Mois : septembre 2020

La rivière des sombres pensées, chapitre 5

Aurélie déboule dans la rue et, à travers la rivière de larme qui lui brouille la vue, le cœur battant, la nausée vissée au creux du ventre et un lac de bile acide cuisant au fond de la gorge, cherche Quieterie.

Elle est bien là.

Mais la stagiaire n’est pas seule.

Elle enlace un homme et échange avec lui un baiser fougueux.

Aurélie se fige, foudroyée.

Elle souhaite fuir, mais ses pieds restent vissés au sol.

L’homme que Quieterie embrasse si passionnément n’est autre que Roland, le coordinateur d’écriture, le numéro trois de la série.

Paralysée comme une idiote qui se retient de vomir, Aurélie lutte contre elle-même pour s’arracher à cette situation stupide.

Elle est cette petite fille qui se précipite, ardente et si vulnérable, vers les adultes à la recherche d’une consolation et qui est fauchée brutalement dans son élan, piégée par sa propre candeur.

La rage remplace la stupéfaction.

Et quand elle parvient à s’arracher enfin à sa pesanteur, c’est pour apercevoir le regard de Quieterie. Coup d’œil volcanique et étincelant.

—        Aurélie !

C’est Roland qui la rejoint au pas de course.

—        Viens boire un café avec nous !

Le ton amical et chaleureux du coordinateur la retient.

Elle scrute son visage avec méfiance. Pas d’hostilité. Ses traits sont souriants et bienveillants, ses bras ouverts en une posture accueillante.

Aurélie capitule. Elle a besoin d’un remontant. Ils rejoignent Quieterie et se dirigent vers le bistrot.

—        Un café, commande Roland.

—        Pareil, dit Quieterie.

—        Un whisky, sans glace, demande Aurélie.

Roland la considère d’un air surpris. Tellement pas son genre.

Une moue inquiète remplace le sourire de Quieterie.

Ses yeux — deux diamants incandescents — l’interrogent. Ça s’est mal passé ? Raconte !

Elle ne peut pas, pas devant l’ami d’Émeric.

Elle avale son verre de whisky d’un trait.

L’alcool efface le gout de l’autre et réchauffe le fond de son ventre.

Elle soupire.

—        Comment va Émeric ? parvient-elle à articuler sans vomir.

—        Il est enfermé dans son bureau depuis la fin de la séance d’écriture de ce matin.

—        Il faut que je lui parle.

—        Ce n’est pas le moment.

—        C’est vraiment très important.

Roland pose sa main sur la sienne.

Marque un temps d’hésitation.

—        La série est foutue, finit-il par lâcher avec toute la peine du monde.

D’un bond, Aurélie se lève et traverse la rue au pas de course.

—        N’y vas pas ! entend-elle juste avant de s’engouffrer dans l’immeuble.

Elle appuie cent fois sur la commande de l’ascenseur — réalisant parfaitement l’inutilité des son geste— jusqu’à ce que les portes s’ouvrent enfin. Puis presse longuement sur le bouton indiquant le 16è étage, celui du bureau d’Émeric.

—        Hé ! Attends !

Avec un cri, et faisant preuve d’une grande souplesse, Quieterie parvient à s’immiscer dans la cabine juste avant le départ. Son visage est rouge et sa poitrine se tend, essoufflée d’avoir couru pour la rattraper.

Et sans pouvoir se retenir davantage, dans un élan puissant, les deux femmes se retrouvent unies, lèvres liées, mains nouées, ventres serrés, bassin collés, cheveux mêlés, larmes partagées, corps déjà inséparables.

C’est le spectacle que découvrent les collaborateurs du 16è étage, surpris, amusés, choqués ou émus, selon chacun.

Aurélie reprend ses esprits la première et, chancelante, sans avoir bien compris ce qui vient de se produire, traverse le hall vers le bureau d’Émeric.

Mais les nouvelles vont vite et l’assistante du 16è barre le passage à la scénariste.

—        Vous n’êtes plus autorisée à entrer !

Aurélie ne tient pas compte de l’avertissement et la bouscule violemment.

—        Va dire à TGV d’aller se faire foutre.

Et comme deux types de la sécurité font leur apparition, elle s’élance en direction du bureau de son ami Émeric. Et la stupeur la frappe. Au moment où les deux malabars vont la ceinturer. Alors qu’elle a juste ouvert la porte et que des menaces retentissent de toute part. Elle aperçoit la tête du showrunneur gisant sur le bureau au milieu d’une flaque de sang ainsi que la gerbe rouge qui a éclaboussé le mur derrière lui.

Elle tombe.

Les deux musclés sur elle.

Et tous ceux qui courent derrière.

—        Pourquoi il a fait ça ? murmure Aurélie incrédule, la voix brisée, après quinze minutes d’absence mutique, assise contre un mur, les bras noués autour des genoux, le visage enfoui, insensible aux allées et venues des pompiers et à l’agitation due à l’intervention de la police.

Quieterie est blottie contre elle, silencieuse.

