Mois : juin 2020 (Page 1 of 2)

Alors, qu’est-ce qui vous motive?

18 juin

Je me réveille en vrac, mal au ventre, crevé, envie de rien. J’ai prévu une sortie en VTT, mais même ça, je n’ai pas envie.

Je me mobilise tout de même et je sors rouler.

Je reviens en pleine forme, dynamisé, plein de projets. Et je suis super content.

Le contact avec la nature, les arbres, les fleurs, les sentiers, le vent, grimper, la joie de l’effort, la montagne, le beau temps, les odeurs et la fraîcheur du matin.

C’est tout ça qui me reconnecte à moi-même.

C’est tout ça qui me mobilise.

J’en discute avec les enfants, tous présents au déjeuner.

C’est devenu très rare.

—           Qu’est-ce qui vous redonne de l’envie quand vous vous réveillez en vrac le matin et que vous n’avez envie de rien ?

—           La musique, me dit mon fils de 15 ans.

—           Les amis, dit mon fils de 13 ans.

—           Les amis et la musique, répond ma fille de presque presque 17 ans.

Les amis.

La musique.

La nature.

Et  vous ?

C’est chouette de savoir à quel élément recourir quand on a besoin d’un coup de main.

19 juin

Ce qui me motive aussi, ce sont des émissions que j’entends, soit à la radio, soit en podcast.

Ce matin, c’est le Cours de l’histoire de Xavier Mauduit sur France Culture en podcast.

Les interminables combats pour l’égalité aux États-Unis.

Qu’est-ce qui attise à ce point la haine contre les Afro-américains ?

Pourquoi même Barack Obama n’a pas réussi à s’attaquer au fléau qu’est le racisme aux EU ?

Qu’est-ce qui pourrait combler le fossé entre les blancs et les noirs ?

Une passionnante histoire du SUPRÉMACISME aux États-Unis.

Tout remonte à l’esclavagisme.

Le premier esclave africain qui débarque aux États-Unis est le fait d’un bateau négrier hollandais qui, après un tour dans les Caraïbes, s’arrête en Virginie en 1619 avec quelques esclaves qu’il a en trop et en propose aux planteurs.

Pourquoi pas se disent ces derniers.

C’était il y a donc 400 ans.

Rien ne prédestinait les planteurs de Virginie à devenir de grands esclavagistes.

D’ailleurs, comment un peuple qui vit sur les valeurs de la bible, protestant, respectant autant l’homme et ses valeurs peut devenir acteur de la pire manière de traiter des hommes ?

En se racontant des histoires, en créant un mythe, en utilisant des outils, des outils qui marquent encore la pensée inconsciente collective des EU aujourd’hui.

Les Noirs méritent de devenir des esclaves, étant une race inférieure. Ils ne sont pas des hommes, on peut les rendre corvéables à merci, leur faire subir tous les châtiments endurables, les tuer s’ils n’obéissent pas. Pas de problème.

Cela s’appelle le SUPREMACISME : non seulement les Blancs sont supérieurs aux Noirs, mais en plus, ils ont tous les droits sur eux. C’est comme ça.

Et c’est cette pensée arbitraire et pratique pour déshumaniser des hommes et se donner bonne conscience de le faire qui semble si difficile à surmonter.

Parce que les États-Unis ne sont pas le seul pays à avoir eu des esclaves. Le Brésil en a eu beaucoup plus. Mais il ne persiste pas une telle haine.

L’histoire n’est pas la même.

Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement

Alors que dans les colonies, des propositions de loi ont dédommagé les planteurs de la perte financière due à l’abolition de l’esclavage —123 millions de francs pour les colonies françaises en 1848 —, la libération des esclaves aux États-Unis se décide à l’issue de la Guerre de Sécession entre 1861 et 1865. Cette guerre civile oppose l’UNION dirigée par Abraham Lincoln aux États confédérés, 11 États du Sud, tous esclavagistes. Cette guerre est la plus meurtrière de l’histoire des EU, 620 000 morts, 360 000 nordistes et 260 000 sudistes et 60 000 étrangers.

Les États du Sud perdent en 1865, ce qui assure la prépondérance des pays industrialisés employant des ouvriers sur les pays agricoles employant des esclaves. Et qui sonne la fin de l’esclavagisme.

Les grands propriétaires perdent leurs esclaves, sans compensation, ce qui serait une perte estimée à plusieurs centaines de milliards de dollars.

Plus de 4 millions d’esclaves ont été vendus dans le Sud des États-Unis en 250 ans.

Les États du Sud ont remplacé l’esclavagisme par la Ségrégation, situation qui laisse perdurer une violence et une animosité contre les Noirs. C’est aussi à ce moment que voit le jour le Ku Klux Klan, société secrète terroriste suprémaciste blanche des États-Unis, fondée à la veillée de Noël 1865 et est un des dispositifs des états du Sud pour s’opposer par tous les moyens violents possibles (assassinats, attentats, viols, tortures, enlèvements, incendies d’écoles et d’églises afro-américaines) à l’application des droits constitutionnels des Afro-Américains garantis par plusieurs amendements au lendemain de la Guerre de Sécession : le Treizième amendement de la Constitution des États-Unis du 6 décembre 1865 abolissant l’esclavage, le Quatorzième amendement de la Constitution des États-Unis de 1868, accordant la citoyenneté à toute personne née ou naturalisée aux États-Unis et interdisant toute restriction à ce droit, et le Quinzième amendement de la Constitution des États-Unis, de 1870, garantissant le droit de vote à tous les citoyens des États-Unis et par conséquent aux anciens esclaves.

L’invitée de cette émission, Françoise Coste, commence l’émission par ces propos :

« Tout ce qui se passe aux États-Unis a, tôt ou tard, un rapport avec l’héritage de l’esclavage, avec la division de la population entre Blancs et Noirs. Je crois qu’il y a quand même eu un grand espoir en 2008 avec l’élection de Barack Obama, qu’une page soit tournée. Et aujourd’hui, on se rend compte que nous nous sommes tous collectivement trompés. Ce n’est pas juste que la page n’a pas été tournée, c’est que nous avons l’impression de revenir en arrière. Et ça, c’est assez désespérant, cela confirme que l’Amérique est engluée dans sa problématique raciale. Françoise Coste

À écouter : https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/les-interminables-combats-pour-legalite-aux-etats-unis-24-le-supremacisme-blanc-le-mal-persistant-de

Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement

Autre chose qui me stimule, le combat contre les pesticides.

Outre que je me dise si souvent que je devrais aller militer dans l’association Nous voulons tous des Coquelicots crée pas Fabrice Nicolino, journaliste, et François Veillerette, président de Générations futures, outre que j’admire Daniel Cueff, le maire de Langouet qui a pris un arrêté anti-pesticide en aout 2019, outre mon enragement à voir les pulvérisateurs de pesticides en action 24h/24 dans nos vignes en ce moment tellement féérique qu’est le printemps, outre que j’ai eu pendant plusieurs mois l’envie de présenter une liste écologiste aux Municipales de mon village, voilà que je tombe sur un documentaire en bande dessinée dans la revue XXI :

Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement

Le portrait de Daniel Cueff par Benjamanin Adam pour la revue XXI.

Magnifique, tellement encourageant.

Et là je comprends.

Que Daniel Cueff est un maire ouvert, au service des habitants de son village, sensible à l’écologie, à l’écoute et qu’un jour, le collectif des Coquelicots, qui a rédigé un arrêté anti-pesticide à l’aide d’avocats de haute volée et qui cherche un homme courageux pour le porter, propose à Daniel Cueff d’être leur porte-parole. Et qu’il accepte.

