Belle surprise cette après-midi.

« Étude de la structure classique d’un standard de jazz.« 

La plus classique est AABA, c’est-à-dire 4 blocs de 8 mesures dont la phrase A est jouée deux fois, puis une phrase B et enfin une phrase A et ainsi de suite.

La tête de mon fils de 13 ans devant ce texte.

Les yeux désespérés.

—              Oh non Papa, pitié, pas ça.

On écoute Body and Soul interprété par Coleman Hawkins et on compte les secondes comme mentionné sur sa fiche de cours. Effectivement, on repère les phrases A et B qui se répètent.

Puis on passe à l’exercice de retrouver si la structure AABA est présente dans les chansons suivantes : I got the rhythm par Django Reinhardt, The man I love par Billie Holliday, Take five par Dave Brubeck, Jordu par Clifford brown, Three to get ready par Dave Brubeck et Boby and Soul par Esperanza Spalding ( incroyablement beau )

Alors au début, mon fils regarde dans le vague, le front sur la table.

Puis, il se passe quelque chose.

Il écoute vraiment, entend les phrases. Et c’est génial.

Au bout d’un moment, tout de même, il se tourne vers moi et me demande :

—              Tu aimes vraiment cette musique ?

—              J’adore !

Et c’est vrai. J’adore.

—              Et toi ?

—              Bof.

Mais il s’est intéressé. Quelques instants. Il a écouté et entendu.

Cool, je suis trop content.

Après on écoute What a wonderfull Word  par Louis Armstrong en 1967 et mon fils éclate de rire devant les mimiques du grand Louis et je lui explique que tous les chanteurs grimacent comme ça, c’est ça chanter. Forcément, dans le rap, on a trop honte d’articuler pour chanter vraiment et les gestes ne sont pas les mêmes.

Dans sa leçon, il est aussi question de Chaconne en Fa mineur de PACHEBEL, magnifique. Bon, là il décroche un peu. Et puis le Te Deum de Charpentier et c’est la poilade. Faut dire que le Te Deum après Chaconne en fa mineur, ça envoie du lourd !

—              Allez, un dernier truc.

—              Oui, mais vite !

La vie de Louis Armstrong.

« Né en 1901 à la Nouvelle Orléans…. » On s’arrête en 1922, quand Louis enregistre ses premiers albums à Chicago.

Bon.

C’est déjà pas mal, non ?

P O I S S O N   D’A V R I L ! ! !

Même pas !

Même pas !

Même pas !

Son prof de musique se décarcasse et je vous joins le lien padlet de tous les documents si vous voulez chercher vous aussi la structure des morceaux cités ci-dessus ou (ré)écouter toutes ces musiques magnifiques, propres à égayer un morne après-midi de confinement. La musique a ce pouvoir de nous transporter ailleurs.

https://padlet.com/emroujan/5chapitre3

Mais pas longtemps, malheureusement.

Parce que le temps d’écrire ces quelques phrases et le voilà parti dans la chambre de sa petite sœur pour la faire hurler et enrager. Pour le coup, c’est moi qui hurle — vous avez remarqué à quelle vitesse circule la rage ? Bien plus rapidement qu’un virus… —. Mon fils accuse ma fille de lui avoir volé son chausson…

Volé son chausson.

Grave…

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