Aurélie, effondrée, fragile, écrabouillée, raconte alors à cette petite femme qu’elle connaît à peine mais dont elle se sent déjà si intime, l’entrevue avec GVG, la brutalité dont il avait fait preuve avec elle, la violence de son comportement, ses paroles méprisantes vers Émeric, le cynisme et le machiavélisme de ses projets.

Émeric était-il au courant ?

—        Roland ? souffle-t-elle.

—        Je m’en fout de Roland, répond Quieterie.

—        Il savait, tu crois ?

La stagiaire ne répond pas.

Il savait.

Quieterie pose sa tête contre la sienne.

—        Il t’a dit quelque chose ?

—        Non.

Et elle passe son bras autour des épaules d’Aurélie.

—        Viens, on s’en va.

Le vent se lève

Le vent se lève.

Marine marche d’un pas soutenu, insensible au froid.

Insensible aux arbres autour d’elle.

Insensible aux feuilles mortes qui encombrent le chemin.

Perdue dans ses pensées, préoccupée, tourmentée.

Une affaire qui se complique et qui est en train de mal tourner.

Ce n’est pas son habitude.

D’ordinaire, elle y voit clair.

Il lui manque un élément.

Et elle se bute à un obstacle invisible.

Le vent forcit en brusques bourrasques et les branches nues des arbres s’agitent au-dessus d’elle.

Le vent.

Marine s’immobilise.

Elle se rappelle que, petite fille, elle parlait aux arbres. Qui lui répondaient par le chuchotement du vent dans les feuilles. Elle écoutait alors les paroles soufflées et y trouvait toujours un éclaircissement.

Elle se laisse tomber sur une souche et contemple le mouvement ample des ramures.

—      J’ai besoin d’un coup de main, murmure-t-elle.

Le ciel est bas et gris.

Il va pleuvoir.

—      Comment je me sors de là ?

Elle ferme les yeux.

Et elle écoute.

Elle perçoit la tension qui secoue son corps.

Elle inspire lentement.

Parvient presque à se détendre.

Apaisée par la tempête.

L’aboiement d’un chien tout proche la tire brutalement de sa torpeur.

Marine se lève précipitamment et manque de tomber.

Le cœur battant, la respiration courte, la vue brouillée.

La peur.

Elle avait oublié la peur.

Qui ouvre grand son manteau, tel un rideau de scène, et dévoile tout, sans prévenir.

Elle était juste une enfant de 7 ans.

Ratatinée, pétrifiée, tétanisée, prostrée.

Il y avait cet homme derrière elle.

Le vieux

Son haleine chargée.

Sa main sur sa nuque.

Sa bouche contre elle.

Son sexe en elle.

L’index sur les lèvres.

—      Chut, c’est notre secret.

Marine fait un pas, se tient la poitrine et vomit.

Et elle retrouve sa lucidité.

Le vieux a réveillé ses fantômes.

L’obstacle invisible.

La peur ensevelie sous les années.

C’est ce putain d’avocat qui lui file les jetons.

Avec son allure inaccessible et méprisante, son visage fermé.

Il lui rappelle le vieux.

Marine vomit une nouvelle fois.

Le poids des Démons.

Le vent se fait soudain plus fort et le sifflement strident des branches la réveille. Puissant antidote.

Elle crie.

Sa haine, sa rage, sa hargne.

Sa peur.

Sa colère.

Elle est folle de violence, fièvre frénétique qui la fait convulser.

La colère qui l’aveugle, la peur qui la fait regarder ailleurs.

Mais c’est bien qu’il faut regarder.

Marine lève les yeux vers les arbres qui remuent, là-haut.

Merci.

Elle rejoint sa voiture.

Se rend chez l’avocat.

Fondateur d’un grand cabinet.

Ancien ministre.

Conférencier à la Faculté de Droit et à Science Po.

Une pointure.

Fumier.

Elle franchit la porte.

Elle, la petite flic de rien, vient siffler la fin de la partie.

—      Vous êtes en état d’arrestation, articule-t-elle d’une voix tranchée, droite, face à son bureau.

L’autre se marre.

—      Rappelez-moi votre nom, déjà ?

—      Capitaine Marine Blanc.

—      Écoutez-moi, Mademoiselle Marine Blanc-Bec, rentrez chez vous et tout ira pour le mieux.

—      Vous êtes en état d’arrestation, répète Marine. Pour violence en bande organisée sur personnes homosexuelles et transgenres.

—      Sortez ! ordonne l’avocat qui se dresse et indique la porte de sa main tendue.

Il repousse son fauteuil et s’approche d’elle.

Ses yeux, lacs noirs terrifiants, déjections de venin torpide, tentent de l’anéantir.

La femme du haut de ses 38 ans, qui se tient debout, qui fait face, qui réconforte la petite fille de 7 ans, terrifiée, souillée, humiliée, écrabouillée.

Plus jamais

Plus jamais ça

Le regard déterminé, qu’elle veut froid et insensible, la posture tendue et ferme, la détermination farouche.

Mais elle le sait.

Elle le sent

En équilibre au bord de la falaise, bousculée par un vent violent, des pierres se détachant sous les pieds, la silhouette vacillante, Marine ne va pas tenir longtemps.

Trois policiers entrent à ce moment dans le bureau.