Que Daniel Cueff est porté par un important collectif local, très organisé, déterminé et qu’il est soutenu par le sénateur écologiste du Morbihan Joël LABBÉ, celui-là même qui a réussi à faire voter la loi interdisant l’utilisation de produits pesticides par les Mairies et qui continue son combat contre les lobbies et les industriels, tout en remettant les agriculteurs au centre de la question.

Que j’ai bien fait de ne pas me présenter aux Municipales de mon village, seul, sans équipe déterminée et soutenante, moi qui croyais naïvement que Cueff avait pris un jour son arrêté comme ça, parce qu’il en avait ras le bol de se faire gazer.

Qu’il est urgent que j’aille militer dans une structure bien organisée

Que je peux développer une activité d’information et de sensibilisation au sein de mon village, de former une équipe, de rassembler un maximum de personne, d’intégrer des vignerons, de se fédérer tous ensemble contre l’ennemi commun : les industriels et la FNSEA. Que sans cela, pas d’issue possible.

Que fort de cette équipe et de cette expérience, je peux présenter une liste aux municipales dans 6 ans, non pas pour gagner, mais pour porter ces idées et protéger les habitants de ces produits si dangereux.

Voilà ce qui me motive, m’anime et me donne envie d’aller de l’avant, au contact des gens, avec une équipe.

Bonne journée !

#suprémacisme #nature #esclavagisme #ségrégationnisme #écologie #danielcueff #revueXXI #guerredesecession #KKK #ségrégation

Vous voulez savoir comment Maurice Chevalier s’est invitée aux urgences ?

image.jpg

Vendredi 12 juin

Retour aux Urgences.

Après 15 ans de Médecine Générale

Un nouveau service tout neuf

Une équipe que je ne connais pas encore

Avec qui je vais passer 24h

Je me demande bien sûr comment ca va se passer

Exercer ce que j’ai appris a faire depuis 30 dans de nouvelles conditions.

C’est parti !

Tout d’abord, merci à toutes et à tous pour votre accueil chaleureux !

Je retrouve aux urgences une équipe dynamique, soutenante, marrante, chaleureuse, bienveillante, sérieuse, qui aime le travail bien fait, qui est unie dans un même but, faire du mieux possible dans une ambiance détendue, sereine et pleine d’humour et de rires.

Tous les ingrédients pour me sentir bien et pour travailler dans de supers conditions.

Bravo pour ce service que vous avez construit, qui est le vôtre et maintenant aussi le mien.

Merci de votre accueil.

Vraiment !

Beaucoup de messages d’encouragements de ma famille et d’amies et amis proches.

Merci à vous tous !

Les malades, les patients, sont là, nombreux, très nombreux. Je sais faire.

Ce qui s’avère compliqué, c’est la confrontation avec l’informatique, quasi absente lors de mon départ en 2005.

Tout passe par l’informatique.

Est-ce une bonne chose ?

Ce n’est pas la question. Elle est là et bien là.

Et prend du temps. Je patauge dans les nombreux protocoles. Mais chacun est disponible pour m’expliquer et me montrer.

Et puis les choses se compliquent.

Un syndrome neurologique très atypique et une ponction lombaire à faire. Heureusement qu’on me file un coup de main. Et puis un patient jeune de 40 ans qui fait un arrêt cardiaque dans un box ! J’assiste de loin à la réanimation. Une femme âgée qui a mal dans la poitrine depuis 8 jours et qui a fait un infarctus. A l’échographie, son cœur est très abîmé. Un patient qui arrive en décompensation cardiaque sévère maîtrisée sur le fil par de la ventilation non invasive, un masque plaqué sur le visage et une machine qui l’assite dans sa respiration. On me file un grand coup de main, merci.

Une dame a une douleur à la main. Je m’assieds près d’elle. Elle me raconte won histoire. Elle a été gravement brûlée dans l’incendie de sa maison. Son père et son frère sont décédés. Un jour, lors d’un voyage en Roumanie, elle rencontre des français âgés. -D’où êtes-vous ? -De Bretagne, répond-elle. Et elle donne le nom de son village en breton. -Qui es-tu ? demande alors le monsieur âgé. Elle donne son nom et le monsieur la prend dans ses bras. C’est le pompier qui l’a sauvée des flammes enfant !

Et puis un patient qui a fait une sacrée fausse route avec un comprimé et un poumon blanc à la radio, deux femmes de 87 et 93 qui ont trop mal au ventre, une fracture de l’humérus déplacée, 4 fractures du col du fémur, les premiers agités, une quantité impressionnante de personnes alcoolisées, très alcoolisées, très très alcoolisées. Les chiffres dansent, 1.70, 1.85, 2.60, 3.80, et… le record de ce soir, 4.60 g/litre d’alcool dans le sang !

Des chutes, des bagarres, des accidents de la route, les pompiers qui tournent, infatigable et intarissable noria d’uniformes bleus, d’ambulances rouges, de policiers…

– Ils se sont déshabitués pendant le confinement… Avant ils tombaient à 3 grammes, maintenant, ils tombent a 1,5 gramme !

Diner tardif, 1h30 du matin, l’équipe médicale au complet. Cordon bleu chelou, légumes cuits à l’eau insipides, purée fade. Bon.

La plupart des médecins ont apporté leur repas.

– C’est un moment trop important pour manger de la merde

On discute des patients en cours, on échange, on raconte ce qu’on a fait, on rigole. Moment chaleureux et bienvenu.

Et puis ça continue. Une luxation d’épaule chez une femme en chassant un moustique, là aussi on me file un coup de main, encore des accidents, des douleurs, des plaies, des alcoolisés, des agités.

Et voici que, comment par enchantement, se pointe Maurice Chevalier !

3h40.

Pourquoi Maurice Chevalier ?

Peut-être dans la discussion à propos d’une Madame Galabru qui vient d’Avène. Est-ce la femme de Michel Galabru ? Elle vient de la même ville.

– Matthieu, tu connais Maurice Chevalier, me demande une infirmière ?

– Bien sûr.

Aux urgences, il y a ceux qui connaissent Maurice Chevalier et les autres. Ceux du XXe siècle et ceux du XXIe… Dur dur…

– Chercher une chanson sur internet, tu verras, je suis sûr que tu connais…, je propose à l’infirmière – trop jeune pour connaître.

– Il est mort en 1880, dit-elle.

– Ah non, je suis vieux, d’accord mais pas à ce point !

– Il est né en 1880 !

Dans la vie faut pas s’en faire

La BO des Aristochats, c’est lui !

A 4h40, c’est un homme adressé par la clinique d’à côté pour fièvre et foyer pulmonaire au scanner. Donc, suspicion Covid. Donc protocole. Toute l’équipe est rodée, et, malgré l’heure tardive, tout roule.

Voilà pour les anecdotes.

Ainsi vont les journées et les nuits aux Urgences.

Rien de nouveau.

Je me demandais comment j’allais réagir.

Déjà, j’admire l’admirable sang-froid de mes confrères médecins qui restent inébranlables face à l’afflux massif de patients.

– Ça ira, tu verras.

Car le soleil finit toujours par se lever.

C’est comme ça.

Ça a toujours été comme ça.

Je sais que je dois surveiller mes deux grosses fragilités, dompter mes deux démons :

1/Me retrouver désemparé face à trop de patients. 2/La colère froide qui me ronge devant le manque de solidarité et la mauvaise foi des services.

Penser, quand la panique et le découragement se pointent au moment où les choses s’accélèrent, à faire le dos rond, comme dans une tempête en mer, me concentrer sur ma mission, faire du mieux, redescendre au niveau humain, humaniser la relation, ici et maintenant, avec la certitude tranquille, confiante et sereine que ça va passer.

Prendre du recul quand les spécialistes ne jouent pas le jeu et bottent en touche de mauvaise foi. Être plus forts qu’eux et faire ce qui est le mieux pour les patients.

