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Après, plus tard, pas maintenant, la flemme, pas envie, trop crevé, …

11h30, j’appelle mon fils de 13 ans pour qu’il descende faire son travail en Arts plastiques. Thème, « se mettre au vert », 5 pages de consignes avec des dessins, des modèles, des notions, Guiseppe Penone qui explique sa sensibilité particulière aux effets réciproques entre hommes et nature. Ça me donne trop envie, j’ai plein d’idées.

—   Non, je ne peux pas descendre.

—   Pourquoi ?

—   Parce que je ne peux pas.

—   Quand, alors ?

—   Après.

Après, plus tard, pas maintenant, la flemme, pas envie, trop crevé, …

La prof a fourni des œuvres de Penone, des photos de Yann Arthus Bertrand et des reproductions de Douanier Rousseau. Je trouve ça chouette. Je m’aperçois que c’est trop cool d’être élève, d’apprendre, d’approfondir, de créer. J’adore l’histoire et j’ai envie de m’y plonger, j’adore la géopolitique, je vois avec admiration ma fille apprendre les sons et les nombres, et je regarde avec dépit mon fils de 13 ans mépriser les notions d’identité légale et personnelle en EMC — il ne comprend ni l’intérêt ni le sens d’apprendre ça, moi je trouve ça extra —, détester les volcans en SVT — ça l’emmerde profondément, moi je regarde avec intérêt les vidéos sur les volcans effusifs et explosifs, les schémas, l’apparition des îles plates ou iles pointues, la tectonique des plaques, les évolutions de notre terre. Lui, il s’en cogne…

Je ne comprends pas.

J’ai été certainement comme ça.

C’est maintenant qu’il faudrait que j’aille à l’école, c’est maintenant que je suis ouvert et que j’ai envie d’apprendre, de lire, de découvrir, d’aller plus loin, de creuser.

Ils ont toute la journée pour travailler, se cultiver, approfondir, reprendre, lire, écouter, regarder…

Après, plus tard, pas maintenant, la flemme, pas envie, trop crevé, …Ils ont envie d’école buissonnière, de liberté, d’aller voir leurs copains, de se marrer, de faire des conneries.

Qu’on les laisse tranquille.

Mais ce n’est pas possible, les enfants, pas possible !

—   C’est bien toi, ça. Toujours trop rigide, rabat-joie, pas marrant.

Qu’est-ce qu’ils font alors ?

Ils communiquent avec leurs copains.

Ils se gavent de vidéos débiles.

Ils jouent beaucoup.

Hier, ils sont allés tous les trois faire du vélo.

Et moi, qu’est-ce que je fais ?

Je régresse, fais des lignes d’écriture avec ma fille de CP, joue aux Mille Bornes, lis des histoires de ‘Mes premiers j’aime Lire’, joue aux Playmobil, cherches les 7 différences, trouve des rébus, raconte des blagues, regarde le vent qui agite les jeunes feuilles de notre tilleul…

Qu’est-ce que je vous raconte ?

Est-ce que je vous raconte que ma fille de presque 17 ans nous demande tous les jours – même plusieurs fois par jour – de la laisser rejoindre un copain dont les parents viennent de partir se confiner a la montagne (sic!)?

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Est-ce que je vous raconte que mon épouse est de plus en plus stressée en allant a l’hôpital?

Est-ce que je vous raconte que les infirmières de pneumologie de l’hôpital n’ont pas de masque?

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Est-ce que je vous raconte que mon épouse a signé le manifeste des médecins appelant à de plus fortes mesures de restriction? Et que du coup, elle ne m’accompagne plus lors de mes courtes promenades du soir.

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Est-ce que je vous raconte que ma fille de 7 ans dort mal, est hyper stressée, a mal au ventre, ne supporte pas d’être seule…

Ils m’ont eu…

Ils m’ont eu…

Au risque de vraiment vous lasser, j’aimerais tout de même vous raconter ce qui s’est passé hier en fin d’après-midi.

—           Les garçons, supposons que vous sortiez voir vos copains avec vos trottinettes. C’est bien entendu une simple supposition, une hypothèse qui n’aura jamais lieu. Mais supposons donc que vous sortiez, est-ce que vous resteriez loin de vos copains ?

—           Ben oui bien sûr, on est pas bête, on a compris.

—           Ok. Est-ce que vous échangeriez vos trottinettes ?

Silence.

—           Est-ce que vous prêteriez la trottinette que vous avez amenée de la maison à un copain ?