L’un d’eux, en civil, annonce d’une voix forte :

—      Tu avais raison Marine, c’est bien lui sur les photos. Et les empreintes correspondent, le labo est formel.

Marine recule de quelques pas et reprend son souffle.

Les mains qui lui serraient la gorge se détendent d’un coup.

Il était moins une.

Une bourrasque vient fouetter la vitre de la porte-fenêtre.

Il pleut.

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La rivière des sombres pensées, chapitre 4

— Madame Vintelli ?

Aurélie se retourne, passablement hérissée d’être interpellée même en sortant des toilettes.

Une jeune femme brune, vingt-cinq ans environ, plutôt petite, habillée cool basquets, jean et tee-shirt, se tient derrière elle, pas très à l’aise.

—        Je vous dérange ? demande la jeune femme.

—        Je… Oui… Non, répond Aurélie mal à l’aise à son tour.

—        Je suis Quieterie, une nouvelle stagiaire. Je suis arrivée hier. J’ai été très impressionnée par votre intervention ce matin. J’ai le pressentiment qu’Émeric aussi. Vous avez permis à chaque équipe de redémarrer. Bravo.

—        Merci à vous Quieterie. Mais c’est mon job.

—        J’espère un jour être à votre niveau.

Aurélie ne sait pas quoi répondre.

Il ne lui reste que quelques minutes pour boire un café.

—        Il n’y a pas de raison. Il faut que je vous laisse. À un de ces jours.

Quieterie s’efface pour la laisser passer et file aux toilettes.

Aurélie s’appuie sur le bar, commande un café et tourne la petite cuillère en regardant la mousse claire se dissoudre dans le liquide brun.

Elle a sommeil.

La vision de sa fille qui avance les bras tendus en pleurant, terrifiée par la disparition de sa mère dans les eaux déchainées, lui traverse l’esprit en même temps qu’elle observe les tourbillons de café.

Comment est-il possible de rêver de scènes aussi horribles.

Elle avale le café et se brule la bouche.

—        Merde ! marmonne-t-elle.

Elle est préoccupée par la réunion qui l’attend.

A envie d’une cigarette.

Et comme Quieterie repasse devant elle, elle l’attrape par l’épaule.

—        Vous fumez, Quieterie ?

—        Euh, oui. Vous voulez une cigarette ?

—        Avec plaisir.

Les deux femmes sortent dans la rue.

Le temps est resté couvert, mais il ne pleut plus.

Elles fument un moment en silence et Aurélie sent bien que la stagiaire ne la quitte pas du regard.

—        Je…, se lance la jeune fille.

—        Oui ?

—        Quand Émeric a émis l’idée que votre proposition sentait le vécu, que voulait-il dire exactement ?

Elle ne sait pas si elle a envie de parler de tout ça maintenant. Pourtant, quelque chose dans le comportement de Quieterie — de curiosité, mais aussi  de la délicatesse et de la finesse, rien de malsain, plutôt de l’empathie ou un truc dans le genre, elle n’a pas trop le courage de chercher —, quelque chose la pousse à se dévoiler.

—        J’ai rêvé cette nuit que je marchais avec mes filles sur un chemin glissant qui longeait une rivière en crue et qu’une de mes filles tombait à l’eau.

—        Oh, dit Quieterie en portant une main à sa bouche.

—        J’ai sauté à l’eau pour l’empêcher de se noyer, mais ma seconde fille, terrorisée, persuadée que je l’abandonnais est tombée dans la rivière à son tour. Et dans mon rêve, je ne sais pas laquelle sauver.

La jeune stagiaire ne dit rien. Mais une lueur douce dans son regard incite Aurélie à poursuivre.

—        J’ai repensé ce matin dans l’ascenseur à une scène qu’on m’a racontée. Lorsque j’avais trois ans, je jouais à l’arrière du voilier de mon père pendant qu’il bricolait. Il avait bu. Je suis tombé à l’eau en tentant de rattraper ma poupée et un jeune équipier en retard pour une régate m’a repêché. Un miracle qu’il soit passé par là à ce moment précis.

—        C’est incroyable !

Quieterie la dévore des yeux.

—        Votre père a dû se morfondre d’inquiétude.

—        Il a disparu en mer le lendemain.

—        Vous pensez qu’il…

—        On ne sait jamais rien avec mon père. Il est capable de tout.

—        Et vous ?

Aurélie lâche un petit rire gêné.

—        Moi ? Je fais des cauchemars quasiment toutes les nuits…

—        Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?

—        M’offrir une autre cigarette.

Quieterie lui tend son paquet.

—        On peut marcher un peu si cela vous fait plaisir, propose-t-elle alors.

Marcher ? Pourquoi pas !

—        J’ai une réunion avec le patron.

—        Peut-être que vous n’êtes pas en état.

Aurélie sourit.

Qui est-elle, cette petite minette, pour savoir si je suis en état ou pas ?

—        Vous pensez que mon état a une quelconque importance pour le patron ?

—        Je ne sais pas. Ce que je sens, c’est que si vous allez le rencontrer maintenant, il va sentir votre extrême situation de fragilité et qu’il va en profiter. Pas forcément pour votre bien.