Demain, deuxième garde : ma mission : une meilleure organisation et une efficacité plus soutenue dans l’utilisation de l’informatique et mes prescriptions.

Laisser la place à l’humour et aux rires.

#urgences #unejournéeauxurgences #merci #équipeformidable

#mauricechevalier #aristochats #paniqueauxurgences #desemparé #faireledosrond #prendredurecul #lesoleilfinittoujoursparselever

#informatique #agitation

Procrastination, un vilain défaut ? Pas si sûr…

10 juin

La PROCRASTINATION

Une image contenant carte

Description générée automatiquement

Ça, c’est la version morale, celle qu’on a tous en tête, celle des livres, les premières phrases qui tombent quand on ouvre Google.

La procrastination est un vilain défaut dont vous trouverez mille publications, livres, bons conseils pour la dépasser, la chasser, la bannir de vos habitudes.

Au passage, vous prendrez une bonne dose de sermons et discours vertueux.

Mais.

Mais si on regardait les choses différemment ?

Si la procrastination était une bénédiction ?

Une bénédiction à observer plutôt qu’à anéantir ?

Pourquoi on procrastine ?

Parce qu’on n’a pas envie.

Pourquoi on n’a pas envie ?

Parce qu’on n’est pas motivé.

Et pourquoi on n’est pas motivé ?

Parce qu’on ne va pas dans la voie qui nous correspond.

Est-ce que vous procrastinez quand vous faites face à une activité qui vous passionne ?

Non.

Et bien voilà.

On touche au but.

Un enfant qui procrastine devant son bureau face à ses devoirs.

Ça énerve ses parents.

—        Pourquoi tu ne travailles pas ? Tu es là, tu ne fais rien.

Un enfant ne fait-il réellement rien,  « rien du tout » ?

Il rêvasse. Il écoute de la musique, il joue aux jeux vidéo, il rejoint ses amis.

Qu’est-ce qui se joue à ce moment ?

Que veut dire la musique qu’il écoute ? Les jeux auxquels il joue – quels jeux d’ailleurs, le savez-vous ? Quelles stratégies d’excellence met-il en place pour gagner ? Que veut dire son besoin d’ami ? Quels amis ? Le savez-vous au moins ?

—        Qu’est-ce que vous souhaiteriez qui persiste du déconfinement ? je demande à mes trois grands un midi.

—        Ne pas retourner en cours.

Réponse unanime, sans une seconde d’hésitation.

Les cours, c’est douloureux, c’est ennuyeux, ça ne sert à rien, on n’apprend rien, on perd notre ‘jeunesse’.

—        Qu’est-ce que vous voudriez faire ?

—        Allez voir nos copains.

—        Pourquoi ?

—        Pour rigoler.

—        Pour être bien avec eux.

—        Parce que c’est la vie.

C’est la vie.

—        Et aller en cours, c’est pas la vie ?

—        Non, c’est la mort.

Conseil de classe de mon fils de 15 ans : « ne travaille pas, aura beaucoup de mal à suivre en seconde générale ».

Il ne travaille pas.

Pas motivé.

Les profs sont surpris que nous, parents, n’ayons choisi qu’une seule orientation pour la seconde. ‘Seconde générale dans le lycée de secteur’.

Qu’est-ce qu’ils attendaient ?

Que je l’inscrive en pro parce qu’il ne travaille pas ?

C’est comme ça que vous voyez le pro ? Une voie de garage pour ceux qui ne travaillent pas ?

C’est comme ça que vous voyez mon fils ? Un garçon qui ne travaille pas et qui n’a rien à faire en voie générale ?

Je rajoute un garçon intelligent, bourré de potentiel et qui ne travaille pas et qui n’a rien à faire en voie générale ?

Pourquoi il ne travaille pas ?

Vous pensez qu’il est stupide au point de se foutre de son avenir ?

Que c’est un imbécile qui ne comprend pas qu’il travaille pour lui et pour son avenir ?

Excusez-moi, mais là, c’est vous, les profs, qui débloquez.

Pas un moment vous vous remettez en cause ?

Pas un moment vous vous imaginez que vos cours ne l’intéressent pas ?

Je ne vous demande pas de refondre le programme ni de tout changer.

Je vous demande d’ouvrir les yeux et de regarder autour de vous.

De faire remonter à votre hiérarchie qu’il y a un problème.

Quand 3 enfants intelligents — les miens en l’occurrence —ne travaillent pas, sautent des cours, n’écoutent pas en classe, se font exclure : quel est le problème ? Des parents qui n’ont aucune autorité ? Des enfants stupides et inaptes ? Des cours qui ne captivent pas les enfants ? Un programme inadapté ? Un manque de sens ? De motivation ?

Je n’ai pas la réponse.

Je réfléchis.

Je me questionne.

Je ne supporte plus la réaction de certains qui se contentent d’un ‘tes enfants manquent de cadre’, ‘ils souffriront quand ils seront adultes’, ‘ils sont inadaptés aux contraintes et à la frustration’, ‘la vie, ce n’est pas se la couler douce’.

Si on reprenait tout à l’envers ?

À mon fils de 15 ans :

—        Qu’est-ce que tu aimes faire avec tes amis ?

—        Écouter de la musique.

—        C’est toi qui choisis la musique ?

—        Le plus souvent, dans les soirées, c’est moi le DJ.

—        Génial.

À mon fils de 13 ans à qui j’ai dit, un jour, que je l’admirais d’oser dire ‘non’ à ses profs et ‘ça je ne le ferai pas’ à ses parents — remarque qui m’a attiré les foudres de mon entourage aux prétextes de paroles irresponsables et immatures — je dis aujourd’hui : tu sais ce que tu ne veux pas, à défaut de savoir ce que tu veux, mais je suis certain que ça viendra. Tu fais preuve de discernement, tu sais t’opposer à un groupe d’adultes, tu sais te positionner sans te préoccuper de ce qu’on pense de toi. Ce sont des qualités immenses de leadership.

À mon fils de 15 ans et à celui de 13 ans, vous aimez faire rire vos camarades en classe, malgré les remarques des profs, les punitions et les heures de colle. Ce sont d’immenses qualités de prise de position et de prise de parole dans un environnement qui e vous regarde pas forcément avec bienveillance, des qualités de courage face à des punitions qui ne manquent pas de tomber. Vous assumez.

—        Qu’est-ce qui te fait vibrer au fond de toi ?

Les enfants n’osent pas le dire.

Parce qui les fait vibrer ne vaut rien sur l’échelle sociale des valeurs des parents.

Se marrer entre potes, aller se balader, glander, regarder un film, jouer aux jeux vidéo.

Ça ne vaut rien.

Ce ne sont pas des motivations.

Ou des motivations justes bonnes pour ‘après avoir fini tes devoirs’.

Est-ce que sont de mauvaises motivations ?

Qu’est-ce que nous, adultes, nous leur donnons envie de faire ?

Qu’est-ce qui dans notre manière de vivre, leur donne envie ?

L’épanouissement par le travail, quand nous ne rentrons pas crevés et énervés.

Oui, OK.

Mais encore ?

La recherche de ce qu’ils pourraient bien faire.

À un déjeuner récemment, je pose la question :

—        Qu’est-ce que tu donnerais comme motivation ou comme conseil à tes enfants ?

—        Moi, on m’a laissé libre de choisir ce qui me plaisait. Jamais je ne ferais quelque chose qui ne me plait pas ou qui n’a pas de sens pour moi.

—        Oui, mais quand tu as 13 ans et que tu décides de ne faire que ce qui t’intéresse et de laisser tomber le reste alors que tu n’as aucune idée de qui tu es ni de ce que tu veux faire ?