—           Ben oui.

—           Et ensuite, est-ce que vous rapporteriez la trottinette à la maison ?

—           Ben oui.

—           Même si votre copain l’a touchée ?

—           Ils sont pas malades nos copains !

—           Comment tu le sais ?

—           Ben ça se voit.

—           Et pourquoi vous sortez avec vos copains alors que je vous l’ai interdit ?

—           On est pas sorti.

—           Vous êtes pas sorti ?

—           Qui te l’a dit ?

—           Peu importe. Vous êtes sortis ?

—           On n’en peut plus, tu comprends ? On n’en peut plus !

—           Mais si je comprends…

—           Toi aussi, tu étais dehors !

Eh oui, moi aussi j’étais dehors.

Profitant de cette belle fin de journée pour aller me balader avec mon épouse et mon chien.

Mon chien qui tourne en rond et commence à creuser des galeries dans le jardin. Bientôt, on va pouvoir vivre sous terre.

—           Je sais, j’étais dehors.

Je réfléchis.

—           On t’a proposé de venir avec nous.

—           Mais c’est pas avec vous qu’on a envie d’être. Vous, on vous voit toute la journée. On a envie d’être avec nos potes ! Avec nos potes !

—           Je comprends. Je comprends très bien.

—           Tu ne comprends rien du tout. Tu t’en fiches de tes potes !

Je m’en fiche de mes potes ?

—           Pas du tout. On s’appelle, on fait des visios, des skypes.

—           C’est pas pareil.

—           Non, ce n’est pas pareil. Mais c’est déjà pas mal.

—           Laisse-tomber, j’en ai marre.

—           Je ne vous empêche pas de sortir, je vous empêche de voir vos copains. Parce qu’on essaie collectivement de lutter contre la propagation du virus. Et qu’en voyant tes amis, tu risques de transmettre le virus.

—           Je veux voir mes potes.

—           Tu ne peux pas.

—           Pourquoi ?

—           Parce que.

—           Parce que quoi ? C’est pas ma faute si on réduit le nombre de lit en réanimation depuis 20 ans malgré les appels au secours des professionnels de santé, ce n’est pas ma faute si on transforme le système de soin en industrie du soin, pas ma faute si les gouvernements successifs n’ont jamais imaginé une probable épidémie issue des conditions ignobles d’élevage des animaux, pas ma faute s’ils ont bazardé toute la réserve de masque constituée après la menace H1N1 que tout le monde a oubliée – mettant en danger des milliers de soignants, pas ma faute si les hautes autorités n’ont pas remarqué que les Coréens et les Chinois avaient développé des millions de kits pour organiser un dépistage massif au sein de leur population et que nous n’avons – nous, Français, champions du monde de la connerie, rien fait, nous contentant de ricaner bêtement sur les tribulations de ces imbéciles de fourmis chinoises, pas ma faute s’ils n’ont pas d’autres moyens pour sauver leurs fesses que de déclarer la guerre et de confiner leur population docile et soumise à une mesure démente, pas ma faute si personne n’a les couilles de leur rentrer dans le lard, à ces incompétents qui se prennent pour des chefs de guerre, mais qui n’obéissent qu’aux ordres du CAC40 et à leurs propres intérêts, aux ordres de tous les prédateurs de notre pauvre planète, pas ma faute si la planète se venge en tentant de se débarrasser de cette humanité stupide, cupide, aveugle et méchante. C’est ça en fait. La terre lutte contre cette épidémie d’hommes et de femmes qui se répand sur toute sa surface, la souille, la détruit, la gâche. Elle lutte contre le cancer qu’est cette saleté d’humanité.

Bon, mon fils n’a pas dit ça exactement comme ça.

Il a résumé par un simple :

—           J’en ai rien a foutre de votre virus.

La leçon du quatrième jour

Quand le maître s’est levé tôt, qu’il s’est bien préparé, qu’il a tout anticipé, que son travail est prêt, alors l’école à la maison se passe bien. Mais à la première relâche, au moindre accroc, à la moindre défaillance ou ralentissement informatique, et tout part en couille.

Hier, à huit heures.

L’ENT fonctionne.

Seul devant mon ordinateur – les élèves dorment à poings fermés – je relève minutieusement chaque devoir. Je fais des captures d’écrans de chaque consigne – recopier le cours d’histoire géo, répondre aux questions par écrit, compléter par écrit les fiches de français, dictée orale en espagnol. Puis je fais des dossiers à chaque nom, à chaque date. Puis je les transferts sur mon cloud pour pouvoir les ventiler sur les différents ordis de la région, tablettes du collège, ordi portable. Ce qui me prend 1 heure.