Aurélie écrase sa cigarette en silence.

Puis, plus pour elle-même, elle murmure :

—        On ne fait pas toujours ce qu’on a envie.

Et plus fort, à l’attention de Quieterie :

—        Pour la balade, avec plaisir. Un peu plus tard.

—        Je vous attends ici, je ne bouge pas, promet la jeune femme.

Aurélie se penche alors sur Quieterie, elle serait bien incapable d’expliquer pourquoi, les hormones certainement, et l’embrasse.

Puis traverse la rue, entre dans l’immeuble et appuie sur le bouton 17 de l’ascenseur.

L’étage du patron de la société de production Les Jours d’Après est somptueusement décoré. On sent la puissance de celui qui a réussi, la fierté de celui qui a hissé sa société parmi les plus prestigieuses.

La secrétaire introduit aussitôt Aurélie dans le bureau de Guillaume Vuarnet-Guichard, surnommé GVG dans le petit monde de la production, ou TGV, selon qu’on admire la trajectoire fulgurante de son succès.

Introduit est l’expression appropriée à la situation ubuesque qui suit le moment où la scénariste en chef d’Émeric franchit la porte.

Direct, rapide et pressé comme le train qui fait l’orgueil de la France, GVG accueille Aurélie et lui entoure l’épaule avec son bras

—        Je tiens à vous féliciter Aurélie !

—        Merci.

—        Vous avez sauvé la série !

—        N’exagérons pas.

—        Vous êtes modeste, cela est tout à votre honneur. Mais vous avez remarqué comme moi dans quel état de fatigue et d’usure se trouve Émeric depuis quelques temps !

Aurélie ne répond pas.

Vuarnet-Guichard passe à l’attaque :

—        Il ne va pas tenir jusqu’à la fin de la saison. Je souhaite que le remplaciez.

—        Mais c’est impossible, c’est sa série, c’est son texte, son bébé.

—        Rien n’est impossible ma chérie. Il va tout faire capoter avec son délire de fin titanesque. On s’en branle de ses obsessions. Il faut finir, c’est tout.

Il passe son doigt sur la joue d’Aurélie, le regard soudain lubrique.

—        La série ne lui appartient pas. Elle appartient à la société. C’est-à-dire qu’elle m’appartient. J’en fais ce que je veux, je la confie à qui je veux, vous voyez ce que je veux dire ?

—        Je…

À ce moment, GVG, se plante devant elle, les deux mains posées sur le bas de son dos.

—        Ne soyez pas timide, vous n’avez qu’un mot à dire.

Et il plaque son bassin contre elle.

Elle perçoit aussitôt l’érection de son patron, l’excitation de celui trop habitué à ce que rien ni personne ne résiste. Elle sent les doigts descendre sur ses fesses, la respiration rauque la souiller, les lèvres sales sur les siennes.

Elle n’a que le temps de gifler durement Vuarnet-Guichard. Celui-ci, éberlué, ouvre de grands yeux surpris, mais son visage se referme immédiatement, vibrant de colère.

—        Viens ici ! ordonne-t-il. Je vais te baiser et tu prendras la direction de la série.

—        Jamais je ne trahirais Émeric.

—        Tu n’es qu’une imbécile sans cervelle.

—        Vous n’êtes qu’un mufle odieux.

—        Allez, ça suffit, dégage !

Et Aurélie se retrouve dans l’ascenseur, la mine défaite, des torrents de larmes dévalant ses joues en coulées sombres de maquillage, la bouche râpeuse, priant pour que Quieterie soit encore dans la rue à l’attendre.

la rivière des sombres pensées, chapitre 3

—        Ah, Aurélie, tu es là !

Émeric, le regarde vide, les traits défaits, vautré sur son fauteuil en cuir vide sa tasse de café.

Tout le monde est là.

La tension est palpable.

—        Reprends où on en était, s’il te plait, poursuit Émeric.

Aurélie reste debout. Elle pose les deux mains sur la grande table ovale, doigts bien écartés, inspire, le regard concentré sur le tas de feuille noircies qui encombrent le centre du plateau et sourit.

Dans un discours concis, elle résume les idées générales du scénario de la série en cours. Les personnages, les crises, les enjeux. Elle énonce ensuite les différents points de blocage, les propositions, les idées qui avaient été évoquées.

Elle rappelle les règles. Écouter, écrire, attendre son tour. Et surtout, aucun commentaire.

Émeric allume une cigarette.

Personne ne pense à lui reprocher son geste.

Aurélie sait qu’il a tout donné à cette série. Septième et ultime saison. Derniers épisodes. Il veut que la fin éclate en une apothéose magnifique dont le monde entier se souviendra pendant des décennies.

OK.

Mais rien ne lui convient.

Aucune idée n’est assez pittoresque, originale ni digne d’une fin.

Rien est assez bon.

Émeric, showrunner de génie, épuisé, vidé, squelette amaigri, ombre de lui-même, consumé par l’excitation et la tension, dévoré par le succès, transformé en dictateur impitoyable, paralyse son équipe par sa déchéance et par son effondrement.

Il est temps que tout ça finisse.