—        Alors je ferai tout pour qu’ils aient la liberté de faire le choix de ce qu’ils veulent faire.

—        OK. Mais comment tu les motives pour tenir jusque-là ?

Surtout quand ils sont persuadés qu’ils seront morts dans 20 ans pour raisons de crise climatique…

Là est tout le problème : comment les faire tenir sur tout le tronc commun, jusqu’à ce que se dessinent les premières esquisses du métier qu’ils auront choisi ?

Comment les faire tenir entre les règles de grammaire, l’algèbre, les 3 états de l’eau, Antigone, la techno, les PMN en musique et scratch en techno ?

Je ne sais pas.

Je ne sais pas faire. Et je n’ai ni envie de les enfermer ni envie de leur taper dessus.

J’ai envie de les accompagner.

Le plus souvent, je travaille avec mon fils de 13 ans. Sa première réaction : « je ne comprends rien ». Mais ce n’est pas ça. Ça le saoule tellement qu’il n’écoute pas, qu’il a du brouillard devant les yeux.

Mas dès que je prends le temps de lui raconter et de traduire les cours de maths ou les documents d’histoire, il comprend tout et résout tous les problèmes en deux secondes.

Ce qui veut dire qu’il faut lui préparer tout le travail, le lui amener tout cuit. Certains diront ‘lui mâcher le travail’.

Est-ce lui rendre service ?

Je ne sais pas.

Mais le laisser planter devant ses devoirs ne lui rend pas service non plus.

Un autre repas :

—        Vous avez un axe d’éducation pour vos enfants ?

—        Je n’y ai jamais réfléchi et toi ?

—        Moi non plus je n’y ai jamais trop réfléchi. Mais je me dis que plus qu’un cadre ou qu’une autorité, ce qui me parait essentiel, c’est d’être à leur écoute, de les regarder grandir, d’être là s’ils en ont besoin, de les accompagner sur la route de leur vie, de les aider à se découvrir, à se connaître, à se faire confiance pour trouver au fond d’eux pour quoi ils sont faits, pour expérimenter ce qu’ils ont envie de faire de leur vie et dans leur vie, être un Papa aimant et bienveillant, sur qui ils peuvent compter, qui fait de son mieux pour qu’ils ‘réussissent’ leur vie.

—        Et tu y arrives ?

—        Je suis très perturbé par mon éducation, pas le manque de force qui m’habite parfois, par le découragement de situations difficiles et pénibles, par mon hypersensibilité à laquelle j’ai envie de faire confiance, mais qui est si souvent à l’opposé des pensées mainstream. Je suis choqué par les réactions des personnes autour de moi.

Un dîner récent, lors d’une discussion à propos de ‘L’Arbre à pépins’ une école où on laisse les enfants libres de leur programme et de leur évolution, une amie me lance :

—        Tu n’aurais pas envie de créer une école ?

—        Carrément. Je n’ai aucune compétence, mais je sens qu’on marche à l’envers.

Une image contenant texte, capture d’écran, livre, journal

Description générée automatiquement

Je repense à Ivan Illich, l’école nous fait croire que nous avons besoin de la société telle qu’elle est, lire le billet du 4 juin.

Et je suis de plus en plus d’accord avec lui.

De plus en plus d’accord.

J’ai envie de faire quelque chose.

Ne pas laisser mes enfants sans solution.

Une dernière réflexion.

Un déjeuner avec ma fille de presque 17 ans.

Je lui explique ce que je ressens :

—        Je n’ai pas envie de vous élever dans un cadre, je n’ai pas envie d’être un gendarme, de vous fliquer, de vous punir si vous ne travaillez pas… mais j’ai aussi peur de me tromper et de mal faire. Alors je suis entre les deux. Et c’est très inconfortable. Pour vous et pour moi.

Sur les conseils d’un ami, j’ai commandé un livre :

La domination adulte

De Yves Bonnardel.

Une image contenant texte

Description générée automatiquement

Je vous dirais !

Horreur au Château – épilogue

Une image contenant texte, carte

Description générée automatiquement


Épilogue

En pleine nuit, les parents de Lina se présentent à la Gendarmerie avec les deux cousins. Le Gendarme de garde n’est pas très content qu’on le dérange au milieu de son sommeil, mais il écoute l’histoire de Lina et Tom.

—              Si on se dépêche, vous pouvez peut-être encore attraper l’homme bizarre ! explique Lina.

Le Gendarme réfléchit. Puis se décide à réveiller son collègue.

—              Qu’est-ce que c’est ? râle le collègue.

—              Une histoire de trésor au château.

—              En pleine nuit ? Ça peut pas attendre demain ?

—              Les enfants disent que non, ils vont filer.

Alors, tant bien que mal, les Gendarmes interviennent au château et y trouvent effectivement l’homme bizarre.

Très effrayé par la présence des Gendarmes, ce dernier se met à pleurer.

—              Cessez immédiatement vos pleurs, et expliquez-nous toute cette histoire, ordonne le collègue qui est maintenant tout à fait réveillé.

Et c’est là que Lina et Tom, son Papa et sa Maman ainsi que les deux Gendarmes découvrent toute l’affaire du trésor.

Une image contenant tenue, chemise

Description générée automatiquement

Figurez-vous qu’Elasebeth Le Grand Tout Du Lac, la mystérieuse et grande chasseuse de trésor cherche discrètement le Trésor du château depuis plusieurs années. Et que le château, sans propriétaire depuis 100 ans, allait tomber dans le domaine public d’ici quelques jours.

Les recherches se sont donc accélérées et il y a deux jours, joie intense, des diamants, des pierres précieuses et des centaines de pièces d’or ont été découverts sous une tour au fond du parc.

Et voilà que malheureusement l’homme bizarre, dont le prénom est Jascques, très fatigué par les fouilles intenses, fait un malaise en ramenant une partie du butin. Pas en forme, il a dû se résoudre à laisser le sac au milieu de la pelouse du parc.

Les pierres précieuses ont immédiatement été repéré par de nombreux oiseaux.

Et c’est à ce moment que Lina et Tom sont passés à proximité du Château et ont découverts les bijoux.

Il s’agissait de les emporter discrètement jusqu’au moulin, puis de les charger sur un bateau par la grotte et de filer sans être vu.

Mais les enfants ont ruiné le plan.

Une image contenant texte, carte

Description générée automatiquement

Lina et Tom, emmènent ensuite les Gendarmes ainsi que les parents de Lina dans la salle du portait de la Dame qui fait penser à Mamie à une autre époque et effectivement, la ressemblance est saisissante.

Il se pourrait donc bien qu’un jour, le château soit restitué à la famille de Lina et Tom, quand les historiens auront découvert — mais bien plus tard, en étudiant le tableau — qu’il aurait appartenu à de très lointains ancêtres. Mais ça, c’est une autre histoire !

Horreur au château – chapitre 6

Une image contenant texte, carte

Description générée automatiquement


CHAPITRE SIX : découverts

Le vent froid fait grincer les ailes du vieux moulin.

Lina ne montre rien à son cousin. Mais elle n’est pas rassurée. Pas rassurée du tout.

Encore moins quand le géant attrape le coffre et entre dans le moulin.

—              Qu’est-ce qu’on va devenir ? se lamente Tom.

Une fois à l’intérieur, le géant ouvre une trappe, allume une torche et emprunte un tunnel qui descend dans la roche.

—              Un nouveau passage secret ! s’enthousiasme Lina. Quelle chance !

—              Quelle chance ? Tu es la fille la plus inconsciente que je n’ai jamais vue !

—              Et toi le garçon le plus poltron ! Je me demande comment on peut être de la même famille !

Le tunnel débouche dans une grotte taillée dans la pierre. Au bout de la grotte, les enfants aperçoivent des vagues menaçantes qui s’écrasent sur les rochers dans un fracas étourdissant.