Et cette fois, début des devoirs à 11h.

–             Ah non, moi je les fais cette après-midi.

–             Oh la flemme, on verra cette après-midi.

Rien du tout.

11 heures. Retentissement de la sonnerie. Les élèves rejoignent mollement leurs rangs.

J’installe ma fille de CP dans le jardin. On commence par les mots outils de lecture – c’est, sur, dans, sans –, puis écriture. Pendant qu’elle écrit, je monte dans la chambre de mon fils de 15 ans. Je lui ouvre le cloud et lui explique ce qu’il a à faire.

–             Fais-moi confiance, je le fais dans la journée.

–             Ok, on essaie.

Je passe voir la classe de CP. Ça écrit sagement. OK.

J’installe mon fils de 13 ans sur l’ordi. Lui indique les consignes. On nage encore dans les hydrocarbures.

–             Ça, je le fais tout seul

Recopier les bilans. OK.

–             Ça, on le fait ensemble.

Répondre aux questions.

Entre temps, les CP ont fini.

–             Quelques minutes de récréation.

Elle part en courant.

Je monte superviser les 3è dans la chambre.

Fortnite.

–             Je vois que tu es en pleins devoirs !

–             T’inquiètes, je gère.

–             OK.

Retour dans le jardin. Les CP se disputent avec les 5e qui font des jongles au ballon.

–             Tu ne fais pas ton histoire géo ?

–             Si, mais je t’attends.

–             Tu as fini de recopier les bilans ?

–             Non.

–             Bon, ben termine et j’arrive.

–             Tu ne t’occupes pas de moi, me reproche ma fille de CP.

–             J’arrive.

L’écriture, c’est parfait. Je lance l’activité ‘’cahier d’exercices’’ et je remonte voir les 3è. Fornite.

–             C’est bon Papa, j’ai toute la journée.

–             Stop. Tu travailles sinon je coupe la connexion.

–             C’est relou.

Une image contenant texte

Description générée automatiquement

Le 5è a repris ses jongles au ballon dans le jardin.

–             J’en ai fait 80, pas mal, non ?

–             Et les bilans ?

–             C’est bon.

–             Moi aussi, j’ai fini, Papa, me disent les CP.

Deuxième récré.

–             Je peux regarder des vidéos sur ton téléphone ?

–             Non, à la récré, on joue et on se défoule, on ne regarde pas de vidéo.

Alors, les 5è ?

Étude de la répartition des hydrocarbures sur la planète et leurs principaux flux. Quels sont les pays producteurs et quels sont les pays consommateurs. Pas trop de surprises. Les pays riches consomment à bloc. Et la plupart des pays producteurs exportent massivement vers les pays riches.

Dans la leçon, on ne dit pas que les USA sont devenus le premier pays producteur de pétrole grâce à ses pétroles de schistes ni que Poutine a décidé de rompre les accords avec ses copains de l’Opep pour ruiner son ennemi américain…

Reprise des cours de CP avec le son « R » – prononcez « rrrrrr ». Prune, cerise, haricot, grenouille (plus difficile), renard, hérisson, pyjama.

Le grand travaille là-haut, c’est bon, il a fini par y arriver.

–             Je fais juste le Français, le reste je le ferai cette après-midi.

C’est fou la notion du temps qu’ont les ados. Et cette faculté d’être persuadé d’avoir la possibilité de tout faire, mais ‘plus tard’. Ça m’interroge. Sont-ils réellement stupides ? Pas certain, ils y croient dur comme fer. Ils te promettent, je te jure sur la tête de n’importe qui, s’engagent à passer l’aspirateur s’ils ne le font pas. C’est dingue.

Bon, en attendant, c’est le maître qui prend un moment de récréation après tout ça en rangeant la table du petit dej non débarrassée – ‘’t’inquiètes, on le fera tout à l’heure’’, préparation du repas, machine à laver.

–             Tu viens vider le lave-vaisselle ?

–             Je ne peux pas, tu m’as dit de faire les Maths.

Mais là où je vais me venger, et là où ça va être bon, c’est que ce matin, je lève tout le monde à 9 heures ! Pourquoi ? Parce qu’à minuit et demi hier soir, c’était la plaine activité. Et je descends boire, et je descends manger un yaourt – qui traine encore sur la table -, et je vais aux toilettes, et j’appelle une copine – tu plaisantes ? À minuit ? Tu peux pas l’appeler dans la journée ?