L’envie — qui a dynamité les codes du genre en France, soulevé des montagnes, dressé des armées, suscité tant d’énergie et d’épisodes fabuleux —, l’envie n’y est plus.

Aurélie détaille chaque acteur de cette fabuleuse machine à écrire aujourd’hui en panne.

Émeric, le commandant, à un bout de la table, dirige l’écriture d’une poigne de fer, Aurélie, sa précieuse assistante, à ses côtés. À gauche, les assistants de production, silencieux. À droite, le coordinateur d’écriture. Suivent les auteurs d’épisodes, les dialoguistes, les auteurs junior qui rédigent les scènes et les stagiaires. En tout vingt-six personnes au service du scénario.

Vingt six personnes embourbées dans le marais d’une situation crispée d’où ils ne parviennent pas à s’extraire.

Roland, le coordinateur, celui qui a tout noté, chaque mot depuis huit longues années, la mémoire de la série demande la parole.

Émeric fait un geste du menton.

—        Notre héros, le Capitaine de Police Delisse, après l’erreur qu’il a commise se retrouve donc mis à pied par sa hiérarchie, lâché par ses collègues qui ne supporte plus sa morve, sa violence et son sale caractère, rejeté par tous, vomi par sa famille, au plus bas physiquement, au bord du gouffre. Il ne vit plus que la nuit, refusant de sortir le jour.

S’adressant à l’équipe, il poursuit :

—        On le remonte ou on le coule ?

Certains y verront un cliché un peu éculé.

D’autres devinent Émeric lui-même derrière l’image du vieux flic aculé.

Aurélie, elle — c’est décidément la journée des visions — y décèle des traits paternels. Son père, lui-même Commandant à la Brigade des Mœurs, pris en train de dealer la drogue qu’il avait saisit la nuit même, son père déchu, viré de la Police comme un paria, son père ivre qui ne sort plus de chez lui sauf pour aller bricoler sur son bateau. Jusqu’à la noyade ratée de sa fille. Jusqu’à sa disparition en mer en lendemain.  

Aurélie poursuit alors, comme se parlant à elle-même :

—        Delisse décide de se rendre au port pour rencontrer un vieux copain, probablement la dernière personne à qui il peut encore parler. Ils boivent un verre. Delisse va ensuite se balader vers les bateaux, s’avance sur un ponton passablement ivre. Arrivé à la hauteur d’un voilier vieillot, il regarde une petite fille qui joue seule dans le carré arrière. Elle brandit sa poupée par-dessus bord et se fait peur en faisant semblant de la lâcher. La poupée tombe par maladresse et la gamine, affolée, se penche pour tenter de la rattraper. Elle se penche tellement qu’elle tombe à la mer à son tour. Elle se débat mais coule inexorablement. Delisse n’a que le temps de la repêcher par le bras et la remonte sur le ponton, trempée et hurlante. Il croise alors le regard du père de la fillette qui se précipité, terrorisé, sa détresse gravée sur les traits, la quasi-folie au fond de ses yeux. Le père le remercie mille fois, prend sa fille dans ses bras, lui abandonne le voilier et s’éclipse, l’assurant ne jamais pouvoir s’approcher à nouveau de la mer. Delisse va apprivoiser le bateau, apprendre à le manœuvrer et à le sortir par tous les temps — l’occasion de magnifiques images de tempête. Il va ainsi se confronter au plus noir de lui-même et va comprendre sa véritable erreur.  

Silence dans la salle.

L’émotion qui transparait dans la voix d’Aurélie bouleverse l’assemblée.

—        Ça sent le vécu ton truc, non ? lâche Émeric.

Il déplie sa grande carcasse, fait le tour de la table, se perd dans la contemplation de la pluie qui tambourine contre la vitre.

Puis il se retourne et dit :

—        OK, ça peut marcher, on rebondit sur le coup du voilier et on termine en beauté.

Aussitôt, toute l’équipe se remet en branle, excitée et fébrile, comme si elle attendait le coup de sifflet du chef depuis trop longtemps, les idées fusent et le coordinateur sourit.

—        Vous allez l’avoir votre fin en feu d’artifice, je vous le garantis !

La rivière des sombres pensées : épisode 2

D’aussi loin qu’elle se souvienne, Aurélie a toujours ressenti une certaine appréhension pour l’eau.

Mais ce matin, le sentiment qui l’anime est plutôt de l’agacement. Une pluie diluvienne et discontinue s’abat sur le pare-brise de son véhicule. La visibilité est réduite, tout comme la vitesse sur la voie rapide. Ni le balai vigoureux des essuie-glaces ni la climatisation ne réussissent à venir à bout des trombes d’eau et de la buée qui envahissent les vitres.

Bien entendu, Aurélie est en retard.

Mal remise de sa mauvaise nuit, la fatigue lui serrant les tempes et la nuque, peu efficace pour réveiller ses filles, les aider à s’habiller, préparer les petits déjeuners et les affaires de la journée, trempée une première fois pour rejoindre la voiture, puis une seconde en poireautant devant la porte de l’école primaire fermée depuis cinq minutes, la main crispée sur la sonnette, regard exaspéré du directeur — entrez les filles, allez, dépêchez-vous —, elle subit maintenant les assauts de la pluie et les lenteurs de la circulation.