—              J’ai le nez qui pique, prévient soudain Tom.

Le géant regarde les vagues qui bouchent la sortie de la grotte en se grattant la tête.

—              On est coincé au fond de cette grotte, murmure Lina.

—              Ah, aaah, aaaaaaah ! commence Tom.

—              Retiens-toi ! menace sa cousine, ce n’est vraiment pas le moment !

—              Aaaaaaaaatchouuuuuum !

L’éternuement de Tom résonne et roule le long des parois de la grotte.

Le géant s’approche du coffre avec un air menaçant

—              Aïe, aïe, aïe, murmure Lina en se ratatinant dans le fond du coffre.

Le géant, bien qu’un peu limité, a rapidement compris que quelque chose d’anormal venait de se produire.

D’un coup du plat de la main, il ouvre le couvercle et découvre les deux cousins.

Une image contenant sac

Description générée automatiquement

—              Tintin ! Qui voilà ! s’écrie alors Tom en levant les bras en signe de victoire. Bonsoir, bonsoir, je suis Titien le Magicien, pour le plaisir des grands et des petits !

Lina assiste, éblouie, à un spectacle tout à fait spectaculaire.

—              Regardez mes mains, elles sont vides, et hop, je fais apparaitre des pièces d’or, et en voilà d’autres ! Quelle folie, quelle magie !

Une image contenant alimentation

Description générée automatiquement

Le géant n’en croit pas ses yeux. Son regard brille d’un éclat enfantin et admiratif. Et alors que Tom enchaîne les tours de disparition de diamants, de jonglage d’émeraude et de transformation de saphir, le géant applaudit à tout rompre.

Tom entonne de vieilles chansons et Lina en profite pour danser autour de la grotte.

Le géant est au comble de la joie. Il rit, il chante et s’endort.

D’un coup.

Sans prévenir.

Émettant de sourds ronflements.

—              Bien joué Tom ! crie Lina.

—              Vite, sortons de là, répond Tom.

Une image contenant texte, alimentation

Description générée automatiquement

Mais malheureusement pour les enfants, le géant s’est assoupi contre la porte par laquelle ils sont entrés. Et l’autre issue de la grotte est fermée par la mer et ses vagues infranchissables.

Les deux cousins sont à nouveau bloqués.

—              À mon tour de faire de la magie ! lance soudain Lina. On n’a pas dit notre dernier mot !

S’emparant de la torche accrochée au mur, elle avance prudemment vers le géant endormi et approche la torche de son pantalon. Le tissu prend feu immédiatement.

Les cousins reculent et se blottissent contre la paroi.

Les flammes finissent par réveiller le géant. Sans rien comprendre de ce qui lui arrive, il se lève et regarde le feu qui s’étend. Pris de panique il court vers le fond de la grotte et se jette dans la mer et disparait dans les vagues déchainées.

—              La voie est libre ! crie Tom.

—              En avant ! dit Lina.

Et les deux enfants remontent le tunnel en courant. Bourrique est toujours là quand ils sortent du moulin et sans réfléchir, ils sautent dans la charrette et hurlent ensemble :

—              Hue Bourrique !

Et voilà la jument qui démarre en trombe et parcourt le chemin plein de bosses en sens inverse.

—              On est sauvé ! clame Lina.

—              Hourrah ! ajoute Tom

De la théorie… à la pratique

7 juin

Vivre sans contact, la théorie, les journaux, les études scientifiques, les mesures de distanciation physique, la règlementation pointue.

Une image contenant texte, livre

Description générée automatiquement
Une image contenant intérieur, cuisine, vieux, table

Description générée automatiquement

Avec toutes les questions qui viennent : combien de temps ?

Les regrets, les peurs.

Et les interrogations : risque de repli sur soi, d’isolement

La pratique.

Ne vous inquiétez pas, l’homme est social. Social avant tout.

Les rues bondées de Montpellier samedi 6 juin 2020.

Une image contenant bâtiment, extérieur, route, rue

Description générée automatiquement

Aucune distanciation physique, les gens tassés les uns sur les autres, les terrasses pleines, des gens qui se font la bise, qui rient, qui discutent, qui achètent, qui boivent des coups, qui mangent des glaces, qui jouent au basket dans les city, qui jouent aux boules, qui manifestent.

Un monde fou.

Il fait beau, il fait chaud, c’est presque l’été.

Les mêmes images à Odysséum, l’énorme Centre Commercial aux portes de la ville.

Une image contenant personne, bâtiment, extérieur, gens

Description générée automatiquement

Des queues partout devant les magasins, probablement 1 heure d’attente pour entrer chez IKEA, les gens tassés les uns contre les autres.

Décalage total.

Un autre monde.

Une image contenant table, assis, gâteau, blanc

Description générée automatiquement

Oui, je m’en doute.

Il ne s’est rien passé.

Rien.

Tant mieux ?

Je ne sais pas.

C’est le moment de prendre le temps de répondre aux 6 items du Questionnaire de Bruno Latour :

Une image contenant texte, journal

Description générée automatiquement

Question n°1

Courir dans tous les sens, trajets nombreux en voiture, journées sans cesse interrompues par des courses, des rendez-vous.

Suspension des tâches administratives.

Suspension des voyages, des trajets en avion, de tous les flux de marchandise et d’humains

Question n°2

a) situations génératrices de stress, de perte de temps, de fractionnement des activités, de frustrations et de contrariétés

b) dégagement de temps pour des activités plus essentielles pour moi : passer du temps avec les enfants, avoir le temps pour les devoirs, avoir le temps de lire, d’écrire, de cuisiner, le temps de partager les repas, de se retrouver ensemble, de faire de longues promenades. Revenir à l’essentiel. Éliminer le superflu, les achats inutiles et impulsifs, privilégier les petits producteurs, mieux manger, se reposer, dormir plus et mieux, moins gaspiller, choisir ses achats.

Se dégager de toutes les tâches contraignantes, répétitives, chronophages

Retrouver le temps de se déplacer, arrêter de sauter d’une situation à l’autre, arrêter de croire que tout est facile et peu cher, retrouver le prix des choses et le choix de payer ce prix ou pas

Question n°3

Relocaliser les entreprises au plus près de ceux qui y travaillent

Recréer de la main d’œuvre dans l’agriculture, dans le social, l’aide aux personnes âgées et malades

Remettre l’humain au milieu de la chaine de production, au milieu de la société, bannir les surprofits

Question n°4

Avoir le temps de lire, écrire, avoir le temps de profiter de la journée et des activités qu’on y fait, avoir le temps de cuisiner, de discuter avec les enfants et mon épouse, profiter du temps qui passe plus lentement, profiter du calme dans les rues, rencontrer des gens qui se promènent au lieu de s’engloutir dans des embouteillages sans fin, faire du vélo et se déplacer à pied, avoir le temps de discuter avec les gens que je croise, voir le ciel sans trainée d’avion, se promener le soir sans le bruit des voitures et des camions

Question n°5

a) il me parait essentiel que l’on retrouve la sensation d’avoir le temps, de savourer ce temps, de le mettre à profit pour des discussions, des rencontres, des réflexions

Je ne peux pas vivre avec cette sensation que le temps nous file entre les doigts, et ce, dans des activités futiles, chronophages, inutilement coûteuses, polluantes, stressantes, voir le défilement des journées sans sens, sans but, sans réalisation de ce qui essentiel pour nos vies.

b) retrouver du sens, avoir le temps de penser à une autre organisation du temps, des journées, du monde, ne pas se noyer dans la suractivité dans laquelle on se perd et on se noie.

c) retrouver la saveur de la vie, des relations humaines, des rencontres, des échanges, d’apprendre, de découvrir, de transmettre, d’explorer, d’expérimenter, de se tromper, de chanter, de marcher dehors, de ne plus utiliser la voiture des journées entières

Question n°6

Donner la possibilité à chacun de trouver un moment pour se retrouver, réfléchir sur ses conditions de vie, ses attentes, ses désirs,

favoriser les lieux de rencontre et de partage, favoriser les discussions afin de mieux apprendre à se connaître, connaître les besoins et les envies de chacun, élargir son champ de pensées, s’enrichir des réflexions des autres

donner la possibilité à chacun de vivre par le fruit de son travail, que l’activité de chacun soit reconnue pour sa valeur et la manière de permettre à chacun de vivre

rendre impossible les surprofits aux dépens de l’activité réelle, redistribuer équitablement le fruit du travail de chacun, replacer l’humain au centre de la société, respectueux des autres et de son environnement, privilégier le bonheur d’être aux dépens de celui de faire ou de posséder.