Et aussi parce que je vais chez le dentiste à midi. Cool, je vais pouvoir sortir avec mon autorisation !

(C’est la première fois de ma vie que je suis content d’aller chez le dentiste !)

Allez, j’y vais !

Ça va râler, je vous le garantis.

Mais ça va être jouissif !

Sales gosses.

Petit manuel de mauvaise foi (2)

18 mars 2020, 22h30

–             Papa, je peux te demander quelque chose ?

Ma fille de presque 17 ans. Il est 15h00.

–             Dis toujours.

–             Y’a les parents de mes copines qui leur ont laissé l’autorisation de sortir avec un masque.

–             Sortir où ?

–             En ville.

–             Je ne suis pas certain de comprendre : tes copines mettent un masque et se donnent rendez-vous en ville ? C’est bien ça ?

–             Oui.

–             Et tu veux mettre un masque toi aussi et les rejoindre ?

–             Y’en a plein qui sortent. C’est pas si grave si on reste à deux mètres et qu’on porte un masque et qu’on ne se touche pas.

Bigre.

–             Et elles y vont comment en ville, tes copines ?

–             Je ne sais pas.

–             Et où vous trouvez des masques ?

–             Je ne sais pas.

–             Mais vous vivez sur quelle planète ? Qu’est-ce que vous ne comprenez pas ?

–             Il y a plein de vidéos avec des gens qui sortent.

C’est mon fils de 13 ans qui vient en rajouter.

–             Regarde les vidéos.

Vidéos de gens qui se baladent.

Vidéos des cités où tout le monde est dehors.

Photos de queue chez les dealers.

–             T’as vu ?

–             C’est dingue, j’ai les bras qui me tombent.

–             Sortir, c’est la meilleure façon de faire des vues.

–             Et vous en pensez quoi ?

–             Bof.

Donc Bof. Ça va être long. Très long.

20h30.

–             Papa, j’ai une idée, dis oui, s’il te plait.

Ma fille de presque 17 ans.

Elle revient à l’attaque ?

Non, mieux.

–             Est-ce que je peux aller m’installer chez ma copine. Comme ça, je fais mon confinement chez elle. Et ça sera moins long !

–             Non, pas question.

–             Mais pourquoi ?

–             Parce que je veux te garder avec moi.

–             Papaaaaaa….

–             Tu ne saisis pas la situation ?

–             Mais c’est pareil que je sois ici où là-bas.

–             Non, justement, ce n’est pas pareil.

–             Alors, vas-y, dis-moi ce qui n’est pas pareil ? Je te jure que je ne sortirai pas. J’en peux plus d’être ici, tu ne comprends pas ? Ils viennent de dire à la télé que le confinement va durer 1 mois. Moi, enfermée ici pendant 1 mois, je deviens folle.

–             Parce que tu crois que tu vas supporter ta copine pendant 1 mois.

–             Je reviendrais quand j’en aurais marre.

Ben voyons.

–             Et si tu pars, ton frère va vouloir aller chez son copain. Ton autre frère aussi. Et comme on ne sera plus que trois à la maison, la copine de ta petite sœur va venir habiter chez nous. Puis tu vas revenir. Et ton frère aussi, avec son copain. La copine de ta sœur va repartir. Et puis c’est autre de tes copines qui va venir. Puis tu iras chez une autre. Et ainsi de suite.

–             T’es vraiment pas drôle, tu vois toujours tout de travers.

En attendant ma cocotte, tu restes sagement à la maison.

Le deuxième jour ?

Alors, comment dire, disons un jour un peu particulier avec une moitié en liberté et l’autre confinée.

J’ai profité du matin pour une grande promenade avec ma fille et mon chien.

Donc récré à la maison.

Ma fille de 17 en a profité pour travailler sur un devoir de géopolitique sur la Russie à partir de son effondrement en 1991, la période Eltsine avant 2000 et la période Poutine depuis 2000. Un chouette moment avec elle de réflexion sur la place de la Russie sur l’échiquier mondial, notamment sur le coup de poker de Poutine en se désolidarisant de l’OPEP et en laissant chuter le prix du baril de pétrole pour nuir à l’Amérique des pétroles de schistes.

Les garçons ont fait chauffer la connexion internet pendant ce temps, donnant le pouvoir à Orange.