Elle ne supporte pas les plaintes du monde à la radio et éteint.

Seuls les couinements des essuie-glaces rythment le silence de l’habitacle.

Elle repense aux paroles de sa fille Héloïse, ce matin, la bouche pleine de céréales.

—        J’ai rêvé cette nuit qu’on allait chez Tonton Pierrot et qu’on croisait la méchante de la Petite Sirène, tu sais, celle qui lui vole sa voix. Elle tombait de ma bouche. Et il y avait aussi Clara. Elle lisait un livre blanc marqué de lettres noires U L I A. C’était un livre sur les muets.

Aurélie avait écouté distraitement le bavardage d’Héloïse, davantage préoccupée par la gestion et l’organisation du temps.

Le rêve de sa fille lui revient — allez savoir pourquoi maintenant. Entre les gerbes d’eau soulevées par les voitures, les halos rouges des freins, la lumière grise qui peine à éclairer la double voie, le lien entre la voleuse de voix, la chute de la bouche et le livre traitant des muets lui apparait comme une évidence.

Les rêves.

Le langage des rêves.

Elle sourit, attendrie une nouvelle fois par ses filles. Puis son sourire disparait, remplacé par les regrets, honteuse de ne pas leur consacrer plus de temps, sans cesse assaillie par le quotidien, fatiguée, de mauvaise humeur, incapable de dégager un moment à passer avec elles.

Les premiers contreforts sombres de la ville se dressent dans la grisaille et la coupent dans ses ruminations.

Son bureau n’est plus loin maintenant, la prochaine sortie, 100 mètres sur la gauche, parking souterrain, enfin à l’abri du déluge, trouver une place, laisser la voiture dégoulinante.

Les Jours d’Après Production

Ascenseur, 13e étage.

Pas peur de la superstition dans cette boite, pense-t-elle à chaque fois.

Et dans cette cabine transparente, travelling vertical rapide, capsule qui quitte la terre et la boue pour atteindre les étoiles, une vision la traverse. Le bateau de son père, un voilier vieillissant de 15 mètres, amarré à son emplacement dans le port de Fécamp. Et elle, petite fille de 3 ans à peine, jouant avec ses poupées dans le carré arrière. Que se passe-t-il exactement ? Une poupée bascule-t-elle à l’eau ? Elle n’a que les suppositions et les interrogations désolées de son père, occupé à régler les retours de drisse sur le pont avant. Aurélie tombe à l’eau, se débat et coule secrètement.

Elle ne doit sa survie qu’au passage d’une jeune régatier qui, sans réfléchir, se précipite, s’allonge, plonge le bras dans l’eau pour la saisir et la repêcher, la relève et la remet sur pied, rincée, les yeux débordant d’effroi et d’incompréhension. Et puis son père qui saute sur le ponton, blême, tremblant, la serrant contre lui, oubliant d’en remercier le jeune garçon.

La discrète sonnerie annonce l’arrivée au 13e étage.

Aurélie sort de l’ascenseur et, sans un regard vers l’immense affiche du dernier film qui trône dans le hall et fait la fierté de la société de production, emprunte un couloir sur la droite et pousse une porte sur laquelle est inscrit SCÉNARISTES en lettres jaunes.

La rivière des sombres pensées – épisode 1/3

Ce n’est pas possible.

Pas comme ça.

Ça ne peut pas se finir comme ça.

Ça suffit.

Aurélie ouvre des yeux hagards, effarée, la respiration courte et rapide. Des ombres courent sur le plafond. Ce ne sont que les feuilles du micocoulier du jardin agitées par le vent.

La chambre est calme.

La place d’ordinaire occupée par Côme, son compagnon, est vide.

Elle se redresse sur un coude.

Son cœur bat à tout rompre et son tee-shirt est trempé de sueur.

Le vent frémit dans les branches de l’arbre. Aurélie retrouve ses esprits lentement. Côme travaille cette nuit, il est de garde à l’hôpital. Tout est silencieux dans la maison.

Aurélie sait que cette fois elle ne va parvenir à se rendormir.

Elle se lève et se dirige dans le couloir à tâtons vers les chambres de ses deux filles. La première porte est celle d’Élise. Elle l’ouvre doucement et aperçoit le visage de sa fille faiblement éclairée par la lueur de la veilleuse. Aurélie s’approche jusqu’à entendre la petite respiration tranquille et sereine. Rassurée, elle s’éloigne, un sourire attendri sur les lèvres. Héloïse dort paisiblement elle aussi.

Aurélie est maintenant tout à fait réveillée et elle descend l’escalier pour se rendre à la cuisine. Elle sent la fraicheur du carrelage sous ses pieds nus, attrape un verre qui sèche près de l’évier et fait couler l’eau au robinet pour le remplir.

Pas encore tout à fait apaisée, elle s’assied à la table ronde et boit à petite gorgée, le regard perdu dans la pénombre du jardin à travers la baie vitrée.

Elle ne compte plus le nombre de fois que ce cauchemar vient la hanter.

Mais ce soir — est-ce l’absence de Côme ? — l’impression d’épouvante été si réelle qu’elle a du mal à se remettre de cette vision.