Ma première décision : ne plus jamais remettre les pieds dans un centre commercial

Deux personnalités vues ce matin dans la presse pour finir, deux visons de l’avenir, deux routes.

Une image contenant signe, journal, homme, personne

Description générée automatiquement
Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement

Une fois n’est pas coutume, je choisis Martine Aubry !

Sur une mine

5 juin

J’ai sauté sur une mine.

Ma chienne a un abcès sous la patte droite.

Un abcès due à un épier, Hordeum murinum, l’Orge des Rats

Vous savez, cette plante qui ressemble à un petit épi de blé plat qu’on met dans la manche et qui remonte le long du bras et qu’on retrouve dans le cou ou dans le dos ?

Et bien cette charmante plante pénètre dans les pattes des chiens, entre les orteils et remonte dans la patte le long de la gaine des tendons, le long des muscles et ressort en abcès plus haut dans la cuisse. Au niveau des flancs, la plante pénétre l’abdomen et va se ficher dans les reins ! et au niveau des aisselles, elle peut aller jusqu’à dans les poumons.

Autre la facture de vétérinaire — astronomique, croyez-moi sur parole —, cette petite merveille de la nature fait des ravages. Plantée dans le nez, dans les oreilles.

En tout cas, ce soir, 4è visite chez le vétérinaire pour cause d’orge des rats.

RDV à 16h30.

J’y vais à pied pour dégourdir la chienne qui n’ai plus sortie du jardin depuis 15 jours, passant de 2h de balade par jour à rien.

Un homme est assis dans sa voiture, portière ouverte et attend.

—           Il y a mon chien dedans, me prévient-il.

—           Il est malade ?

—           Non, c’est pour les vaccins.

Il fait chaud, le soleil tape, on attend dehors pour raisons sanitaires.

J’hésite.

À profiter de cette attente pour retrouver le podcast que j’écoute en ce moment, J’aime Hydro, le balado un podcast formidable de Christine Beaulieu, actrice québéquoise géniale qui se voit confier par la co-productrice de podcast canadiens PORTE PAROLE, Annabel Soutar, une enquête sur le syndrome du CASTOR d’Hydro-Quebec, producteur d’hydro-électricité renouvelable et constructeur de barrages invétéré. L’enquête commence sur un rapport qui montre que le Quebec est surproducteur d’électricité avec ses très nombreux barrages mais qu’il continue à en fabriquer de nouveau, obligé de brader son électricité à moitié prix à son voisin Nord-américain. Question ? Pourquoi continuer ainsi à fabriquer des barrages ? D’où le syndrome du castor.

Une image contenant capture d’écran, photo, moniteur, écran

Description générée automatiquement

« La comédienne Christine Beaulieu ne se considère pas être une personne particulièrement engagée ou informée sur les enjeux énergétiques. Toutefois, lorsque Annabel Soutar, auteure et directrice artistique de Porte Parole lui confie une enquête théâtrale sur Hydro-Québec, elle trouve des raisons finalement d’accepter. »

C’est passionnant et très drôle. Christine Beaulieu ne connait bien entendu rien au domaine de l’hydro-électricité et se balade dans ce monde nouveau avec son charmant accent québécois. Les portes s’ouvrent, les langues se délient, on dirait Erin Brockovich ou Inés Léraud.

Je vous assure, c’est magnifique.

Dans le 4è épisode, Christine se rend dans le Nord du Quebec en voiture électrique pour aller voir les barrages de la Rivière La Romaine et doit s’arrêter tous les 140 km pour recharger sa batterie. Au début, tout va bien, il y a des bornes de recharge rapide. Puis, au fur et à mesure qu’elle s’éloigne, les bornes manquent et elle recharge chez ‘l’habitant’, occasion de succulentes rencontres.

J’adore.

Alors moi, sur mon trottoir, je repense à Christine Beaulieu qui discute avec les habitants pendant sa recharge.

Elle ne s’isole pas, elle discute.

Alors, je me lance moi aussi.

—           Qu’est-ce que c’est comme chien ?

—           Un berger allemand. J’ai toujours eu que des bergers allemands.

—           Ce sont de beaux chiens.

—           Ils n’ont qu’un seul maître et je me demande ce que ça donne là-dedans sans moi. Et vous ?

—           Un abcès sur un épier à l’aisselle droite.

—           Mince, c’est une tuile !

Ma chienne lui lèche les mains.

—           C’est brave comme tout, ces chiens. C’est une femelle ?

—           Oui.

—           Moi aussi, je n’ai eu que des femelles.

Voilà sa chienne qui sort, accompagnée de sa femme.

—           Désolée, il y a encore les papiers à faire, me glisse-t-elle.

—           Pas de problème.

Les deux chiennes se font la fête et se lèchent le museau.

—           Je n’y vois presque plus, m’explique l’homme. Depuis longtemps. Blessure de l’armée.

—           Que s’est-il passé ?

—           La guerre d’Algérie. Une grenade qui m’a explosé dans la main.

Il me montre sa main gauche. Il ne lui reste qu’un doigt.

—           Comment s’est arrivé ?

—           En 1961, j’étais appelé, même pas engagé, on minait une route. Et on plaçait des grenades dégoupillées sous les mines, avec un système de déclencheur scié et une cordelette.

—           En fait vous piégiez les mines que vous mettiez en place.

—           Et ouais. Si ils déplaçaient la mine, la grenade explosait et la mine avec.

—           Balaize.

—           Mais un sergent a fait une fausse manip. Il a marché sur la cordelette et la grenade m’a explosée dans la figure… Je n’y vois presque plus et je n’entends presque plus non plus. C’est pas grave, c’est comme ça.

Et comme il sourit, j’ajoute :

—           Vous le prenez drôlement bien.

—           Ben oui, je ne vais pas pleurer. Il y a pire que moi. Il y en a en fauteuil roulant. Mais je cours beaucoup avec un ancien militaire, 19 marathons ! Et je fais du tandem.

Son visage est rayonnant et ses yeux brillants.

—           Je connais quelqu’un qui fait du tandem avec une personne malvoyante.

Un ancien patient. Un dur à cuire.

—           C’est lui !

Et puis sa femme revient et j’entre à mon tout dans le cabinet vétérinaire.

Merci l’ami pour ce chouette moment.

Merci Christine

Vous avez vu le monde que vous nous laissez ?

4 juin

—           Déjà qu’on n’a pas d’avenir avec toutes vos conneries…

Discussion hier dans le jardin avec ma fille de presque 17 ans.

À propos du travail qu’elle doit fournir pour le lycée, même si son conseil de classe est passé, même si le bac français et les E3C sont totalement annulés.

Elle est déprimée parce qu’on vient de faire 2 heures de ménage tous ensemble dans la maison.

—           Qu’est-ce que tu veux dire par « toutes nos conneries » ? Notre mode de vie à l’origine du dérèglement climatique ?