Retour de balade, confinement, on a décidé ensemble de commencer l’école à 15h. Puis 15h30 ‘’j’ai pas fini ma partie ». Puis 16 h « j’ai pas fini ma vidéo ».

A 16h, j’ai installé ma fille de 7 ans dans le jardin, prévenu les garçons que les devoirs commençaient dans 30 min ( 16h30, donc, si vous suivez bien !)

En CP, l’école à la maison est devenue l’école à la maison dans le jardin. Sympa.

Puis les jeux vidéos à la volonté à la maison ont fini par se transformer en devoirs à la maison vers 17h. Et tout c’est bien passé. J’avais réussi – à leur grand dam – à me connecter à l’ENT la veille au soir, vers 22h, et enregistrer les leçons. Donc Français et Citoyenneté pour mon fils en 3é – « tu ne sortiras pas dans la rue quand ton cher Président te l’ordonne » et Russie pour mon fils de 5è. C’est marrant comme les programmes se recoupent. Là, pas question de Poutine ni de nom de dirigeant. Non, simplement des textes sur l’extraction de pétrole conventionnel – en abondance et Russie ce qui donne une gestion ‘malheureuse’ des hydrocarbures en Russie.

–             Pourquoi malheureuse ?

–             Parce que, comme le pétrole et le gaz coulent à flot, personne ne se préoccupe de l’état désastreux des installations ni des oléoducs, qui fuient, qui polluent. Personne non plus se préoccupent du vol, de la corruption, des détournements.

Avec la question finale : si le pic de production du pétrole conventionnel se situe en 2006, comment on fait ?

–             Ben, on cherche du pétrole ailleurs.

–             Exactement. On appelle ça le pétrole non conventionnel. Qui est plus cher à produire. Ce qui explique pourquoi Poutine a laissé filer le prix du baril de pétrole…

–             Et on fait du MIXE ENERGETIQUE avec du nucléaire et des éoliennes.

–             T’as tout compris.

(Nucléaire qui est – soit dit en passant – présenté comme une énergie renouvelable et n’est pas classé dans les énergies fossiles. Mais en y regardant de plus près, l’extraction de l’uranium étant une activité minière… je m’égare !)

Et voilà.

Deux heures plus tard, l’école est finie.

–             Dans ce cas, Papa, m’explique ma fille de CP, tu dis : « C’est l’heure de la récré ! »

Tout s’est donc bien passé.

Pour les élèves.

Mais le maître, lui ?

Il se demande ce qu’il va donner comme devoir à ses enfants le lendemain… Puisque l’ENT est toujours bloqué. On a bien reçu cette après midi un calendrier de connexion pour repartir les tensions sur les sites de l’éducation nationale.

De la même qu’on essaie de réguler l’épidémie pour diminuer la pression sur le système de santé !

Finalement, rassurez-vous, j’ai réussi à me connecter hier soir tard, à télécharger les fiches mises à disposition par les prof. Mais chut, ils ne le savent pas encore !

Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement

Lisez la dernière ligne : la connexion est plus fluide le soir.

Une incitation à faire l’école à la maison le soir?

On va en profiter pour un nouveau ‘vivre ensemble’

Hier soir, dîner en famille après le discours de confinement d’Emmanuel Macron.

Je retiens une phrase: « donner du sens à cette période particulièrement difficile. » Cela me parait un bon sujet de discussion pour le repas du soir. Qu’est-ce que cela signifie pour chacun? Comment chacun pense s’approprier cette idée? Qu’est-ce que chacun imagine pourvoir développer pour profiter de ce moment particulier? Qu’est-ce qu’on pourrait – tous ensemble – mettre en place d’innovant et de singulier?

Pour que cette période soit sympa, profitable à tous dans les meilleures conditions?

Résultats de la discussion?

Quelle discussion?

On a fait que s’engueuler toute la soirée.

Discussion avec mon fils de 13 ans

—          Comment tu vois cette période ?

—          Je ne me rends pas compte. En tout cas, c’est trop bien de ne pas aller à l’école même si je me fais trop chier à la maison.

—          Tu seras content de retourner à l’école.

—          Jamais je ne serais content d’aller à l’école. Au fait, j’ai une fête d’anniversaire dans 2 semaines.

—          C’est le soir ?

—          Oui, on dort là-bas.

—          Probablement pas. Tu sais que ce soir, on annoncera peut-être des mesures de confinement.

—          C’est quoi ?