Aurélie marche le long d’une rivière en crue dont les eaux boueuses tourbillonnent en rapides effrayants. Le chemin est glissant et elle tient ses deux filles fermement par la main. Pourtant, à chaque fois, une des filles lui échappe, s’approche des eaux tumultueuses, glisse et tombe, immédiatement emportée par le courant. Aurélie hurle de terreur et se retrouve dans une situation impossible. Elle s’apprête à sauter à l’eau pour secourir son enfant entrainée par la rivière et l’empêcher de se noyer. Mais cela signifie abandonner son autre fille seule sur la berge dangereuse avec la certitude qu’elle va à son tour, sous l’effet de la panique, riper et basculer dans les rapides.

Et comme elle ne peut pas laisser sa première fille se noyer, elle ordonne à sa seconde fille de ne pas bouger, de s’assoir, de l’attendre. Elle se jette dans la rivière et, se retournant pour s’assurer que son enfant est en sécurité, voit son angoisse se réaliser. La petite, affolée, en pleurs, l’appelant de toutes ses forces, les bras tendus vers elle, s’approche des tourbillons, glisse et disparait dans les flots.

Aurélie se noie dans la folie et l’horreur. Toujours les mêmes questions : laquelle de ses deux filles secourir ? A-t-elle bien fait de sauter ? Va-t-elle perdre ses deux filles alors qu’elle aurait pu en préserver une ? Qu’aurait-elle du faire ?

L’angoisse emporte sa raison et elle se réveille la bouche pleine d’un cri silencieux, les yeux terrifiés, le cœur battant, les cheveux collés de sueur, le ventre tordu de douleur.

Elle se réveille et constate avec un vif soulagement qu’elle rêve, qu’il n’y a pas de rivière, qu’elle est dans son lit.

Elle peut respirer lentement, profondément.

Scrutant l’obscurité, elle se demande pourquoi s’inflige-t-elle un tel cauchemar ? Pourquoi se placer dans une situation aussi horrible ?

Et vient alors la question : que ferait-elle en vrai ? Laquelle de ses filles choisirait-elle de sauver ?

Une amie psychologue lui a expliqué il y a quelques jours que les rêves distillaient des messages issus principalement notre propre pensée. Et que dans le cas de ce cauchemar, il y avait lieu de s’interroger sur la signification de la rivière en crue, des enfants qu’elle tient par la main — en psychanalyse, il ne peut pas s’agir de ses filles, mais de segments d’elle-même, des fractions de son histoire —, se questionner sur la nature du choix à faire et qu’elle seule, Aurélie, possédait les clefs de l’interprétation des divers éléments du rêve.

Aurélie pose le verre vide sur la table.

Elle réfléchit, cherche, mais ne comprend pas ce que son esprit essaie de lui envoyer comme message. Elle ne saisit pas ce qui se joue derrière la perte de ses filles, ni pourquoi son cerveau s’adresse à elle avec cette métaphore horrible. Est-ce la représentation d’une partie d’elle qui meurt, d’un changement dans sa vie — mais elle ne voit pas lequel —, d’une peur issue de sa petite enfance ? La rivière sombre et tumultueuse symbolise-t-elle le cours de sa vie, précipitée, bousculée, menée au pas de course, sans jamais avoir le temps, dans un sentiment d’angoisse et perte de contrôle où elle s’épuise avec résignation ?

La pendule de la cuisinière indique 04 :14.

Une douleur d’anxiété dans la poitrine lui rappelle la densité de la journée qui l’attend et Aurélie décide de différer ses réflexions à plus tard et de retourner se coucher.

Le moustique sera-t-il le facteur d’extermination de l’humanité ?

1-Avez-vous déjà vus des animaux lutter contre des nuées de moustiques pour finir épuisés, lâchant prise, s’abandonnant aux insectes qui les vident de leur sang ? — ça me glace le sang rien que d’en parler.

Depuis que l’ouragan Laura a ravagé le sud du pays fin août dernier, le nombre de moustiques y a explosé. Au point de créer de véritables nuages d’insectes ravageurs.

En Louisiane, ces nuées de moustiques tuent le bétail, rapporte le Huffpost. Au total, entre 300 et 400 bovins auraient été perdus, des dizaines de cerfs et de chevaux, selon Craig Fontenot, un vétérinaire pour grands animaux, basé dans la région touchée.

Pour venir à bout d’un cheval ou d’un cerf, les moustiques rassemblés en essaims piquent sans relâche la bête jusqu’à ce qu’elle se vide de son sang. Épuisé à force de bouger constamment pour chasser les milliers d’insectes, l’animal finit par abandonner et, allongé sur le sol, il se laisse dévorer par les moustiques jusqu’à son dernier souffle.

Les bêtes qui survivent doivent également faire face à de nombreuses séquelles. Plusieurs vaches en gestation ont par exemple perdu leurs veaux à cause du stress provoqué par ces attaques.

2-Pourquoi certains moustiques sont-ils plus virulents que d’autres ?

Sur des milliers d’espèces de moustiques, seules quelques-unes aiment piquer les humains, et même au sein d’une espèce, les insectes ont des préférences différentes.