—           Bien sûr, vous avez vu ce que vous nous laissez ?

—           Je suis bien conscient de l’état du monde.

—           Et qu’est-ce que tu fais ?

Rien. À part pousser des gueulantes, m’insurger et écrire. Rien.

—           On n’a pas d’avenir, alors laisse-moi tranquille avec tous tes devoirs.

Plusieurs choses : ma fille est crevée, elle dort peu, raison de son coup de calcaire. Le dérèglement climatique a bon dos, prétexte un peu facile pour se laisser aller. Il me semble qu’à 17 ans, j’étais déjà très politisé et qu’au lycée, on était agité de grands idéaux et qu’on était prêt à se battre.

Je vois un profond défaitisme.

Ma fille est écœurée par les violences policières et leur impunité, par les violences faites aux femmes et leur impunité. La planète ? Elle s’en sortira très bien quand les humains auront disparu.

C’est vrai que je ne fais pas grand-chose. J’utilise toujours autant ma voiture — notamment pour trimballer ma fille par ci et par là. Je me contente souvent de râler, mais sans beaucoup d’effet derrière.

J’essaie d’expliquer aux enfants que les temps d’abondance sont derrière nous. Réaction immédiate : pas question ! Ce n’est pas à eux de payer pour notre inconscience. Et tant pis si ce sont d’autres enfants qui travaillent dans les mines pour leurs smartphones, PlayStation, et ordinateurs. Et tant pis si des gens meurent et sont déplacés pour les terres rares, l’extraction de gaz et de pétrole, la déforestation. Ce n’est pas leur monde, mais celui qu’on leur a laissé.

—           Pourquoi vous continuez à vous retrouver au Mc Donald ? je demande à ma fille de presque 17 ans.

—           Je sais, c’est pas terrible… mais c’est pas cher.

C’est vrai.

—           Mais pourquoi vous n’achetez pas du pain et du jambon pour aller pique-niquer dans le parc ? Pourquoi vous vous entassez dans les centres commerciaux ? Pourquoi vous êtes toujours en train de bouffer ?

—           Papa, arrête avec ça…

Tout ça pour vous dire que plusieurs choses me choquent ce matin en lisant les nouvelles du monde.

Une image contenant table, alimentation, pièce, homme

Description générée automatiquement

Voilà, on applaudi à 20h, on tremble parce qu’on n’a pas de masque ni de gel, on supplie pour en avoir, des gens s’organisent, ce sont des héros et on les jette à peine le soleil revenu.

Ce n’est pas supportable.

Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement

Les mêmes… Qu’est-ce qui se passe dans leur tête. Quand il n’y aura plus rien…

L’argent gère leur vie, mais avec quel argent vont-ils acheter une autre planète ?

Une image contenant personne, capture d’écran, assis, intérieur

Description générée automatiquement

La messe est dite.

On mutualise les pertes, on privatise les profits. C’est bien connu.

Et ce sont les citoyens qui paient, avec leurs impôts, les surprofits qui viennent détruire le tissu social et massacrer l’environnement.

Une image contenant texte, journal, femme, gens

Description générée automatiquement

La solution ? Travailler plus et baisser les salaires.

C’est exactement l’inverse de tout ce qui a été dit pendant le confinement.

L’inverse de tout ce que j’ai pu lire pendant ce moment particulier.

Nous sortons de ce confinement encore plus étriqués et oppressés que jamais.

Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement

Dès qu’il y a de l’argent, les vautours rodent… Il faut s’en débarrasser !

Une image contenant herbe, personne, tenant, banc

Description générée automatiquement

Ceux qui ne perdent rien pour attendre, les gros fils de putes, toujours prêts à sortir leurs fusils. Et pourquoi on avancerait la date d’ouverture ? Pour qu’ils se dégourdissent les jambes, ces fumiers ?

Une image contenant texte

Description générée automatiquement

No comment

La nature humaine est résumée par cette photo et cette phrase : des masques chirurgicaux jetés à même le sol alors qu’il y a quelques semaines, la France en manquait cruellement.

Une image contenant texte, capture d’écran, livre, journal

Description générée automatiquement

La solution ?

Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement
Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement

L’abondance génère une dépendance.

L’accroissement de la consommation entraine une iniquité sociale et une forme d’assujettissement de l’homme par l’homme.

Et l’école est le modèle qui fabrique des bons sujets normés à s’insérer dans cette société dépendante de la croissance.

Avec ça, nous voilà bien !

Bon appétit.

Ça va redonner le moral à a fille de presque 17 ans qui va se mettre au travail aussitôt !

Quelques questions réflexions pour dépasser le stade émotionnel de la colère :

Que sommes-nous réellement prêts à faire pour que les choses ne s’enveniment pas ?

Liste des choses dont nous sommes prêts à nous séparer aujourd’hui :

1-

2-

3-

Comment replacer l’humain, le citoyen au milieu de la société et en bannir — pas l’argent, qui est un moyen commode de vivre et de commercer — le profit ?

Comment redonner le goût de l’effort à nos ados ? Leur montrer que le travail qu’ils font est pour eux, pas contre eux. Que travailler est la base de l’activité humaine, source de réjouissance, de gratification, de satisfaction, de développement, d’évolution, bien plus que l’oisiveté naïve protégée par papa-maman.

Comment redonner à l’école la possibilité d’enseigner en respectant l’humanité qui est en nous et en chassant l’esprit de compétitivité qui ravage les âmes ?

Que la lecture de Facebook le matin est anxiogène et forcément source de colère et de rage, émotions très négatives pour commencer une journée, émotions savamment entretenues par la firme américaine passée championne de manipulation des émotions pour nous capter et nous garder le plus longtemps possible afin de nous servir du contenu publicitaire. Facebook est un bel outil, mais attention à ne pas se laisser top embarquer dans l’émotionnel.

Pour finir, si vous en avez le courage, une interview d’Isabelle Filliozat sur Europe1

https://www.europe1.fr/societe/travail-sommeil-comment-bien-accompagner-son-ado-pendant-cette-fin-dannee-scolaire-3970663

qui insiste sur le fait que ce ne sont pas les contenus des devoirs sur lesquels il faut se fixer, mais sur les capacités de nos ados à développer leurs cerveaux par des jeux les incitants à ne pas se jeter sur les réponses faciles, les aider à se concentrer sur des tâches, développer leur esprit critique.

Qui explique que le contrôle des parents sur les ados ne sert à rien. On sait bien que les ados ne travaillent pas sous la coupelle de leurs parents. En revanche, se proposer comme support est beaucoup plus utile : est-ce que tu as besoin de quelque chose ? Est-ce que tu as besoin de moi ? Est-ce que tu veux me parler de ce que tu ne comprends pas ? Est-ce que tu veux me parler d’une chose que tu as lue ou apprise ?

Comment tu vis ça ? Est-ce que c’est facile ?

Et sur le sommeil ? Tant que le travail scolaire est fait, on peut imaginer que l’ado régule à peu près sa journée et qu’il tourne sur son propre cycle.

Je vous en reparlerai.

Bises à tous

Horreur au château – chapitre CINQ


CHAPITRE CINQ : le géant

Une image contenant serviette, sac

Description générée automatiquement

Le coffre est une antiquité et ne ferme donc pas très bien, laissant une fente qui permet à Lisa et à Tom de respirer.

Fente qui leur permet également de voir ce qu’il se passe à l’extérieur.

Et ce qu’ils aperçoivent ne les rassure guère.

L’homme bizarre est entré dans la pièce accompagné d’un géant, un géant à la peau orangée et aux mains aussi large que des raquettes de tennis.

—              Voilà le coffre, dit l’homme bizarre. Emporte-le là où tu sais. Dans la soirée, Elle viendra le chercher comme on a dit.

