laissé faire mais qui vous dit qu’on va continuer ?

Et qu’on va pas venir vous chercher ?

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Parce qu’il va falloir que vous ouvriez les yeux !

La rentabilité baisse, le service rendu s’effondre, le rendement aussi, la biodiversité souffre…

Avec un peu de chance votre bizness sera mort avant nous….

La course contre la montre est lancée…

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