—          Chacun reste chez soi.

—          Si tout le monde reste chez lui, nous on pourra sortir tranquille !

—          C’est pas exactement ça.

—          Tu veux qu’on reste toute la journée à la maison ?

—          Oui. C’est important. C’est pour éviter que le virus se propage.

—          Mais je ne suis pas malade.

—          On peut transmettre le virus avant d’avoir des signes, donc tu ne peux pas savoir. Ton comportement peut avoir des conséquences sur ceux qui soignent et ceux qui sont fragiles. On va essayer de vivre autrement et de faire d’autres choses Tu vas pouvoir lire des livres.

—          C’est mort.

un Papa qui fait l’école à la maison

Tout démarre maintenant.

Je me suis longtemps interrogé sur les mesures à priori très contraignantes prises dans le monde entier face à un virus dont la gravité est quasi insignifiante ( 13 000 morts par la grippe l’année dernière, 3 000 morts dans des accidents de la route, 200 000 morts par maladies cardiovasculaires et 10 000 par suicides, 40 000 disparitions dont 10 000 non résolues… ). Ces mesures seraient prises par un seul pays, on pourrait se demander s’il n’y a pas une instrumentalisation derrière, mais à ce niveau, ce n’est pas pensable.


Il me manquait un élément.


J’ai beaucoup lu, et je pense avoir un élément de réponse.
Les gouvernements ont peur de faire exploser le système de santé et toutes les mesures prises le sont dans le but de ralentir et d’aplatir au maximum la courbe du pic des malades afin de préserver la capacité d’accueil des hôpitaux et notamment des services de réanimation, ce qui est en train d’arriver en Italie du Nord où des médecins et des infirmiers se retrouvent en position de tri et décident qui doit vivre et qui doit mourir…
Si le système de santé s’effondre, on ne sera plus à même de soigner les gens.
Et ce n’est pas 500 morts mais plusieurs dizaines de milliers par Infarctus, accidents de la route, appendicite, asthme, bronchiolite par impossibilité d’accès aux plateaux techniques dépassés.
Et avec toutes les scènes de panique, d’agressivité, de débordement que cela pourrait engendrer.
Et c’est – à mon sens et avec ce que je sais aujourd’hui, et peut-être je me trompe – ce que veulent absolument éviter les gouvernements.
Et c’est ce qui  – je pense – pousse Trump a fermer ses frontières en catastrophe, tant il a mal anticipé le problème et tant il comprend la bombe qu’il a entre les mains.

Éviter absolument de dépasser les capacités d’accueil des hôpitaux



En quoi le coronavirus est-il différent de la grippe?
La grippe est très bien connue et si de nombreuses personnes sont infectées, la mortalité est de 0.06 % et ne nécessite que rarement des soins de réanimation. La grippe est un virus a tropisme respiratoire mais ce ne sont que les surinfections bactériennes qui sont dangereuses et elles sont accessibles aux antibiotiques. les malades de la grippe ne sont que peu hospitalisés et restent au domicile.
Je ne connais aucun cas de ‘jeune’ mort de la grippe qui n’ait pas de comorbidité associée.

Le 2è palier d’alerte pour le Covid-19 stipule qu’on hospitalise toutes les personnes atteintes afin de les isoler, ce qui désorganise totalement les hôpitaux et est potentiellement compliqué pour les soignants qui peuvent être atteints à leur tour.
Seul le stade 3 garde les patients au domicile.
Le coronavirus est a tropisme respiratoire mais peut-être directement responsable d’une atteinte sévère et bilatérale ( poumon blanc a la radio ) qui nécessite des soins de réanimation urgents.

Une étude de Toulouse montre aujourd’hui que plusieurs personnes de 40 ans seraient hospitalisées en réanimation.
Et que tous auraient pris des AINS – ibuprofène et compagnie – en début d’infection. Ce qu’il faut absolument éviter de faire.

Le passage au stade 3 auquel on assiste est la suite logique de la contrainte, non pour se protéger soi même mais pour protéger les plus faibles. Les Français semblant ne pas prendre les mesures au sérieux, un degré de contrainte supplémentaire est appliqué. Logique. Il n’y a rien de suspect ni rien de complotisme la dessous.

En attendant des mesures plus strictes de confinement plus contraignantes – qui vont intervenir ce soir, après les élections à mon avis – voici l’état des lieux.

Et demain, je commence mon activité de PAPA QUI FAIT L’ÉCOLE A LA MAISON !