Le géant grogne.

—              Tu as bien compris ? Tu veux que je répète ?

Le géant grogne encore en secouant la tête.

Puis d’un coup, il se saisit du coffre et le prend dans ses bras.

—              Quelle force colossale ! murmure Lina, admirative. Tu as vu, il nous soulève comme si on était un sac de plume !

—              Quel malheur…, se lamente Tom. Où va-t-on encore se retrouver… Je n’aurais jamais dû t’écouter ni te suivre…

—              Arrête de pleurnicher ! C’est l’aventure, la vraie, enfin !

Et le géant emporte le butin, descend les escaliers et, toujours accompagné de l’homme bizarre qui lui répète des conseils de prudence ainsi que mille précautions, sort du château, rejoint une charrette aux allures déglinguées et y dépose le coffre.

—              Sois prudent, ne t’arrête pas en route, ne parle à personne, prends le chemin le plus court, ne pense pas à autre chose, ne regarde pas à droite ni à gauche, reste concentré sur ta destination, ne fais pas le fou !

L’homme bizarre noie le géant sous les conseils. À tel point que même Lina commence à en avoir le vertige et a hâte que la charette s’en aille pour ne plus à avoir à l’entendre.

—              Hue Bourrique, crie soudain le géant, pressé lui aussi d’en finir.

Et ils démarrent en trombe.

Le géant conduit, comme un pilote de course et Bourrique, sa jument, s’en donne à cœur joie. La charrette vole par-dessus les bosses et les trous, le coffre fait des bonds et des sauts et les enfants sont secoués comme des pruniers.

—              Il est fou ! crie doucement Tom, effrayé.

Lina regarde tout ça les yeux brillants.

Le géant ne ralentit pas l’allure.

Il braille gaiement :

—              Jolie bouteille, gentille bouteille, veux-tu me laisser me désaltérer le gosier !

Et à coup de glouglouglou et de glouglouglou, il finit par vider sa bouteille.

La charrette zigzague sur le chemin et le coffre fait des cabrioles.

Les deux enfants se cognent aux parois et étouffent des cris

Et puis la charrette freine brutalement.

Le géant, visiblement éméché par le contenu de la bouteille, chante, de plus en plus faux, et se met à danser. Ému et soudain mélancolique, il attrape la jument par le cou et commence une valse avec elle.

Lina éclate de rire et Tom lui lance un coup de coude :

—              Chut, tu vas nous faire repérer !

La danse dure un certain temps, suffisamment pour que Lina et Tom imaginent pouvoir sortir discrètement du coffre et fausser compagnie aux danseurs.

Mais au moment de mettre leur plan à exécution, par un retour fulgurant à la raison, le géant remonte sur la charrette et ordonne à Bourrique de repartir. Et elle redémarre à fond de cale, au grand désespoir de Tom.

Le voyage continue. Et les enfants, malmenés, commencent à souffrir des chocs.

Quand le géant arrête à nouveau la charrette, la nuit tombe. Le vent s’est levé et de gros nuages noirs envahissent le ciel. On entend le bruit de la mer et des vagues pas loin.

Un moulin à vent sinistre se dresse devant eux.

Tom se met à claquer des dents.

je vous salue

3 juin.

Je salue tous ceux qui ont eu le courage, la dignité, la volonté de répondre à l’appel du Comité Adama et d’Assa Traoré, la sœur d’Adama Traoré au moment où les résultats d’une nouvelle contre-expertise met clairement en cause les gendarmes : la mort du jeune homme de 24 ans serait due à un plaquage ventral effectué par les gendarmes lors de son interpellation, sur le sol de la caserne de Persan (Val d’Oise) en juillet 2016.

« justice pour Adama ! »

Ce rassemblement s’est produit devant le Tribunal de Paris, porte de Clichy,  alors qu’une expertise médicale révélée 4 jours plus tôt écartait la responsabilité des trois gendarmes placés actuellement sous le statut de témoin assisté pour les faits de non-assistance à personne en danger.

Assa Traoré, par le biais de son collectif, réclamait la fin de l’impunité policière. Elle a rassemblé plus de 20 000 personnes selon la préfecture de police, manifestation non déclarée et bien entendue interdite au motif d’urgence sanitaire (décret du 31 mai 2020) bien pratique.

Les citoyens ne s’en laisseront pas compter, bravo à vous, et mille merci pour cette démonstration.

La lutte contre les violences policières et la fin de l’impunité policière est une priorité dans notre société si l’on veut que la démocratie ne laisse pas la place à la dictature.

« I can’t breath ! »

Une image contenant personne, garçon, assis, jeune

Description générée automatiquement

« Let us breath ! »

Je salue tous ceux qui se lèvent aux États-Unis, en Europe et dans le monde afin que justice soit faite pour le meurtre de Georges Floyd. Tous ceux qui sont révoltés par cette impunité dont jouissent les policiers – blancs pour la plupart, contre des personnes noires le plus souvent – et qui exigent que la justice soit intraitable, juste et égalitaire.

Les États-Unis brulent, 140 villes américaines manifestent, 8è nuit d’émeute, Trump qui traite les manifestants de racaille et leur promet des tirs en représailles.

Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement

« Le racisme tue ici, là et partout »

2 500 personnes ont manifesté à Lilles, sans autorisation, contre les violences policières en réonse à l’appel du Collectif Sélom et Matisse, deux jeunes tués à Lilles en 2017, percutés par un Tramway lors d’une intervention de la police dans leur quartier.

À Londres, des milliers de personnes ont défilé dimanche en scandant « Pas de justice, pas de paix ! »

Partout, les manifestants s’agenouillent, un geste devenu un symbole contre les discriminations aux Étas-Unis.

À Milan, à Berlin, rassemblements à proximité des ambassades des États-Unis : « Black lives matter ! »

À Paris, au Canada, au Brésil, en Australie, en Nouvelle-Zélande.

En Syrie, les artistes Aziz Asmar et Anis Hamdoun ont peint un portrait de Georges Floyd sur un mur de la ville de Binnish.

Les policiers américains  s’agenouillent eux aussi, entre geste de solidarité et technique de desescalade. La première a s’agenouiller est une femme, suivi par un de ses collègues à Philadelphie.

La désinvolture du policier blanc appuyant son genou sur la nuque de Georges Floyd immobilisé au sol a été sévèrement condamné par une partie des policiers qui s’avouent choqués.

L’attitude de Donald Trump est elle aussi sévèrement critiquée par plusieurs gouverneurs qui ont pris leur distance par rapport à sa volonté sécuritaire forte.

Une image contenant personne, gens, extérieur, groupe

Description générée automatiquement

Je salue tous ceux qui se battent pour que les féminicides soient reconnus, violences machistes en Espagne.

https://www.lemonde.fr/societe/visuel/2020/06/01/feminicides-mecanique-d-un-crime-annonce_6041403_3224.html
Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement

Je salue également mon patient, menacé de mise au chômage après les difficultés rencontrées par son entreprise – Midi Libre pour ne pas le citer — et que j’ai rencontré ce matin :

—           Vous avez des nouvelles, pour votre travail ?

—           J’ai été licencié. Je termine fin juin. Et après, … à 50 ans…

—           Malgré les aides de l’État ?

—           D’après un de nos syndicats, le groupe a touché 5 millions d’euros. Et licencie 400 personnes.

—           Comme chez Renault.

—           Pareil, c’est moche.

—           Je ne sais pas quoi vous dire d’autre que bon courage.

—           Merci.

Des paroles merdiques.

Comme celles prononcées avant l’échafaud.

Mais je suis sincère, je vous souhaite véritablement le courage de vous relever, de ne pas perdre courage et vous souhaite de retrouver un poste.

« Older posts