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Le deuxième jour ?

Alors, comment dire, disons un jour un peu particulier avec une moitié en liberté et l’autre confinée.

J’ai profité du matin pour une grande promenade avec ma fille et mon chien.

Donc récré à la maison.

Ma fille de 17 en a profité pour travailler sur un devoir de géopolitique sur la Russie à partir de son effondrement en 1991, la période Eltsine avant 2000 et la période Poutine depuis 2000. Un chouette moment avec elle de réflexion sur la place de la Russie sur l’échiquier mondial, notamment sur le coup de poker de Poutine en se désolidarisant de l’OPEP et en laissant chuter le prix du baril de pétrole pour nuir à l’Amérique des pétroles de schistes.

Les garçons ont fait chauffer la connexion internet pendant ce temps, donnant le pouvoir à Orange.

Retour de balade, confinement, on a décidé ensemble de commencer l’école à 15h. Puis 15h30 ‘’j’ai pas fini ma partie ». Puis 16 h « j’ai pas fini ma vidéo ».

A 16h, j’ai installé ma fille de 7 ans dans le jardin, prévenu les garçons que les devoirs commençaient dans 30 min ( 16h30, donc, si vous suivez bien !)

En CP, l’école à la maison est devenue l’école à la maison dans le jardin. Sympa.

Puis les jeux vidéos à la volonté à la maison ont fini par se transformer en devoirs à la maison vers 17h. Et tout c’est bien passé. J’avais réussi – à leur grand dam – à me connecter à l’ENT la veille au soir, vers 22h, et enregistrer les leçons. Donc Français et Citoyenneté pour mon fils en 3é – « tu ne sortiras pas dans la rue quand ton cher Président te l’ordonne » et Russie pour mon fils de 5è. C’est marrant comme les programmes se recoupent. Là, pas question de Poutine ni de nom de dirigeant. Non, simplement des textes sur l’extraction de pétrole conventionnel – en abondance et Russie ce qui donne une gestion ‘malheureuse’ des hydrocarbures en Russie.

–             Pourquoi malheureuse ?

–             Parce que, comme le pétrole et le gaz coulent à flot, personne ne se préoccupe de l’état désastreux des installations ni des oléoducs, qui fuient, qui polluent. Personne non plus se préoccupent du vol, de la corruption, des détournements.

Avec la question finale : si le pic de production du pétrole conventionnel se situe en 2006, comment on fait ?

–             Ben, on cherche du pétrole ailleurs.

–             Exactement. On appelle ça le pétrole non conventionnel. Qui est plus cher à produire. Ce qui explique pourquoi Poutine a laissé filer le prix du baril de pétrole…

–             Et on fait du MIXE ENERGETIQUE avec du nucléaire et des éoliennes.

–             T’as tout compris.

(Nucléaire qui est – soit dit en passant – présenté comme une énergie renouvelable et n’est pas classé dans les énergies fossiles. Mais en y regardant de plus près, l’extraction de l’uranium étant une activité minière… je m’égare !)

Et voilà.

Deux heures plus tard, l’école est finie.

–             Dans ce cas, Papa, m’explique ma fille de CP, tu dis : « C’est l’heure de la récré ! »

Tout s’est donc bien passé.

Pour les élèves.

Mais le maître, lui ?

Il se demande ce qu’il va donner comme devoir à ses enfants le lendemain… Puisque l’ENT est toujours bloqué. On a bien reçu cette après midi un calendrier de connexion pour repartir les tensions sur les sites de l’éducation nationale.

De la même qu’on essaie de réguler l’épidémie pour diminuer la pression sur le système de santé !

Finalement, rassurez-vous, j’ai réussi à me connecter hier soir tard, à télécharger les fiches mises à disposition par les prof. Mais chut, ils ne le savent pas encore !

Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement

Lisez la dernière ligne : la connexion est plus fluide le soir.

Une incitation à faire l’école à la maison le soir?

On va en profiter pour un nouveau ‘vivre ensemble’

Hier soir, dîner en famille après le discours de confinement d’Emmanuel Macron.