Les scientifiques ont constaté que les moustiques qui apprécient le plus les humains ont tendance à venir de régions au climat sec et à la population humaine dense. Cela s’explique par le fait que les humains fournissent l’eau dont les moustiques ont besoin pour se reproduire.

Ces insectes prospèrent pendant la saison des pluies, mais doivent ensuite trouver un moyen de survivre durant la saison sèche. L’eau stagnante, essentielle à leur reproduction, est difficile à trouver dans les environnements extrêmement arides. Mais elle est présente autour des populations humaines, qui stockent l’eau pour vivre, et les insectes des régions arides ont donc évolué pour profiter de la situation.

Les résultats de ces études, combinés aux données climatiques et démographiques des Nations unies, suggèrent qu’il y aura plus de moustiques piqueurs en Afrique subsaharienne d’ici 2050, principalement à cause de l’urbanisation.

3-les moustiques piquent -ils tout le monde de la même manière ?

J’ai appris dans mes études médicales qu’en fait, les moustiques piquent tout le monde. Mais que chacun n’était pas allergique de la même manière aux enzymes anticoagulantes que le moustique injecte pour fluidifier le sang et pouvoir mieux l’aspirer.

Ici l’auteur développe une théorie des odeurs, croisement de génétique et des bactéries présente sur notre peau.

Pourquoi pas ?

http://www.slate.fr/story/149208/pourquoi-moustiques-certaines-personnes

4-Une amie, qui n’en pouvait plus de se gratter suite à un dîner dans notre jardin — infecté de moustiques tigres depuis 3 ans environ — arrivait à la conclusion suivante : je suis certaine que c’est le moustique qui viendra à bout de l’humanité.

Eric Orsenna a écrit un bouquin : la géopolitique du moustique que je n’ai pas lu. Je ne sais donc pas s’il apporte une réponse à cette question !

Hommes volants

Pour le plaisir et le frisson de voir — ou revoir — ces images.

Merci les dingos qui font ça.

Le départ, avec un gros cœur pour se lancer, le passage au-dessus de la ferme, le défilé étroit du vallon, la cascade ! Waouh !

J’adore les images de montagne, génial.

Mais, perso, je préfère la rando. Et si j’adorerais les accompagner dans la montée à pied — où en hélico s’ils en ont les moyens, et ils doivent les avoir aux vues du nombre de GOPRO qu’ils embarquent chacun, à moins que ce soit en fonction du risque pris —, et choisirai de redescendre à pied.

Rien de tel que le vent dans les feuillages, les cloches des vaches, le bruit des ruisseaux et des cascades, l’odeur des fermes et des prés au soleil. Tans pis pour les courbatures !

(lien sur la dernière image)

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Comment le LOUP, doté d’une grande capacité d’adaptation vole au secours de la flore et de la faune ?

Tout d’abord, je souhaitais vous présenter une BD — parue dans TOPO, l’actu dessinée pour les moins de 20 ans (et les autres), num de sept.oct 2020 — qui m’a fort interpelée. L’introduction du loup comme prédateur d’animaux qui n’en ont plus, cervidés et sangliers chez nous, wapiti et coyotes aux Amériques serait non seulement un retour à l’équilibre pour les populations de grands animaux mais aussi un facteur de création de biodiversité dans la faune.

Très intéressant.

Le deuxième texte est issu d’un site que j’aime beaucoup, La relève et la peste, et traite du même sujet ! comment l’introduction d’un prédateur est source d’équilibre et de régénération de la flore. La réintroduction du loup comme prédateur vient donc directement en conflit avec l’activité des chasseurs, actuellement seuls garants du contrôle des cervidés et sangliers.

Autre que la chasse est dangereuse, imbécile, criminelle, elle n’est pas la réponse à la prolifération d’animaux comme certains aimeraient nous le faire croire. La chasse reste tournées vers les seuls intérêts des chasseurs.

A l’inverse, les associations de protection des animaux, comme cette étude scientifique, militent pour favoriser le retour des prédateurs naturels grâce à la mise en place de continuités écologiques entre les territoires, et surtout « une réforme majeure et en profondeur du monde de la chasse en France, dont la gestion de la faune sauvage est tout entière tournée, non pas vers la nature, mais vers les seuls intérêts des chasseurs qui, en se targuant d’être les « premiers écolos de France », sont en réalité davantage des ennemis de la biodiversité » comme le dénonce l’ASPAS.

Je ne peux pas m’empêcher de finir par un réquisitoire contre la chasse, que les chasseurs ne m’en, tiennent pas rigueur et que les autres peuvent sauter si ils pensent — probablement à juste titre — que cette lecture à charge desserve mon propos.

OK ?

On y va pour la BD :

POURQUOI A-T-ON DÉCIDÉ DE PROTÉGER LE LOUP EN FRANCE ?

— P54-64 —

Camille Belsoeur et Emmanuel Moynot

«  Si on enlève une pièce d’un avion, il continue de voler. Si on enlève plusieurs, c’est le crash. »

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L’article de La peste et la relève

En voici quelques extraits :

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Et enfin la charge — facultative, vous l’avez compris — contre la chasse :

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