Je retiens une phrase: « donner du sens à cette période particulièrement difficile. » Cela me parait un bon sujet de discussion pour le repas du soir. Qu’est-ce que cela signifie pour chacun? Comment chacun pense s’approprier cette idée? Qu’est-ce que chacun imagine pourvoir développer pour profiter de ce moment particulier? Qu’est-ce qu’on pourrait – tous ensemble – mettre en place d’innovant et de singulier?

Pour que cette période soit sympa, profitable à tous dans les meilleures conditions?

Résultats de la discussion?

Quelle discussion?

On a fait que s’engueuler toute la soirée.

Alors ce premier jour ?

Comment dire… L’heure de début l’école à la maison avait été décalée à 10h lors du conseil de famille de la veille pour que la journée ne soit pas trop longue. Sympa, non ? Et malgré ça, on ne peut pas dire que tout le monde ait été ponctuel. Le départ a été échelonné, ce qui a permis au maître de s’adapter.

Pour le CP, ça a roulé comme sur des roulettes, grâce à la maîtresse qui a préparé un programme de 4 semaines avec fiches de lectures, d’écriture — un grand merci à elle — et à la motivation de l’élève qui trépigne depuis 2 jours pour commencer ‘’son travail’’.

Ensuite, ça se corse.

L’ENT — Environnement numérique de travail — étant totalement saturé, le site du CNED étant hors d’accès, les choses sont vite devenues difficiles.

—          Les sites sont saturés, moi, je ne fais rien !

Et hop, PlayStation et ordi branchés en réseaux, et en avant.

Pas question !

—          Vous pouvez au moins faire de l’Anglais.

—          Mais sur quoi tu veux qu’on travaille ?

Pas bête le papa ! J’ai — fort utilement — entendu hier à la radio que les éditeurs de manuels scolaires avaient réussi le tour de force de mettre leurs livres en ligne en 48h et j’ai retrouvé les bouquins !

Résultat, 35 minutes de travail.

C’est assez peu, je vous l’accorde, mais finalement, c’est déjà pas mal.

Pour ma fille de première, le problème est encore plus grave, ses codes d’ENT ne fonctionnent pas. Le site CNED est accessible en revanche. Mais le programme étant national, difficile de s’adapter.

—          On a des groupes WATSAPP pour chaque matière.

—          Et vous avez du travail ?

—          Il faut le temps que ça se mette en place.

Tiens, ce soir l’ENT est fonctionnel.

Et les profs ont posté des fiches et devoirs.

—          Ho la flemme…

Quoi la flemme ?

—          Imprime-moi tout et je le collerais dans le cahier.

—          Le prof a marqué : « écrire la conclusion » pas « coller la conclusion ».

—          Mais c’est la même chose.

—          Eh non, c’est pas la même chose.

—          Je le ferais demain !

Bien sûr, bien sûr.

À demain, donc !

Discussion avec mon fils de 13 ans

—          Comment tu vois cette période ?

—          Je ne me rends pas compte. En tout cas, c’est trop bien de ne pas aller à l’école même si je me fais trop chier à la maison.

—          Tu seras content de retourner à l’école.

—          Jamais je ne serais content d’aller à l’école. Au fait, j’ai une fête d’anniversaire dans 2 semaines.

—          C’est le soir ?

—          Oui, on dort là-bas.

—          Probablement pas. Tu sais que ce soir, on annoncera peut-être des mesures de confinement.

—          C’est quoi ?

—          Chacun reste chez soi.

—          Si tout le monde reste chez lui, nous on pourra sortir tranquille !

—          C’est pas exactement ça.

—          Tu veux qu’on reste toute la journée à la maison ?

—          Oui. C’est important. C’est pour éviter que le virus se propage.

—          Mais je ne suis pas malade.

—          On peut transmettre le virus avant d’avoir des signes, donc tu ne peux pas savoir. Ton comportement peut avoir des conséquences sur ceux qui soignent et ceux qui sont fragiles. On va essayer de vivre autrement et de faire d’autres choses Tu vas pouvoir lire des livres.

—          C’est mort.

Entendu de la part d’une personne de 72 ans

– Il faut bien mourir de quelque chose…

Ce n’est pas tout à fait en ces termes que le problème se pose.

Le fait est qu’une personne peut être tentée de prendre un risque pour elle même. Et qu’elle risque du coup d’occuper un lit de réanimation pendant 3 semaines. Lit qu’elle n’aurait peut-être pas occupé si elle n’avait pas pris ce risque. Place qu’elle aurait donc laissée à quelqu’un qui n’avait peut-être le choix, lui, de prendre un risque ou de l’éviter.

un Papa qui fait l’école à la maison

Tout démarre maintenant.

Je me suis longtemps interrogé sur les mesures à priori très contraignantes prises dans le monde entier face à un virus dont la gravité est quasi insignifiante ( 13 000 morts par la grippe l’année dernière, 3 000 morts dans des accidents de la route, 200 000 morts par maladies cardiovasculaires et 10 000 par suicides, 40 000 disparitions dont 10 000 non résolues… ). Ces mesures seraient prises par un seul pays, on pourrait se demander s’il n’y a pas une instrumentalisation derrière, mais à ce niveau, ce n’est pas pensable.


Il me manquait un élément.


J’ai beaucoup lu, et je pense avoir un élément de réponse.
Les gouvernements ont peur de faire exploser le système de santé et toutes les mesures prises le sont dans le but de ralentir et d’aplatir au maximum la courbe du pic des malades afin de préserver la capacité d’accueil des hôpitaux et notamment des services de réanimation, ce qui est en train d’arriver en Italie du Nord où des médecins et des infirmiers se retrouvent en position de tri et décident qui doit vivre et qui doit mourir…
Si le système de santé s’effondre, on ne sera plus à même de soigner les gens.
Et ce n’est pas 500 morts mais plusieurs dizaines de milliers par Infarctus, accidents de la route, appendicite, asthme, bronchiolite par impossibilité d’accès aux plateaux techniques dépassés.
Et avec toutes les scènes de panique, d’agressivité, de débordement que cela pourrait engendrer.
Et c’est – à mon sens et avec ce que je sais aujourd’hui, et peut-être je me trompe – ce que veulent absolument éviter les gouvernements.
Et c’est ce qui  – je pense – pousse Trump a fermer ses frontières en catastrophe, tant il a mal anticipé le problème et tant il comprend la bombe qu’il a entre les mains.

Éviter absolument de dépasser les capacités d’accueil des hôpitaux



En quoi le coronavirus est-il différent de la grippe?
La grippe est très bien connue et si de nombreuses personnes sont infectées, la mortalité est de 0.06 % et ne nécessite que rarement des soins de réanimation. La grippe est un virus a tropisme respiratoire mais ce ne sont que les surinfections bactériennes qui sont dangereuses et elles sont accessibles aux antibiotiques. les malades de la grippe ne sont que peu hospitalisés et restent au domicile.
Je ne connais aucun cas de ‘jeune’ mort de la grippe qui n’ait pas de comorbidité associée.

Le 2è palier d’alerte pour le Covid-19 stipule qu’on hospitalise toutes les personnes atteintes afin de les isoler, ce qui désorganise totalement les hôpitaux et est potentiellement compliqué pour les soignants qui peuvent être atteints à leur tour.
Seul le stade 3 garde les patients au domicile.
Le coronavirus est a tropisme respiratoire mais peut-être directement responsable d’une atteinte sévère et bilatérale ( poumon blanc a la radio ) qui nécessite des soins de réanimation urgents.

Une étude de Toulouse montre aujourd’hui que plusieurs personnes de 40 ans seraient hospitalisées en réanimation.
Et que tous auraient pris des AINS – ibuprofène et compagnie – en début d’infection. Ce qu’il faut absolument éviter de faire.

Le passage au stade 3 auquel on assiste est la suite logique de la contrainte, non pour se protéger soi même mais pour protéger les plus faibles. Les Français semblant ne pas prendre les mesures au sérieux, un degré de contrainte supplémentaire est appliqué. Logique. Il n’y a rien de suspect ni rien de complotisme la dessous.

En attendant des mesures plus strictes de confinement plus contraignantes – qui vont intervenir ce soir, après les élections à mon avis – voici l’état des lieux.

Et demain, je commence mon activité de PAPA QUI FAIT L’ÉCOLE A LA MAISON !